Cybèle ou les Dimanches de Ville-d'Avray, souvent abrégé en Les Dimanches de Ville-d'Avray, est un film dramatique français réalisé par Serge Bourguignon, sorti en 1962.
Ce film obtient un immense succès au Japon et aux États-Unis où il reçoit l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1963.
Synopsis Pierre, un ancien pilote de guerre, est devenu amnésique à la suite d'un accident d'avion en Indochine et ne parvient pas à se réintégrer au monde. Madeleine, l'infirmière qui l'a recueilli, lui consacre toute sa vie et son amour de femme seule. Un jour, en l'accompagnant à la gare de Ville-d'Avray (actuels Hauts-de-Seine), Pierre rencontre Françoise, dix ans, qui a perdu sa mère et que son père ramène dans une pension de religieuses. Alors que Pierre veut rapporter au pensionnat une sacoche oubliée par son père, les religieuses le prennent alors pour ce dernier et pensent qu'il vient chercher la fillette pour la journée.
Il part donc avec elle et les deux se prennent d'amitié. Madeleine étant de service à l'hôpital toutes les fins de semaine, Pierre va ainsi, sans en parler à personne, emmener Françoise en promenade aux étangs de Corot, situés sur la commune, tous les dimanches après-midi. Une tendre et pure complicité s'établit entre eux. Mais cette relation dont Madeleine ignore tout fait bientôt scandale dans la ville.
Fiche technique Titre : Cybèle ou les Dimanches de Ville-d'Avray Réalisation : Serge Bourguignon Scénario : Serge Bourguignon et Antoine Tudal, d'après le roman Les Dimanches de Ville-d'Avray de Bernard Eschasseriaux qui participe à l'écriture des dialogues Assistant réalisateur : Georges Lussan, Christian de Chalonge, Roberto Bodegas Photographie : Henri Decaë Montage : Leonide Azar Production : Fides, Trocadéro, Terra, Orsay, Romain Pinès Distribution : Columbia Musique originale : Maurice Jarre Pays de production : Format : Noir et blanc - 35 mm Ratio : 2,35:1 - procédé Franscope - Son Mono Genre : Drame Durée : 111 minutes Dates de sortiehttp://www.imdb.fr/title/tt0055910/releaseinfo : France : (reprise : Fiche du film, sur 'Allociné.com'.Fiche du film sur 'Comme au cinéma.com') Mostra de Venise : États-Unis : Allemagne de l'Ouest : Entrées en France : (source : CNC)
Distribution thumb| Hardy Krüger et Patricia Gozzi dans une scène du film. Hardy Krüger : Pierre Patricia Gozzi : Françoise/Cybèle Nicole Courcel : Madeleine Daniel Ivernel : Carlos André Oumansky : Bernard Anne-Marie Coffinet : Françoise II Maurice Garrel : Le policier René Clermont : Le facteur Malka Ribowska : La voyante (en tant que Malka Ribovska) Michel de Ré : Fiacre, le pharmacien France Anglade : Lulu Serge Bourguignon : Le cavalier
Distinctions 1962 : Mostra de Venise 1962 : Mention spéciale du jury et Prix Maschere (Prix de la critique internationale) 1962 : National Board of Review du meilleur film étranger 1963 : Oscar du meilleur film international 1963 : Golden Globes 1963 : Samuel Goldwyn International Award 1963 : Victoires du cinéma français : Prix du meilleur metteur en scène 1964 : Nomination à l'Oscar du meilleur scénario adapté et nomination à l'Oscar de la meilleure adaptation musicale 1964 : Blue Ribbon Award (Japon) du meilleur film étranger
Inspirations du film Le film est très librement inspiré d'un roman du même nom de Bernard Eschasseriaux publié en 1959 aux éditions Grasset, puis dans la collection Le Livre de poche en 1971..
Lors de la réalisation de ce film, Serge Bourguignon pense avoir été influencé, sans doute inconsciemment, par plusieurs films japonais dont Comme une fleur des champs de Keisuke Kinoshita et Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa, ainsi que par le théâtre Kabuki, la peinture chinoise et celle de Giotto.
Afin de bien situer l'action dans le temps, Serge Bourguignon fait entendre sur le poste à transistors d'un peintre amateur établi sur la berge des étangs de Corot le son de l'émission de Georges Lourier La Cote du Disquaire (générique extrait des Danses antiques d'Ottorino Respighi), qui était alors diffusée en modulation de fréquence tous les dimanches en début d'après-midi sur France IV Haute-Fidélité (devenu France Musique) entre 1959 et 1963 par la RTFhttp://www.100 ans de radio.com.
Réception Le succès du film lors de sa présentation à la Mostra de Venise aurait été tel que le public, debout, l'ovationna pendant plusieurs minutes. Un distributeur américain le programme alors au Fine Arts Theater, un cinéma d'art et essai de New York, sous le titre anglais Sundays and Cybele. Il est qualifié de , par le critique du New York Times et le film va connaitre le succès public aux États-UnisMarie-Noëlle Tranchant, « Le fabuleux destin de Cybèle et les dimanches de Ville-d'Avray », Le Figaro, 2 janvier 2015.. De nombreuses célébrités américaines ont été émerveillées par le film de Serge Bourguignon, à tel point que trois cinéastes de renom l'ont parrainé pour la cérémonie des Oscars. Il s'agit de William Wyler, John Huston et Billy Wilder.
Mais en France, aucun distributeur ne voulut initialement donner sa chance au film. , explique-t-on au réalisateur. Finalement, à la suite du succès américain, le film est présenté à Paris le , en présence de plusieurs personnalités dont Agnès Varda, Alain Robbe-Grillet, Maurice Druon, Joseph Kessel et Henry Torrès. Malgré le mépris de la critique française, le film rencontre le succès, avec 1,8 million d'entrées.
À la suite de la sortie du film en France, un échange houleux eut lieu entre Bernard Eschasseriaux et Serge Bourguignon dans Le Figaro littéraire, le romancier accusant le cinéaste d'avoir « trahi » son ouvrage.
Suites Après le succès du film aux États-Unis, Serge Bourguignon, alors âgé d'une trentaine d'années, se voit proposer un contrat de sept ans par la 20th Century Fox, mais il refuse. Il tournera néanmoins en Californie en 1965 The Reward (La Récompense), un film à gros budget avec Max von Sydow, mais le film sera un échec.
Serge Bourguignon déclinera plusieurs propositions américaines pour un remake du film, mais a indiqué en 2015 être maintenant ouvert à l'idée.
Patricia Gozzi, qui joue Françoise / Cybèle — elle est alors âgée de 12 ans —, ne tournera ensuite que deux autres films avant de mettre fin à sa carrière.
Le film est ressorti dans des salles françaises en en version restaurée et le en DVD et Blu-ray, simultanément en France (édité par Wild Side) et aux États-Unis (édité par Criterion).
Lieux de tournage Nombreuses vues de Ville-d'Avray, une banlieue bourgeoise de l'ouest de Paris, alors située dans l'ancien département de Seine-et-Oise, aujourd'hui dans celui des Hauts-de-Seine dont : . Les étangs de Corot, lieu de promenade dominicale de Pierre (Hardy Krüger) et la petite Françoise (Patricia Gozzi) La gare de Sèvres - Ville-d'Avray (située à Sèvres, à la limite de Ville-d'Avray) apparait plusieurs fois dans le film. On aperçoit ainsi Madeleine (Nicole Courcel) courant sur l'ancienne passerelle métallique (aujourd'hui disparue) pour prendre son train vers Paris.
Notes et références
Annexes Bibliographie Jeanine Marroncle, « Venise 1962 », Téléciné, 107, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , Denis Zorgniotti et Ulysse Lledo, "Une histoire du cinéma français (1960-1969)", édition Lettmotif, 2023, pp. 131-133.
Articles connexes Liste des longs métrages français proposés à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère
Liens externes
Nouvelle vie du film 50 ans plus tard ? (Le Figaro)
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