Les chemins de fer de la Banlieue de Reims (ou C.B.R.) étaient un réseau secondaire de chemins de fer à voie métrique du département de la Marne, qui, à son apogée, s'étendait sur en desservant 180 communes.
Historique
Les débuts vignette|Un train sur le pont d'Épernay avant la Première Guerre mondiale. vignette|Action de la Chemins de Fer de la Banlieue de Reims et Extensions SA en date de 1905. La première ligne, ouverte en 1896, relie Reims à Ludes.
La ligne Épernay - Montmirail, déclarée d'utilité publique en 1899, fut mise en service en 1903, et ferma en 1937.
Lors de la Première Guerre mondiale, le réseau fut détruit à 90 % et reconstruit dans les années suivantes. En 1921 la circulation est rétablie sur les lignes de la Marne. Par contre la ligne de Soissons à Rethel est mise à voie normale par la Compagnie du Nord-Est. Même si le CBR continue d'exploiter temporairement de 1921 à 1925 l'ancienne branche de Cormicy à Concevreux et de 1928 à 1933 Comicy à Berry-au-Bac, la société ne se remit pas de la perte de cet axe le plus rentable.
Le coût de la reconstruction du réseau, la hausse des dépenses et la réduction inexorable du trafic, la perte pour le CBR de la ligne Soissons à Rethel, la plus rentable, amènent le département de la Marne à racheter le réseau au CBR qui l'exploitait en régie, qu'il afferme à la Société générale des transports départementaux (SGTD) à compter du .
La SGTD, spécialisée dans le transport automobile, introduit dès le les premiers autocars sur la ligne Reims - Beine. En 1929, on assiste aux premières suppressions de trains de voyageurs justifiées, comme ailleurs, par le développement des transports automobiles. Le remplacement sera complet pour les transports de voyageurs en 1933.
Le réseau est repris en régie directe par le département de la Marne le après 10 années d'affermage. Le trafic voyageur cesse définitivement sur le réseau en 1947 sur la ligne Reims-Asfeld remis temporairement en service pour le transport des voyageurs en raison de la pénurie de transports routiers après la Seconde Guerre mondiale. L'arrêt de tous les transports de marchandises sur voies métriques intervient en 1953 lors de la mise au gabarit standard de la section de ligne Reims - Saint-Brice.
Historique des lignes SectionDate d'ouvertureDate de fermeture au trafic voyageursDate de fermeture au trafic marchandisesConcessionnairesRemarquesÉpernay - Ay4 août 189519371937TEM / CBR (1905)Tramway hippomobile de 1895 à 1905Reims - Puisieulx16 mars 189620 mai 1931Fin 1947CBRPuisieulx - Ludes16 mars 189620 mai 193131 décembre 1933CBRLudes - Verzy4 avril 189620 mai 193131 décembre 1933CBRAy - Mareuil-sur-Ay15 août 189619371937TEM / CBR (1905)Tramway hippomobile de 1895 à 1905Reims - Saint-Brice14 avril 18978 janvier 1933Mai 1953CBRTransformé en voie normale en 1952 et géré dès lors comme embranchement industrielSaint-Brice - Cormicy14 avril 18978 janvier 193331 décembre 1933CBRVerzy - Ambonnay17 septembre 190120 mai 193131 décembre 1933CBRReims - Villedommange20 mars 190320 mai 1931Fin 1947CBRVilledommange - Fismes20 mars 190320 mai 1931Avant 1939CBRBouleuse - Dormans20 mars 1903.20 mai 193131 décembre 1933CBRÉpernay - Ablois-Saint-Martin27 juillet 190319371937CBRAblois-Saint-Martin - Montmirail27 juillet 190312 septembre 193231 décembre 1933CBRSoissons-Nord - Soissons-Saint-Waast15 février 1904.15 janvier 194815 janvier 1948CBR / CDA (1918)Maintenu à voie métrique est exploité pour la desserte Soissons - Vic-sur-Aisne des CDA.Soissons-Saint-Waast - Crouy15 février 19041953CBR / CDA (1918) / NE (1922) / RTA (1952) / SNCF (1981)Voie normale après la mondialeCrouy - Vailly15 février 1904195331 juillet 1968CBR / CDA (1918) / NE (1922) / RTA (1952)Voie normale après la mondialeAmbonnay - Châlons-Port8 avril 190420 mai 193131 décembre 1933CBRChâlons-Port - Châlons-Transbordement20 mai 193131 décembre 1933CBRVailly - Concevreux19141914CBRConcevreux - Cormicy19251925CBR / CDA (1918) / NE (1922)Roucy - Corbeny19141914CBRCormicy - Berry-au-Bac25 octobre 19038 janvier 1933CBRBerry-au-Bac - Guignicourt25 octobre 1903Mai 1940CBR / CDA (1918) / NE (1922) / RTA (1952) / SNCF (1981)Voie normale le Guignicourt - Neufchâtel21 mai 1904Mai 1940CBR / CFS (1927) / RTA (1952) / SNCF (1981)Voie normale le 20 août 1961Ambonnay - Mareuil-sur-Ay25 mai 190520 mai 193131 décembre 1933CBRNeufchâtel - Évergnicourt25 octobre 1903Mai 1940CBR / CFS (1927) / RTA (1952) / SNCF (1981)Voie normale le 20 août 1961Évergnicourt - Asfeld25 octobre 1903Mai 1940Mai 1940CBR / CFS (1927)Asfeld - Rethel25 octobre 190331 décembre 19491961CBR / CFS (1927) / RDTA (1950)Reims - Beine16 octobre 192731 décembre 1933CBRReims - Asfeld24 novembre 191310 octobre 1932Fin 1947CBRTrafic voyageur rétabli pendant la mondialeVailly - Œuilly1919195316 février 1966CDA / NE (1922) / RTA (1952)Voie normaleŒuilly - Beaurieux1920195316 février 1966CDA / NE (1922) / RTA (1952)Voie normaleBeaurieux - Pontavert1921CDA / NE (1922) / RTA (1952)Voie normaleCuiry - Concevreux10 juillet 1933Mai 1940Mai 1940NEVoie normaleConcevreux - Berry-au-Bac10 juillet 1933Mai 1940NE / RTA (1952)Voie normale Liste des concessionnaires : TEM : Tramway d'Épernay à Mareuil - CBR : Ch. de fer de la Banlieue de Reims - CDA : Ch. de fer Départementaux de l'Aisne - NE : Ch. de fer secondaires du Nord-Est - CFS : Ch. de fer secondaires - RDTA : Régie Départementale des Transports des Ardennes - RTA : Régie des Transports de l'Aisnevignette|Un train place de la République à Reims.
Première Guerre mondiale vignette|Destructions de la Première Guerre mondiale, ici, à Berry-au-Bac... vignette|... et à Reims. Le réseau eut un rôle très important pendant la Première Guerre mondiale, et dut subir de nombreuses destructions.
Dès le début de la guerre, le trafic fut pratiquement interrompu. Toutefois autour de Dormans, un tronçon de reste en exploitation jusqu'en 1916 pour le transport des troupes, munitions et ravitaillement. La quasi-totalité du matériel roulant était entreposé à Dormans où il subit de très graves dommagesREIMS - du Chemin de Fer, avril 2004, éditions Alan Sutton.
La circulation se fait vers Châlons ou Épernay, le terminus est à Puisieulx et Reims promenade ou Maison Blanche selon les bombardements. vignette|L'évacuation des Rémois par les CBR, en 1915. À Reims, la situation s’était aggravée. à partir de décembre 1914 les habitants avaient dû évacuer leur ville. La gare de Reims étant inutilisable, selon les conditions de bombardement, ils embarquaient à l'arrêt Reims promenade ou Maison Blanche beaucoup d’entre eux, venaient à pied à Bezannes pour monter dans le C.B.R qui partait de nuit.
Bientôt, les lignes de Bezannes à leur tour furent coupées, et c’est jusqu’à Pargny-lès-Reims qu’il fallut aller prendre le train. Le C.B.R évacua environ par jour. En août 1915, la ville ne comptait plus que qui étaient en grande partie ravitaillés par le chemin de fer.
L'armée utilisa certaines lignes du réseau CBR comme voies ferrées des réseaux de l'artillerie au front (voie étroite). Elles servirent au transport des blessés et du matériel militaire. La Armée utilisa la plate-forme de certaines lignes du CBR pour y implanter la voie étroite des chemins de fer de campagne du système Péchot.
Une extension est mise en place pour ravitailler le fort de la Pompelle. Lors de l'offensive Nivelle, sont créés de voies métriques entre Fismes et Mont-Notre-Dame, une gare à Courlandon, avec un parc de 10 locomotives Baldwin. Des sapeurs algériens gérèrent cette activité.
La Section de Chemins de Fer de Campagne, mobilisée en , a exploité tous les réseaux de voie métrique utilisés pour les opérations militaires dont le CBR. 14px|leftL'historique et l'utilisation du chemin de fer militaire en France font l'objet d'un article détaillé : Chemin de fer militaire (France).
En 1915, le du génie vérifie les ouvrages d'art, renforce les voies et modifie des gares pour assurer l'importante circulation des matériaux, le port de Try-sur-Marne est relié au chemin de fer.
Au 31 mars 1919, de voies ont été remis en service, pour atteindre au 31/12/1919. La direction de C.B.R. demande le 27/6/1919, la restitution des voies à l'arméeEntre deux Terroirs, bulletin de l'Association (Massif de St Thierry), Oct-Déc 2009.
Décoration
À la fin de la Première Guerre mondiale, les C.B.R furent décorés de la Croix de guerre.
En régie de 1918 à 1926 Le 11 novembre 1918, seules les lignes Reims - Dormans et Bouleuse - Fismes sont utilisables après des réparations sommaires effectuées par la des chemins de fer de campagne.
Le , le Conseil général transforme l'exploitation en régie. Dès le janvier, les recettes vont au Conseil Général qui rembourse aux C.B.R les frais, augmentés de 10 % pour avance de fonds.
Les C.B.R perdent la relation Soissons - Rethel qui est le tronçon le plus rentable. Celui-ci, mis à voie normale, est affermé à la Compagnie des chemins de fer départementaux de l'Aisne, avec du matériel de la Compagnie des chemins de fer du NordJosé Banaudo et Henri Domengie Les petits trains de Jadis, tome 9, le Nord (Édition du Cabri).
La reconversion Il y a un classement entre les lignes de chemins de fer militaires pouvant être reconverties en exploitation voyageurs et, celles pouvant seulement devenir exploitation commerciale ou industrielle.
Le 20 septembre 1920, le ministère de la guerre « abandonne gratuitement les infrastructures et supporte les charges d'occupation jusqu'à la fin des hostilités. Le réseau acquéreur supporte à son tour, les charges d'occupation des terrains à partir du 12 novembre 1918 et les dépenses d'acquisitions s'il y a lieu. Il paie le matériel de voie et les signaux au prix en vigueur. Il renonce à toute réclamation pour la remise en état des installations du réseau préexistant ».
Les réparations De 1919 à 1924, le travail est intense pour la remise en état des lignes, pour la reconstruction et pour l'évacuation des reliefs de la guerre. Dans cette optique, le gouvernement crée le ministère des régions libérées. Le nombre de kilomètres de voies en service passe de 45 en mars 1919, à 140 en avril puis 468, fin 1919 et 526 fin mars 1920. L'exploitation assure le trafic quotidien et aussi celui de la reconstruction ( mensuellement en mars 1920).
Fusion avec la S.G.T.D Par un décret du , la C.B.R est rachetée et son réseau affermé à la Société Générale des Transports DépartementauxJ.O du 16 juin 1927 qui était une société de transport routier.
Progressivement, les dessertes ferroviaires sont abandonnées au profit du transport routier assuré par autobus Panhard & Levassor : 16 octobre 1927, la ligne Reims/Benne ; 20 mai 1931, les axes Reims/Ambonnay/Châlons, Ambonnay/Epernay, Reims/Fismes, Bouleuse/Dormans ; 12 septembre 1932, Asfeld/Reims ; 8 janvier 1933, Cormicy/Berry-au-Bac. Certaines lignes ne sont maintenues que pour le transport de marchandises, transport qui fut souvent saisonnier (betteraves...).
Un renouveau d'intérêt existe alors pour les excursions en train. De nombreux Marnais retrouvent le plaisir du train lors de sorties dominicales.
Transfert de l'exploitation à la route Début 1933 la S.G.T.D met en place un plan de réforme qui inclut des réductions d'effectif et un Transfert de l'exploitation vers la route.
Devant cet état de fait, le Conseil général reprend en régie directe l'exploitation jusqu'à son abandon total le
Infrastructure Les sections Cormicy - Soissons et Cormicy - Guignicourt sont situées en grande partie dans le département de l'Aisnerespectivement dans le département de la Marne. Les sections Guignicourt - Asfeld - Rethel et Reims - Asfeld sont situées en grande partie dans le département des ArdennesRespectivement pour Guignicourt - Asfeld et pour Reims - Asfeld auxquels il faut ajouter vers Rethel.