Le Commando parachutiste de l'air (C.P.A.-10) est une unité de forces spéciales de l'Armée de l'Air et de l’Espace, participant aux opérations du Commandement des opérations spéciales depuis 1994 (débuts du Cos). Situé sur la Base aérienne 123 d'Orléans-Bricy dans le Loiret, il est présent sur tous les théâtres d'opérations et au cœur de toutes les crises les plus aiguës...

Spécialistes des opérations de contre-terrorisme, de libération d’otages, d'évacuation de ressortissants, de capture de cibles (personnes) de grande valeur, de neutralisation, de sabotage, de guidage de frappes aériennes et de reprise de zones aéroportuaires, les hommes du C.P.A.-10 font partie des troupes d'élite de l'armée française..

Historique

Origines En 1935, les Soviétiques exécutent les premiers largages de parachutistes avec leurs équipements et leurs matériels de soutien. La France, consciente de l'intérêt opérationnel que représente ce mode de mise en place, envoie trois officiers en stage en Union soviétique afin de se familiariser avec les techniques et les matériels de parachutisme utilisés par l'U.R.S.S.

Parmi ces trois officiers, le capitaine Frédéric Geille, pilote de chasse de l’Armée de l’air, obtient le premier brevet d’instructeur parachutiste.

Le , est décrétée par le ministre de l'Air, le général Denain, la création d'un centre d'instruction au parachutisme à Avignon-Pujaut, placé sous les ordres du capitaine Frédéric Geille. Le , ce dernier célèbre l'inauguration du terrain de Pujaut.

Face aux résultats convaincants de ce centre, l'Etat-major de l'Armée de l'air met sur pied, le , deux groupes d'infanterie de l'air (GIA), dont le concept d'emploi intègre la notion de combat aéroporté. Déclarés opérationnels le , le GIA de Reims (Marne) et le GIA de Blida-Maison Blanche (Algérie) constituent les deux premières unités parachutistes françaises..

Chaque groupe se compose de : un état-major ; une escadrille de transport de troupe (ETT) : le GIA 601 commence avec des Potez 650 puis reçoit des Farman 224 en . Le GIA 602 s'entraine avec des LeO 213 puis est équipé de Potez 650 en ; une compagnie d’infanterie de l’air (CIA) et des services : huit officiers, 25 sous-officiers et 174 parachutistes organisés en deux pelotons et un peloton de soutien (avec canon de et mitrailleuses Hotchkiss Mle 1914). Chaque peloton de douze hommes est armé de mousquetons Berthier Mle 1916, deux FM 24/29 par peloton, de lance-grenades et grenades à main, des pistolets mitrailleurs MAS 38 et plus tard des pistolets mitrailleurs IEM.

Les canons de ainsi que les mitrailleuses lourdes sont lancés dans des containers séparés. La doctrine et la formation sont inspirées des grandes formations russes observées à Kiev en 1935. Beaucoup d'équipements spécifiques sont spécialement étudiés et réalisés par l'Armée de l'air française. Ces équipements sont présentés aux forces britanniques en 1939 et adoptés par le SAS britannique. Les premiers parachutes étaient soit des parachutes de sport américains de la marque Irvin, importés par la Société générale des parachutes, depuis les usines d'Angleterre, soit des copies russes du modèle Irvin. Plus tard, les modèles français Aviorex 120 et 130 sont utilisés.

En 1939, alors que débute le second conflit mondial, le GIA s’installe à la base aérienne d’Avignon-Pujaut et le GIA à Montélimar. Les deux unités sont réunies quelque temps plus tard dans un groupement d’infanterie de l’air, placé en réserve générale. Le , il constitue une compagnie de marche de l’infanterie de l’air (CMIA), commandée par le capitaine Glaizot. Elle comprend quatre groupes de corps-francs, placés sous les ordres des lieutenants Audebert et Le Bourhis du GIA et des lieutenants Chevaliers et Lemaitre du GIA. Durant les mois de février et de , la CMIA effectue vingt-huit patrouilles en territoire ennemi et monte vingt-trois embuscades. Les accrochages sont nombreux et violents. La CMIA perd au combat les premiers parachutistes alliés : le sergent Barrate () et le sergent Solacoup (). Pourtant, les résultats remarquables, obtenus en seulement quelques semaines, montrent que l’Armée de l’air a eu raison de croire à ce corps nouveau : l’infanterie de l’air. D’ailleurs, cette courte campagne est l’occasion de citer cinquante-quatre officiers, sous-officiers et aviateurs à l’ordre de l’Armée, de la Brigade ou du Régiment. Le , la CMIA est dissoute. Ses hommes reforment alors en grande partie les et GIA, d’autres constituent la garde d’honneur du commandant en chef des forces aériennes françaises, le général Vuillemin.

En , le GIA reçoit pour mission de défendre les points sensibles de l’Armée de l’air et de chasser les agents infiltrés.. Après des repositionnements successifs à Montargis, à Avignon-Pujaut, c’est depuis Maison-Blanche que le GIA apprend la capitulation française. Malgré la démobilisation puis la dissolution des deux GIA le , les hommes vont continuer la lutte :

En Afrique du Nord (AFN), au sein de la compagnie d’infanterie de l’air (CIA) , qui devient le Bataillon puis Régiment de chasseur parachutiste (RCP) de l’armée de l’air, le , sous les ordres du commandant Sauvagnac ; À partir du Royaume-Uni, en s’engageant dans les forces françaises libres (FFL) et les forces aériennes libres (FAFL). Le général DE GAULLE y crée la compagnie d’infanterie de l’air (CIA), le et en confie le commandement au capitaine Bergé ( GIA puis état-major de l’air) puis au capitaine Coulet, le . Elle devient ensuite compagnie de chasseur parachutiste (CCP), plus connue sous le nom de French Squadron au sein des special air service (SAS) de l’armée britannique.

En 1945, toutes les unités parachutistes françaises sont rattachées à l’Armée de terre, reprenant l’appellation de RCP. Le régiment conserve par tradition le charognard de l’aviateur sur ses épaulettes. L’Armée de l’air conserve les traditions du GIA.

Guerre d'Algérie, naissance du CPA 10

thumb|Le CPA10 défile à Réghaïa, dans la banlieue Est d'Alger. Sous l’impulsion du général Alain de Maricourt, l'Armée de l'air crée, le , une première unité d'infanterie de l'air de type commando, le commando 10.541 (futur commando parachutiste de l'air ou CPA 10). Il est le descendant direct des pionniers du parachutisme français et hérite naturellement des traditions du GIA. Tel un trait d’union entre le ciel et la terre, le CPA 10 est chargé de prolonger l’action des aviateurs au sol, partout où la situation tactique l’exigeLe CPA 10 a été officiellement créé le 1er juin 1956 et, dès sa formation, a participé à la guerre d'Algérie..

Ses premiers éléments sont sélectionnés au sein de toutes les unités de l’armée de l’air. Une fois les effectifs au complet et les premiers entrainements effectués, le CPA 10 est alors détaché quelques mois au sein de l’armée de terre, afin de s’aguerrir aux techniques de combat antiguérilla. C’est depuis la base de Tébessa et sous les ordres d’un certain colonel Bigeard du régiment de parachutistes coloniaux (RPC), que « les gars du 10 » se font remarquer pour leur bravoure et leurs qualités humaines et techniques. Le CPA 10 brille au combat et l’unité est déclarée opérationnelle. Elle s’installe à La Reghaia, sous les ordres du capitaine MEYER, comme unité d’intervention du corps d’armée d’Alger. Le concept est ainsi validé et donne lieu à la création d’unités cousines : CPA 20, CPA 30, CPA 40, CPA 50.

Quelques mois plus tard, l’armée de l’air les rassemble sous la bannière commune du groupement des CPA (GCPA). Placé à la tête du GCPA, le lieutenant-colonel Coullet mesure rapidement tout l’apport des combattants du CPA 10 dans un conflit asymétrique. Il engage alors très activement l’unité dans la campagne algérienne.

En 1957, le CPA 10 prend part aux missions de démantèlement dans l’algérois. En 1959, il participe à toutes les opérations du plan CHALLE, qui permet officiellement d’achever, en 1960, la pacification de ce département français.

Fort de son expérience au combat, de sa connaissance du terrain, le CPA 10 est devenu une référence dans la contre-guérilla. Sa valeur est « comparable à celle des meilleurs régiments parachutistes. Ses qualités de dynamisme et souplesse sont appréciées par le haut commandement en Algérie. Sa réputation est également bien assise dans l’Armée de l’air ». Avec d’autres, il est alors chargé d’éliminer les dernières bandes rebelles dans les Aurès. C’est en conduisant une opération de ce type, que le CPA 10 apprend, sur le terrain, le putsch des généraux d’Alger, le . Au titre de leur proximité avec le général CHALLE et du soulèvement militaire, la majorité des CPA sont dissous le . Dans les faits, seul le CPA 40 a pris part activement à cette tentative de coup d’État. Les hommes sont alors rapatriés d’Algérie en France. Seule la compagnie des commandos parachutistes de l’air (CCPA) 50.541 reste en Algérie jusqu’au . À son retour en métropole, elle sert de base à la création d’unités de fusiliers commando de l’air, responsables de la sécurité des bases aériennes et des points sensibles « air ». Ce pivot vers la protection-défense marque un véritable tournant dans les missions jusque-là confiées aux commandos de l’air. Il s’inscrit dans une manœuvre plus globale de l’armée de l’air, rendue nécessaire par l’arrivée de l’arme nucléaire dans les forces.

Mise en sommeil

De 1962 à 1979, différentes appellations se succèdent. Elles témoignent d’une spécialité à la recherche d’un nouvel équilibre, entre un héritage basé sur l’intervention et l’offensive et une actualité alors tournée vers la protection et la défense. Tout d’abord, la CCPA devient l’escadron des fusiliers commandos de l’air (EFCA) le . Il est installé à la base aérienne (BA) 726 de Nîmes-Courbessac, en vue de former le personnel chargé de la protection des installations des forces aériennes stratégiques.

En 1968, l’EFCA devient l’Escadron des fusiliers commandos d’intervention (EFCI). Il reprend alors les traditions des CPA et acquiert la qualité d’unité des « troupes aéroportées ». En , il reçoit le privilège de se voir confier la garde du drapeau du GCPA d’Algérie. Plus tard, en , l’EFCI devient l’Escadron d’évaluation et d’intervention (EEI) et enfin l’Escadron de protection et d’intervention 11.301 (EPI) en .

Opérations spéciales

En 1991 tout s’accélère. Les succès remportés par les forces spéciales (FS) américaines et anglaises au cours de la guerre du Golfe ont mis en lumière les lacunes françaises en organisation interarmées, et directement influé la décision de création du Commandement des opérations spéciales (COS) en 1992. Cet état-major est désormais chargé d’apporter des solutions alternatives et complémentaires à celles des forces conventionnelles, que ce soit en anticipation, en planification ou en conduite.

Pour remplir ses fonctions opérationnelles, le COS emploie des hommes, des femmes, des matériels et des savoir-faire fournis par des unités quasiment dédiées au sein des composantes (les Armées de terre, de l’air et la Marine nationale). L’Armée de l’air retient l’EPI. À cette occasion l’EPI devient l’Escadron d’Intervention des Commandos de l’Air (EICA), regroupant les CPA 10 (constitué d’engagés) et CPA 40 (constitué d’engagés et de volontaires service long). Débuté en 1992, le processus d’intégration à la communauté FS se conclut au , lorsque le CPA 10 redevient une unité à part entière, 33 années après sa dissolution.

Implanté d’abord à Nîmes, il stationne successivement sur la BA 200 d’Apt (1996) puis sur la base aérienne 123 Orléans-Bricy au quartier Reymondaud (1999).

Missions et organisation

vignette|Tireur d'élite du CPA10