La bataille navale d'Alicudi, aussi connue sous les noms de seconde bataille du StromboliEn référence à la première bataille du Stromboli, qui a lieu le 11 février 1675. et bataille de MilazzoMichel Vergé-Franceschi, article « Alicudi » in Dictionnaire d'Histoire Maritime , a lieu le , dans la mer Tyrrhénienne au large de l'île d'Alicudi, une petite île volcanique appartenant à l'archipel des îles Éoliennes, situé au nord des côtes de la Sicile. Elle oppose une flotte française commandée par Abraham Duquesne à une flotte hollandaise commandée par Michiel de Ruyter. Le résultat est indécis, même si les deux camps revendiquent la victoire.

Le contexte Pendant la guerre entre la France et la Hollande, la ville de Messine se révolte contre les Espagnols. En 1674, soumise à un blocus, elle appelle à son secours le roi de France. Celui-ci accepte la demande et envoie une flotte sur les côtes de Sicile, avec Valbelle, 1675 avec Duquesne et en 1676 sous le commandement du duc de Vivonne. L'escadre bleue est alors commandée par Abraham Duquesne, la blanche et bleue par le chef d'escadre de Preuilly-d'Humières.

Le ravitaillement des révoltés doit être assuré par des convois, surtout de blé. Les Espagnols subissent plusieurs revers en essayant de s'opposer à ces convois.

Les Hollandais ont décidé de venir en aide à l'ennemi de leur ennemi et envoient une flotte en Méditerranée, sous le commandement de l'amiral Ruyter. Dans la lettre du que le Stathouder Guillaume III adresse à Ruyter, il lui donne l'ordre d'aller trouver : Cité par A. Jal, page 190 (tome 2). Mais la campagne manque de véritable intérêt pour les Pays-Bas et la flotte hollandaise est faible et mal équipée. Michiel de Ruyter est un adversaire du Stathouder dans les politiques internes des Pays-Bas et c'est à cause de cela que c'est lui qui reçoit l'ordre de commander cette flotte : tous les deux savent que c'est une mission impossible.

Sur place, Vivonne décide de s'emparer d'Augusta, centre de ravitaillement espagnol et base intéressante pour surveiller la côte méridionale de Sicile. La place est capturée le .

Le , les Hollandais arrivent à Milazzo.

Les forces en présence {| class="toccolours" border="0" cellpadding="2" cellspacing="10" align="center" style="margin:0.5em; background:#EEE;" |valign="top" style="font-size: 90%" | France Escadre bleue (avant-garde) sous le commandement de Preuilly-d'Humières Le Prudent (Chevalier de Lafayette) Le Parfait (De Châteauneuf) Le Saint-Michel (chef d'escadre de Preuilly-d'Humières) Le Fier (De Chabert) Le Mignon (De Relingues) L'Assuré (De Villette-Mursay) Escadre blanche (corps de bataille) sous le commandement de Duquesne Le Sage (Chevalier de Langeron) La Syrène(Chevalier de Béthunes) Le Pompeux (Commandeur de Valbelle) Le Saint-Esprit (Lieutenant général Abraham Duquesne) Le Sceptre (Chevalier de Tourville) L'Éclatant (De Cou) Le Téméraire(Chevalier de Lhéry) L'Aimable (La Barre) Escadre bleue et blanche (arrière-garde) sous le commandement de Louis Gabaret Le Vaillant (Chevalier de Septesmes) L'Apollon (Chevalier de Forbin) Le Grand (De Beaulieu) Le Sans-Pareil (chef d'escadre Louis Gabaret) L'Aquilon (De Villeneuve-Ferrières) Le Magnifique (Gravier) |valign="top" style="font-size: 90%" | Pays-Bas - Espagne

Provincie van Utrecht 60 (Jan de Jong) Vrijheid 50 (Adam van Brederode) Gouda 76 (Vice-Admiral Jan den Haen) Wakende Boei 46 (Cornelis Tijloos) Edam 34 (Cornelis van der Zaan) Kraanvogel 46 (Jacob Willemszoon Broeder) Rouaan 8 (senau, Willem Knijf) Roos 8 (senau, Juriaan Baak) Sint Salvador 6 (brûlot, Jan Janszoon Bont) Witte Tas 4 (navire de charge, Adriaan van Esch)

Steenbergen 68 (Pieter van Middelandt) Leeuwen 50 (Frans Willem, Graaf van Stierum) Eendracht 76 (Luitenant-admiraal Michiel de Ruyter) Stad en Lande 54 (Joris Andringa) Zuiderhuis 46 (Pieter de Sitter) Leiden 36 (Jan van Abkoude) Tonijn 8 (senau, Philips Melkenbeek) Kreeft 8 (senau, Wijbrand Barendszoon) Salm 4 (brûlot, Jan van Kampen) Melkmeisje 4 (brûlot, Arent Ruyghaver)

Oosterwijk 60 (Jacob Teding van Berkhout) Harderwijk 46 (Mattheus Megang) Spiegel 70 (SbN Nikolaas Verschoor †) Essen 50 (Gillis Schey) - Sunk Damiaten 34 (Isaac van Uitterwijk) Groenwijf 36 (Jan Noirot) Ter Goes 8 (senau, Abraham Wilmerdonk) Prinsen Wapen 8 (senau, Hendrik Walop) Jakob en Anna 4 (brûlot, Dirk Klaaszoon Harney) Zwarte Tas 4 (Jacob Stadtlander)

Le combat L'approche des Français est annoncée à Ruyter par des feux allumés sur les îles Lipari. Le au matin, les deux flottes sont en vue l'une de l'autre, à une vingtaine de lieuesIl s'agit de lieues marines, valant chacune marins. au nord des côtes siciliennes.

Le vent, changeant, et faible, est passé à l'ouest. Les deux flottes courent au sud-ouest (en direction de Palerme) ; elles sont écartées d'une lieue et demiCe qui fait environ , donc largement hors de portée de canon.. Les Français ont l'avantage du vent et peuvent donc choisir le moment de l'attaque.

À neuf heures, les Français attaquent. Les deux lignes se canonnent. Les dégâts causés aux mâtures obligent certains navires à quitter momentanément la ligne pour effectuer des réparations d'urgence, mais cela ne remet pas en cause l'ordre des .

Les Français utilisent , mais sans résultatsLes 2 attachés à l'avant-garde et l'un du corps de bataille..

Au soir, les galères espagnoles essaient de canonner Le Sceptre de Tourville qui riposte en utilisant les pièces de de sa batterie basseRelation de Valbelle, dans E Sue, p. 78.. Les galères n'insistent pas et se contentent de prendre en remorque hollandais.

Au soir, les Hollandais continuent sur leur cap ; les Français virent pour repartir au nord-est, vers le Stromboli.

Les suites du combat

Cette bataille indécise n'apporte aucun résultat stratégique. Les deux camps clament victoire, mais il faudra attendre les rencontres suivantes, Agosta et, surtout, Palerme, pour que la victoire soit acquise aux armes du Roi-Soleil.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Il n'existe que peu de travaux détaillés récents consacrés à cette bataille. À défaut, on pourra se reporter aux ouvrages suivants : Ernest Harold Jenkins, Histoire de la Marine Française, Paris, 1977 R. Jouan, Histoire de la Marine Française, Paris, 1950, Michel Vergé-Franceschi, Abraham Duquesne, huguenot et marin du Roi-Soleil, Paris 1992 . Philippe de Villette-Mursay, Mes campagnes de mer sous Louis XIV, Tallandier, 1991 . Souvenirs d'un participant au combat. Les notes apportées par M. Vergé-Franceschi sont particulièrement bien fournies.

Les ouvrages anciens sont les plus détaillés.

V. Brun, Guerres maritimes de France (port de Toulon) ; Léon Guérin, Histoire maritime de France ; Auguste Jal, Abraham Duquesne et la marine de son temps, 2 volumes, Paris ; Charles Chabaud-Arnaud, Études historiques sur la marine militaire de France, in Revue Maritime et Coloniale'', , pages 67 et suivantes. Ce document est consultable sur le site Gallica de la BNF.

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