Pavel Nikolaïevitch Milioukov (en ), né le à Moscou et mort le à Aix-les-Bains, est un historien russe et ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire russe au début de 1917.

Biographie Pavel Milioukov est le fils de Nikolaï Milioukov et de Maria Soultanova. Si la nobilité de la famille de son père n'est pas établie, sa mère vient d'une famille noble de Iaroslavl.

Il accomplit ses études secondaires au premier lycée classique de Moscou. Il mène ensuite une carrière académique d'historien et de professeur à l'université de Moscou.

Du fait de ses idées libérales, il est arrêté et emprisonné par les autorités tsaristes en 1901, sous le règne de . Une fois libéré, il est invité aux États-Unis pour y délivrer une série de cours.

Adversaire résolu de la monarchie absolue, il revient en Russie en 1905, où il assiste à la Conférence panrusse des zemstvos en chez Margarita Morozova et devient ensuite l'un des meneurs du Parti constitutionnel démocratique (KD, ou Parti cadet). Milioukov devient plus modéré après la révolution de 1905. À la troisième et à la quatrième Douma d'État de l'Empire russe, il est le chef incontesté du KD.

Pendant la Première Guerre mondiale, il adopte un point de vue impérialiste en revendiquant la ville de Constantinople pour la RussieRichard Pipes, Les Révolutions russes (1905-1917), Perrin 2018, . En , avec d'autres partis libéraux, les octobristes, il organise le « bloc progressiste ».

Quand éclate la révolution de février 1917, Milioukov cherche vainement à sauver la monarchie contre Kerenski partisan d'une démocratie moderneRichard Pipes, Les Révolutions russes, Perrin 2018, . Il devient ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire et se montre partisan de la poursuite de la guerre. Le , Milioukov envoie une note aux gouvernements alliés dans laquelle il promet que la Russie continuera la guerre « jusqu’à la victoire finale. » Dans des termes ambigus, il fait part de son soutien à la politique du gouvernement provisoire qui prévoit l’annexion de territoires étrangers et le paiement d’indemnités par les vaincus. Cette note, dont le contenu s’oppose à celui de la déclaration « aux peuples du monde entier » qu’a faite le soviet de Petrograd le , provoque des manifestations de protestation armées organisées par les ouvriers et les soldats de la capitale les 20 et « Les thèses d'avril de Lénine et la chute de Milioukov », Encyclopédie Encarta..

À Londres, il rencontre le professeur Tomáš Masaryk avec lequel il s'entretient sur les origines et l’état actuel de la Légion tchécoslovaque en Russie à cette époque (cs) Preclík, Vratislav. Masaryk a legie (Masaryk and legions), váz. kniha, 219 pages, first issue vydalo nakladatelství Paris Karviná, Žižkova 2379 (734 01 Karvina, Czech Republic) ve spolupráci s Masarykovým demokratickým hnutím (Masaryk Democratic Movement, Prague), 2019, , pages 36-39, 41-42, 111-112, 124–125, 128, 129, 132, 140–148, 184–199. .

Désavoué, Milioukov démissionne le . En , il prend une part active dans la préparation du putsch de Kornilov. Ennemi de la révolution d'Octobre, il devient le conseiller politique du général Anton Denikine avant de devoir s'enfuir à l'étranger. Émigré à Paris, il revient à des idées plus radicales et reste un des représentants de la tendance républicaine et démocratique de l'émigration russe.

En 1920, il crée une Union des écrivains et des journalistes russes, qu'il préside ensuite.. Il est également le fondateur du quotidien Les Dernières Nouvelles (en russe )..

Le à Berlin, il échappe à une tentative d'assassinat contre lui fomentée par les militants russes d'extrême droite Sergueï Taboritski et Piotr Chabelski-Bork. Son ami Vladimir Dmitrievitch Nabokov tombe à sa place.

Selon l'écrivain Nina Berberova, Pavel Milioukov n'était pas membre de la franc-maçonnerie, contrairement aux dix autres membres du premier gouvernement du prince Lvov de . Les francs-maçons du gouvernement provisoire seraient le prince Lvov, Goutchkov, Kerenski, Chingarev, Konovalov, Manouilov, Nekrassov, Godniev, V. LvovNina Berberova, traduction d'Alexandra Boutin, Les Francs-maçons russes du , Actes Sud, Arles, 1990, ..

Il est inhumé au cimetière des Batignolles (division 30, rangée 13, tombe ).

Notes et références

Bibliographie Thomas. M. Bohn, Russian Historiography from 1880 to 1905. Pavel N. Miliukov and the Moscow School. Traduction de Francis Ipgrave. New York: Berghahn Books, 2024. . Melissa Kirschke Stockdale, Paul Miliukov and the Quest for a Liberal Russia, 1880-1918, Cornell University Press, 1996, 379 p. Thomas Riha, A Russian European: Paul Miliukov in Russian Politics, University of Notre-Dame Press, 1969, 373 p.

Source Alexandre Bennigsen, « Milioukov (P. N.) », Encyclopædia Universalis. Voir aussi Articles connexes Procès de Berne

Liens externes

Léon Trotski, « Lettre ouverte au professeur P.N. Milioukov », .

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