Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française. Créé sous la Révolution à partir du régiment d'Aunis, un régiment français d'Ancien Régime, il combat lors des guerres de Coalitions jusqu'en 1803. Recréé en 1820, il participe à quelques expéditions militaires sous la Restauration, la monarchie de Juillet et le Second Empire. Il combat ensuite lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, lors de laquelle il est dissous, en 1940.

Création et différentes dénominations

: renommé régiment d'Aunis. : le régiment d'Aunis est dédoublé. Les et conservent le titre, les drapeaux et le costume du régiment d'Aunis. Les et forment le régiment de Bassigny. : tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment d'Aunis devient le d'infanterie de ligne ci-devant Aunis. 1793 : amalgamé, il prend le nom de de première formation. 1796 : création de la de deuxième formation. 1804 : la de première formation n'a pas été formée. : création de la légion de l'Orne. 1820 : la légion de l'Orne devient le d'infanterie de ligne. 1887 : renommé régiment d'infanterie. 1914 : à la mobilisation, il donne naissance au d'infanterie 1940 : dissolution.

Chefs de corps vignette|Le colonel Lajaille du d'infanterie en 1910.

Historique des garnisons, combats et batailles du Ancien Régime

d'infanterie de ligne ci-devant Aunis (1791-1794) Guerres de la Révolution

En 1791, le régiment de la Martinique, qui s'était révolté en 1790, était toujours retranché au fort Bourbon. Afin de débloquer la situation, le régiment de la Guadeloupe, appelé pour combattre cette insurrection, se révolta également et alla rejoindre les insurgés. Les des , et d'infanterie furent embarqués à Brest ainsi que le du embarqué à Nantes et débarquèrent en Martinique pour être employé contre les rebelles. Les des et refusèrent d'agir contre les rebelles. Ils furent renvoyés en France et débarquèrent en juin à Rochefort et à Brest. Le du refusa quant à lui de débarquer et revint en juin à BrestHistoire de l'infanterie en France par Belhomme T3 P461. Le se rendit de Caen à Cherbourg, au mois de novembre de la même année. À peine était-il sorti de la ville qu'une tentative de contre-révolution y éclata. Les habitants le redemandèrent, mais le ci-devant Aunis continua sa route et occupa Cherbourg jusqu'aux premiers soulèvements de la Vendée en 1793.

Pendant que le se distinguait cette année à la défense des Antilles contre les Anglais et se couvrait de gloire à Sainte-Lucie, le se trouvait au premier rang de la guerre de Vendée qui ensanglanta les départements de l'Ouest. Le ci-devant Aunis faisait, en effet, partie de l'armée des côtes de Cherbourg, qui se réunit aux armées de Brest et de l'Ouest, lorsque les Vendéens eurent passé la Loire. Il se trouva aux affaires de Granville et de Dol, et combattit de la manière la plus énergique, les 12 et , aux affaires du Mans. La fougue désordonnée de Westermann et l'ivrognerie de Muller avaient compromis l'armée républicaine, et tout était perdu sans la bravoure des régiments d'Armagnac et d'Aunis. Ces soldats, après la déroute des gardes nationales, s'élancèrent au-devant des Vendéens vainqueurs, et les forcèrent à reculer à leur tour. Dix jours après, les malheureux débris de l'armée royaliste furent anéantis à Savenay, et là encore, ils trouvèrent devant eux les baïonnettes du .

Le , 146 grenadiers du régiment étaient à la prise de l'île de Noirmoutiers et contribuaient à l'extermination de la bande de d'Elbée.

Le , lors de la réorganisation des corps d'infanterie français le du d'infanterie (ci-devant Aunis) est amalgamé avec le de volontaires du Morbihan et le de volontaires de la Manche pour former la de première formation. Le qui devait former le noyau de la de première formation étant aux colonies, elle n'a existé que sur le papier. À leur retour des Antilles, les débris du furent versés directement, lors de la réorganisation de 1796, dans la formation de la de deuxième formation.

de première formation (1793-1796)

Guerres de la Révolution Le , lors du premier amalgame la de première formation est formée avec les : du d'infanterie (ci-devant Agénois) de volontaires d'Ille-et-Vilaine de volontaires d'Ille-et-Vilaine

La , fait les campagnes de l'an III (1795) et de l'an IV (1796) à l'armée du Nord et participe à la conquête de la Hollande.

En 1796, rattachée à l'armée de Rhin-et-Moselle, la demi-brigade est présente à la bataille de Biberach et au passage du Rhin par l'armée du général Moreau battant glorieusement en retraite face à la masse de l'infanterie et de l'artillerie autrichienne.

Lors du second amalgame, elle est incorporée dans la de deuxième formation.

de deuxième formation (1796-1803) Guerres de la Révolution La de deuxième formation est formée le par l'amalgame des : de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Colonel-Général), de volontaires de Paris également appelé Bataillon de la Butte-des-Moulins et de volontaires du Loiret) de la de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Picardie), de volontaires de la République et de volontaires de la Haute-Saône) de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Condé), de volontaires de Maine-et-Loire, bis de volontaires de Rhône-et-Loire, de volontaires de l'Oise et d'une partie du bataillon des Vosges-et-Meurthe Pour ce bataillon ce n'est pas très clair. Dans son ouvrage, le général Eugène Bardin appelle ce bataillon des Vosges et Meurthe et le rattache à de première formation; cependant Adrien Pascal le nomme bataillon des Vosges et Meurthe et le rattache en partie à la de première formation.)

La fait la campagne de l'an IV (1796) et de l'an V (1797) à l'armée du Rhin et à l'armée de Rhin-et-Moselle, celle de l'an VI (1798) aux armées d'Allemagne, d'Helvétie et d'Italie, celle de l'an VII (1799), de l'an VIII (1800) et de l'an IX (1801) à l'armée d'Italie. Le cette demi-brigade est l'une des premières à franchir le Rhin puis à s'emparer des retranchements de Kehl. Elle se fait remarquer le à la bataille de Deerlacht puis au passage du Lech et à l'attaque de Freising le suivant ainsi qu'au second passage du Rhin le . Le de ce corps a participé à l'expédition de Saint-Domingue. Ce bataillon entra dans la composition de la nouvelle en application de l'arrêté du 12 floréal an XI ().

(1804-1815) Le , lors de la réorganisation des corps d'infanterie, le de la de deuxième formation incorpore le d'infanterie de ligne et le incorpore le d'infanterie de ligne. Le d'infanterie de ligne n'a pas été formé, le est resté vacant jusqu'en 1815.

Légion de l'Orne (1815-1820) Par ordonnance du , Louis XVIII crée les légions départementales. La Légion de l'Orne, qui deviendra le 31e régiment d'infanterie de ligne en 1820, est créée.

(1820-1882) En 1820 une ordonnance royale de Louis XVIII réorganise les corps de l'armée française en transformant les légions départementales régiments d'infanterie de ligne. Ainsi, le d'infanterie de ligne est formé, à La Rochelle, avec les 3 bataillons de la légion de l'Orne.

1820 à 1852 vignette|upright=.5|Uniforme de 1822 de fusilier du , exposé au musée de l'Armée. Le d'infanterie de ligne fait la campagne de 1823 au de l'armée d'Espagne avec lequel il se distingue, le , lors de l'affaire d'Altafulla, sous Tarragone.

En 1830, une ordonnance du créé le et porte le régiment, complet, à .

Rattaché à l'armée d'Afrique, participe aux campagnes de 1840 à 1847 de la conquête de l'Algérie par la France. Le régiment se distingue particulièrement en 1841 durant l'expédition contre la tribu des Beni-Ouelbar, aux prises de Tebessa, de Milah et de Collo, dans l'expédition dans l'Aurès, puis le , lors des combats et expéditions contre les Banenchas, Bou-Chaleb, Ouled-Djleddad et les Kabyles, le , et à l'expédition de Kabylie en 1845.

En 1848 et 1849, il est affecté à l'armée des Alpes.

Second Empire En 1855 à 1856 il participe à la guerre de Crimée.

Par décret du le d'infanterie fourni 1 compagnie pour former le 102 régiment d'infanterie de ligne.

Durant la guerre de 1870, il est à l'armée de Châlons combat devant Balan, Mouzon, Donzy et Sedan ou il est fait prisonnier.

D' à , le dépôt du , à Bordeaux, forme onze compagnies de renfort, qui rejoignent des régiments de marche.

1871 à 1914 Le , la compagnie de marche du de ligne qui composait le régiment de marche est engagé dans l'affaire du Gué-du-Loir.

Le , le de marche fusionne dans le .

vignette|Exercices militaires menés par le dans la cour de la caserne de Melun en 1912.

d'infanterie Première Guerre mondiale En 1914, son casernement est à Melun () et à Paris et fort de Romainville, ( et ).

Formé à 3 bataillons, 11 compagnies et 3 sections de mitrailleuses,

Affectation Le régiment est rattaché à la de la d'infanterie du corps d'armée, d' à .

1914 Le le quitte Melun et les et Paris, par voie ferrée, et rejoint Troyon le Historique du régiment d'infanterie (1914-1918).

Le le régiment se met en mouvement avec le corps d'armées dans la direction du nord-est.

Bataille des Frontières Le , le , qui a quitté Maucourt-sur-Orne à 5 heures du matin, apprend, à Billy-sous-Mangiennes, qu'au lieu de s'arrêter à Longuyon, il doit pousser jusqu'à Cons-la-Grandville, à 23 kilomètres de là. Malgré la chaleur accablante et la fatigue des étapes précédentes, le atteint Cons-la-Grandville à 7 heures du soir après une étape de 45 kilomètres. Le doit aller cantonner à 4 kilomètres de là, à Cutry, où la présence de l'ennemi est signalée. Ce sont des cavaliers allemands qui se replient à l'arrivée du bataillon.

Le , c'est le « combat de Cutry-Rehon ». Au petit jour, les et sont détachées à Rehon, à 3 kilomètres environ au nord. Peu après, les Allemands, appuyés par le tir de leur artillerie, qui ouvre le feu sur Cutry et Rehon, attaquent ces deux villages. Le bataillon résiste avec énergie et, par un tir bien ajusté, inflige à l'ennemi des pertes sanglantes; mais les Allemands, recevant sans cesse de nouveaux renforts, continuent leur progression en cherchant à couper la retraite aux défenseurs des deux villages, auxquels le tente en vain d'aller porter secours; un violent tir d'artillerie l'en empêche. Sous la menace d'encerclement, la retraite s'exécute par les rives de la Chiers.

Grande Retraite Le , le régiment participe au repli du 5e corps d'armée dans la région de l'Othain, au sud de la Chiers.

Le , il se porte vers le nord de Longuyon; c'est le « combat de Noërs » .Le , soutenu par le , se porte à l'assaut du piton de Noërs, malgré une violente fusillade et une avalanche d'obus. L'ennemi, surpris, abandonne la crête et une partie du village de Noërs et ouvre un violent feu d'artillerie sur le piton.Le 3e bataillon est vite décimé en s'acharnant à défendre cette position durement enlevée. Faute de renfort, il doit cependant refluer. Le soir, le régiment se trouve rassemblé au sud de Merles-sur-Loison.

Le , il tient jusqu'à la nuit les hauteurs au sud de Merles pour protéger la retraite de la division en direction de Sivry-sur-Meuse.

Les 26 et , il prend part à la retraite de la division sur Apremont située à la lisière est de la forêt d'Argonne.

Le , la 3e armée française reprend l'offensive vers le nord. Le régiment, en réserve, est engagé dans la soirée du au sud de Vaux-en-Dieulet; c'est le « combat de Fossé ». Le mouvement s'exécute au milieu d'un feu violent de mousqueterie, de mitrailleuses et d'artillerie. Le régiment couche sur ses positions. Le au matin, le combat reprend. Malgré une violente canonnade, les positions sont maintenues jusqu'à la nuit. Dans la nuit, le régiment se replie sur Apremont.

Du 3 au , la retraite se continue vers le sud.

Bataille de la Marne