Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment de Soissonnais, un régiment français d'Ancien Régime.
Création et différentes dénominations
1762 : Renommé régiment de Soissonnais : Tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d'ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Soissonnais devient le d'infanterie de ligne ci-devant Soissonnais. 1793 : Amalgamé il prend le nom de de première formation 1796 : Création de la de deuxième formation 1803 : renommé d’infanterie de ligne 16 juillet 1815 : comme l'ensemble de l'armée napoléonienne, il est licencié à la Seconde Restauration : création de la légion de la Somme 1820 : la légion de la Somme est amalgamée et renommée d'infanterie de ligne. 1882 : Renommé régiment d'infanterie 1919 : dissolution 1939 : recréation sous le nom de 1940 : dissolution
Chefs de corps
-1791 : Colonel Charles-César de Faÿ de La Tour-Maubourg 1792 : Colonel Jean Jacques François Barthélemy de Lafont 1792 : Colonel Jacques-Grégoire-Louis Brobecque 1793 : Colonel Félix Antoine Duportal 1793 : Chef de brigade Jacques Lefranc 1800 : Chef de brigade puis colonel François Marie Guillaume Legendre d'Harvesse 1805 : Colonel Claude Étienne Michel 1806 : Colonel Thomas Jean Chassereaux 1809 : Colonel Théodore François Millet 1812 : Colonel Jean Joseph Gromety : Colonel Jean Augustin Antoine MoutonAnnuaire militaire de France pour l'année 1821 page 268 : Colonel Michel JacquemetHistoire politique et religieuse du Pays de Gex page 573 1814 : Colonel Louis Loup Étienne Martin Bougault( le 16 août, titulaire le 18 novembre) : Colonel Charles Louis Sébastien de Staglieno Baron Charles Louis Sébastien de Staglieno né le 20 janvier 1775 à Gênes : Colonel Philippon : Colonel Jean Augustin Antoine Mouton : Lieutenant-colonel de Reynac : Colonel Joseph Kindelan : Colonel Louis de Roquefeuil : Colonel Pierre Hyacinthe Boucher de Morlaincourt : Colonel François Marie Joseph Charon (1787-1864) 1858 : Colonel Charles Grégoire Léonard de Passorio Peyssard
Historique des garnisons, combats et batailles du Régiments d'infanterie français d'Ancien Régime Régime
d'infanterie ci-devant Soissonnais (1791-1796) Révolution française
L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, 101 régiments sont renommés et le régiment de Soissonnais devient le d'infanterie de ligne. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme d'infanterie ci-devant Soissonnais.
En , le quitta Montpellieret se retirera à Nîmes. Il y fut rejoint, le , par le qui était depuis peu à Saint-Ambroix. Au mois de juin, le régiment fit partie de la petite armée chargée de rétablir l'ordre dans ce malheureux pays, et qui força Jourdan Coupe-Tête et ses cannibales à lever le siège de Carpentras Histoire de Caromb - Tome 1. Le d'infanterie de ligne fut mis en garnison à Avignon et y resta jusqu'à la fin de l'année.
Au commencement de 1792, le se rendit à Grenoble, où il fut abandonné, au mois de février, par tous ses officiers, à l'exception de cinq. Malgré cette inexcusable trahison de leurs chefs, les soldats se maintinrent dans une exacte discipline. Le d'infanterie de ligne passa une partie de l'année sur cette frontière, à l'armée des Alpes soit à Montdauphin, soit à l'armée du Midi commandée par Montesquiou, et quand les hostilités commencèrent sur le Rhin, il se mit en marche pour rallier l'armée du maréchal Luckner. Cette destination fut changée en route.
Le s'arrêta à Belfort et fait les campagnes de 1793, 1794 et 1795 aux armées du Rhin et de la Moselle. Le fut dirigé sur Longwy et servit entre la Meuse et le Rhin et se fit remarquer, en , aux affaires qui amenèrent la reprise des lignes de la Lauter et à la deuxième bataille de Wissembourg.
de première formation (1793-1796) Guerres de la Révolution En 1793, lors du premier amalgame la de première formation est formée avec les : du d'infanterie (ci-devant Cambrésis) de volontaires des Landes de volontaires des Hautes-Pyrénées
Du 23 juin au 21 juillet 1795 l'unité est engagée contre les troupes émigrées et contre-révolutionnaires débarquées à Quiberon.
La rattachée à l'armée des Pyrénées Occidentales s'illustra pendant la capture du col d'IspeguyAntoine Henri baron de Jomini : Campagnes de 1794, 1795 et 1796
Lors du second amalgame, elle est incorporée dans la de deuxième formation.
de deuxième formation (1796-1803) Guerres de la Révolution La de deuxième formation est formée le par l'amalgame des : de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Forez), de volontaires de la Manche, de volontaires de la Manche) de première formation ( du d'infanterie, de volontaires des réserves et de volontaires du Pas-de-Calais) de volontaires de l'Eure de volontaires de la Seine-Inférieure également appelé de volontaires de Rouen Dépôt du du d'infanterie (ci-devant Béarn)
La s'illustra à l'armée d'Italie principalement en 1796 lors des batailles de Caldiero et du pont d'Arcole et en 1797 à celle du Tagliamento. La demi-brigade fut l'une des dernières à quitter l'Italie pour prendre garnison en Normandie.
En 1799, la compagnie d'élite de grenadiers de la , qui y était alors en garnison à Caen, adopta un chien et lui donna le nom de Moustache.
En 1800, la est affectée à l'armée d’Italie. Elle quitte la Normandie, et appelée à participer à la campagne d'Italie, franchit, en mai, les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard et, après avoir traversé le Val d'Aoste arrive à Alexandrie où le régiment prend son cantonnement. Durant le voyage, la 40e demi-brigade est en première ligne durant le siège du fort de Bard, à Ivrée, au passage de la Chiusella, à Montebello et s'illustre particulièrement, le , à la bataille de Marengo où elle joua un rôle décisif et reçut quinze fusils d'honneur et un nombre considérable de citations lui furent décernées, puis se distingue lors passage du Mincio.
La paix revenue, la de deuxième formation est envoyée prendre ses quartiers à Brest, dans le Finistère.
d'infanterie de ligne (1803-1815) Guerres de l'Empire Par décret du , le Premier Consul prescrit une nouvelle réorganisation de l'armée française. Il est essentiel de faire remarquer, pour faire comprendre comment, souvent le même régiment avait en même temps des bataillons en Allemagne, en Espagne et en Portugal, ou dans d'autres pays de l'Europe, que, depuis 1808, quelques régiments comptaient jusqu'à 6 bataillons disséminés, par un ou par deux, dans des garnisons lointaines et dans les diverses armées mises sur pied depuis cette date jusqu'en 1815. Ainsi, le d'infanterie de ligne est formé à 3 bataillons avec la , et de la de deuxième formation.
En 1803, il est au camp de Saint-Omer dans le département du Pas-de-Calais et est rattaché dans la du , commandée de 1803 à 1809 par le général Suchet.
Le , le régiment de ligne commence son mouvement vers l'Autriche et franchit le Rhin le Après avoir participé aux batailles d'Ulm et d'Hollabrunn il se trouve le 2 décembre, à la bataille d'Austerlitz, ou l'unité, qui rattachée à la brigade de la division d'infanterie du corps d'armée du général Lannes qui a pour mission de défendre la route d'Olmütz et de couper l'aile droite des troupes austro-russes.
Le régiment à partir du participe à la campagne de Prusse et de Pologne et se trouve engagé aux batailles de Saalfeld (10 octobre), d'Iéna (14 octobre) et de Pultusk.
En 1807, il est aux batailles d'Ostrolenka et de Friedland puis dans le corps d'occupation en Silésie.
En 1808, il part pour l'Espagne, tout en laissant un bataillon en Allemagne. Après avoir passé Bayonne et Irun, le régiment arrive, fin , devant Saragosse ou il s'illustrera.
En , il se trouve au combat d'Arzobispo puis aux batailles d'Ocaña et de la Sierra-Morena. Pendant ce temps, les bataillons restés en Allemagne participent aux batailles d'Ebersberg, d'Essling et de Wagram (5 et 6 juillet).
En 1810, les bataillons espagnols sont engagés dans les batailles de Villa-Garcia et de Fuente de Cantos.
Le le régiment participe au siège d'Olivença avant d'arriver à Badajoz pour assiéger la ville le . En mai il est aux batailles de Fuentes de Onoro, d'Albuhera et en octobre à la bataille d'Arroyomolinos.
En 1813, il est engagé à la bataille de Cubiry, au siège de Saint-Sébastien et à la bataille de la Nivelle. Pendant ce temps, les bataillons restés en Allemagne participent aux batailles de Grossgohren, de Lützen, de Bautzen, de La Katzbach, de Kulm, de Leipzig (du 16 au 19 octobre) et de Hanau.
En 1814 les bataillons espagnols combattent à Saint-Pierre d'Irube, Orthez (27 février) et Toulouse tandis que les bataillons allemands en retraite combattent durant la campagne de France à Rosnay, Montmirail (11 février) Champaubert, Vauchamps (14 février), Laon, Claye (28 mars) et Villeparisis.
Après l'exil de à l'île d'Elbe, l'ordonnance royale du qui réorganise les corps de l'armée française donne le au régiment d'infanterie de ligne. À son retour de l'île d'Elbe, prend, le , un décret qui rend aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus. Le régiment redevient le d'infanterie de ligne et combat à Surzberg, Suffelweyersheim et Strasbourg.
Après la seconde abdication de l'Empereur, Louis XVIII réorganise de l'armée de manière à rompre avec l'héritage politico-militaire du Premier Empire.A cet effet une ordonnance du licencie l'ensemble des unités militaires françaises.
Légion de la Somme (1815-1820) Par ordonnance du , Louis XVIII crée les légions départementales. La Légion de la Somme, qui deviendra le régiment d'infanterie de ligne en 1820, est créée.
régiment d'infanterie de ligne (1820-1882) En 1820 une ordonnance royale de Louis XVIII réorganise les corps de l'armée française en transformant les légions départementales régiments d'infanterie de ligne. Ainsi, le d'infanterie de ligne est formé, à Wissembourg, avec les 3 bataillons de la légion de la Somme.
1820 à 1852 vignette|Officier du RI en Espagne en 1823.
En 1823 le régiment participe à l'expédition d'Espagne et est engagé au siège de Pampelune puis à la prise de Lérida Relation des opérations de l'artillerie française en 1823, au siège de Pampelune et devant Saint-Sébastien et Lérida.
De 1824 à 1826, il fait partie du corps d'occupation d'Espagne et se trouve en garnison à Figueras, Gérone et en 1827 il laisse des détachements au fort de Bellegarde, à Collioure, Port-Vendres, Prats-de-Mollo et Fort-les-Bains en remplacement des troupes suisses, le reste du régiment se trouvant en garnison à Perpignan.
Une ordonnance du créé le et porte le régiment, complet, à .
Second Empire De 1852 à 1861, le régiment participe l'expédition de Rome.
Lors de la Guerre franco-prussienne de 1870 le régiment, rattaché à l'armée du Rhin, est engagé à la bataille de Sarrebruck (2 août) et à la bataille de Forbach-Spicheren (6 août). Dans la nuit du 5 au , une division de cavalerie prussienne se porta en avant de Sarrebruck et fut accueillie par une vive fusillade partie des hauteurs de Spicheren, occupée par les troupes françaises, dont le régiment d'infanterie, qui repoussa l'ennemi. Mais, dès 9 heures du matin, ces hauteurs étaient tournées par les troupes prussiennes et les troupes françaises furent contraintes de se replier après une héroïque résistance. À , une nouvelle division prussienne entrait en ligne et 5 de leurs bataillons se portaient sur Styring afin de prendre de flanc les Français. La lutte devint alors sanglante, acharnée. A un contre dix, les bataillons prussiens furent repoussés et les soldats français, combattant avec le courage le plus héroïque, refoulèrent les prussiens au-delà de Styring.