Steven « Steve » Rogers, alias Captain America est un super-héros évoluant dans l'univers Marvel de la maison d'édition Marvel Comics. Créé par le scénariste Joe Simon et le dessinateur Jack Kirby, le personnage de fiction apparaît pour la première fois dans le comic book Captain America Comics #1, paru en alors que la date de est inscrite sur la couverture Fiche de Captain America, marvel.com (consulté le 1er mars 2021)..
Conçu à l'origine comme une figure patriotique américaine en réaction au régime nazi, le personnage devient actif avant même l'entrée en guerre officielle des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, en décembre 1941. Dès le début de sa publication, il est perçu comme le porte-drapeau des valeurs démocratiques de son pays et comme un défenseur du monde libre contre les totalitarismes, notamment le Troisième Reich. (consulté le 19 décembre 2016).
Doté d'une condition physique au summum du potentiel humain, Captain America est un combattant hors pair, un chef-né et un stratège militaire accompli. Il porte un costume reconnaissable entre tous, inspiré du drapeau américain et est équipé d'un bouclier quasi indestructible, composé d'un alliage d'acier et du fictif vibranium, qu'il utilise comme une protection ainsi que comme une arme.
Depuis les années 1960, Captain America fait partie de l'équipe de super-héros les Vengeurs (Avengers, et ses diverses versions) dont il est devenu au fil des ans l’un des piliers.
En 2011, Captain America est classé par le site de référence IGN en sixième position du ., en 2012 second dans leur classement du . et en 2014 second dans leur classement du ..
Dans l'univers cinématographique Marvel, le personnage de Captain America est interprété par l'acteur Chris Evans à partir du film Captain America : First Avenger (2011) jusqu'à Avengers : Endgame (2019), à la fin duquel il charge le Faucon (interprété par Anthony Mackie) de poursuivre son œuvre, ce dernier se glissant dans ce rôle au terme de la série Falcon et le Soldat de l'Hiver (2021). Cependant, il reviendra dans le film Avengers: Doomsday (2026).
Historique de la publication Création du personnage
Au début de l'année 1940, le scénariste Joe Simon et le dessinateur Jack Kirby commencent à travailler pour la maison d'édition , une société qui possède déjà deux personnages-vedettes à son actif : Namor (« the Submariner ») l'atlante et un androïde nommé (la première Torche humaine). Leur succès est important, même s'il n’est en rien comparable à Superman ou Captain Marvel de la concurrence.
Chez Timely, Simon et Kirby produisent plusieurs bandes dessinées et inventent de nombreux héros : , mais aucune de ces créations ne sort du lot.
À l’époque, les tensions internationales qui préfigurent une guerre prochaine et la situation des juifs en Allemagne nazie, qui touche particulièrement Simon, Kirby et Martin Goodman (éditeur et propriétaire de Timely Comics), tous trois juifs, poussent à la création d'un nouveau super héros patriotique.. Ce projet est d'autant plus valable que d'autres héros patriotiques existent déjà, comme , et que ceux-ci rencontrent le succès. Simon et Kirby vont donc s'atteler à la tâche et créer ce nouveau héros pour Timely.
Outre ces tensions,
Premières aventures Le personnage de Captain America fait sa première apparition dans le comic book #1, qui paraît le .La date inscrite sur la couverture est mars 1941 car les comics aux États-Unis sortent plusieurs mois avant la date de parution officielle. Cette spécificité est apparue avec le premier comic , édité par Max Gaines et qui paraît en mai 1934 avec une date de couverture indiquant juillet 1934 ; source : Digby Diehl, Tales from the Crypt: The Official Archives Including the Complete History of EC Comics and the Hit Television Series, Pan book, 1996, ).. Apparaissent aussi dès ce premier numéro son coéquipier adolescent Bucky (James Barnes) et le super-vilain nazi Crâne rouge, dans une histoire écrite par Ed Herron. Ce premier épisode connaît un énorme succès, avec des ventes qui dépassent le million d'exemplairesCe chiffre n'est pas rare à l'époque mais il est cependant la marque des succès tels que , ou aux États-Unis. (consulté le 19 décembre 2016).
Le seul problème qui apparaît est la menace d'une poursuite en justice de la part de John Goldwater, l'éditeur de « MLJ Comics » et propriétaire de la série . Celui-ci accuse les auteurs de Timely de s'être inspiré de son héros pour créer le bouclier en forme d'écu de Captain America. Avec l’accord de Simon et Kirby, la réponse de Goodman est immédiate : le bouclier devient rond dans les épisodes suivants (dès Captain America Comics #2 paru le ).
Le succès du comics est tel que Goodman décide de proposer dès le mois suivant une seconde bande dessinée du même genre, , qui reprend tous les ingrédients de Captain America : un adolescent qui seconde le héros (sidekick), des nazis prêts à tout pour détruire les États-Unis et une couverture de Simon et Kirby..
Les dix premiers numéros de sont dessinés par Simon et Kirby, mais ils font aussi appel à d'autres artistes pour l'encrage comme Syd Shores, George Roussos, Bernie Klein ou Reed Crandall, ainsi qu'à des scénaristes tels que Otto Binder, Ed Herron ou Stan Lee. C'est d'autant plus nécessaire qu'un nouveau comic patriotique est créé par Simon et Kirby : mettant en vedette Bucky, Toro (l'acolyte de Human Torch) et un groupe de jeunes gens patriotes..
Captain America apparaît aussi dans le trimestriel All Winners Comics. C'est dans ce comics qu'il fait partie de l'équipe du (l'« Escouade des vainqueurs » en ) avec Human Torch, Namor, le Bolide et Miss America.
Le dixième numéro de est le dernier réalisé par Simon et Kirby car, à la suite d'un différend d'ordre financier avec Martin Goodman, les deux artistes cessent de travailler pour Timely et partent pour le concurrent National Comics (l'ancêtre de DC Comics) où ils créent d'autres comics patriotiques, tels que .
Les années 1950 Après la Seconde Guerre mondiale, les ventes du comic-book diminuent fortement. Les auteurs tentent de renouveler le titre en abandonnant Bucky et en le remplaçant par une jeune femme, un amour de jeunesse du Captain nommée , alias « Golden Girl » Captain America Comics #66 (avril 1948), Timely Comics.. Après Captain America Comics #73 de , le titre aussi est changé en pour deux numéros, mais tout cela ne sert à rien et le titre est finalement arrêté au #75..
En 1954, Timely tente de relancer la bande dessinée mais en opposant cette fois Captain America aux communistes, dans le contexte de la guerre froide. Le titre de la série est d'ailleurs surmonté du slogan « »En français : « Captain America, casseur de communistes ».. Cette nouvelle version est un échec commercial, les lecteurs n'étant plus intéressés par des comics à la propagande grossière. et, au bout de trois épisodes, le comic-book prend fin avec le numéro 78.
Résurrection du titre vignette|redresse|gauche|Stan Lee en 1975.
En , le scénariste Stan Lee et le dessinateur d'origine Jack Kirby ressuscitent Captain America dans le quatrième épisode de la série Avengers (publié en France en dans Eclipso ). Timely a, entre-temps, changé de nom. L'éditeur s'appelle désormais Marvel Comics.
Captain America est retrouvé en état d'hibernation par l'équipe des Vengeurs (Composée à l'époque de Thor, Iron-Man, la Guêpe et Giant-Manhttps://marvel.fandom.com/wiki/Avengers_Vol_1_4), ce qui permet d'expliquer pourquoi le personnage n'a pas vieilli depuis la guerre.. Ce n'est d'ailleurs pas la première résurrection des héros de la Seconde Guerre mondiale, Namor le Prince des mers ayant déjà été réutilisé en dans la série Les Quatre Fantastiques. Par la suite, Captain America devient l'un des principaux héros de l'univers Marvel : tout en devenant un pilier de l'équipe des Vengeurs il est à nouveau le héros de sa propre série (D'abord dans Tales of Suspense #59 en puis en recommençant avec Captain America #100 en ).
Le personnage a cependant du mal à s'adapter à l'époque contemporaine, comme à accepter la mort de Bucky. Les auteurs font en outre réapparaître son antagoniste Crâne rouge qui redevient l'un des méchants les plus récurrents de la nouvelle série Captain America. Les scénarios de la série s'efforcent de refléter les évolutions de la société : Captain America rencontre ainsi en 1969 un jeune noir, Sam Wilson, qu'il forme pour en faire un super-héros et qui devient son partenaire sous le nom du Faucon. Pendant plusieurs années, la série s'intitule Captain America et le Faucon, les deux héros étant mis sur un pied d'égalité. Par ailleurs, Stan Lee établit dans ses scénarios que Captain America est demeuré en hibernation depuis 1945, ce qui équivaut à passer sous silence les épisodes publiés entre 1945 et 1954.
vignette|upright|Steve Englehart en 1982.
Dans les années 1970, le scénariste Steve Englehart résout cette incohérence en rattachant ces épisodes à la série, par le biais d'une . Dans un épisode publié en 1972, il est révélé que pendant que le Captain America des origines était en animation suspendue et présumé mort, un autre homme a su recréer le sérum du super-soldat pour reprendre le costume du héros : ce serait cet homme qui serait apparu dans les épisodes des années 1950. Cette histoire est pour Englehart l'occasion d'aborder le rôle du héros sous un angle critique, lorsque Captain America est confronté à son imposteur des années 1950, devenu un extrémiste fou. Deux autres personnages seront rétroactivement révélés avoir été Captain America après la guerre.
Plus largement, Englehart, qui débute alors en tant que scénariste répond aux attentes des responsables éditoriaux de Marvel, en menant en même temps une réflexion sur le rôle que doit occuper un héros patriotique dans la société de l'époque. Avec la saga de l’Empire secret (Secret Empire)Captain America 169-175 (1974), Englehart fait écho au scandale du Watergate en mettant en scène une organisation qui tente de prendre le pouvoir aux États-Unis par un coup d'État, et dont le chef se révèle être le président des États-Unis (Englehart avoue que, au début, il avait prévu une histoire sur la corruption des médias, mais que le Watergate a justement dirigé la fin du récit vers une portée différente). Pendant plusieurs épisodes, Captain America, qui a perdu confiance dans son rôle, prend le nom du « Nomade » (Nomad), une nouvelle identité qu'il veut apatrideCaptain America 180 (décembre 1974). Il finit cependant par reprendre son costume traditionnelCaptain America #183 (mars 1975).
Jack Kirby, co-créateur du personnage, reprend les rênes de la série après Englehart, en assurant à la fois le scénario et les dessins. Mais son passage ne convainc pas les lecteurs.
Au début des années 1980, Captain America est confié à plusieurs équipes éditoriales successives : Roger Stern (scénario) et John Byrne (dessins) assurent une dizaine d'épisodes, très bien accueillis par les lecteurs. C'est ensuite au tour du scénariste J. M. DeMatteis qu'est confiée la série pendant plusieurs années. DeMatteis s'efforce de complexifier et d'humaniser le personnage, effort poursuivi par Mark Gruenwald qui assure les scénarios de la série pendant dix ans, de 1985 à 1995.
Gruenwald lance notamment un arc scénaristique qui s'étend des épisodes 332 à 350, durant lequel Steve Rogers est forcé par le gouvernement américain d'abandonner son rôle de Captain America, qui est alors confié à un autre héros soi-disant , John Walker (futur U.S. Agent), alias le « Super Patriote », qui se révèle brutal et borné. Rogers doit alors adopter un nouveau costume et se fait appeler « le Captain » () Mark Gruenwald, Tom Morgan, Dave Hunt, « The Long Road Back », Captain America #337 (janvier 1988), Marvel Comics., tandis que le nouveau Captain America discrédite progressivement l'image du héros par ses actions irréfléchies. Mais le Captain America d'origine finit par récupérer son rôle.