L'Union syndicale Solidaires est une union syndicale française. Créée en tant que Groupe des Dix le , elle prend son nom actuel en . L'acronyme SUD (pour « solidaires, unitaires, démocratiques ») désigne une partie de ses syndicats nationaux et fédérations membres ; d'autres structures membres ont choisi une autre dénomination mais sont membres de Solidaires de la même manière.
Avant 2008, elle ne faisait pas partie des cinq confédérations de syndicats de salariés français bénéficiant d'une présomption irréfragable de représentativité. La loi Représentativité de 2008 a offert des possibilités de développement, notamment dans le secteur privé.
Historique Groupe des Dix À la suite d'un appel de deux militants de la FGSOA (Bernard Gillet et André Glavieux), le , le Groupe des Dix est constitué en France le par dix organisations syndicales autonomes non-confédérées, dans le but de favoriser l'émergence d'un nouveau pôle capable de peser dans le mouvement syndical pour plus d'efficacité. Tous entendent garder leur indépendance et refusent de s'organiser en confédération. Ils décident cependant de maintenir des contacts entre eux afin de développer l'entraide.
Les membres originels du G10 : Fédération autonome de la Défense nationale (FADN) ; créée en 1947 Fédération autonome des transports (FAT) ; créée en 1954 Fédération générale autonome des agents de conduite de la SNCF (FGAAC) ; créée en 1885 Fédération générale des syndicats de salariés des organisations professionnelles de l'agriculture et de l'industrie agro-alimentaire (FGSOA) ; créée en 1945 Fédération autonome des syndicats de police (FASP) ; créée en 1969 Fédération générale autonome des fonctionnaires (FGAF) ; créée en 1949 Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA) ; créé en 1965 Syndicat national des journalistes (SNJ) ; créé en 1918 Syndicat national unifié des impôts (SNUI) devenu Solidaires Finances publiques; créé en 1962 Syndicat Unifié des Agents et Cadres des Caisses d'épargne (SUACCE) créé en 1948.
Le SNUI et la FGSOA sont issus du refus de la scission CGT-FO de 1947.
Débuts difficiles et fragiles Au cours des années qui suivent, d'autres syndicats rejoignent le groupe dont l'activité reste relativement faible. Cette faiblesse amène en 1985 les syndicats membres à ne plus se contenter de simples contacts nationaux, mais à encourager des liens sur le plan local (départements, grandes agglomérations). Ils créent également un centre de formation syndicale commun.
Particulièrement présents dans le secteur public, ils s'engagent sur ce qui devait devenir l'un de ses principaux chevaux de bataille : la défense des services publics à partir de 1986. Cet engagement se conjugue avec les grèves SNCF de l'hiver 1986-1987, qui traitent entre autres de cette question.
150px|left|thumb|le logo du groupe des dix
Cependant, d'autres conflits dans des secteurs sur lesquels des syndicats du groupe interviennent (Banque de France, aiguilleurs du ciel, etc.) mettent en relief les faiblesses structurelles du Groupe des Dix : contacts trop lents sur le plan local, difficultés à peser en faveur de l'unité syndicale, incapacité à organiser la solidarité interprofessionnelle, et surtout difficulté à élargir le champ des analyses communes de par la règle de l'unanimité qui règne au sein du groupe pour toute décision.
C'est sur ce point que les plus gros désaccords apparaissent, amenant l'un des syndicats fondateurs à quitter le groupe. Parallèlement, le projet piloté par la FEN de créer une grande centrale réformiste divise le G10. Certains de ses membres (fonction publique territoriale, FGSOA, une partie de la FASP…) participent à la création de l'UNSA.
Développement du G10 à partir de 1989
vignette|gauche|redresse|Bannières de Solidaires dans une manifestation à Paris en 2005. Début 1989, le Groupe des Dix s'élargit en s'ouvrant à Sud-PTT.
Ce syndicat n'est pas de tradition autonome. Il s'agit en fait de syndicats CFDT, principalement de la région parisienne, en opposition avec la direction de leur fédération, qui viennent d'en être exclus pour avoir soutenu la « grève des camions jaunes » contre l'ouverture au privé du transport du courrier à laquelle les dirigeants de leur Fédération ne souhaitait pas s’opposer. Aux élections qui ont lieu trois mois après sa naissance, Sud-PTT n'obtient de représentativité que sur la région parisienne, mais connaît un développement spectaculaire de son implantation au début des années 1990. En effet, à la suite du grave échec subi par la CFDT lors des élections professionnelles de 1989 et à la suite de la décision de celle-ci de soutenir la loi de séparation de La Poste et de France Télécom (loi Quilès) qui ouvrait la voie à la privatisation, de nouveaux syndicats départementaux des PTT de la CFDT font défection et rejoignent Sud-PTT.
Certains détracteurs au sein de la direction de la CFDT ont affirmé que le développement rapide de l'union syndicale à cette époque par une consigne de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) qui voudrait que ses militants y adhèrent. Mais à militants revendiqués pour la LCR, contre au moins pour l'union syndicale à l'époque, cette affirmation est fortement sujette à caution. Pour Jean-Marie Pernot, « on leur attribue une tendance trotskiste, ce qui est ridicule et faux. Trouver des boucs émissaires est toujours un moyen facile pour les pouvoirs en place d'assurer leur tranquillité » il parle ici plus précisément de SUD Rail : ..
Deux autres syndicats issus de la CFDT, vont rejoindre plus tard le G10, d’abord celui des infirmières le CRC-Santé, à la fin des années 1980, notamment à la suite de la grève des infirmières, et celui des forestiers, le syndicat national unifié des personnels des forêts et de l'espace naturel (SNUPFEN), lors d'un congrès extraordinaire en , en pleine réforme forestière.
Le groupe se présente en 1992 pour la première fois aux élections prud'homales et est de plus en plus actif dans les luttes des secteurs où il intervient.
Pour la première fois, il prend une initiative d'ampleur nationale avec le lancement de la campagne Agir contre le chômage, qui se traduit par l'organisation de marches de chômeurs et la création d'Agir ensemble contre le chômage (AC !), qui cherche à unifier l'ensemble des organisations de chômeurs.
Ces nouvelles orientations entrainent le départ du G10 de trois autres syndicats autonomes (Fédération autonome des transports, Fédération maîtrise et cadres de la SNCF, et la FGSOA) qui avec la partie minoritéaire de la FEN (Fédération de l'Éducation nationale), qui vient de connaître une scission, fondent une nouvelle organisation autonome, l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA).
La FSU, qui est aussi issue de cette scission de la FEN, mais de la partie majoritaire, n'est pas, non plus, adhérente au G10. Forte d’un grand nombre d’élus et militants dans l’Éducation nationale, elle va peu à peu syndiquer dans d’autres entreprises et secteurs, au point de former elle aussi une structure proche d’une confédération, dont il a été évoqué régulièrement une possible fusion avec la CGT.
Élargissement de 1995 Lors des grèves de décembre 1995, cette évolution apparaît encore plus clairement. Le résultat est que, au lendemain de ce mouvement, des militants quittent les fédérations de la CFDT, jugées trop peu revendicatives, et créent SUD Rail. Des syndicats d'entreprise non seulement de la CFDT, mais aussi de la CGT-FO et de la CGT quittent leurs confédérations et se constituent en SUD. C'est ainsi qu'à Toulouse, c'est une véritable Union départementale qui se met en place.
À la suite des mouvements de 1995, se créent les premiers syndicats SUD éducation et SUD Étudiant.
Ce mouvement qui s'est poursuivi depuis lors (AFPA, Michelin, Thomson, etc.), accompagné d'un élargissement des syndicats et fédérations existantes, donne une situation contrastée. Le G10 reste cependant totalement absent de secteurs entiers.
Fondation de Solidaires en 1998 L'Union syndicale Solidaires est fondée en , pour mieux structurer l'ex-G10, qui a considérablement évolué depuis la multiplication des SUD. Il compte alors environ adhérents. Ce développement a amené le G10 à se restructurer en Union Syndicale G10 Solidaires. La grande majorité des syndicats et fédérations membres de l’Union syndicale G10 Solidaires a pour nom SUD (Solidaires Unitaires Démocratiques). La mention du G10 est conservée dans le nouveau nom, car tous les syndicats membres ne se reconnaissent pas dans ce sigle (SNUI, SNJ, etc.).
L'Union syndicale G10 Solidaires est alors structurée en un Bureau national (BN) et en regroupements locaux pouvant accueillir en plus des syndiqués membres des syndicats locaux non adhérents au G10 en observateurs. Les groupes locaux sont régulièrement invités à des réunions élargies du BN. Des congrès réunissant des délégations des syndicats ou fédérations nationaux et des groupes locaux sont désormais convoqués tous les trois ans. La règle de l'unanimité est abandonnée, au profit du consensus, mais chaque syndicat ou fédération membre garde un droit de veto qu'il peut utiliser s'il considère qu'une décision pourrait remettre en cause l'un de ses principes fondamentaux. Cela contraint du coup à un débat approfondi afin de lever tout malentendu.
Départ de deux syndicats en 2001 Le Syndicat Unifié / UNSA Caisse d'épargne et le Syndicat national autonome des personnels des chambres de commerce rejoignent l'UNSA, soit une perte d'environ adhérents.
Annick Coupé remplace Gérard Gourguechon comme porte-parole de l'organisation.
Création de ASSO-Solidaires En 2010, Solidaires crée une branche destinée aux salariés des associations.
Congrès
vignette|Simon Duteil (mars 2023)
de 2014 Lors du congrès de Dunkerque en , Solidaires renouvelle son secrétariat national avec le départ d'Annick Coupé, remplacée par deux co-porte-parole Cécile Gondard-Lalanne (SUD PTT) et Eric Beynel (Solidaires Douanes). Pour la première fois, un salarié du privé intègre le secrétariat national qui passe de 11 à 12 membres. L'union syndicale développe ses rapports avec la CGT. Très critique envers la politique de François Hollande, Solidaires annonce des campagnes sur le coût du capital, contre le grand marché transatlantique et l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.
Congrès extraordinaire de 2020 (Saint-Denis) Le secrétariat national est renouvelé. Simon Duteil (SUD Éducation) et Murielle Guilbert (Solidaires Fonction Publique) deviennent les deux nouveaux co-délégués généraux / porte-parole de Solidaires.
2022 : lutte sur les salaires La question des salaires est centrale sur l'année 2022. Plusieurs grèves interprofessionnelles ont lieu sur cette question à l'appel à chaque fois au minimum de la CGT, de Solidaires et de la FSU : le , le et le . La grève dans la pétrochimie début et la réquisition de grévistes pousse la CGT, FO, FSU et Solidaires à un nouvel appel à la grève sur les salaires le .
de 2024 Le congrès de l'Union se tient à Toulouse-Labège en Occitanie du au . Certains statuts de l'Union sont mis à jour à l'unanimité, comme la possibilité d’élire deux femmes à la co-délégation générale. Ainsi Solidaires renouvelle son secrétariat national en remplaçant Simon Duteil par Julie Ferrua et en renouvelant le mandat de Murielle Guilbert à la co-délégation générale de l'Union syndicale Solidaires.
Manifestations de 2023 sur la réforme des retraites
Le gouvernement d'Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle réforme des retraites en . « Forcément, il va y avoir une confrontation sociale », a lancé Simon Duteil, co-délégué général de Solidaires. Le comité national de Solidaires a décidé en d'un appel à préparer la bataille des retraites à venir, par l'unité intersyndicale, la proposition de la grève reconductible et le blocage de l'économie.
Représentativité