Marin Alsop, née le à Manhattan, est une cheffe d'orchestre américaine.

Née à Manhattan à New York, elle étudie à l'université Yale puis à la Juilliard School. Elle étudie auprès de Leonard Bernstein, Seiji Ozawa et Gustav Meier. Elle succède à Philippe Entremont à la direction musicale de l'Orchestre symphonique du Colorado de 1993 à 2005. De 2002 à 2008, elle dirige l'orchestre symphonique de Bournemouth, et de 2007 à 2021 l'Orchestre symphonique de Baltimore, succédant à Iouri Temirkanov. À partir de , pour une période reconductible de trois ans, elle est à la tête de l'Orchestre symphonique de la radio de Vienne, première directrice musicale depuis sa création en 1945.

Elle est désignée artiste de l'année 2003 par le magazine musical Gramophone et reçoit le prix de chef d'orchestre de la Royal Philharmonic Society au cours de la même saison. Le , elle devient le premier chef d'orchestre à recevoir le Prix MacArthur.

Son répertoire s'étend de Brahms à Tōru Takemitsu, Philip Glass et John Adams, en passant par Tchaïkovski, Béla Bartók, Samuel Barber ou Leonard Bernstein.

Biographie Enfance et adolescence Elle naît le .

Ses deux parents sont musiciens.

Dans une interview, Marin Alsop déclare

À deux ans, elle étudie le piano ; elle dira que ; à l’âge de cinq ans, ses parents lui donnent un violon. Elle est récalcitrante. Ses parents l'envoient en colonie de vacances musicale ; elle travaille chaque jour au violon. dira-t-elle. À part un peu de guitare à une autre période, elle ne quittera plus le violon.

Formation À sept ans, elle intègre la Juilliard School of Music.

À neuf ans, elle est réprimandée par le directeur des études pour vouloir . Il semble qu’elle bouge, sourit, s’amuse en jouant.

Découverte de Bernstein Peu après, son père l’emmène à un concert dirigé par Léonard Bernstein, un de ses Young People’s Concerts, dans lesquels le chef explique une œuvre aux jeunes auditeurs. Elle remarque que cet homme bouge, sourit et s’amuse, et personne n'y trouve rien à redire. Elle note : Elle dit à son père : Webumentary André Watts Plays Brahms..

Marin annonce à son professeur de violon qu’elle veut devenir cheffe d’orchestre ; il répond :

Un matin, Lamar Alsop pose devant elle une boîte en bois, contenant un jeu de baguettes faites à la main par lui. Elle gardera toujours cette boîte et utilise toujours ces baguettes« Conductor Marin Alsop is happiest when she isn’t noticed », Chicago Tribune, 9 juillet 2002..

La famille avait une résidence secondaire, dans la partie rurale de l’État de New York ; ils vivaient avec une petite cuisine et une seule salle de bains, mais avec une salle de concert capable de recevoir 300 spectateurs. Les Alsop et leurs amis donnaient régulièrement des concerts : .

Vers 12 ans, Marin Alsop découvre le Sextette en si bémol de Johannes Brahms« Portrait of the Artist », The Guardian 14 juin 2010.« First Loves: Conductor Marin Alsop - Bowled Over By Brahms », National Public Radio, septembre 2010. ; elle acquiert l’enregistrement et l'écoute en boucle : Webumentary, « Tchaikovsky’s Fifth »..

Elle racontera qu’elle se sentait seule, différente des autres enfants : être violoniste lui donnait le sentiment d’être à part.

1972-1979 : Yale et la Juillard School En 1971, elle est violoniste de rue devant la cathédrale de New York.

À 15 ans, elle entame des études supérieures à Yale, mais sans déclarer une discipline. Elle penche pour les mathématiques. Elle découvre la musique contemporaine : les Contrasts de Bartok pour clarinette, violon et piano. Il ne lui plaît pas : .

À l’âge de 17 ans, elle commence à jouer dans des ensembles menés par des compositeurs : Philip Glass et Steve Reich. Son goût pour le contemporain se développe. Elle fondera un orchestre consacré au nouveau répertoire et à soutenir des compositeurs vivants durant sa carrière« Classical Archives Interviews Marin Alsop », 20 août 2009« Female conductor presses against music’s glass ceiling », Dallas Morning News 25 février 2005« jewishcolorado.org » 2003« Entretien, « weekend Edition Saturday », National Public Radio, 14 septembre 2007.

En 1976, elle commence à diriger, en invitant des amis chez elle.

Elle sort de la Juilliard School avec une licence (1977) et une maîtrise (1978) en violon. Elle essaie plusieurs fois d’entrer dans le programme de direction de Juilliard. Elle prend des leçons privées avec Carl Bamberger) (1979). Elle travaille comme violoniste, y compris dans l’orchestre de ses parents, au New York Philharmonic, New York Chamber Symphony, American Composers Orchestra et, semble-t-il, comme premier violon de l'American Symphony. Elle joue aussi dans des comédies musicales, des musiques de pub et des bandes de films« The X factor : Marin Alsop », Independent News 10 juillet 2006« About New York ; Still Learning From the Music And the Master », New York Times 19 décembre 1990« An adagio for strings, and for the ages », New York Times 7 mars 2010« Cabrillo Festival’s MarinAlsop », Mercury News 6 août 2009.

1981 : violoniste de rock. String Fever Elle décide de se convertir en violoniste rock, sans rien savoir sur le style rock pour le violonDiscussion avec le public, Litchfield (R-U), juillet 2008.. Elle fonde un ensemble de 14 joueuses de cordes (et une percussionniste) pour jouer des partitions de jazz. Le compositeur qui compose leur premier morceau l’entend dire : . Elles travaillent pour acquérir un style approprié, et, avec l’aide de plusieurs compositeurs, développent leur répertoire et leur réputation. L’ensemble joue sur des disques de Billy Joel. Elle a du mal à garder des musiciennes dans l’ensemble, et renoncera. Le dernier compte-rendu du New York Times est daté du « Jazz: String Fever Plays », New York Times 7 mai 1982« New York by Day: There’s More Than One String to a Fiddle », New York Times 24 août 1983« Footlights », New York Times 31 mai 2001.

1984 : fondation de l'orchestre Concordia Elle économise et trouve un mécène, Monsieur Taki. Elle fonde l’orchestre Concordia. Il compte 35 musiciens au début, et se présente comme un orchestre mélangeant la musique classique et le jazz.

Sa première critique, en 1985, est mauvaise. Elle la résume : . Elle dit avoir passé deux jours alitée« Concert: Concordia », 9 juin 1989-5. L’article ne contient pas la citation exacte de Alsop..

Pendant les années 1980, l’ensemble reçoit des critiques diverses. Il montre les prédilections de Marin, pour lesquelles elle se fait féliciter : combinaison d’œuvres classiques et contemporaines, accent sur la musique américaine, concerts d’œuvres oubliées ou inconnues, solistes ou collaborations insolites, présentation de partitions de film (et même de dessin animé !), encouragement de nouveaux compositeurs (et même un concours de composition en 1993).

Cette expérience lui apprend à chercher des financements, vendre son ensemble, à établir et traiter avec un conseil d’administration, jusqu'à fixer le prix des places« Concert: Concordia », New York Times 8 juin 1986« Music: Concordia Group in 20th-Century Works », New York Times 7 juin 1987« Reviews/Music ; Program of Americana By Concordia Ensemble », New York Times 12 juin 1988« Music in Review », New York Times 11 juin 1991« Review/Concert ; Populism and High Art in Concordia Bill », New York Times 27 octobre 1991« Pop Music ; A Pianist With Harlem on His Mind », New York Times 16 février 1992« Classical Music in Review », New York Times 18 mars 1993.

L’orchestre compte 50 musiciens en 1990. Elle affectionne cet ensemble : . Elle le quitte en 2000. Le dernier compte-rendu apparaît dans le New York Times en « Review/Music ; Two Chamber Orchestras And Their Idiosyncrasies », New York Times 10 novembre 1990Conversation avec le public, Lichfield (R-U), Angleterre, juillet 2008« Music ; An Orchestra’s Success Breeds a Sequel », New York Times 30 avril 2000« Classical Music and Dance Guide », New York Times 19 avril 2002.

Elle étudie la direction d’orchestre avec Harold Farberman (1985).

1987 : audition devant Bernstein Elle a pour objectif d'entrer dans le programme de direction d'orchestre de l’école d’été du Boston Symphony Orchestra, connu mondialement sous le nom de Tanglewood. Elle doit auditionner pour le directeur du programme, Bernstein, pendant qu'il est au Schleswig-Holstein, en répétition avec l’orchestre de Juillard. C'est un échec : dira-t-elle.

Disponible actuellement sur le site du Baltimore Symphony Orchestra, un enregistrement de télévision montre un moment de son audition. Bernstein ne regarde pas la jeune chef, et l’interrompt au tout début de son morceau, la deuxième symphonie de Beethoven : On le voit ensuite diriger derrière elle« In concert with Lenny », Rocky Mountain News 14 mai 2002« Ellen, Marin, and Lenny », http://www.bsomusicians.org/UserFiles/Video/Marin&Lenny.movWebumentary « Bernstein’s Mass », http://www.bsomusic.org/main.taf?p=3,1,4,3.

1988-1989 : Tanglewood, Stokowski, postes Bernstein accueille Marin à Tanglewood en été 1988, à sa cinquième tentative. Elle reçoit le Leonard Bernstein Fellowship, poste prestigieux à Tanglewood, et une mention honorifique qu’elle recevra à nouveau pour l’été 1989, ainsi que le prix Koussevitsky (décerné pour la première fois depuis dix ans). Elle essaie de passer autant de temps que possible avec Bernstein, jusqu’à l’écouter chantonner des chansons des Beatles pendant toute une nuit« The L.I. Philharmonic Names Music Director », New York Times 9 septembre 1989« Leonard Bernstein: ‘charismatic, pompous - and a great father' », London Times 13 mars 2010.

Elle dirige une œuvre entière pendant cette saison d’été, la symphonie de Roy Harris. Elle découvre qu’elle partage le programme avec Bernstein, et devient avec ce concert« BSO to Pass Baton To Marin Alsop », Washington Post 16 juillet 2005.

Leur rapport sont tendus. Un jour, il lui dit : Elle aurait répondu : . Elle juge que Bernstein « Leonard Bernstein : ‘charismatic, pompous - and a great father' », London Times 13 mars 2010

En 1988, elle devient chef assistante au Richmond Symphony. Le , elle participe au concours Stokowski, soutenu par l’American Symphony Orchestra. Elle est finaliste mais ne décroche pas le prix. Le critique du New York Times trouve sa direction supérieure : Les musiciens, dans un sondage, la préfèrent aussi au gagnant. Elle sera membre du jury pour ce concours en 1994« Review/Music ; Four Conducting Contestants Show Their Stuff », New York Times 20 janvier 1989« Music Notes », New York Times 21 juin 1994.

Carrière américaine En , elle débute avec le New World Symphony à Miami, et, en juin, elle dirige l’orchestre du New York City Ballet dans le concerto pour violon de Samuel Barber, avec son père comme soliste (et sur la chorégraphie de Peter Martins)« Music, Maestra, Please », New York Times 16 avril 1989« Review/Dance; Peaceful Coexistence in Martins Work » New York Times 4 juin 1989.

En , le Long Island Philharmonic la nomme directrice musicale de l’orchestre à partir de la saison 1990-1991. Elle renouvellera le contrat pour deux années en 1992. Avec cet orchestre, elle commence à parler au public, au début du concert, à propos des œuvres du programme« Classical Music in Review », New York Times 22 septembre 1992.

1990-1999 : hyper-activité Elle , et gère ses orchestres et ses voyages.

Entre et , elle accepte la direction du Eugene Symphony Orchestra dans l’Oregon, en plus de ceux de Long Island, Concordia, et Richmond« New Leader Looks to Past At American Symphony », New York Times 13 avril 1990.