L'Avent (du latin adventus, « arrivée ») est la période qui couvre plusieurs semaines précédant Noël, en l'occurrence quatre semaines dans la plupart des rites catholiques. Depuis l'instauration de ce temps liturgique, par analogie au Carême, par le pape Grégoire le Grand, l'Avent représente la période de préparation (principalement) à la parousie, c'est-à-dire à la venue du Christ dans la gloire à la fin des temps ; et dans les derniers jours qui précèdent Noël, il représente le temps de mémoire de l'Incarnation de Jésus et de sa naissance.
Dans les Églises qui utilisent le calendrier grégorien, l'Avent débute le quatrième dimanche avant Noël et marque le début de l'année liturgique. L'Avent commence donc, au plus tôt, le et, au plus tard, le . Il se termine le .
Dans l'Église catholique et le luthéranisme, la couleur liturgique de cette période est le violet, sauf le troisième dimanche de l'Avent, Gaudete, qui est rose.
Les Églises orthodoxes et les Églises catholiques orientales observent une période de jeûne et de pénitence qui équivaut à l'Avent : ce temps liturgique de préparation à Noël se nomme le jeûne de la Nativité. Il diffère de l'Avent par le sens, la durée et les observances, et ne marque pas le commencement de l'année liturgique comme en Occident. Le jeûne dure quarante jours alors que, dans le rite latin, il est de quatre semaines ; par contre, il est de six semaines dans les rites ambrosien et mozarabe.
Histoire Le mot « avent » est emprunté au latin ecclésiastique adventus, dérivé du latin classique advenire (« arriver »). Ce mot désigne l'arrivée, l'avènement de Jésus-Christ, c'est-à-dire sa naissance, et finalement, par catachrèse, un temps liturgique avant Noël. En France, jusqu'au , la graphie la plus courante est Advent ; celle-ci disparaît totalement après le pour laisser place à la forme usitée aujourd'huiÉtymol. et Hist. de l'Avent, CNRTL - http://www.cnrtl.fr/etymologie/avent..
La célébration de l'Avent débute au cours du , lorsque l'évêque Perpet de Tours ordonne qu’à partir de la Saint-Martin (), et jusqu’à Noël, de jeûner trois fois par semaine. : c’est pour cela que l’Avent est également nommé « Carême de saint Martin ». À cette époque-, la période de jeûne, qui commençait le , durait donc quarante jours à l'exception des dimanches, comme pour le CarêmePaul Bradshaw, The Origins of Feasts, Fasts and Seasons, p. 109, 2011 .
Cette ordonnance est officialisée en 581, par le premier concile de Mâcon. Bientôt, toute la France observe trois jours de jeûne par semaine depuis la Saint-Martin jusqu’à Noël.
Au , le jeûne de l’Avent n’est plus pratiqué communément. Quand Urbain V est élu pape, en 1362, il se contente d’obliger les gens de sa cour à l’abstinence et il n’y est plus question de jeûne. Rome a alors coutume d’observer cinq semaines d’Avent qui précèdent la fête de Noël. Il en est notamment question dans un Sacramentaire grégorien.
Liturgie Catholicisme vignette|upright=1.1|Encensement durant les vêpres de l'Avent. Dans le catholicisme, la période de l'Avent célèbre le triple avènement du Christ : sa naissance à Bethléem, sa venue dans le cœur des hommes de tout temps, et son retour à la fin des temps. Dès le début de l’année liturgique, la triple référence au passé, au présent et à l’avenir est présenteQu'est ce que l'Avent ?, Portail de la liturgie catholique, Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle - http://www.liturgiecatholique.fr/Qu-est-ce-que-l-Avent.htmlLe sens de l'Avent, Conférence des évêques de France - http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/noel/avent/le-sens-de-l-avent.html.
L’Église catholique n'observe ni jeûne ni abstinence pendant l’Avent. De même, la tradition de ne pas se marier pendant l'Avent n'est plus très respectée. L’office connaît les mêmes rites que le Carême, à peu de chose près, et un esprit de pénitence y préside. La couleur liturgique est le violet, couleur associée aux temps de pénitence, laquelle était autrefois le noir. Le dimanche de Gaudete ( dimanche) est célébré en rose, à l'approche de la Nativité. Le blanc utilisé à Noël rayonne jusque dans le violetVoir https://liturgie.catholique.fr/lexique/rose/.
La liturgie de l'Avent est demeurée inchangée jusqu'à ce que le concile Vatican II, en 1963, introduise des changements mineurs afin de différencier l'esprit des périodes du Carême et de l'Avent. Finalement, l'Avent est devenu une période d'attente et d’espérance"L'Avent : attente et espérance", Antoine Hérouard - http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/noel/eclairages/l-avent-attente-et-esperance-par-mgr-herouard.html, respectivement symbolisées par le veilleur d'Isaïe et par le retour du Christ dans la gloire.
Dans le calendrier liturgique catholique, le temps de l'Avent est constitué de quatre semaines, commençant chacune par un dimanche : le premier dimanche (Levavi), suivant le du temps ordinaire ; le deuxième dimanche (Populus Sion) ; le troisième dimanche (Gaudete) ; et le quatrième dimanche (Rorate).
Protestantisme Dans le luthéranisme, la période de l'Avent est « un temps de mémoire et d'attente, de préparation et de pénitence Karl-Heinrich Bieritz, Kirchenleitung der VELKD, Rat der Kirchenkanzlei der EKU (Hrsg.): Evangelisches Gottesdienstbuch. Agende für die Evangelische Kirche der Union und für die Vereinigte Evangelisch-Lutherische Kirche Deutschlands. 3. Auflage. Verlagsgemeinschaft Evangelisches Gottesdienstbuch 2000, Berlin, 2003 , p. 681–682.. » Les caractéristiques des quatre dimanches sont similaires à celles du catholicisme. La couleur liturgique des trois premiers est le violet ; le quatrième peut être célébré en rose.
Certains épiscopaliens et luthériens utilisent le bleu et certains byzantins utilisent le rouge ou le blanc.
Symboles et traditions
vignette|upright=0.8|Une couronne de l'Avent. Inspirée d'une tradition de l'Allemagne du , la couronne de l'Avent est inventée, en 1839, par le pasteur Johann Heinrich Wichern afin de contenir l'impatience des enfants qu'il éduque ; il fabrique alors une couronne de bois, avec dix-neuf petits cierges rouges et quatre grands cierges blancs. Chaque matin, un petit cierge est allumé et, chaque dimanche, c'est un grand cierge ; la coutume n’a retenu que les grandsSite officiel de l'Église évangélique de Cosne-sur-Loire - http://www.eglise-evangelique-cosne.com/index.php?option=com_content&view=article&id=70&Itemid=107.
vignette|upright=1.2|gauche|Un calendrier de l'Avent par , 1903. La tradition du calendrier de l’Avent semble prendre sa source en Allemagne, au , lorsque des familles protestantes ont coutume de mettre au mur, chaque matin, une image pieuse commentant une phrase de l'Évangile ou une incitation à faire une bonne action. Cela, durant vingt-quatre jours, afin de canaliser l'impatience des enfants jusqu'au jour de Noël. Les images deviennent de plus en plus somptueuses à partir des années 1850 et sont même parfois éditées sous forme de triptyques, avec des volets à ouvrir pour découvrir le dessin central. C'est cette idée d’images masquées qui donna celle du calendrier de l’Avent. Le calendrier est alors composé d'un ensemble de 24 fenêtres que ouvertes une à une chaque jour pour découvrir une image.
Le calendrier de l'Avent commence habituellement le et se termine le , ce qui ne correspond pas exactement au temps de l'Avent, qui commence le quatrième dimanche avant Noël. Certains calendriers, plus proches de l'idée originelle, ne comportent pas systématiquement : leur nombre de jours varie entre 22 et 28 selon la durée de l'Avent.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Raymond E. Brown, Lire l'Évangile au temps de l'Avent et de Noël, Cerf Klemens Stock, La liturgie de la Parole de l’Année C (Luc) – L’Avent (Rome, 2012)
Articles connexes
Liens externes
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