, né le à Tokyo et mort le dans la même ville, est un homme politique japonais issu d'une importante famille de l'histoire politique du Japon. Membre du Parti libéral-démocrate (PLD), il fut ministre de la Justice du au , ministre des Affaires intérieures et des Communications et ministre d'État chargé de la Réforme de la décentralisation, dans le cabinet du Japon dirigé par Tarō Asō du jusqu'à sa démission le .
Biographie Origines et formation
thumb|left|150px|Le Premier ministre Ichirō Hatoyama et ses deux fils, de gauche à droite : Yukio et Kunio Hatoyama Né dans l'arrondissement de Bunkyō à Tokyo, Hatoyama est le fils de l'ancien ministre des Affaires étrangères de Takeo Fukuda (1976-1977) Iichirō Hatoyama, le petit-fils de Ichirō Hatoyama, ancien Premier ministre (1952-1954) et fondateur du PLD, et l'arrière-petit-fils de l'ancien samouraï Kazuo Hatoyama qui fut président de la Chambre des représentants de 1896 à 1897. Il est également le frère cadet de Yukio Hatoyama, qui est lui aussi engagé dans la politique japonaise mais dans l'opposition au PLD, étant l'une des figures principales du Parti démocrate du Japon qu'il préside de 1999 à 2003 et de 2009 à 2010 ainsi que Premier ministre du au . Son grand-père maternel n'est autre que Shōjirō Ishibashi, le fondateur du fabricant de pneus Bridgestone.
Il fait l'essentiel de sa scolarité, du primaire au collège, au sein de la prestigieuse Compagnie scolaire Gakushūin, institution privée connue pour être essentiellement réservée aux enfants de l'aristocratie japonaise. Diplômé en sciences politiques à la faculté de droit de l'université de Tokyo en 1972, il devient secrétaire parlementaire de l'ancien Premier ministre Kakuei Tanaka puis passe au service de son père, tout juste élu à la Chambre haute de la Diète, en 1974.
L'entrée en politique En 1976, à seulement 28 ans, il est élu comme représentant pour l'un des sièges du électoral de Tokyo (le scrutin étant alors, et jusqu'en 1996, au vote unique non transférable) sous les couleurs du Club néo-libéral. Ce petit parti avait été fondé quelques mois avant les élections par six membres de la Diète dissidents du PLD. Toutefois, il rejoint assez rapidement le parti majoritaire. Battu en 1979, il est réélu toutefois dès l'année suivante.
De 1987 à 1993, il est membre, au sein du PLD, du ou Heiseikai, la faction menée par Noboru Takeshita et qui reste encore aujourd'hui l'une des principales factions du Jimintō.
Son ascension politique est alors assez rapide, et il entre pour la première fois au Cabinet du Japon à 43 ans, comme ministre de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie du gouvernement de Kiichi Miyazawa du au .
L'opposition au PLD En 1993, il quitte le PLD et siège alors comme conservateur indépendant, membre de la coalition majoritaire qui pour la première fois depuis sa création en 1955 exclut le PLD du gouvernement. Il devient d'ailleurs alors ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales dans l'éphémère cabinet de Tsutomu Hata (-), lui aussi dissident du PLD à partir de 1993. Il participe ensuite avec ce dernier à la fondation, le , du Parti de la nouvelle frontière ou . Celui-ci constitue alors le principal parti d'opposition à la majorité formée par une alliance entre le PSJ, le PLD et la petite formation du Nouveau Parti pionnier. En , il quitte le Shinshintō et fonde alors, en septembre de cette année, avec son frère aîné, Yukio Hatoyama, et l'ancien ministre de la Santé Naoto Kan, le Parti démocrate du Japon. Yukio et Naoto Kan prennent alors la coprésidence de ce nouveau mouvement, tandis que Kunio en devient le et vice-président ainsi que le leader de sa fédération de Tokyo. Il est réélu à la Chambre des représentants lors de l'élection générale du , la première où l'ancien système du vote unique non transférable est remplacé par un scrutin uninominal majoritaire à un tour, où chaque député représente une circonscription, associé à d'autres représentants élus quant à eux à la proportionnelle, et siège dans l'opposition pour le électoral de Tokyo, à savoir les trois arrondissements de Chūō, de Taitō et Bunkyō.
En , le PDJ rallie d'autres mouvements anti-PLD pour former un nouveau PDJ ou Minshutō, qui est encore aujourd'hui le principal parti d'opposition. Son frère, Yukio Hatoyama, est alors l'une des principales personnalités de ce parti puisqu'il en est le président (et donc leader de l'opposition) de 1999 à 2002 et de 2009 à 2010.
En mars 1999, il démissionne de son siège de représentant à la Diète et se présente, en étant investi par le PDJ mais en se déclarant indépendant, à l'élection pour le poste de gouverneur de Tokyo, mais il est battu par l'écrivain Shintarō Ishihara. Yōichi Masuzoe, un de ses futurs collègues ministres dans les gouvernements Fukuda puis Asō, fut aussi candidat lors de cette élection en arrivant troisième lors du scrutin, derrière Ishihara et Hatoyama.
Le retour au PLD Toutefois, critiquant l'évolution vers la gauche du PDJ engagée par son frère, Kunio Hatoyama retourne au PLD en 2000, à la veille de nouvelles élections à la Chambre des représentants, se présentant sur la liste du parti majoritaire pour obtenir l'un des sièges à la proportionnelle de la Chambre des représentants pour la préfecture de Tokyo « Party-switching Kunio Hatoyama says he's ready for criticism », Kyodo News International, 19/06/2000.
En 2003, il tente de retrouver une circonscription au scrutin uninominal, dans le électoral de Tokyo tout en étant toujours présent sur la liste du parti pour l'élection à la proportionnelle. Il s'agit alors de l'une des batailles les plus cruciales et les plus observées de l'élection, puisqu'il affronte dans cette circonscription le sortant qui n'est autre que son ancien allié et alors chef de l'opposition en tant que président du PDJ Naoto Kan. Il est toutefois largement battu, Kan étant réélu avec plus de , soit 58,4 % des suffrages, tandis que Hatoyama n'en récolte qu'à peine bulletins (34,9 %). Il ne retourne à la Chambre des représentants que grâce à la proportionnelle.
Ensuite, en 2005, après avoir fait toute sa carrière politique à Tokyo, il se présente dans le de la préfecture de Fukuoka dans le nord-ouest de l'île de Kyūshū, à savoir essentiellement la ville de Kurume, d'où son grand-père maternel était originaire, et ses environs, et l'emporte cette fois sur le député sortant du PDJ.
Bien qu'il soit resté pendant plusieurs années hors de toute faction interne du PLD, il rejoint en 2007 la faction Tsushima, héritière de l'ancienne faction Takeshita dont il fut membre dans les années 1980 et 1990, et qui défend notamment une position modérée et de conciliation en politique étrangère, notamment avec la Corée du Sud ou la république populaire de Chine, ainsi que le maintien d'un minimum de dépenses sociales de la part de l'État. Il en est d'ailleurs l'un des deux vice-présidents, avec Fukushiro Nukaga (futur chef de la faction à partir de 2009). Toutefois, Hatoyama est en son sein l'un des rares partisans de l'ancien ministre des Affaires étrangères Tarō Asō, connu pour ses propos populistes et nationalistes. Ainsi, il a soutenu Asō lors des campagnes à la présidence du PLD de et de qu'il a toutes deux perdu au profit successivement de Shinzō Abe puis de Yasuo Fukuda.
Lors du remaniement ministériel du qui fait suite à la défaite importante du PLD qui perd alors la majorité à la Chambre des conseillers, Shinzō Abe, très impopulaire et fortement remis en question au sein du parti, doit ouvrir son Cabinet à certains de ses opposants, dont Kunio Hatoyama qui devient ainsi ministre de la Justice. Il conserve son poste dans le cabinet de Yasuo Fukuda le , même si encore une fois il a soutenu lors de l'élection à la présidence du PLD son concurrent Tarō Asō. Toutefois, lors du remaniement de ce cabinet, le , il n'est pas conservé à son poste et quitte le gouvernement.
Fidèle ami et partisan de Tarō Asō, il intègre de nouveau le Cabinet du Japon lorsque ce dernier devient Premier ministre le , cette fois-ci chargé des Affaires intérieures et des Communications ainsi que de la Réforme de la décentralisation. Il s'oppose toutefois à son Premier ministre sur la question de maintenir ou non à la tête de la Japan Post Holdings Yoshifumi Nishikawa, celui-ci étant critiqué par le ministre pour avoir tenté de vendre la chaîne hôtelière appartenant à la compagnie postale à un groupe financier dont le président fut impliqué dans la mise en place du plan de privatisation de la poste, tandis qu'Asō désire maintenir Nishikawa au nom de la stabilité de l'administration en période de crise économique et financière. Protestant contre cette décision, Kunio Hatoyama décide finalement de démissionner du gouvernement le T. HIROKAWA, « Hatoyama Quits Aso’s Cabinet Over Japan Post Struggle », Bloomberg, 12/06/2009.
Après la victoire aux élections législatives du du PDJ emmené par son frère Yukio Hatoyama, l'accession au poste de Premier ministre de ce dernier et la démission de Tarō Asō de la présidence du PLD, Kunio Hatoyama, l'un des rares députés sortants libéraux démocrates à être réélu confortablement dans sa circonscription (avec 51,3 % des suffrages exprimés), siège désormais dans l'opposition. Lors de la campagne pour l'élection du nouveau président du parti, prévue pour le , il soutient la candidature de Yasutoshi Nishimura, le plus critique à l'égard des réformes lancées entre 2001 et 2006 par Jun'ichirō Koizumi tout en étant, comme ce dernier l'était, partisan de l'abolition du jeu des factions et de la lutte contre la bureaucratie.
Nouvelle dissidence éphémère
Le , il annonce sa démission du PLD, critiquant tant la nouvelle majorité menée par son frère que la manière dont Sadakazu Tanigaki dirige l'opposition parlementaire, et déclare sa volonté de créer un nouveau parti politique. Il appelle deux autres poids lourds de l'opposition, elles aussi critiques envers Tanigaki, à le rejoindre : le populaire ancien ministre de la Santé Yoichi Masuzoe et l'ancien ministre des Finances Kaoru Yosano K. YAMAMURA, T. HIROKAWA, « Hatoyama’s Brother Quits Japan’s Opposition Party (Update1) », Business Week, 15/03/2010. Il ne rejoint toutefois par la suite aucun des partis créés par ces derniers, et continue à siéger comme indépendant.
Il montre très vite une volonté de retourner au PLD. Il vote, lors des élections de nouveaux Premiers ministres en 2010 et en 2011, pour Sadakazu Tanigaki contre les candidats démocrates successivement élus, Naoto Kan puis Yoshihiko Noda (alors même qu'il reçoit lui-même une voix, sans être candidat, lors du scrutin du , celle du dissident du PDJ Masazumi Nakajima) « 第40号 平成23年8月30日(火曜日) », Compte rendu de la de la Chambre des représentants, de la Diète du Japon, 30 août 2011, site officiel de la Chambre des représentants. Le , il fait une demande officielle pour revenir dans le parti, mais la direction de ce dernier est divisée à son sujet et décide de remettre la décision à prendre à plus tard.