Lucie Coutaz (ou Coutaz-Repland), née le à Grenoble (Isère) et morte le à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), à l'origine assistante sociale., est la cofondatrice d’Emmaüs et, de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à sa mort, la secrétaire de l'abbé Pierre.

Biographie Famille et jeunesse Lucie Coutaz naît à Grenoble en 1899 d’un père ouvrier agricole puis cantonnier. Elle est engagée à 16 ans comme secrétaire aux pâtes Lustucru puis chez Cartier-Millon. Des douleurs dorsales l’empêchent de travailler. Elle est contrainte d'être alitée et de porter un corset orthopédique.

Maladie et guérison Après quatre ans de souffrances liées à une paralysie diagnostiquée comme un mal de Pott dans les vertèbres, en désespoir de cause, elle se rend à Lourdes« Le secret de l'abbé Pierre », Lourdes Magazine, août 1991. en 1921 à l'âge de .. Sa guérison « miraculeuse », selon elle, n'est pas reconnue officiellement, car, lorsqu'elle revient guérie, son médecin traitant de l'époque, l'ayant diagnostiquée comme incurable, ne veut pas témoigner devant la commission chargée de l'enquête. Le « miracle » n’est pas homologué, mais la conforte dans sa foi.

Elle reprend son travail de secrétaire puis devient responsable permanente des syndicats CFTC de l’Isère. Elle étudie la sténodactylographie. Elle est ensuite secrétaire et reprend la direction des syndicats chrétiens de Grenoble, sa ville natale, grâce aux recommandations du vicaire général de la ville. Elle prend aussi un poste d'assistante sociale au début de la guerre.

Elle fait partie de la congrégation de religieuses de Notre-Dame de Sion, engagées dans la vie laïque.

Résistance et rencontre avec l'abbé Pierre Pendant la guerre, Lucie Coutaz s’engage à l’Office social de renseignements et devient l’une des plus actives militantes du Comité interrégional de liaison des organisations syndicales chrétiennes, fondées en réaction aux mesures de Vichy. Dans ce contexte, Henri Grouès alias l’abbé Pierre, alors vicaire de la cathédrale de Grenoble, lui rend visite en . Il cherche des faux papiers pour faire passer en Suisse des Juifs venus frapper à la porte du presbytère de Grenoble, au moment des rafles.

À la Libération, Henry Grouès et Lucie Coutaz reçoivent tous les deux la Croix de guerre décernée par le gouvernement provisoire (GPRF)..

Elle est ensuite sollicitée par l'abbé pour l'aider dans son projet Emmaüs ; elle devient très vite cofondatrice du mouvement. et directrice (officieuse) de celui-ci dès 1954. Cette collaboration durera jusqu'à sa mort, en 1982.

Rôle et influence dans le mouvement Emmaüs En 1945, sur proposition de l'abbé Pierre, elle s'occupe de l'administration du mouvement, tout en assistant l'abbé dans ses tâches. Pilier très important pour l'organisation, mais aussi pour Henri Grouès., elle l'accompagne dans l'expansion internationale d'Emmaüs et gère la maison pendant ses nombreuses absences.

Lors de son « Appel de », l'abbé Pierre veut opérer un changement dans les mentalités et sensibiliser la population à la pauvreté des autres. Cette lutte lui tenant très à cœur, il commence à laisser de plus en plus de tâches importantes dans l'organisation du mouvement à Lucie Coutaz. Elle doit bientôt prendre en charge l'administration complète des communautés et des centres d'hébergements que compte Emmaüs. L'abbé Pierre prend alors le rôle de directeur représentant, il est la figure du mouvement tandis que Lucie Coutaz s'occupe de la direction administrative et opère plus dans l'ombre.

Laurent Desmars, président d’honneur de la fondation Abbé-Pierre, témoin de leur relation, évoque une personnalité particulièrement discrète, à l'instar de l'abbé, en déclarant :

Elle ne prend publiquement la parole qu’une seule fois dans un livre paru en 1988, 40 ans avec l’abbé Pierre, où elle parle exclusivement de lui..

Décès Elle meurt en 1982, dans l'appartement de l'abbé Pierre, veillée par lui et son secrétaire et photographe Roger Dick.

Elle est, comme l'abbé, enterrée dans le village d'Esteville, en Seine-Maritime, avec le premier compagnon d'Emmaüs..

Décorations 50px|alt=Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze Décret du 6 avril 1944. Cf. .

Publications Lucie Coutaz... avec les chiffonniers d'Emmaüs. Peines, luttes et joies, revue Témoins, 1970 avec l'abbé Pierre, Paris, Groupe Bayard, éditions du Centurion, 1988

Au cinéma Dans le film Les Chiffonniers d’Emmaüs, de Robert Darène sorti en 1954, son personnage est interprété par Gaby Morlay. Elle est interprétée par Isabelle Petit-Jacques dans le film Hiver 54, l'abbé Pierre de Denis Amar (1989). C'est Emmanuelle Bercot qui joue son rôle dans le film L'Abbé Pierre : une vie de combats de Frédéric Tellier (2023).

Notes et références

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