(), ou Collège américain au Québec, est une comédie américaine réalisée par John Landis et sortie en 1978.
Se déroulant en 1962 dans l'université fictive Faber (tourné à l'université de l'Oregon), le film met en scène une rivalité entre deux fraternités d'étudiants.
Produit par du magazine National Lampoon et Ivan Reitman d'Universal Pictures, il s'inspire d'histoires écrites par et publiées dans National Lampoon, basées sur l'expérience d'Harold Ramis au sein de la fraternité Zeta Beta Tau à l'université Washington de Saint-Louis, de Miller au sein de l'Alpha Delta Phi du Dartmouth College au New Hampshire, et du producteur Reitman à l'université McMaster à Hamilton.
La plupart des jeunes acteurs, comme Thomas Hulce, Karen Allen, ou Kevin Bacon, commencent tout juste leur carrière avec ce film. John Belushi, âgé de 28 ans, joue son premier rôle important au cinéma, mais est déjà célèbre pour sa participation à l'émission de télévision Saturday Night Live, qui en est à sa troisième saison à l'automne 1977. Tim Matheson est déjà un acteur chevronné, apparaissant au cinéma et à la télévision depuis l'âge de 13 ans.
Sorti dans les salles américaines le , American College reçoit des critiques généralement mitigées, bien que le Time et Roger Ebert le désignent comme l'un des meilleurs films de l'année. Produit pour seulement 3 millions $ (l'équivalent de $ en 2024), il rapporte un montant brut estimé à plus de 141 millions $ ( $ en 2024) au box-office et en sortie vidéo, sans compter le merchandising, ce qui en fait la comédie le plus rentable de son époque.
Le film, tout comme Hamburger film sandwich (1977), également réalisé par Landis, est en grande partie à l'origine du genre cinématographique gross out, qui devient ensuite incontournable à Hollywood. American College est désormais considéré comme l'une des meilleures comédies de tous les temps. En 2001, la bibliothèque du Congrès des États-Unis sélectionne le film pour être conservé au National Film Registry.
Synopsis En 1962, Larry Kroger et Kent Dorfman intègrent l'université Faber College. Sur le campus, deux fraternités d'étudiants cohabitent difficilement. Si la prestigieuse Omega Theta Pi est composée de riches bourgeois très snobs, Delta Tau Chi est le repaire des bagarreurs au style bien plus négligé. Delta représente la jeunesse libertaire se risquant au désordre puis au chaos, alors que la fraternité Omega se voulant gardienne de l'ordre mais avec des allures fascistes, intéressées et sataniques. Larry Kroger et Kent Dorfman préfèrent rejoindre Delta. Le doyen de l'université, Vernon Wormer, va s'associer avec Omega pour faire éjecter Delta. Mais les membres de cette dernière ne sont pas de cet avis.
Fiche technique
Titre original : Titre français : Titre québécois : Collège américain Réalisation : John Landis Scénario : Harold Ramis, Douglas Kenney et Chris Miller Direction artistique : John J. Lloyd Décors : Hal Gausman Costumes : Deborah Nadoolman Photographie : Charles Correll Montage : George Folsey Jr. Musique : Elmer Bernstein Production : Ivan Reitman et Matty Simmons Sociétés de production : Universal Pictures, Oregon Film Factory, National Lampoon et Stage III Productions Sociétés de distribution : Universal Pictures (États-Unis), Cinema International Corporation (France) Budget : Pays de production : Langue originale : anglais Durée : 109 minutes Genre : comédie Dates de sortie : États-Unis : France :
Distribution
Les Deltas John Belushi (VF : Marc Jolivet) : John « Bluto » Blutarsky, Tim Matheson (VF : Pierre Jolivet) : Eric « Otter » Stratton (« Cloter » en ) Thomas Hulce (VF : Gilles Laurent) : Larry « Pinto » Kroger Peter Riegert (VF : Éric Legrand) : Donald « Boon » Schoenstein (« Boudu » en ) Stephen Furst (VF : Roger Crouzet) : Kent « Flounder » Dorfman (« Pataud » en ) James Widdoes (VF : Serge Lhorca) : Robert Hoover Karen Allen (VF : Sylviane Margollé) : Katy, la petite amie de Schoenstein Bruce McGill (VF : Jacques Richard) : Daniel Simpson « D-Day » Day (« Jour J » en ) Douglas Kenney (VF : Hubert Noël) : « Stork » (« Cigogne » en )
Les Omégas (VF : Yves-Marie Maurin) : Greg Marmalard Mark Metcalf (VF : Bernard Murat) : Doug Neidermeyer Kevin Bacon : Chip Diller Mary Louise Weller (VF : Sylvie Feit) : Mandy Pepperidge, la fiancée de Greg (VF : Monique Thierry) : Barbara Sue « Babs » Jansen
Les adultes Donald Sutherland (VF : Pierre Santini) : le professeur Dave Jennings John Vernon (VF : Marcel Bozzuffi) : Vernon Wormer, le doyen de l'université Verna Bloom (VF : Arlette Thomas) : Marion Wormer, sa femme Cesare Danova (VF : Jacques Deschamps) : Carmine DePasto, le maire de Faber : Clorette DePasto, sa fille (VF : Serge Sauvion) : Otis Day Priscilla Lauris (VF : Ginette Pigeon) : la secrétaire de Wormer Jebidiah R. Dumas (VF : Georges Atlas) : le colosse noir du bar Reginald Farmer (VF : Sady Rebbot) : l'autre noir accompagnant le colosse Robert Cray : le bassiste
Autres Thomas Hulce : l'angelot de Larry (VF : Perrette Pradier) / le diablotin de Larry (VF : Alain Nobis) Eliza Roberts (VF : Francine Lainé) : Brunella Lisa Baur (VF : Catherine Lafond) : Shelly
Production Genèse et développement Harold Ramis, qui signe ici son tout premier scénario, s'inspire de sa propre expérience d'élève à l'université Washington de Saint-Louis. Il coécrit le scénario avec Chris Miller et Douglas Kenney. Ce dernier s'inspire de sa propre expérience au sein de la fraternité Alpha Delta Phi de l'université de Dartmouth (il avait déjà relaté cela dans des articles du National Lampoon). Les deux scénaristes choisissent de situer l'intrigue en 1962 qui est selon eux la . L'année suivante sera marquée notamment par l'assassinat de John F. Kennedy. Douglas Kenney et Harold Ramis avaient par ailleurs songé à intituler leur scénario Laser Orgy Girls, qui est alors un film sur les années étudiantes du criminel Charles Manson.
Producteur du film, Ivan Reitman souhaite également le réaliser. Universal Pictures préfère cependant un réalisateur avec plus d'expérience. Alors que Richard Lester et Bob Rafelson ont été contactés, c'est finalement John Landis qui est engagé.
Attribution des rôles Coscénariste du film, Harold Ramis écrit le rôle de Boon en pensant qu'il va lui-même l'incarner. Cependant, John Landis le juge trop âgé pour le rôle (il a alors 32 ans contre 22 pour Peter Riegert qui obtient le rôle). Très déçu et énervé, Harold Ramis refuse tout autre rôle dans le film. Tout comme Kevin Bacon, Peter Riegert tient par ailleurs ici son premier rôle au cinéma.
Producteur du film, Ivan Reitman souhaite respectivement Bill Murray et Chevy Chase pour les rôles de Boon et Otter. Cependant, John Landis pense que Chevy Chase ne correspond pas au rôle et le convainc plutôt d'accepter de tourner Drôle d'embrouille. L'acteur avouera plus tard regretter ce choix.
Jack Webb et Kim Novak sont envisagés pour les rôles du doyen Wormer et de sa femme. Jack Webb refuse le film pensant que le film va ternir son image.
Le rôle de D-Day est inspiré par Dan Aykroyd, qui devait donc l'incarner à l'écran. Cependant, John Landis affirme que le producteur Lorne Michaels, qui produit le Saturday Night Live, aurait fait pression sur l'acteur pour qu'il n'accepte pas le rôle. C'est finalement Bruce McGill qui incarne D-Day. Un autre membre du Saturday Night Live, Brian Doyle-Murray, a failli incarner Hoover.
Tournage Le tournage d eut lieu du 24 octobre au dans l'Oregon, à l'université de l'Oregon, et dans les Universal Studios, en Californie. Plusieurs universités ont refusé d'accueillir le tournage. L'université du Missouri à Columbia a initialement accepté avant que son président Herbert W. Schooling lise le script. William Beaty Boyd, président de l'université de l'Oregon d'Eugene, accepte quant à lui sans même lire le script. Il avoue ensuite avoir autorisé le tournage après avoir refusé quelques années plus tôt celui du film à succès Le Lauréat (1967) alors qu'il officiait à l'époque à l'université de Californie à Berkeley.
Sur le tournage, John Belushi improvise énormément, notamment pour la scène à la cafétéria. Par ailleurs, John Landis tente de le préserver de ses excès car il veut que l'acteur soit sobre pour tourner.
En raison du budget très limité, le tournage ne dure que 28 jours. De plus, John Landis n'a ni caravane ni bureau et ne peut pas regarder les rushes. Sa femme, la costumière Deborah Nadoolman, est contrainte de trouver les costumes dans des friperies thrift stores. Pour la confection des toges, elle est par ailleurs aidée par la femme de John Belushi, Judith Belushi-Pisano.
Peu après le tournage, une projection test a lieu avec notamment Ned Tanen, alors président d'Universal Pictures. Celui-ci fait interrompre la projection, choqué par la scène du Dexter Lake Club. Il ordonne que ladite scène soit retirée du film car elle pourrait causer des émeutes raciales. John Landis présente alors le film au très populaire humoriste noir Richard Pryor. Ce dernier adore le film et enverra une note à Ned Tanen disant .
Bande originale
La musique du film est composée par Elmer Bernstein. Ce film marque sa première collaboration avec John Landis, qui se poursuivra sur six autres films : Les Blues Brothers (1980), Le Loup-garou de Londres (1981), Un fauteuil pour deux (1983), Drôles d'espions (1985), Trois amigos ! (1986) et L'embrouille est dans le sac (1991). Ses compositions sont peu présentes dans la bande originale éditée par MCA Various – National Lampoon's Animal House (Original Motion Picture Soundtrack) - Discogs.
Autres morceaux présents : Thème du film Ils n'ont que vingt ans, composé par Max Steiner et interprété par Percy Faith et son orchestre Who's Sorry Now?, inteprété par Connie Francis The Washington Post March, composé par John Philip Sousa Tammy, écrit par Jay Livingston et Ray Evans
Accueil Accueil critique
Au moment de sa sortie, reçoit un accueil favorable de la part des critiques et est considéré comme l'un des dix meilleurs films de 1978. Le critique Roger Ebert lui donne quatre étoiles sur quatre et écrit notamment :
Box-office Produit avec un petit budget de , se révèle être l'un des films les plus lucratifs de l'histoire du cinéma.
Durant sa première fin de semaine d'exploitation, engendrera dans seulement 12 salles de cinéma. Le film rapporta plus de par semaine ce qui fit d''' le troisième film le plus rentable des États-Unis en 1978. Il rapporta en Amérique du Nord et donc plus de inflation comprise.
: entrées
Depuis sa sortie, le film a recueilli une somme de grâce aux seules ventes de vidéos cassettes VHS et de DVD
Distinctions Le film obtient le People's Choice Awards 1979 du meilleur film non-musical. Les trois scénaristes sont par ailleurs nommés aux Writers Guild of America Awards 1979 pour le meilleur scénario d'une comédie.
Commentaires Influences et postérité est devenu un incontournable de la culture pop. Le film est à la première place des « 100 films les plus drôles » selon la chaîne Bravo. En 2000, l'American Film Institute classe le film à la place du classement des 100 films américains les plus drôles. Il fait aussi partie des 100 meilleures comédies de tous les temps selon plusieurs autres médias : la BBC, Time Out ou encore Paste. En 2001, la bibliothèque du Congrès des États-Unis prend en compte son importance et l'intègre au National Film Registry. En 2008, le magazine britannique Empire intègre le film à sa liste des 500 meilleurs films de tous le temps, à la 279 place. The New York Times l'intègre quant à lui aux 1000 meilleurs films de l'histoire.