L'archidiocèse de Reims est un diocèse métropolitain de l'église catholique en France. Il a été érigé au et a été élevé en archevêché dès le . Ses prélats sont archevêques depuis 780 environSelon , . Pour , les prélats de Reims portèrent le titre d’archevêques-métropolitains peu avant 780.; ils ont longtemps porté le titre de primats de Belgique seconde.
Depuis le , Éric de Moulins-Beaufort est archevêque de Reims. Il est assisté par un évêque auxiliaire, Étienne Vető depuis 2023..
Histoire
Fondation D'après la tradition, l'évêché de Reims est fondé vers par les saints Sixte et SiniceCf. Louis Duchesne, Fastes épiscopaux, III, Paris, 1915², p. 79..
L'existence d'un évêque de Reims est attestée au milieu du , dans les de Cyprien de Carthage.
Le premier texte précis concernant le diocèse de Reims est du concile d'Arles en 314 ; parmi les seize évêques figurant à ce concile se trouvaient ceux de Reims (Bétause) et de Trèves, provinces de la Gaule belgique. Aucun de leurs successeurs ne fut plus célèbre que saint Remi, mort en 533, après d'épiscopat.
Fonction Une des prérogatives des archevêques de Reims fut de sacrer les rois de France, avec l'huile de la Sainte Ampoule. Dans la cathédrale de Reims, de à , trente rois de France furent sacrés.
Moyen Âge Au , le ressort du diocèse de Reims est réduit avec la création du diocèse de Laon. Selon la tradition, celui-ci aurait été fondé par saint Remi qui lui aurait assigné pour ressort le comté de Laon dont son père était l'administrateur. La date de la partition du diocèse de Reims reste discutée, car l'existence d'un évêque de Laon n'est attestée qu'en , lorsque saint Génebaud se fait représenter au concile d'Orléans.
Tilpin (ou Turpin) est archevêque de Reims à la fin du . Il avait pour suffragants : Châlons-en-Champagne, Soissons, Noyon, Tournai, Arras, Beauvais, Thérouanne, Amiens, Senlis, Cambrai et Laon.
En , le pape se rend à Reims afin d'oindre et de couronner empereur Louis le Pieux. En , l'archevêque Foulques sacre .
L'archevêque Hincmar (844-882) écrivit au pape Léon IV (847-855) que l’archevêque de Reims "a toujours détenu un primat parmi les primats et fut l’un des premiers primats des Gaules" (851/852).. Les archevêques Foulques (883-900) et Gervais de Bellême (1055-1067). revendiquèrent aussi le titre de primat.
En , le pape , ancien archevêque de Reims, reconnut à Arnoul (995-1021) le droit de bénir le roi des FrancsP. Demouy, Le Sacre du Roi. Histoire, symbolique, cérémonial, Strasbourg 2016, p. 60., mais sans plus.
D'après Aubry de Trois-Fontaines, chroniqueur du , c'est en que l'archevêque Ebles, comte de Roucy, aurait acquis le comté de Reims d'un certain comte Eudes que les identifient au comte . Le comté de Reims est érigé en duché-pairie entre 1060 et 1170.
Le , par la bulle , le pape , ancien chanoine du chapitre cathédral de Reims, reconnaît à l'archevêque et ses successeurs le privilège de sacrer les rois et reines de France ; il leur confère le privilège de suppléer le pape, en cas d'absence de celui-ci, pour procéder aux prémices du couronnement ; il leur confère la primatie sur la province de Belgique Seconde de sorte qu'ils ne soient subordonnés à personne, à l'exception du pape.
Ancien Régime Les archevêques de Reims portèrent le titre de légat-néCf. Décrets de confirmation de confréries (1470, 1500), de dotation du collège de Reims (1554), de convocation du concile provincial à Reims (1564) ; Commission donnée aux doyens touchant le concile (1644), in G. Marlot, Metropolis Remensis historia, IV, Reims 1846, p. 616.650.686.694.782. à partir de Jean Juvénal des Ursins (1454), dont l'usage ne fut avalisé par Rome qu'en 1555, par la Bulle Cum itaqueCf. G. Marlot, Metropolis Remensis historia, IV, Reims 1846, p. 333.692-693. .
En 1559, dans le cadre de la réorganisation religieuse des Pays-Bas, les diocèses de Cambrai, Tournai et Arras furent détachés de la province ecclésiastique de Reims et rejoignirent la nouvelle province ecclésiastique de Cambrai. vignette|centre|L'ancienne étendue de l'archidiocèse en 1789. À la veille de la Révolution française, le diocèse compte deux archidiaconés : le grand archidiaconé et l'archidiaconé de Champagne. Le grand archidiaconé contient les cinq villes du diocèse et subdivisée en onze doyennés ; quant à l'archidiaconé de Champagne, il est subdivisé en huit doyennés .
Après la Révolution En 1790, dans le cadre de la nouvelle constitution civile du clergé, le département des Ardennes fut dissocié du diocèse de Reims.
Au concordat de 1801, l'archidiocèse de Reims fut supprimé, et son titre archiépiscopal annexé à la métropole de Paris (1801).. Reims et tout le département de la Marne furent intégrés au diocèse de Meaux, suffragant de Paris.
Par la bulle du , le siège de Reims fut rétabli, avec un territoire comprenant le département des Ardennes, augmenté de l'arrondissement de Reims., Par contre, Rome ne reparla plus de primatie, même honorifique. Les archevêques du siège restauré de Reims remirent pourtant à l’honneur dès 1822 leur titre de primat, sans que Rome ait procédé à une restitution de ces honneurs d’Ancien Régime explicitement abolis par le Concordat de 1801. Thomas Gousset (1840-1866) envoya au Saint-Siège les actes du concile provincial qu'il avait présidé en tant que "primat de Gaule Belgique" (1849), mais la Congrégation romaine compétente ratura le titre..
Quelques noms illustres émergent de l'histoire du diocèse de Reims : après celui de saint Remi, ceux de Gerbert (), de saint Bruno, et du pape , ceux de Jean de Gerson et de Jean Mabillon, de saint Jean-Baptiste de La Salle, sans oublier sainte Jeanne d'Arc…
Abus sexuels
En 2026, alors qu'Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, s'oppose à un appel public à témoins de crimes sexuels dans le diocèse, deux collectifs de victimes d'abus sexuels au sein de l'Église lui demandent de revenir sur ce choix.. Les archevêques de Reims
Évêques originaires de l’archidiocèse de Reims Joseph-Jean Heintz (1886-1958), Prêtre du diocèse de Reims (1910-1933). - Évêque de Troyes (1933/1934-1938), Évêque de Metz (depuis 1938) Guy Herbulot (1925-2021), évêque émérite d'Évry Daniel Labille, évêque émérite de Créteil Maurice Landrieux (1857-1926), évêque de Dijon. Louis Eugène Regnault, évêque de Chartres (1851-1889). Pierre-Louis Péchenard, évêque de Soissons (1897-1983), prêtre des Missions étrangères de Paris, évêque de Yingkou en Chine..
Lieux de pèlerinage et sanctuaires du diocèse Cathédrale Notre-Dame Basilique Saint-Remi Ermitage de Saint Walfroy Basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours de Neuvizy Église Saint-Antoine des Hauts-Buttés
Paroisses Le diocèse de Reims comprend 55 paroisses. :
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Les actes de la province ecclésiastique de Reims, ou canons et décrets des conciles, constitutions, status et lettres des évêques des différents diocèses qui dépendent ou dépendaient autrefois de la métropole de Reims, éd. T. Gousset, Reims, 1842-1844. Flodoard de Reims, Histoire de l'église de Rheims, dans la Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, mis en ordre par François Guizot, Paris : J.-L.-J. Brière, 1824. . Guillaume Marlot, Metropolis Remensis historia, Reims 1666 ; traduction française, Histoire de la ville, cité et université de Reims, métropolitaine de la Gaule Belgique (J. Lacourt, éd.), I-IV, Reims 1843-1846. . . Michel Sot, Un historien et son Église au : Flodoard de Reims, Paris 1993. . . . J. Devisse, Hincmar, archevêque de Reims, 845-882, I-III, Genève 1975-1976. . . .
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Articles connexes Province ecclésiastique de Reims Monastères et abbayes du diocèse de Reims Diocèse de Sedan Liste des églises des Ardennes Liste des chapelles des Ardennes Circonscriptions catholiques françaises depuis 2002 Église catholique en France
Liens externes
Archidiocèse de Reims, Georges Goyau, Catholic Encyclopedia, Vol. 12, New York, Robert Appleton Company, 1911, New Advent