Les Champs magnétiques est un recueil de textes en prose écrits en mai et par André Breton et Philippe Soupault et publié en (achevé d'imprimé du .). Ce au sens fort du terme., fruit des premières applications systématiques de l'écriture automatique, est considéré par Breton comme le , conteste cette affirmation d'André Breton : .
Présentation Ce livre est à la fois l'aboutissement de la quête dans laquelle s'est engagé André Breton depuis 1916 et le point de départ d'un .
Constitué de plusieurs textes sans aucun lien entre eux, aucune mention n’est indiquée permettant d’en identifier leur auteurPour connaître le détail de la composition des textes, voir .. Cette œuvre a permis à André Breton et Philippe Soupault Louis Aragon dans Lettres françaises, mai 1968, cité dans . En signant conjointement, les auteurs ont voulu signifier qu'Georges Sebbag cité dans .
Contrairement à une idée généralement répandue, l'écriture automatique représente le contraire de la facilité. Elle impose à celui qui ne veut plus être que le récepteur le plus fidèle possible de la parole intérieure une tension difficile à maintenir entre les pôles opposés de l'abandon et de la vigilance .
Les circonstances de l'écriture Au printemps 1919, André Breton est encore mobilisé à l'hôpital du Val de Grâce, Philippe Soupault est détaché au Commissariat des Essences et Pétroles de la rue de Grenelle et Louis Aragon est envoyé en Sarre avec les troupes françaises d'occupation. Les autorités ménagent une transition pour le retour à la vie civile des soldats, craignant la colère de ceux-ci à cause du sentiment de l'inutilité du sacrifice de tant de vies et de l'attitude de l'arrière allant de pair avec un affairisme sans scrupule.
Pour Breton, l'avenir n'a aucune représentation. Il erre sans but, dans sa chambre, dans les rues de Paris, passe des soirées seul sur un banc de la place du Châtelet et se sent en proie à un fatalisme quoique La revue Littérature lancée en février avec Aragon et Soupault ne lui apporte plus aucune satisfaction. Il voudrait la faire sortir de son côté .
En . André Breton est alerté par les phrases involontaires qui se forment dans le demi-sommeil ; tout illogiques, gratuites, absurdes même qu'elles soient, elles n'en constituent pas moins des comme certains propos des malades mentaux qu’il a connus en 1916.. .
Le premier essai auquel se livre Breton aboutissant à la formation de quelques phrases le déçoit tout d’abord, à l'exception de quelques mots parmi les premiers Fleur de laque jésuite dans la tempête blonde : .
La fréquentation quotidienne de Philippe Soupault, alors qu’Aragon est absent, n’explique pas complètement le choix de Breton d’en faire un . Ce qui lui plaît c’est son caractère , sa disponibilité, sa capacité à comme il le confie à Simone Kahn, sa future femme, dans une lettre du ..
André Breton et Philippe Soupault passent entre huit et dix heures consécutives à la pratique de l’écriture automatique. À la fin du premier jour, ils ont noirci une cinquantaine de pages et les seules différences qu’y voit Breton tiennent à l’humeur de chacun : .
Cependant, pratiquée avec ferveur, l’écriture automatique provoque des hallucinations. Et au bout de huit jours pour André Breton (une quinzaine pour Philippe Soupault) pendant lesquels ils s’interdisent de . ils renoncent à poursuivre plus loin leur désir d’écrire un livre .
Composition de l'œuvre Le premier titre auquel André Breton a songé était Les Précipités, allusion au phénomène chimique. Mais, peut-être, ce titre supposait-il . Puis dans une lettre à Paul Valéry du , il lui annonce le titre définitif., qui lui fait référence à un phénomène physique.
Le plan de l’ouvrage a été préalablement bâti par Breton : il doit comporter huit chapitres. Deux chapitres supplémentaires, Ne bougeons plus et Le Pagure dit ont été ajoutés sur épreuves . Trois méthodes ont procédé à l’écriture de l’ouvrage : la rédaction indépendante avec confrontation des textes, l’écriture en alternance de phrases ou de paragraphes et la composition simultanée (Barrières).
Le second principe introduit dans l’écriture automatique est la vitesse, variable et codifiée, qui conditionne le résultat : de v pour Glace sans tain, à v(prime) pour Saisons, ou v(seconde) pour Éclipse, Pour le détail des différentes vitesses d’écriture voir .
Des poèmes comme Hôtels et Trains de Philippe Soupault, Lune de miel et Usine d'André Breton ont été ajoutés après.Le Pagure dit quant à lui, est constitué de phrases tirées de cahiers à deux sous, détruits par la suite, dont
La phrase est constamment prête à larguer ses amarres : l'esprit dérive à sa suite vers des horizons renouvelés et indéfiniment renouvelables où l’on croise Lautréamont : . Arthur Rimbaud : . ou Guillaume Apollinaire : .
Le livre aborde les thèmes de la désespérance (Glace sans tain), de la nostalgie de l'enfance (Saisons), de la solitude de la ville et de l'isolement de l'âme errante, de la métamorphose de l'âge d'homme et provoque la perturbation surréaliste comme cette (Glace sans tain) ou ce pagure, animal double, crustacé au ventre mou, échappé du bestiaire des Chants de Maldoror.
Avec La Fin de tout, les auteurs songent, à disparaître sans laisser de traces, tel l’anonymat de ces petites boutiques pauvres vendant du bois et du charbon..
Les Champs magnétiques s'achèvent par une dédicace à Jacques Vaché.
Le manuscrit de travail a longtemps passé pour disparu jusqu’en 1983 quand il a été acquis par la Bibliothèque nationale à l’occasion du vente à l’Hôtel DrouotCote N,a. fr 18303. Il proviendrait des archives de Théodore Fraenkel.. Un second manuscrit, qui est une copie préparée par André Breton pour l’impression, figure dans une collection particulière..
Extrait
Glace sans tain :.
Réception de l'œuvre Quand Louis Aragon revient à Paris dans le courant du mois de juin, qu’il retrouve ses amis, il sent que quelque chose s’était passé. .
Les réactions critiques sont mêlées de perplexité et d’éloges. Jacques-Émile Blanche recommande aux lecteurs de Comœdia les . dont est remplie l'œuvre (), tandis que dans L'Intransigeant du , le chroniqueur souligne la difficulté du texte et la Plus caustique, André Varagnac trouve curieux le sort que les auteurs font à l'image : (Le Crapouillot du ).
Si André Malraux estime que le livre est important parce qu'il crée un poncif, il prédit que les critiques de 1970 le citeront lorsqu’il sera question de l'état d'esprit des artistes en 1920 (Action d'), Paul Neuhuys dans Ça ira , été 1921 (publié à Anvers), comprend que André Breton ne se sent plus attiré vers rien :
Plus anecdotique, la Comtesse de Noailles trouve le livre absurde et conseille à André Gide de se déprendre des auteurs, malgré quelques traits de génie.
Bibliographie . .
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Notes et références
Liens externes
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