L'Association de la jeunesse auxerroise (abrégée en AJ Auxerre ou AJA) est un club de football français fondé en 1905 et situé à Auxerre dans l'Yonne.

Fondée par l'abbé Ernest Deschamps, l'AJ Auxerre évolue de sa création jusqu'aux années soixante dans les divisions régionales bourguignonnes. Avec l'arrivée de Guy Roux au poste d'entraîneur, en 1962, le club entame une période faste : l'AJA est promue en troisième division en 1970 puis en deuxième division en 1974. Pensionnaire de D2, le club atteint la finale de la Coupe de France en 1979 puis monte en première division en 1980.

Après la montée, l'AJ Auxerre évolue pendant trente-deux années consécutives en première division (de la saison 1980-81 à la saison 2011-12). Au cours de cette période, le club réalise le doublé Coupe-Championnat en 1996 et remporte trois autres Coupes de France, en 1994, 2003 et 2005, année où Guy Roux prend sa retraite. Figure emblématique du club, Guy Roux a permis au club de s'illustrer sur la scène européenne, l'AJA atteignant les demi-finales de la Coupe UEFA en 1993 et les quarts de finale de la Ligue des champions en 1997.

La présidence de Jean-Claude Hamel (de 1963 à 2009) et l'apport financier de son mécène, Gérard Bourgoin, permettent au club de s'installer durablement en Ligue 1 et de se doter d'un centre de formation performant dont sont issus de grands footballeurs comme Eric Cantona, Basile Boli, deux champions du monde 1998 (Lionel Charbonnier et Bernard Diomède) ou encore Djibril Cissé, sacré deux fois meilleur buteur du championnat avec l'AJA.

Plusieurs entraîneurs succèdent à Guy Roux et le club est relégué en Ligue 2 en 2012. Après cette relégation, l'AJ Auxerre passe dix saisons consécutives en Ligue 2. Le club retrouve l'élite le temps d'une saison (2022-23), marquée par une relégation mais remonte aussitôt en Ligue 1 après l'obtention du titre de champion de France de Ligue 2 en 2024. L'AJ Auxerre appartient depuis au groupe chinois ORG Packaging dont le dirigeant est James Zhou. Le club est présidé par Baptiste Malherbe depuis .

Historique Fondation du club (1905) thumb|upright=0.8|Émile Combes, président du Conseil à l'origine de la séparation de l'Église et de l'État|alt=Portrait en noir et blanc d'Émile Combes.

En , Apollinaire Geste, vicaire de l'église Saint-Pierre, fonde à Auxerre le patronage Saint-Joseph. Le futur abbé Deschamps en devient le président à 19 ans. Baccalauréat en poche, Ernest Deschamps est embauché dans l'étude de Maître Guimard à Auxerre en qualité de troisième clerc puis de second clerc chez Maître Frété à Joigny en 1890.. En 1892 il s'expatrie comme premier clerc dans l'étude de Maître Boutfol notaire à Argenteuil près de Paris. Il participe alors largement à la vie du patronage local, la Saint-Georges d'Argenteuil dont il assure la vice-présidence, faisant profiter la Saint Joseph d'Auxerre de l'expérience de son nouveau patronage. dont les statuts et le fonctionnement sont cités en exemple par le Bulletin des patronages et mûrit sa vocation dans l'exil.. Sur le point d'acquérir une étude notariale, il abandonne son projet à la mort de son père en 1896 pour entrer au grand séminaire de Sens. Ordonné prêtre le ., il est nommé vicaire à la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre et directeur du patronage paroissial Saint-Joseph..

À la fin du , l'idée d'une séparation de l'Église et de l'État fait son apparition, afin de remettre en cause le Concordat de 1801 institué par Napoléon Ier et le Saint-Siège. En 1901, la loi sur la liberté d'association dispose qu'. Le , Émile Combes, président du Conseil depuis 1902, prononce à Auxerre un discours sur la séparation de l'Église et de l'État devant deux mille personnes. Après la démission d'Émile Combes à la suite de l'affaire des fiches, c'est son successeur, Maurice Rouvier, qui mène la séparation jusqu'à son terme. vignette|upright=0.8|Plaque commémorative de la fondation de l' le , place Saint-Étienne à Auxerre.

À Auxerre, en réaction à la loi de séparation de l'Église et de l'État votée le , l'abbé Deschamps, vicaire de la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre et directeur du patronage Saint-Joseph, profite de la loi de 1901 en créant, le , une société sportive et d'éducation : l'association de la jeunesse auxerroise. Les activités pratiquées au sein du club sont la gymnastique masculine, la clique (batterie-fanfare), la préparation militaire, le tir et le football. Le , l' s'affilie à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF).

Débuts (1905-1945) L' qui pense s'affilier à la dès 1905 décide d'organiser des matchs avec les clubs membres de cette fédération. Elle dispute ainsi son premier match officiel le contre les Rupins de Bourgogne de Migennes en présence de Charles Simon, secrétaire général de la et ami de l'abbé Deschamps. L' s'impose alors comme le meilleur club bourguignon de la en remportant chaque année le championnat de Bourgogne entre 1906 et 1914. Au niveau national l' s'incline en finale du championnat de France des patronages 1909Le championnat de France se disputait alors en deux phases : championnats régionaux puis play-offs à élimination directe entre les champions régionaux pour désigner le champion national. Le champion participe ensuite au Trophée de France rassemblant les champions de France des différentes fédérations. contre les Bons Gars de Bordeaux (défaite 5-1 à Gentilly). La saison suivante l' est éliminée en demi-finale par le Patronage Olier sur le score de 9 à 0, le .

Lors de la Première Guerre mondiale, l' perd cinquante-sept de ses cent trente-deux membres masculins. En 1918, l' est contrainte de libérer le terrain de l'Ocrerie qu'elle occupe depuis 1905. Lors de la saison 1917-1918 l' participe à la première Coupe de France de football. Le , l' est éliminée au premier tour par l'Alliance vélo-sportive auxerroise sur le score de 6 buts à 1. En 1920, l' s'affilie à la Fédération française de football et à la Ligue de Bourgogne de football. L' participe alors aux championnats départementaux. Elle remporte le titre de champion de l'Yonne en 1929 et participe à son premier championnat de Bourgogne en 1931. En 1936-1937, connaissant des difficultés financières, l' renonce à disputer le championnat de Bourgogne. Elle le dispute à nouveau en 1941.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, malgré l'occupation allemande, l' continue d'exister. Elle perd trois joueurs au cours de ce conflit : son gardien de but, Pierre Bureau (abattu le dans un bois près du Val-de-Mercy) et deux de ses coéquipiers, Gaston Martin et Charles Paquot, tués par la Milice française car ils sont résistants.

Division d'honneur et division 3 (1945-1974) En 1946, l' remporte à nouveau le titre de champion de l'Yonne et accède à la division d'honneur de Bourgogne. Cette même année, l' réalise le doublé en gagnant la coupe de l'Yonne de football. Peu de temps après, Pierre Grosjean devient le premier entraîneur officiel du club. L'après-guerre est marqué par les derbys contre le Stade auxerrois, le club laïc de la ville d'Auxerre. Le , l'abbé Deschamps meurt et l'année suivante, le stade de la route de Vaux est rebaptisé stade de l'Abbé-Deschamps. En 1950, Georges Hatz est nommé entraîneur de l'. L' rate la montée en championnat de France amateurs en 1951 sur tapis vert car son gardien de but possède une double licence. En 1952, faute d'argent, l' ne peut conserver Georges Hatz. C'est alors une valse d'entraîneurs qui commence à l' : 1952-1953 Marc Olivier, 1953-1955 M. Pignault, 1955-1956 Pierre Meunier, 1956-1958 Jacques Boulard, 1958-1959 Joseph Holmann, 1959-1961 Christian Di Orio. En 1958, l' est même reléguée en promotion d'honneur de Bourgogne mais remonte dès la saison suivante en division d'honneur de Bourgogne.

En 1961, Jean Garnault devient président de l' et propose à Guy Roux de revenir jouer à Auxerre (il y a joué de 1952 à 1957). Guy Roux accepte à la condition de devenir entraîneur-joueur. L' qui a reçu plusieurs CV d'entraîneurs (dont ceux de Jean Baratte et Bolek Tempowski) choisit finalement Guy Roux car c'est le moins cher. L' est alors déficitaire de francs et est obligée de couper du bois, plutôt que d'utiliser du charbon, afin de chauffer le vestiaire pour faire des économies. À 23 ans, Guy Roux devient le onzième entraîneur de l' depuis la Libération (sur un total de dix-sept saisons). De 1962 à 1964, Guy Roux effectue son service militaire à Trèves en compagnie de Lionel Jospin. Il est alors remplacé à l' par Gagneux et Jacques Chevalier. En 1963, Jean Garnault est élu président de la ligue de Bourgogne. Il est remplacé à la tête de l' par Jean-Claude Hamel. L' évolue en division d'honneur jusqu'en 1970. À l'issue de la saison 1969-1970, l' remporte en effet le championnat de Bourgogne de division d'honneur, accédant ainsi à la division 3. L' évolue dans le groupe centre de la division 3. L' se renforce en recrutant le lensois Kalman Gerencseri et André Fefeu, ancien joueur professionnel à Saint-Étienne avec qui il a gagné le championnat et la coupe. Guy Roux fait également venir le capitaine de l'équipe de France amateurs, François Chevat. Pour ses deux premières saisons à ce niveau, l' termine à la troisième place. En 1972-1973, l' termine sixième mais la saison est embellie par la Coupe de France où l' atteint les trente-deuxièmes de finale. La saison suivante, l' termine quatrième et monte en deuxième division car les trois clubs qui la devancent sont des réserves d'équipes professionnelles qui n'ont pas le droit d'évoluer en deuxième division : Lyon, Saint-Étienne, Marseille.

Division 2 (1974-1980) Le , l' dispute sa première rencontre de Division 2 face à Hazebrouck et s'impose 2 buts à 1. L' évolue alors en Division 2 avec le statut amateur. Elle doit toutefois engager à plein temps un secrétaire administratif et financier : Jean Edy. Afin d'assurer son maintien en Division 2, l' recrute le gardien polonais Marian Szeja qui est remplaçant au FC Metz et l'international olympique Gérard Hallet. La saison suivante, l' recrute Serge Mesonès, Dominique Cuperly, Jean-Marc Schaer et Lucien Denis. Lors de ses deux premières saisons en Division 2, l' termine à chaque fois à la dixième place. Lors de la saison 1975-1976, l' atteint pour la première fois de son histoire les seizièmes de finale de la Coupe de France où elle s'incline contre l'Olympique de Marseille (0-0 à Auxerre, défaite 2-0 à Marseille). thumb|upright=0.8|Le gardien Marian Szeja lors de la finale de la coupe de France en 1979, au Parc des Princes. La saison suivante, l' arrive de nouveau en seizième de finale de la Coupe de France. Le , la réception de l'AS Saint-Étienne attire au stade. Auxerre termine cette saison-là à la cinquième place puis la suivante à la quatrième place. Lors de la septième journée du championnat 1978-1979, Jean-Jacques Annaud qui réalise le film Coup de tête, filme les supporters auxerrois à l'occasion du match Auxerre-Troyes. Coup de tête raconte l'épopée d'un petit club, l'AS Trincamp, en Coupe de France. L' semble s'en inspirer puisqu'elle atteint cette même saison la finale de la coupe de France. L' n'avait jusqu'alors jamais dépassé les seizièmes de finale. En quart de finale, l' bat le LOSC, pensionnaire de Division 1, avant d'éliminer en demi-finale le Racing Club de Strasbourg, qui vient de remporter le titre de champion de France de Division 1. C'est la première fois depuis 1933 qu'un club amateur se qualifie pour la finale et la première fois depuis 1959 qu'un club de deuxième division atteint ce niveau. Le , en finale au Parc des Princes, Auxerre s'incline contre le FC Nantes, 4 buts à 1 après prolongation. Cette épopée épuise l' qui rate la montée en Division 1 en terminant une nouvelle fois à la quatrième place.