Le Vicomte de Bragelonne est un roman français, faisant suite aux Trois Mousquetaires et Vingt Ans après et constituant le dernier volet de la trilogie des Mousquetaires. Il fut publié de 1847 à 1850 par Alexandre Dumas et la collaboration d'Auguste Maquet, d'abord dans le journal Le Siècle, sous le titre Les Mousquetaires, trilogie, indiquant que
Le roman dépeint la cour du jeune et propose une solution très romanesque au mystère de l'homme au masque de fer. Bien que n'occupant qu'une partie du roman, ce dernier épisode en est le plus connu, et a donné lieu à la plupart des adaptations tirées du livre. Le personnage qui donne son titre au roman est Raoul de Bragelonne, fils naturel du mousquetaire Athos.
Une suite à ce roman était initialement prévue. Elle portait le nom d'un fils de et de Louise de La Vallière, Le Comte de Vermandois ; elle ne verra jamais le jourVoir Le Vicomte de Bragelonne, publié par Claude Schopp (Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1991, p. 902. Il y est écrit que par une lettre de mars 1851, Dumas écrit à Maquet : «préparez-vous au Comte de Vermandois ».
Histoire du texte La publication en feuilleton du Vicomte de Bragelonne dans Le Siècle commence le 20 octobre 1847, moins de trois mois après la fin de celle de Vingt ans après. Elle s'achève le 12 janvier 1850.
Si l'on observe des pauses entre les « volumes » (qui comptent chacun entre onze et vingt chapitres), celles-ci durent moins d'un mois ; ainsi, la parution du premier volume (chapitres I à XIV) s'achève le 12 novembre 1847, et le deuxième volume (chapitres XV à XXVII) prend le relai dès le 23 novembre.
Il y a toutefois deux interruptions plus longues. La publication du cinquième volume (chapitres LXVI à LXXX) s'achève le 31 mars 1848, et celle du sixième (chapitres LXXXI à XCIV) ne commence que le 28 septembre. Cette première interruption est liée à la révolution de 1848, qui a lieu du 22 au 25 février 1848, et à ses conséquences : le 11 avril, Le Siècle publie un avertissement :M. Alexandre Dumas, se présentant au choix des électeurs pour l'Assemblée nationale, et les soins de sa candidature ne lui permettant pas en ce moment de se livrer à ses travaux habituels, nous a prié d'interrompre la publication du Vicomte de Bragelonne, que nous reprendrons.La seconde interruption est plus brève : la publication du douzième volume (chapitres CLXXXVIII à CCVII) s'achève le 12 juillet 1849, et le treizième (chapitres CCVIII à CCXXXI) ne prend le relais que le 5 septembre. Elle est peut-être liée divorce de Dumas d'avec Ida Ferrier, qui entraîne la saisie du château de Monte-Cristo prononcée le 5 août.
Le Vicomte de Bragelonne est publiée en vingt-six volumes chez Michel Lévy frères entre 1848 et 1850.
Résumé L'action se déroule entre et alors que d'Artagnan et Athos participent chacun à leur façon à la restauration de au trône d'Angleterre. L'année suivante commence en France le règne personnel de , qui engage d'Artagnan dans sa lutte contre le surintendant Fouquet.
La Restauration anglaise
Tandis qu'à Paris, le cardinal Mazarin est sur sa fin, le prétendant au trône de Grande-Bretagne , accompagné par le valet Parry, est venu en France pour demander à son cousin de l'argent ou deux cent gentilshommes pour lui permettre de reprendre son trône. Louis répond qu'il n'est pas réellement roi mais qu'il fera pour lui ce qu'il n'a jamais fait pour lui même, demander. Néanmoins, son ministre Mazarin le contraint à refuser l'aide promise. Le lendemain, Louis laisse Marie Mancini quitter la France. D'Artagnan, toujours lieutenant et témoin de la scène, présente sa démission au roi, qu'il trouve trop faible face au ministre. L'ex-mousquetaire, après avoir cherché vainement ses anciens compagnons, se rend ensuite chez Planchet, devenu épicier important de la rue des Lombards, et lui propose de financer la restauration de Charles, en l'envoyant lui et quelques hommes enlever le seul homme placé sur la route du prétendant, le général Monck.
Pendant ce temps, Charles, ayant rencontré par hasard Grimaud, grâce à Parry, rend visite au comte de La Fère. Celui-ci lui apporte son soutien et son aide : il sait, par le secret que lui a confié sur l'échafaud, qu'une fortune appartenant aux Stuarts est cachée justement là où Monck, alors en guerre contre Lambert, se trouve. Il propose au prince d'aller à Newcastle lui chercher ce trésor. Athos et d'Artagnan partent donc tous les deux en Angleterre, et convergent vers le même endroit en ignorant tout des intentions l'un de l'autre. Au camp de Monck, celui-ci rencontre Athos, qui ne lui cache aucune de ses intentions. Monck l'autorise tout de même à emporter l'argent, car il pense que celui-ci ne suffira pas à Charles pour reconquérir son trône. D'Artagnan, déguisé en pêcheur, alors qu'Athos attend le retour de Monck pour s'en aller, enlève le général et le conduit aux Pays-Bas, là où Charles s'est établi. Le prince, magnanime, décide de laisser Monck retourner en Angleterre accompagné par D'Artagnan. Ramenés à Newcastle, Monck et d'Artagnan arrivent à temps pour sauver la vie d'Athos, alors assiégé dans une auberge par l'armée du général disparu qui l'accuse de son enlèvement.
Après la désertion jour après jour de l'armée de Lambert, Monck rentre à Londres et annonce sa volonté de marcher au devant de Charles, après lui avoir renvoyé Athos et avoir pacifié l'Angleterre. Le roi restauré, Monck, Athos et d'Artagnan récompensés (Monck devient Duc D'Albermarle, Athos reçoit la Toison d'Or et D'Artagnan reçoit ), les Français s'apprêtent à repartir en France.
, avant que d'Artagnan ne parte, lui fait présenter le duc de Buckingham (fils du précédent duc, que d'Artagnan a tenté de sauver), et surtout la sœur du roi, Henriette, dont Buckingham est amoureux. Le roi de Grande-Bretagne envoie également Athos proposer au roi de France la main de sa sœur pour Monsieur, le frère du roi.
La Bretagne
Alors que d'Artagnan va chez Planchet pour lui expliquer comment il a ramené le quintuple de ce que son ancien valet lui avait confié, Athos va donc à la cour pour proposer l'alliance franco-britannique, alliance rapidement acceptée par la famille royale.
Mazarin meurt peu après, mais avant de mourir fait une donation refusée par le roi de 42 millions de livres. Puisque le roi refuse cet héritage, il fait alors deux présents à : un conseil et un homme. Le conseil est de ne jamais avoir de premier ministre ; l'homme, c'est Colbert, son secrétaire. Colbert est rapidement nommé intendant des finances, dans la forme subordonné au surintendant Nicolas Fouquet, mais dans les faits prenant lui-même ses décisions, et informant le roi de toutes les coupables malversations de son supérieur et annonce au roi l'existence de 13 millions de livres que Mazarin n'a pas porté sur son testament et qui lui revienne.
accueille à nouveau d'Artagnan, après avoir été informé de son rôle dans la restauration de . Il ordonne à ce dernier de revenir à son service, en tant que capitaine des mousquetaires ; néanmoins il n'obtiendra ce poste qu'après avoir effectué une mission en Bretagne : aller inspecter les fortifications de Belle-Île-en-mer, appartenant au surintendant, et l'état des préparatifs des vassaux de celui-ci. À Belle-Île, en pleine réfection des fortifications, il s'aperçoit avec surprise que l'architecte n'est autre que Porthos, qui suit en fait les directives d'Aramis. Celui-ci, évêque de Vannes, reçoit avec plaisir d'Artagnan, mais il a tôt fait de comprendre pour quelle raison d'Artagnan est venu. Il envoie rapidement Porthos à Paris, puis le rejoint dans la nuit chez Fouquet. Au matin, d'Artagnan part également pour rendre compte de sa mission, mais Fouquet l'a devancé chez le roi, et celui-ci lui apprend que le surintendant a offert au roi la place de Belle-Île, dont il vient de refaire les fortifications.
Toutefois, Colbert commence à préparer la chute du surintendant. Celui-ci étant, de par sa charge, intouchable, il conseille au roi de ruiner le surintendant, en lui demandant tout d'abord de l'argent pour le mariage du duc d'Orléans avec Henriette d'Angleterre.
La Cour de France vignette|gauche|Au Havre, le comte de Guiche et le vicomte de Bragelonne s'apprêtent à braver la mer déchaînée pour rejoindre le navire transportant Henriette d'Angleterre. Gravure d'Alphonse de Neuville. La Cour se déplace pour accueillir la fiancée de Monsieur au Havre. Durant ce temps, sa maison est constituée. De nombreuses jeunes filles sont choisies pour devenir ses dames de compagnie, et parmi elles, Louise de La Vallière, fiancée de Raoul de Bragelonne grâce à l'intermédiaire de Malicorne, amant d'Aure de Montalais, l'ami de Louise. Celui-ci souhaite se marier, par amour et pour protéger l'honneur et la réputation de Louise à la cour, et, bien qu'il ne soit pas convaincu de la constance des sentiments de La Vallière et espérant un plus grand nom pour son fils et pupille, Athos consent à demander au roi l'autorisation du mariage. Louis, mis au courant des réticences d'Athos et de leurs raisons, préfère repousser le moment de sa décision.
La future Madame, grande coquette, a déjà séduit le duc de Buckingham, puis le comte de Guiche. Raoul, apprécié par l'un, et ami de l'autre, peine à les maintenir pacifiques, jusqu'à ce que le rembarquement de Buckingham pour l'Angleterre n'arrange la suite. Monsieur, qui était jaloux du compagnon anglais de sa femme, sera bientôt jaloux de de Guiche, jalousie attisée avec art par le chevalier de Lorraine, son compagnon. La jalousie de son frère pousse à jouer les médiateurs, et celui-ci exile de Guiche. Mais Madame fait également tomber dans ses filets son beau-frère. Cette dernière inclination suscite encore plus de jalousie : la reine et Monsieur vont se plaindre à Anne d'Autriche. Pendant ce temps, Louis et Henriette, conscients de la surveillance dont ils sont l'objet, trouvent un stratagème pour continuer à se voir sans murmures : le roi doit paraître favoriser une des dames de compagnie de Madame. C'est La Vallière qui est choisie pour ce rôle, mais, bien qu'elle ne soit pas au courant de la duplicité de Louis, elle en est déjà tombée amoureuse lorsqu'elle l'a aperçu à Blois.
Le roi surprend alors le secret de La Vallière qu'elle confie à Aure de Montalais et à Athénais de Tonnay-Charente près du Chêne royal à Fontainebleau. Sans savoir qui a déclaré son amour pour lui d'une manière aussi pure, Louis est charmé par cette déclaration.
Lorsqu'il découvre qui est dernière cette déclaration, son affection affectée devient de plus en plus réelle ; aidé par son favori Saint-Aignan, il met à bas rapidement le peu de défenses de Louise.
De Wardes, fils de l'ancien amant de Milady, est lui aussi un semeur de troubles. Insultant d'Artagnan, il est rapidement mis au pas par ce dernier, mais de Wardes ne s'est pas fait de Bragelonne, de de Guiche et de Buckingham des amis. Blessé dans un duel avec Buckingham, il revient en France et croise à Boulogne Raoul, qui est envoyé en mission par le roi afin de l'éloigner. De Wardes, peu au courant des nouvelles, cherche querelle à Raoul en le brocardant sur la fidélité de sa fiancée. Raoul en mission ne peut s'engager dans un duel, et demande à de Guiche de prendre en charge son honneur. De Guiche, toujours amoureux de Madame, et qui revient d'exil, peut défendre l'honneur de La Vallière officiellement (officieusement il défend l'honneur de Madame), avec l'assentiment du reste des gentilshommes, peu soucieux de faire un affront au roi. De Wardes et de Guiche se battent donc en duel, et de Guiche est blessé : blessure qui lui permet d'atteindre le cœur de Madame.
Fouquet vignette|Nicolas Fouquet, surintendant des finances. Gravure de Jean-Achille Pouget d'après une illustration d'Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, 1852.