La culture de la Nouvelle-Zélande est une synthèse des cultures autochtones et des cultures importées plus récemment. Les premiers habitants de la Nouvelle-Zélande apportent les mœurs et langues polynésiennes et y développent leur propre culture maori et moriori. Les colons britanniques arrivent au apportant leur culture et ont un effet dramatique sur les Maori, les introduisant aux traditions religieuses chrétiennes (principalement protestantes) et à la langue anglaise. La culture maori influencera également les colons ; de ce mélange on vit l'émergence d'une culture pakndaise d'origine européenne). La récente immigration depuis les pays du Pacifique, l'Asie de l'Est et l'Asie du Sud a contribué au continuel mélange des cultures du pays.
Il y a débat sur les caractéristiques du groupe ethnique dit « Pakeha » puisque beaucoup des traits culturels associés aux Blancs de Nouvelle-Zélande peuvent se trouver chez les traditions des îles Britanniques, l'Australie ou chez les Maori. Les Maori et les Pakeha ont adopté et adapté des formes culturelles d'autres pays, en créant des versions reconnaissablement néo-zélandaises.
Culture maori
La culture maori est une culture distincte dans la culture néo-zélandaise en général. Avec l'importance grandissante du tourisme en Nouvelle-Zélande, et notamment l'introduction du haka des All Blacks à une audience internationale, la culture maori, autrefois uniquement observée dans la société maori, est vue comme fondamentale dans la culture néo-zélandaise.
Culture pakeha ().
Reconnaissablement liée à la culture britannique, elle a toujours eu des différences assez distinctes qui ont développé au fil du temps. Parmi les aspects différenciant la culture pakeha de la culture britannique on trouve la présence de davantage d'égalitarisme, un certain anti-intellectualisme et l'idée que la plupart du monde peut beaucoup faire si elle s'y met. Dans la culture pakeha on trouve plusieurs sous-cultures irlandaise, italienne et européennes, ainsi que des sous-cultures non-ethniques.
Certaines pensent que les Pakeha n'ont pas de culture, ou que s'ils en ont, ce n'en est pas une culture distincte. Une partie du problème est que la « haute culture » est souvent prise pour la culture en général, et que les artistes, écrivains et compositeurs néo-zélandais ont historiquement été peu reconnus, ce qui est vu comme un manque de culture. En contraste, la culture populaire pakeha est très visible et mise en valeur ; on voit cela dans la croyance que la kiwiana (des objets kitsch néo-zélandais des années 1950), est une référence de la culture pakeha.
D'autres disent que la croyance dans un « manque de culture » en Nouvelle-Zélande est un symptôme du « privilège des Blancs », où les membres du groupe dominant voient leur culture comme « normale » ou « par défaut » et non une position d'avantage relatif Tim McCreanor ; « "Sticks and Stones may break my bones. ..": Talking Pakeha Identities » ; dans James H. Liu, Tim McCreanor, Tracey McIntosh et Teresia Teaiwa (éds.) ; New Zealand Identities: Departures and Destinations ; 2005 ; page 53. L'un des buts des groupes antiracistes des années 1980 était de faire que les Pakeha voient leur culture comme telle, et non de la voir comme « normale » à l'opposé des cultures des autres, qui seraient « ethniques » et « étranges » Miranda Johnson ; « "The Land of the Wrong White Cloud": Anti-Racist Organizations and Pakeha Identity Politics in the 1970s », New Zealand Journal of History ; 39, 2 ; 2005 ; pages 137-157.
Autres cultures
L'immigration a amené les cultures de beaucoup de pays en Nouvelle-Zélande, où elles ont changé par rapport à leurs origines dans leurs pays correspondants. Plusieurs groupes se sont rapprochés davantage que dans leurs pays d'origine ; par exemple, les différentes cultures polynésiennes coopèrent en mettant de côté leurs antagonismes historiques.
Mélanges et adaptations Éléments de la culture pakeha dans la culture maori
Les Maori ont adapté des aspects de la culture pakeha dès le début de la colonisation. Beaucoup de Maori se convertirent au Christianisme dès les années 1830, apprenant ainsi à lire et écrire, tellement que certains historiens disent qu'au milieu du on trouvait plus de Maori que Pakeha littrés. Plusieurs religion mélangeant les traditions maori et chrétiennes émergent au , dont Pai Mārire et Ringatu. Dès les années 1860 l'adoption de la culture pakeha devient moins volontaire au fur et à mesure qu'augmentait la population de Pakeha, ceux-ci devenant finalement plus nombreux que les Maori. Un Parlement dominé de Pakeha pouvait passer des lois concernant les Maori, dont le Native Schools Act 1867, qui imposa l'anglais comme langue dominante dans la scolarité des enfants Maori. Les Maori furent alors forcés d'apprendre l'anglais et les mœurs Pakeha pour fonctionner économiquement et socialement. Dès le début du et particulièrement depuis les années 1970 on voit un mouvement de protestation maori contre l'eurocentrisme, demandant une reconnaissance égale pour leur culture.
Plusieurs Maori sont connus dans des domaines traditionnellement vus comme européens, dont les chanteuses d'opéra Inia Te Wiata et Kiri Te Kanawa, les écrivains Keri Hulme (qui gagna un Booker Prize), et Alan Duff, le poète Hone Tuwhare, le peintre Ralph Hotere, les acteurs Temuera Morrison et Cliff Curtis et le réalisateur Lee Tamahori.
Éléments de la culture maori dans la culture pakeha
Depuis la fin du la culture Pakeha a souvent utilisé des éléments de culture maori dans l'art et le tourisme quand il fallait chercher quelque chose de distinctivement néo-zélandais. L'exemple le plus connu est certainement le haka des All Blacks, une danse maori jouée avant les matches internationaux de rugby à XV (il y a plusieurs polynésiens non-maori dans l'équipe, donc l'emprunt devient multi-ethnique et non seulement maori-pakeha). En outre, des artistes Pakeha, tels que Colin McCahon et Gordon Walters, incorporent des motifs maori dans leurs œuvres et bon nombre des premiers écrivains Pakeha utilisèrent des thèmes maori dans le but de créer une littérature authentiquement néo-zélandaise Lawrence Jones ; « The Novel » ; dans Terry Sturm, (éd.) ; The Oxford History of New Zealand Literature in English ; pages 123-4 ; 1998. Lydia Wevers, « The Short Story » ; dans Sturm, pages 250-2. Le domaine du tourisme a également utilisé la culture maorie dans un effort de présenter aux touristes des expériences et objets maori. Ceci peut démontrer que les Pakeha n'ont pas entièrement confiance en avoir une culture distincte, ou que s'ils en ont, qu'elle n'est pas intéressante. Beaucoup de Pakeha habitant d'autres pays utilisent la culture maorie pour exprimer qu'ils sont néo-zélandais, même s'ils s'intéressent peu à la culture maorie quand ils sont en Nouvelle-Zélande. Un exemple concret est le haka tenu au Parliament Square de Londres tous les Waitangi Day ; il y a généralement des participants maori mais la plupart sont Pakeha.
Pendant longtemps les Pakeha ne consultaient pas les Maori sur l'utilisation de leur culture, et les Maori ne protestaient qu'en cas d'utilisation inappropriée d'un symbole maori. Dès le début des années 1970 les Maori commencent à s'opposer de plus en plus souvent l'utilisation de leur culture, particulièrement de manière ignorante ou irrespectueuse. Par exemple, en 1979 la tradition des étudiants en ingénierie de l'université d'Auckland de faire un haka obscène lors de la remise de diplômes fut protestée par les étudiants Maori. Les étudiants Pakeha ignorèrent les demandes des Maori, disant vouloir continuer la tradition. Par la suite un groupe d'étudiants Maori agressèrent physiquement les étudiants Pakeha. Ils furent attaqués en justice mais défendus par des leaders maori, qui témoignèrent du caractère insultant du haka des étudiants en ingénierie Ranginui Walker ; Ka Whawhai Tonu Matou: Struggle Without End ; 1990 ; pages 221-225.
La plupart des Pakeha sont aujourd'hui plus respectueux de la culture maori et consultent des Maori avant d'utiliser des éléments de leur culture. Toutefois, malgré plusieurs efforts de mettre sous copyright la propriété intellectuelle, cela ne se passe pas toujours ; la culture maori peut encore s'utiliser de manière inappropriée.
Malgré tout, plusieurs Pakeha ont été très impliqués dans la renaissance des arts maori. La musique maori a été mise en valeur par Richard Nunns, et plusieurs experts Pakeha font des recherches sur d'autres aspects de la culture maori, dont Anne Salmond sur les rituels de rencontre et Mervyn McLean sur l'analyse de la chanson traditionnelle.
Éléments d’autres cultures
Tous les deux, Maori et Pakeha, ont incorporé des éléments de culture étrangère, particulièrement américaine. La musique néo-zélandaise dérive de styles américains, dont le rock, le hip-hop et plusieurs formes de musique électronique. Quoiqu'il y ait peu d'indices d'un « style néo-zélandais », plusieurs groupes incorporent des thèmes néo-zélandais dans leur musique.
Les arts visuels démontrent une certaine influence des mouvements modernes, par exemple le cubisme au début de la carrière de Colin McCahon. En général le développement des médias internationales et la communication de masse a maintenu la Nouvelle-Zélande au courant de ce qui se passe ailleurs ; cela renforce l'adoption de nouvelles formes et styles de l'étranger.
Langues
La Nouvelle-Zélande a trois langues officielles : l'anglais néo-zélandais, le maori et la langue des signes néo-zélandaise. En pratique seul l'anglais est largement utilisé, quoiqu'il y a des efforts pour répandre l'usage du maori.
Plusieurs autres langues sont utilisées en Nouvelle-Zélande, particulièrement celles des immigrants polynésiens et asiatiques.
L’anglais néo-zélandais
L'anglais néo-zélandais est proche de l'anglais australien en prononciation, mais a plusieurs différences subtiles souvent ignorées de personnes ne venant pas de ces deux pays. Plusieurs différences montrent un attachement plus prononcé avec l'anglais du Sud de l'Angleterre ; plusieurs différences montrent également une influence maori. La différence la plus prononcée entre les anglais néo-zélandais et autres (quoique partiellement partagée avec l'anglais sud-africain), est le « i » plus plat. L'accent néo-zélandais montre également quelques influences écossaises et irlandaises du fait du nombre de colons de ces pays qui s'installèrent en Nouvelle-Zélande pendant le . Selon le recensement de 2006, l'anglais est parlé par en Nouvelle-Zélande Language spoken, Statistics New Zealand..
La langue maori
Une langue polynésienne occidentale, le maori (« te reo māori ») est proche du maori des îles Cook et le tahitien, un peu moins proche du hawaïen et du marquisien, et moins proche encore des autres langues polynésiennes occidentales, dont le samoan, le niuéen et le tongien. Le maori déclina en nombre de locuteurs à la suite de la colonisation, mais voit depuis les années 1970 une montée de popularité. Le maori est devenu langue officielle du pays à la suite du Maori Language Act de 1987. On reconnaît un māori language week et il existe une chaîne de télévision en maori, Māori Television. Le recensement de 2006 compta de maori en Nouvelle-Zélande.
La langue des signes néo-zélandaise