Pierre de La Jugie de La MontreGuillaume Roger, mort en 1313, avait épousé Guillemette de La Montre. Patronyme qui viendrait, selon Champeval, du lieu-dit Mestrio (Mestre) situé sur Vedrenne, village de la paroisse d’Égletons qui fut un prieuré de la Chaise-Dieu. L’abbé Poulbrière suggère que cela aurait poussé Clément VI à être religieux à l’abbaye cassadéenne. Il semblerait que La Mestre ou La Montre, constituant un fief, ait été donné à Pierre de La Jugie. (1319-1376), neveu de Clément VI et cousin de Grégoire XI, fut archevêque de Saragosse, Narbonne et Rouen, cardinal de Sainte-Marie in Cosmedin (1375-1376), dit le cardinal de Narbonne.

Biographie Il naquit au hameau de La Jugie, dans la paroisse d’Eyrein, près de Rosiers-d’Égletons. Il était le fils de Jacques de La Jugie, anobli en 1338, et de Guillaumette Roger, sœur de Pierre Roger, futur Clément VISalvador Miranda Cardinal Pierre de la Jugie, University Park, Miami, FL 33199, 2009. Son frère Guillaume (1317-1374) est créé cardinal en 1342, son frère Hugues est évêque de Béziers puis de Carcassonne (1371), tandis que sa sœur est abbesse de La Règle.

De Cluny à Narbonne en passant par Saragosse left|thumb|Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse Il entra d’abord chez les bénédictins de Cluny puis fit ses études de droit canon à l’Université d’Orléans d’où il sortit docteur en 1344.

En 1332, il reçoit le prieuré de Saint-Pantaléon, vacant à la suite du départ de Nicolas Roger. Il devient ensuite prieur de Sainte-Livrade dans le diocèse d’Agen puis Clément VI le nomma abbé de Saint-Jean-d'Angély le . Il cumula cette charge avec celle de l'abbaye de Lagrasse le .

Clément VI le plaça ensuite sur le siège épiscopal de Saragosse le . Puis il fut transféré par son oncle dans le prestigieux archidiocèse de NarbonneQuand Pierre de La Jugie, archevêque de Saragosse occupa le siège vacant de l’archevêché de Narbonne. Clément VI jugea que le prélat le mieux placé pour ce poste serait son cousin Guillaume d’Aigrefeuille. dont il devint l’archevêqueCe fut à ce titre qu’il réunit et présida les conciles de Béziers en 1351, de Lavaur en 1368 et de Narbonne en 1374. le .

Il poursuit la construction de la cathédrale Saint-Just et édifie une partie du palais archiépiscopal. Il est également à l'origine de la rédaction du Livre Vert, inventaire des droits et biens de l'archevêché.

Assista aux conseils provinciaux de Béziers en 1351 et de Lavaur en 1368. Légat du roi Charles V de France devant le pape Urbain V à Avignon vers 1369.

La réception d’Urbain V à Montpellier Au début , en route vers Montpellier, Urbain V, fut accueilli à Castelnau-le-Lez par le clergé sous la conduite de l’archevêque de Narbonne. Le pape avait quitté Avignon pour suivre les travaux de l’église de Saint-GermainUrbain V, déçu, apostropha l’architecte en ces termes : J’avais mandé de bâtir une église et vous n’avez fait qu’une chapelle. en construction.

Elle fut consacrée, le , en présence du Souverain Pontife et ce fut l’archevêque de La Jugie qui y célébra la première messe. Sur l’autel avait été placé un tabernacle d’argent dans lequel était enchâssée une image de la Vierge en argent doré offerte par le pape.

L’archevêque de Rouen devient cardinal thumb|left|Enluminure dans "Miscellanea historica" représentant Urbain V et deux cardinaux, celui qui est surmonté d'un blason est Pierre de La Jugie, lors du voyage vers Rome, BM Ceccano d'Avignon thumb|Âme de Pierre de La Jugie emportée au ciel, fresque de la cathédrale Saint-Just de Narbonne thumb|Tombeau de Pierre de La Jugie dans la Cathédrale Saint-Juste et Saint-Pasteur de Narbonne. Le , son cousin Grégoire XI le nomma responsable de l'archevêché de Rouen, le plus riche de France, puis, lors du consistoire du , il le nomma cardinal-prêtre au titre de Sainte-Marie in Cosmedin. Il semble ne jamais s'être déplacé à Rouen et c'est son procureur Pierre Bégon qui y est reçu par le chapitre le .

Il accompagna le pape lors de son retour à Rome. Malade, lors de l’escale de la flotte pontificale à Livourne, le , il fut contraint de rester dans ce port une semaine. Il y teste le . Ayant rejoint Pise, il y mourut le .

D’abord inhumé dans la cathédrale Sainte-Marie de Pise, il fut ensuite enterré à Narbonne dans le superbe tombeau gothique de marbre qu’il avait fait ériger à son intention dans la cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur, au pourtour du chœur.

Héraldique

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Étienne Baluze, Vitae paparum Avenionensium, sive collectio actorum veterum, Vol. I et II. Paris, 1693. Auguste de Boyes et l’abbé François Arbelot, Biographie des Hommes illustres de l’ancienne province du Limousin, Limoges, 1854. François du Chesne, Histoire de tous les cardinaux françois de naissance ou qui ont été promus au cardinalat par l’expresse recommandation de nos roys, Paris, 1660. Honoré Fisquet, La France pontificale, histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l’établissement du christianisme jusqu’à nos jours, divisée en dix-sept provinces ecclésiastiques, 1864-1873. Anne-Marie Hayez, Une famille cardinalice à Avignon au , les la Jugie, Annuaire de la société des Amis du palais des papes, 1980-1981. Marie-Laure Jalabert, Le Livre Vert de Pierre de la Jugie : Une image de la fortune des archevêques de Narbonne au XIVe siècle. Étude d’une seigneurie., Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, 2009 , compte-rendu par

Articles connexes Liste des cardinaux d'Avignon Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier

Liens externes

La tombe de Pierre de la Jugie dans la cathédrale de Narbonne vue 1 La tombe de Pierre de la Jugie dans la cathédrale de Narbonne vue 2

Catégorie:Personnalité française du XIVe siècle Catégorie:Naissance en Corrèze Catégorie:Archevêque de Narbonne Catégorie:Archevêque de Rouen Catégorie:Cardinal français créé au XIVe siècle Catégorie:Archevêque de Saragosse Catégorie:Cardinal créé par Grégoire XI Catégorie:Papauté d'Avignon Pierre de La Jugie Catégorie:Naissance en 1319 Catégorie:Décès en 1376 Catégorie:Famille de La Jugie Catégorie:Cardinal bénédictin