Decazeville (en occitan : La Sala) est une ville du département français de l'Aveyron et de la région Occitanie.

La réunion de trois paroisses (Saint-Roch, Saint-Michel et Vialarels) autour du site industriel de Lassalle constitue les fondements de la nouvelle collectivité, créée par ordonnance royale en . Le canton de Decazeville verra le jour en 1881 après trente ans de démarches, en raison de la présence d'un gisement de houille, et dans le contexte de la révolution industrielle.. C'est le charbon qui a permis le développement de la commune, faisant (selon les Charbonnages de France CdF) de Decazeville (qui a produit de 1966 à l'arrêt de l'exploitation à ciel ouvert en ) un point majeur de la production charbonnière dans le département avec plus de de tonnes de charbon produites.

Elle doit son nom au duc Élie Decazes (1780-1860), homme politique et fondateur de l'usine à l'origine du développement de la ville.

Le patrimoine architectural de la commune comprend sept immeubles protégés au titre des monuments historiques : la société de secours minière de Decazeville, inscrite en 2013, le monument aux morts, inscrit en 2018, l'église Notre-Dame, inscrite en 2019, l'hôtel de ville, inscrit en 2019, le bâtiment des soufflantes et l’ensemble de ses installations techniques, inscrits en 2019, le chevalement de puits de mine de La Découverte, inscrit en 2019, et le monument funéraire de la famille Cabrol, inscrit en 2019.

Géographie Localisation La commune de Decazeville se trouve dans la vallée d'un ruisseau affluent du Lot appelé le Riou Mort (exactement: lo Riu Mòrt, forme occitane signifiant « ruisseau mort »), à environ d’altitude.

Communes limitrophes {|class="wikitable" |+

Hydrographie et relief Ces composantes du paysage ont été fortement marquées et modifiées par l'industrie minière qui a laissé un énorme trou dit fosse de la découverte de Lassalle, correspondant à l'extraction de millions de tonnes de charbon, mis en sécurité et repaysagé sous l'égide de CdF entre 2001 et 2007 (pour un coût d'environ d'euros). Selon CdF, Bulletin de CdF CdF Mag , juin-juillet 2007.

À côté de cette découverte se trouve un terril appelé crassier localement, composé de « crasses », de déchets organiques, de minéraux non intéressants (grès, argile, rhyolite...) et de stériles ou résidus de mine et d'usine (schistes, cendres). Ce crassier culminait à plus de d'altitude puis il s'est légèrement affaissé avec le temps.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Ouest et nord-ouest du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 900 à , maximale en automne et en hiver. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Maurs à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Decazeville est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Decazeville, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Decazeville, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Logement En 2020, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2014 et de en 2009..

Parmi ces logements, 73,1 % étaient des résidences principales, 3,2 % des résidences secondaires et 23,7 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 49,4 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 50,1 % des appartements..

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Decazeville en 2020 en comparaison avec celle de l'Aveyron et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de logements vacants (23,7 %) supérieure à celle du département (10,9 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation des résidences principales, 50,8 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (49 % en 2014), contre 69,4 % pour l'Aveyron et 57,5 pour la France entière..

+ Le logement à Decazeville en 2020. Typologie Decazeville Aveyron. France entière. Résidences principales (en %)73,171,882,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)3,217,39,7 Logements vacants (en %)23,710,98,2

Voies de communication et transports Les autobus du Transport Urbain du Bassin (TUB) reliant les communes et villes autour de Decazeville, c’est-à-dire Viviez, Aubin, Cransac, Firmi, et Combes permettent un déplacement aisé dans l’agglomération. Ce transport interurbain est géré par Decazeville Communauté qui l'a confié via un marché public à différentes entreprises de transport.

Axe ferroviaire

La ville de Decazeville de par son activité sidérurgique et minière importante à partir de la seconde moitié du , bénéficie depuis le d’un raccordement au réseau ferré via la ligne Viviez à Decazeville ( du réseau ferré national), antenne de la ligne de Capdenac à Rodez. Cette ligne d’une longueur de en cul-de-sac est déclarée d’utilité publique le . Elle dessert la gare de marchandises dans le quartier de Fontvergnes. et par la suite, une gare voyageurs est construite à Decazeville à partir de 1861.. À partir de 1900, la ligne est complétée par des arrêts supplémentaires à Laubarède et la Vitarelle. Dès 1910, un arrêt voyageurs est créé à Fontvergnes sous l'impulsion du maire Louis Bos., en complément de la gare de marchandises déjà existante.. À la suite du déclin économique du bassin minier, en raison de la crise sidérurgique et du charbon, le service voyageurs est arrêté le et le service marchandises le . Par décret, la ligne est déclassée le pour permettre l’aménagement de la route nationale 140.. Depuis cette époque, la gare de Viviez-Decazeville située à proximité, assure le services voyageurs et marchandises et cette dernière dessert Albi via Rodez, Paris via Brive ou Toulouse via Capdenac-Gare.

Axes routiers La commune de Decazeville est traversée par une route départementale reliant le nord de Martel (presque de Cressensac) à Rodez (RD 840 - anciennement RN 140).

Toponymie La ville et le nom remontent au XIXe siècle. Précédemment le lieu s'appelait auparavant « La Salle » ou « Lasalle » (La Sala en occitan), qui désignait au Moyen Âge une maison forte de petite noblesse.

Histoire

Moyen Âge et époque moderne La Salle produisait du charbon dès le , exporté par le Lot vers Bordeaux, mais en petites quantités. Louis XIV et ses successeurs, malgré les protestations de la paroisse, dotèrent leurs maîtresses de mines. En 1833, la commune de Decazeville est créée par démembrement des communes de Flagnac, Firmi, Livinhac-le-Haut et d'Aubin, et absorbe en même temps la commune de Saint-Michel.

Époque contemporaine Les houillères

left|thumb|Statue de François Cabrol.

Le duc Decazes (1780-1860) qui hérita des mines, créa en 1826, avec l’aide du polytechnicien François Gracchus Cabrol, les houillères et fonderies de l'Aveyron qui allaient faire de ce village-rue un grand centre sidérurgique. Au début de la monarchie de Juillet, la cité prit le nom de DecazevilleDecazeville livre.. Les actes d'état civil de cette commune commencent en 1835. L'apogée fut atteinte au début du avec une population active de et une production d'un million de tonnes de fonte par an. Cette activité, aujourd'hui déclinante, a amené Decazeville à se diversifier et à développer d'autres industries : métallurgie, sidérurgie, industrie du bois, chaudronnerie, production de tubes en acier.

C'est parce qu'il y avait (et il y a toujours) du minerai de fer dans le vallon de Saint-Christophe-Vallon, Valady et Marcillac-Vallon que l'industrialisation sur le bassin sidéro-métallurgique de Decazeville fut possible. C'est sur le Causse Comtal que se trouvaient les extractions de minerai de fer (Solsac, Mondalazac...), ramené ensuite sur Decazeville et Firmi dans les hauts-fourneaux (des fours à coke, des fours à griller pour faire couler de la fonte) par le biais d'un transport aérien par pylônes, puis par une voie de chemin de fer à voie étroite () réalisée par François Cabrol de 1852 à 1856. Cette voie est composée de maçonnés et travaillés esthétiquement et de trois ponts dont un viaduc appelé par trois noms différents : viaduc de l'Ady, pont de Malakoff et pont Cabrol. De nos jours, ces ouvrages sont devenus des vestiges perdus dans des parcelles privées et / ou en ruines. Le viaduc de l'Ady a été détruit petit à petit entre 1945 et 1965. Le pont rouge, par contre à Marcillac-Vallon, a été restauré dans les années 1990 et est devenu un symbole de l'industrialisation localement.

L'élection à la mairie du médecin Jules Cayrade en 1878 marque le début d'une contestation de l'autorité patronale, et l'opposition ouvrière au cléricalisme de la compagnie minièreYves Lequin, compte rendu de Donald Reid, The Miners of Decazeville, Annales, 1987, 42-4, p. 842.

Grève de 1886