La ligne de Malaunay - Le Houlme à Dieppe est une ligne ferroviaire française, non électrifiée à écartement standard et à une ou deux voies suivant les sections de la ligne. Elle relie les villes de Malaunay et de Dieppe, dans le département de la Seine-Maritime. Elle constitue la ligne du réseau ferré national.

Mise en service en 1848 par la Compagnie anonyme des chemins de fer de Dieppe et de Fécamp, elle est depuis la fermeture de la section Serqueux-Dieppe de la ligne de Paris-Saint-Lazare à Dieppe par Pontoise et Gisors la seule voie d'accès ferroviaire à Dieppe.

Histoire

Chronologie 13 septembre 1845, concession à la Compagnie Seillière 14 octobre 1845, création de la Compagnie anonyme des chemins de fer de Dieppe et de Fécamp 1848, mise en service officielle de la ligne de Malaunay à Dieppe

Origine de la ligne

L'adjudication de la concession de l'embranchement de Dieppe est autorisée, avec celle de l'embranchement de Fécamp, par une loi le .. Son point de départ sera un embranchement sur le chemin de fer de Rouen au Havre et la durée des travaux est fixée à trois ans. La signature d'une convention accordant la concession des deux itinéraires au bénéfice de la Compagnie des chemins de fer de Dieppe à Fécamp présidée par MM. d'Halton-Sée et Édouard Blount intervient le . Cette convention est approuvée par ordonnance royale le suivant.. Les statuts de la Compagnie anonyme des chemins de fer de Dieppe et de Fécamp sont approuvés par l'ordonnance royale du .

Le chantier, confié à l'entreprise britannique associée "Mackensie et Brassey", est important du fait d'un tracé au profil difficile et de la nécessité de réaliser de nombreux ponts et un tunnel long de à l'arrivée près de Dieppe. Les dépenses qui dépassent les prévisions et le krach de 1847 mettent la compagnie en difficulté en retardant les travaux. L'État sensible à ces paramètres imprévus, prolonge l'échéance de la mise en exploitation de 18 mois par la loi du . La mise en service a lieu le . Présentation de la ligne et récit de l'inauguration dans Le Constitutionnel du 2 août 1848, p. 2..

Pour essayer de résoudre ses problèmes financiers, la compagnie cède en affermage l'exploitation de sa ligne à la compagnie du chemin de fer de Paris à RouenFrançois Caron, « Les compagnies jusqu'en 1883 », dans Les grandes compagnies de chemin de fer en France : 1823-1937, Librairie Droz, 2005 , 62 (consulté le 19 mars 2014).. Qui elle-même est fusionnée le dans une nouvelle entreprise, la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest« 3344, Décret impérial portant autorisation de la société anonyme formée à Paris sous la dénomination de Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, du 16 juin 1855 », dans Bulletin des lois de l'Empire français, série, partie supplémentaire, Tome , 1855, 1121-1134 (consulté le 20 mars 2014).

Caractéristiques thumb|Voie unique sur la droite à la sortie Nord de la gare de Clères, avec à gauche, l'ancien raccordement vers Motteville.

Tracé

La ligne de Malaunay - Le Houlme à Dieppe a son origine en gare de Malaunay - Le Houlme, en parallèle avec la ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre dont elle se détache sur la droite après le grand viaduc de Malaunay. Établie sur un axe nord-ouest, elle remonte la vallée du Cailly, traverse la gare de Montville, passe dans la vallée de la Clérette, via le territoire communal d'Anceaumeville, et atteint la gare de Clères..

vignette|Le premier passage à niveau de la ligne vers Dieppe. vignette|Gare d'Auffay, stationnement d'un train de porte-bennes pour Rouxmesnil-Bouteilles, et le croisement d'un TER Régiolis Alstom - Rouen-Dieppe. vignette|Viaduc de la Scie avec circulation d'un train de terre passant sous l'ouvrage, pour le chantier du quartier Flaubert, à Rouen. À la sortie de cette gare, elle laisse sur sa gauche le raccordement rejoignant par l'ouest la ligne de Montérolier - Buchy à Motteville et, désormais à voie unique, s'oriente vers le nord pour franchir, par une rampe de , le seuil séparant les vallées de la Clérette et de la Scie. Peu avant le point haut d'Étaimpuis, elle passe sous la ligne de Montérolier - Buchy à Motteville, jadis accessible vers l'est par un raccordement à double voie aujourd'hui déferré, puis descend vers Saint-Victor-l'Abbaye et la vallée de la Scie, qu'elle franchit plusieurs fois tout en se dirigeant vers la mer, en pente de , desservant les gares d'Auffay, de Longueville-sur-Scie, d'Anneville-sur-Scie (fermée) et de Saint-Aubin-sur-Scie. Après l'ancienne gare du Petit-Appeville (fermée), où s'embranchait jadis la ligne de et vers Fécamp, elle franchit une dernière fois la Scie avant de quitter sa vallée pour passer dans celle de l'Arques, en traversant une colline par le tunnel dit de Saint-PierreDit aussi d'Appeville (voir le Guide du voyageur en France. Réseau de l'Ouest, 1905-1907)., long de , et rejoindre dans le quartier du même nom la ligne directe venant jadis de Paris, puis la gare de Dieppe située à proximité des quais du port.

Équipement La ligne n'est pas électrifiée, et dispose d'une double voie entre Malaunay et Clères et d'une voie unique de Clères à Dieppe. Elle est équipée sur toute sa longueur du Block automatique à permissivité restreinte (BAPR) « RT 3037 - Malaunay Le Houlme – Dieppe », dans Normes de tracé horaire sur les lignes régionales pour le SA 2014 : document d'application (consulté le 19 mars 2014)..

Vitesse limite Les vitesses limites en 2014 pour tous types de trains, sont de sur la section à double voie de Malaunay à Clères et de sur la section à voie unique de Clères à Dieppe, mais les trains de certaines catégories, comme des trains de marchandises, sont soumis à des limites plus faiblesSite rff.fr, Horaire de service 2014, Chapitre 3 : Annexe 6.4 - Vitesse maximale sur ligne (PDF ) (consulté le 19 mars 2014)..

Exploitation Jusqu'en 1994, il existait deux relations en rames Voiture Corail quotidiennes, l'une de jour, l'autre de soirée entre Paris-St Lazare, Rouen en traction électrique et Dieppe-Maritime en traction diesel, elles étaient en correspondance avec les ferry vers l'Angleterre pour Newhaven. La desserte fut suspendue avec la mise en service de l'Eurostar. Depuis la fermeture brutale de la section Serqueux - Dieppe, en 1988, qui a entraîné la suppression de plusieurs trains directs, Paris-Dieppe par cet itinéraire étant plus rapide, le port normand n'est plus desservi que par cette ligne : Rouen / Dieppe Maritime.

Longtemps quotidienne par le passé, la liaison Paris-Rouen-Dieppe sans changement, a d'abord été limitée dans un premier temps, à deux allers-retours Intercités uniquement les samedis et dimanches en 2009, puis purement et simplement supprimée en . Aujourd'hui, en semaine, toutes les circulations sont assurées par un service TER étoffé entre Rouen et Dieppe. Mais depuis , un aller-retour Paris-Rouen-Dieppe circule de nouveau le week-end.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Jules Janin, « Voyage de Rouen à Dieppe », dans « Itinéraire du chemin de fer de Paris à Dieppe », Bibliothèque des chemins de fer, Paris, 1847, pp. 77-111. Didier Heullant, « Le chemin de fer de Paris à la mer, sa phase finale (1840-1848) », dans Annales de Normandie, 1, 1977, 37-66 (intégral). Laurent Thomas, La fin des Marées à Dieppe, Revue Le Train 311, Editions Publitrains, Betschdorf, 2014, pp. 10-12. . . .

Articles connexes

Liste des lignes de chemin de fer de France Chemin de fer de Paris à la mer Schéma de la ligne de Malaunay - Le Houlme à Dieppe Ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre Transports dans la Seine-Maritime

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