La crise de violence au Kenya est née à la suite de l'élection présidentielle du . Un bilan de la police du fait état de plus de morts depuis le déclenchement des violences. Le conflit a également fait environ déplacés.

Le président sortant Mwai Kibaki est déclaré vainqueur alors que les partisans de Raila Odinga, son opposant, contestent cette réélection en raison de fraudes massives. Cette contestation dégénère en violence dans plusieurs villes du pays où les partisans des deux hommes s'entretuent.

Chronologie thumb|290px|Carte du Kenya indiquant, par province, la majorité obtenue par Mwai Kibaki et par Raila Odinga. : un dirigeant du Mouvement démocratique orange (ODM) affirme que Raila Odinga a remporté l'élection. Des émeutes éclatent dans l'Ouest du pays et dans les bidonvilles de Nairobi, pour protester contre la lenteur du processus de dépouillement et les accusations de fraudes. : Raila Odinga accuse le président sortant Mwai Kibaki de fraude sur voix. La commission électorale annonce la victoire du président sortant avec voix d'avance. Des émeutes éclatent dans Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi ainsi que dans les grandes villes de l'Ouest. Mwai Kibaki prête serment, alors même que l'ODM appelle à rejeter ces résultats.

thumb|290px|Raila Odinga s'adressant à la presse le 31 décembre 2007 après l'annonce de sa défaite à l’élection présidentielle. : 104 personnes sont tuées à Kisumu et 19 autres à Mombasa. Le président appelle à la réconciliation et s'engage à agir avec fermeté contre les émeutes. : près de la ville d'Eldoret, alors que 300 à 400 personnes s'y étaient réfugiées, une église est incendiée, causant la mort d'au moins 35 personnes. Dans la nuit précédente, 18 personnes avaient été tuées à Eldoret. À Kisumu, 55 personnes ont été tuées et 10 autres sont mortes à Mombasa dans l'incendie criminel de leur maison. L'Union africaine et l'Union européenne appellent à la retenue et au dialogue les représentants de chacune des parties. La mission d'observation de l'Union européenne, estimant que les élections n'ont pas respecté les critères internationaux et régionaux d'élections démocratiques, demande une enquête indépendante sur les résultats de l'élection présidentielle« Kenya : au moins 35 personnes brûlées dans une église, 306 morts depuis l'élection », AFP, 2 janvier 2008.. : le porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua, accuse les partisans de Raila Odinga d'être impliqués dans un nettoyage ethnique contre les Kikuyus dont fait partie le président. Les partisans de Raila Odinga accusent pour leur part les Kikuyus de se livrer eux aussi à un nettoyage ethnique envers les Kalenjins et les Luos« Le président kényan accuse Raila Odinga de nettoyage ethnique », Reuters, 2 janvier 2008.. Samuel Kivuitu, président de la commission électorale kényane, déclare avoir subi des pressions et ne pas être sûr de la victoire du président sortantThe East African Standard, cité par Courrier international du 2 janvier 2008.. Plusieurs personnalités internationales comme Condoleezza Rice, secrétaire d'État des États-Unis, ou le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, appellent les deux candidats à la négociation afin de mettre un terme aux violences« Mobilisation diplomatique pour empêcher le Kenya de sombrer dans le chaos », AFP, 2 janvier 2008.. : l'ODM avait appelé à un vaste rassemblement de ses partisans dans le parc Uhuru de Nairobi. Il est interdit par le gouvernement. Devant le dispositif policier mis en place, l'ODM décide de reporter au ce rassemblement. Dans la journée, les forces de police dispersent avec des canons à eau des centaines d'opposants cherchant à se rendre au centre de Nairobi. Elles tirent en l'air des balles réelles et font usage des gaz lacrymogènes contre les partisans d'Odinga aux abords du bidonville de Kibera. Deux députés de l'ODM, Shabir Shabeer et Olago Aluoch, sont arrêtés pour incitation à manifester en ville« Dans Nairobi en état de siège, l'opposition reporte son grand rassemblement », AFP, 3 janvier 2008.. : le président sortant Mwai Kibaki se déclare favorable à un gouvernement d'union nationale. : Raila Odinga se dit prêt à un partage du pouvoir avec le président sortant si celui-ci reconnait sa défaite« Kenya : le chef de l'opposition prêt à un partage du pouvoir, sous condition », AFP, 6 janvier 2008.. : des responsables de la police annoncent, sous couvert d'anonymat, un bilan d'au moins 600 morts, alors que le gouvernement fait état de 486 morts. La Conférence internationale pour la région des Grands lacs africains (CIRGL), qui réunit 11 pays de la sous-région, considère que certaines de ces violences s'apparentent à du . L'ODM annule les manifestations prévues le 8 en raison de la venue prochaine du président en exercice de l'Union africaine (UA), John Kufuor« Au moins 600 morts dans la crise kenyane, dernier jour de médiation américaine », AFP, 7 janvier 2008.. Le président sortant Mwai Kibaki invite le chef de l'ODM Raila Odinga à « Le président Kibaki invite son rival Odinga à une rencontre vendredi », AFP, 8 janvier 2008.. : Raila Odinga déclare ne vouloir rencontrer le président sortant que dans le cadre d'une rencontre menée sous l'égide du président en exercice de l'Union africaine John Kufuor. Le président ghanéen est arrivé à Nairobi pour tenter une médiation« Odinga refuse de rencontrer Kibaki en tête à tête au Kenya », Reuters, 8 janvier 2008.. Mwai Kibaki annonce la nomination partielle de son gouvernement, avec au poste de vice-président Kalonzo Musyoka, candidat arrivé en lors de l'élection présidentielle. Cette nomination est qualifiée de manœuvre et de plaisanterie par Raila Odinga« Kibaki nomme un gouvernement « d'ouverture », rejeté par Odinga », AFP, 9 janvier.. : le président ghanéen, président en exercice de l'Union africaine, rencontre à plusieurs reprises les deux protagonistes Mwai Kibaki et Raila Odinga« Kibaki nie toute crise, l'Union africaine cherche une solution », AFP, 9 janvier 2008.. : constatant l'échec de sa tentative de médiation, John Kufuor passe le relais à l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan« Kenya : échec de la mission de l'Union africaine, Kofi Annan prend le relais », AFP, 11 janvier 2008.. : après l'échec de la médiation de l'Union africaine, l'ODM annonce la reprise des manifestations pour contester la réélection du président sortant Mwai Kibaki« L'opposition kenyane va reprendre ses manifestations », Reuters, 11 janvier 2008, cité par lemonde.fr.. Ces manifestations devront avoir lieu dans 30 villes pendant trois jours, du 16 au . Les autorités décrètent immédiatement ces manifestations illégales« Les Kényans se préparent à une probable nouvelle semaine de troubles », AFP, 13 janvier 2008.. : l'Union européenne, les États-Unis et les Nations unies lancent chacun des appels aux responsables politiques kényans afin de sortir de la crise« Appels de la communauté internationale face à la crise au Kenya », Reuters, 12 janvier 2008 cité par lemonde.fr.. : Kenneth Marende, candidat du Mouvement démocratique orange (ODM), est élu président de l'Assemblée nationale en obtenant 105 voix, contre 101 au candidat du parti présidentiel Francis Ole Kaparo« L'opposition conquiert le perchoir et se prépare à manifester », AFP, 15 janvier 2008.. : malgré l'interdiction, des manifestations se déroulent dans plusieurs villes du pays, rassemblant plusieurs centaines de participants à Nairobi, et plus particulièrement à Kibera, ainsi qu'un millier à Kisumu où la police tue 3 personnes. À Eldoret, des barrages sont érigés par des opposants au président. À Mombasa, 150 jeunes dressent des barricades et enflamment des pneus« Heurts entre manifestants et policiers au Kenya, 3 morts », Reuters, 16 janvier 2008.. Moses Wetangula, ministre des Affaires étrangères, affirme dans un communiqué que les Les médiateurs africains sont les bienvenus au Kenya, selon le gouvernement.. : le groupe d'observateurs du Commonwealth rend son rapport final et conclut que le processus entamé à la fermeture des centres de vote ne répondait pas aux critères internationaux« Commonwealth : les élections au Kenya n'ont pas répondu aux critères internationaux », Xinhua, 19 juillet 2007.. : dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique, la prix Nobel de la paix Wangari Muta Maathai appelle à un partage du pouvoir entre le président sortant et le chef de l'oppositionWangari Maathai, « Seule solution : le partage du pouvoir », Jeune Afrique, 20 janvier 2008.. : le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine condamne et « L'Union africaine dénonce des violations des droits de l'homme, Kofi Annan attendu », AFP, 22 janvier 2008.. Une manifestation de soutien au président Mwai Kibaki rassemblant des centaines de personnes à Nairobi est dispersée par la police qui a recours aux gaz lacrymogènes« La police disperse par la force des manifestants pro-Kibaki à Nairobi », AFP, 22 janvier 2008.. : l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, commence sa médiation au Kenya alors que les violences se poursuivent. Au moins 780 personnes ont été tuées depuis le début de la crise« Kenya : Kofi Annan commence sa médiation sur fond de violences », lemonde.fr 23 janvier 2008.. : le président sortant Mwai Kibaki et l'opposant Raila Odinga se rencontrent à l'initiative de l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. Ce dernier dénonce la poursuite de la violence et l'« Crise au Kenya : premier face-à-face Kibaki-Odinga « encourageant », selon Annan », AFP, 24 janvier 2008.. : les violences se multiplient dans la vallée du Grand Rift où 40 personnes ont trouvé la mort. À Naivasha, 14 personnes périssent, brûlées vives« 40 nouveaux morts dans l'ouest, dont 14 personnes brûlées vives », AFP, 28 janvier 2008.. Alors qu'au moins 116 personnes ont trouvé la mort depuis le , l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan rencontre à Nairobi Raila Odinga et les responsables du Mouvement démocratique orange (ODM)« Poursuite des violences dans le Rift, Annan rencontre Odinga », AFP, 27 janvier 2008.. : des manifestations dégénèrent dans l'Ouest du pays. À Kisumu, la police tire en l'air et fait l'usage de bombes lacrymogènes. Un manifestant aurait été tué« Chaos dans la vallée du Rift, émeutes à Kisumu », Reuters, 28 janvier 2008.. : un député de l'opposition, Melitus Mugabe Were, est tué dans la nuit du 28 au 29 à Nairobi. Des affrontements entre Luo et Kikuyu éclatent dans le bidonville de Kibera« Un député abattu à Nairobi, les violences se poursuivent », Reuters, 29 janvier 2008.. : la police aurait reçu ordre de tirer pour tuer les pillards, les incendiaires et les personnes portant des armes ou bloquant les routes« Kenya : la police a ordre de « tirer pour tuer » les pillards », AFP, 30 janvier 2008.. Un rassemblement se tient à Nairobi, rassemblant des Kényans appelant à la fin des violences qui ont fait au mois 850 morts. : un deuxième député du Mouvement démocratique orange (ODM), David Kimutai Too, est tué à Eldoret« Un deuxième député de l'opposition tué », RFI, article du 31 janvier 2008 .. : Kofi Annan annonce la signature d'un accord entre les deux camps prévoyant notamment des mesures pour mettre un terme aux violences et un calendrier des négociations« Accord au Kenya pour mettre fin à la violence », Panapress, afrik.com, samedi 2 février 2008.. : Kofi Annan invite et leur demande de ne pas parler des négociations en cours avec l'extérieur« Annan invite les parties à négocier au secret en dehors de Nairobi », AFP, 11 février 2008.. : Kofi Annan annonce, à l'ouverture d'une séance d'information au Parlement sur l'avancée des pourparlers, la création d'une commission indépendante qui sera chargée d'enquêter sur tous les aspects de la présidentielle« La médiation met sur pied une commission d'enquête sur les élections », AFP, 12 février 2008..