Le palais du Potala, aussi appelé Potala (en , en sinogrammes simplifiés : ; sinogrammes traditionnels : ; hanyu pinyin : bùdálā gōng ; Wade-Giles : pu4ta2la1 kung1.), à Lhassa, dans la région autonome du Tibet (Chine) , est un dzong (« forteresse ») du , situé sur la colline de Marpori (« la colline rouge »), au centre de la vallée de Lhassa. Construit par le dalaï-lama, Lobsang Gyatso (1617-1682), le Potala fut le lieu de résidence principal des dalaï-lamas successifs et hébergea le Gouvernement tibétain jusqu'à la fuite du dalaï-lama en Inde durant le soulèvement tibétain de 1959, à la suite de l'annexion de force du pays par la Chine. Comprenant un « palais blanc » et un « palais rouge »Ou plus exactement rouge pourpre., ainsi que leurs bâtiments annexes, l'édifice incarnait l'union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel tibétains, et leur rôle respectif dans l'administration de la théocratie tibétaineAlexandre Papas, Soufisme et politique entre Chine, Tibet et Turkestan. Étude sur les KhwajasNaqshbandis du Turkestan oriental, Librairie d'Amérique et d'Orient, Jean Maisonneuve successeur, 2005, 291 p., : ..

Le palais, qui bénéficie d'une protection au titre de la première liste des sites historiques et culturels majeurs protégés au niveau national du patrimoine national d'État chinois depuis 1961, sous le numéro de catalogue 1-107, est aussi inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1994. Devenu musée, il est ouvert aux visiteurs. Aux , cet édifice de treize étages comptait parmi les plus hauts du monde.

Le nom dérive du mont Potalaka, qui est la demeure d'Avalokiteshvara, dont trois rois du dharma (chos rgyal, sanskrit : ) et le Dalaï-Lama sont la réincarnation.

Histoire Origines La première construction du palais du Potala date du Chine: Fin de la rénovation des palais du Potala et du Norbu Lingka Beijing Information, sous le règne du roi du Tibet Songtsen Gampo (Srong-brtsan Sgam-po, vers 609-613 - 650). Puis il fut détruit partiellement par un incendie causé par la foudre au Historic Ensemble of the Potala Palace, Lhasa.ENSEMBLE HISTORIQUE DU PALAIS DU POTALA, LHASSA, TIBET (CHINE) Continent Asiatique.

En 1645, le dalaï-lama tint une réunion avec les hauts responsables du Ganden Phodrang (Gouvernement tibétain) sur la construction du palais du Potala sur la Colline Rouge, où le du Tibet Songtsen Gampo avait construit un fort rouge au . La construction commença l'année même et il fallut près de pour la terminer. Le dalaï-lama décida d’installer le gouvernement du Tibet à Lhassa, au Potala. Il édifia la partie blanche centrale, la partie rouge étant ajoutée par le régent Sangyé Gyatso en 1690. Le Potala devint le centre gouvernemental du Tibet. Tous les départements ministériels ainsi que le collège de Namgyal, fondé à Drépung en 1574 par le dalaï-lama pour la formation monastique, furent transférés au Potala en 1649Voir le chapitre « Lobsang Gyatso » dans Roland Barraux, Histoire des dalaï-lamas, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, édition Albin Michel, 1993. Réédité en 2002 chez Albin Michel, .. Vers la fin de sa vie, le dalaï-lama se retira de la vie publique, confia les pouvoirs au régent Sangyé Gyatso et passa des années en retraite. En 1682, à l'âge de , il mourut avant que la construction soit achevée. Cependant, il en avait confié la responsabilité à Sangyé Gyatso en lui conseillant de garder le secret de sa mort pour un temps. Le régent cacha au peuple tibétain la mort du dalaï-lama pendant plus de , jusqu'à la fin des travaux.

thumb|Le palais du Potala, dessin de Johann Grueber qui séjourna à Lhassa en 1661.

Le palais d'hiver des dalaï-lamas thumb|left|Le Potala vu depuis l'extérieur du village de Shöl en 1938. À droite de l'entrée sud, le pilier de Shöl. Le palais du Potala devint le palais d'hiver des dalaï-lamas après la construction, au , par le dalaï-lama, Kelzang Gyatso, du Norbulingka, le palais d'été, un chef-d'œuvre architectural. Kelzang Gyatso constitua le « Kashag » ou conseil des ministres pour administrer le gouvernement tibétain, dont les bureaux étaient dans le palais du Potala. Il fonda en outre l'école de Tse, située au sommet du palais, pour former les cadres du gouvernement du Tibet. Les diplômés de cette école qui désiraient travailler dans la fonction publique devaient subir un enseignement plus poussé dans une école religieuse. Les fonctionnaires laïcs étaient principalement formés à l'école de Tse.

C'est au Potala que fut signée, le , la convention entre les Britanniques et le gouvernement tibétainLaurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, 1997, ..

En 1951, en prévision du départ du dalaï-lama pour Yatoung, des caisses pleines d'or et d'objets précieux provenant du Potala avaient été emportées par des trains de mules et de très nombreux porteurs vers le SikkimAlexandra David-Néel, Grand Tibet et vaste Chine, Omnibus, Paris, 1994, rééd. 1999, : Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, E. P. Dutton, 1954 : ..

Le Potala renfermait une prison. Warren W. Smith Jr écrit que cette prison avait des airs d'oubliettes mais qu'elle était de dimensions assez réduites, ne pouvant contenir que quelques personnes au plus Warren W. Smith Jr., China's Tibet?: Autonomy or Assimilation, Rowman & Littlefield, 2009, 315 p., : . Theos Bernard, un Américain qui visita le Potala en 1939, écrit que la prison faisait penser à une fosse servant à piéger un lion mangeur d'hommes et qu'elle était remplie de pauvres hères, tout desséchés, trottinant malgré leurs membres entravés Li Xiguang, The American couple who told old stories of Tibet, Global Times, 30 mai 2011 : .

Bombardement lors du soulèvement tibétain de 1959

Selon le Guide du Pèlerin de Victor Chan, lors du soulèvement, la façade sud du palais fut touchée mais seul le porche du Potrang Marpo (le palais rouge) et le Tse Lobtra (l'école sommitale pour la formation des fonctionnaires religieux) furent endommagésVictor Chan, Tibet. Le guide du pèlerin, éditions Olizane, 1994, p. 108 (section « Rénovation du siècle »)..

Selon Gyatsho Tshering, à 2 h du matin, le , le bombardement commence, alors que le dalaï-lama a quitté le Norbulingka la veille en secret. L'artillerie tire sur Potala, le bombardement dure 2 heures, à la suite de quoi, les moines du Potala sortent, offrant des cibles faciles aux mitraillettes des militaires chinois.. Le vers 4 h du matin, le palais du Potala est la cible de tirs de canon, les tirs continueront jusqu'au soir..

Avant que Jampa Kalden Aukatsang ne reçoive les tirs des soldats de l'Armée populaire de libération et soit fait prisonnier, il a été témoin : « Les obus de canon chinois ont commencé à atterrir sur le Norbulingka après minuit le ... Le ciel s'est éclairé lorsque les obus chinois ont frappé l'école de médecine du Chakpori et le Potala. ».

Après sa fuite du Tibet pour l'Inde où il réside depuis 1959, le dalaï-lama n’a pas revu son palais du PotalaBruno Alvarez, Le dalaï-lama est en exil depuis 60 ans, mais où vit-il exactement ?, ouest-france.fr, 18 mars 2019..

Protection au titre du patrimoine national Le Potala bénéficie d'une protection au titre du patrimoine national d'État chinois depuis 1961Le palais du Potala à Lhasa : En 1961, le palais du Potala a été inclus sur la liste de la protection d'État [...].. Grâce à l'intervention de Zhou Enlai, il échappa au vandalisme lors de la révolution culturelle (1966-1976)Le potala : .. Du printemps 1989 à l'été 1994, le gouvernement central affecta de yuans à sa réfection généraleGuide touristique du Tibet, China Intercontinental Press, 2003, 203 p., .1961年,布达拉宫发生了一个巨大变化,那一年,布达拉宫和大昭寺、甘丹寺等八项古迹一起被列为国家重点文物保护单位. De 1989 à 2007, les travaux d'entretien entrepris ont nécessité un investissement total de de yuansCéline au Tibet : Visite du Palais du Potala, CRIonline, 27 juillet 2011..

Inscription au patrimoine mondial thumb|right|Entrée du complexe du Potala dans la muraille sud de Shöl en 2009. Le Potala fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO le . La gestion du monument est assurée par le Bureau de gestion du palais du Potala Rapport périodique 2003 (cycle 1) résumé section II, World Heritage Committee..

vignette|Le Potala et le village de Shöl en 1939. Selon Amy Heller, alors que ce classement aurait dû avoir pour conséquence la restauration des bâtiments environnants pour le respect du contexte architectural, leur démolition fut menée rapidement, sans qu'une intervention puisse l'empêcher. Ces démolitions se sont effectuées « en dépit de la convention signée avec l'Unesco qui cherche à respecter l'intégrité du cadre historique d'un lieuAmy Heller in Le Tibet est-il chinois ? de Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, : ..

En 2000 et 2001 respectivement, le temple de Jokhang et le parc de Norbulingka furent admis sur la liste en extension du site initial.

Immolation En , la pop star tibétaine Tsewang Norbu s'est immolée par le feu devant le palais du Potala et est décédée. Le ministère chinois des Affaires étrangères a contesté cela.

Ensemble historique « Potala et Shöl » Une zone de protection (le palais du Potala proprement dit et l'enceinte du village de Shöl en contrebas) et une zone tampon furent délimitées précisément en 1997 par le gouvernement de la région autonome du Tibet Rapport périodique 2003 (cycle 1) résumé section II, World Heritage Committee : .

Zone protégée Selon l'architecte André Alexander, à l'été 1995, plus de résidant à Shöl furent expropriées et réinstallées au nord de Lhassa. Plus de anciens, faisant partie de l'ensemble historique « Palais du Potala et Shoel », dont beaucoup du , furent démolis tant intra-muros qu'extra-muros, étant jugés à l'époque comme d'importance trop faible pour faire partie de l'ensemble monumental André Alexander, , IATS Standing Committee for the Study of the Tibetan Architectural Heritage and Mural Art, International Association for Tibetan Studies, 2006 : Cf. Chart of location Relationship of Norbulingka and Jokhang Monastery with the Potala Palace..

Pour Kate Saunders, directeur de communication de Campagne internationale pour le Tibet, en 2003 « les autorités prévoyaient de démolir la plus grande partie de ce qui restait du village de Shöl pour y construire une place et un musée. [...] La zone comportant les bâtiments extérieurs aux murailles de Shöl, fut démolie pour créer la place du Potala en 1994-1995 » Kate Saunders, More demolition of Traditional Tibetan Housing Planned in Lhasa, The Guardian, 30 août 2003 : . De même, Tsering Woeser indique que le village de Shol, fut rasé et déplacéBrice Pedroletti La rénovation du centre de Lhassa suscite des inquiétudes Le Monde, 26 juin 2013 .

Zone tampon En 1998, afin de protéger le cadre du site, les autorités locales supprimèrent les résidences modernes et les boutiques situées sur la place en face du Potala, car elles rompaient l'harmonie avec les monuments historiquesDécision - 22COM VII.43 - Rapports sur l'état de conservation des biens culturels votés par le Comité, 1998..

Selon Amy Heller, une esplanade carrée ornée de fontaines et de lampadaires électriques bouleverse le cadre historique de la construction commencée au milieu du . À la bordure sud de cette vaste esplanade carrée, et en dehors des zones de protection du site du patrimoine mondialDécision-25COM X.B-Ensemble historique du palais du Potala, Lhasa (Extension pour inclure la zone de Norbulingka (Chine), 2001 : , se dresse le mémorial à la libération pacifique du Tibet.

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