La sexualité est, chez les animaux à reproduction sexuée, l'ensemble des phénomènes de l'accouplement, des comportements sexuels, et des phénomènes culturels liés à ces comportements.
La division sexuée des organismes en sexes complémentaires permet un brassage des gènes (par méiose et fécondation) qui favorise la diversité génétique et l'adaptation des organismes à leur environnement.
La sexualité humaine varie en fonction des époques et des cultures. Des différences sont observées dans la diversité des pratiques érotiques, mais surtout dans la très grande diversité des mœurs, des croyances, des valeurs, et des représentations sexuelles. Ces observations ethnologiques montrent l'importance majeure de la culture dans le développement sexuel et dans l'expression de la sexualité humaine.
Les études du sentiment amoureux en neurosciences suggèrent une relation avec la dépendance, état qui serait provoqué par les endorphines libérées durant les relations amoureuses. L'état amoureux peut provoquer des émotions intenses, d'euphorie ou de détresse. Les passions associées à l'amour peuvent être sources de problèmes individuels ou sociaux, mais également de productions artistiques remarquables.
D'autres définitions sont proposées, en particulier en sciences humaines et sociales. Dans le langage courant, la sexualité renvoie à « l’ensemble des pratiques qui ont une signification érotique dans une société donnée », elle peut désigner également un système qui définit ces pratiques érotiques en conférant "à certaines le privilège de la normalité". Ces dynamiques sont le support de processus de catégorisation et de hiérarchisation des individus en fonction de leurs attirances – l'orientation sexuelle.
Employée avec un complément ou un adjectif qualificatif, la sexualité d’une personne ou d’une catégorie humaine est sa disposition, son comportement spécifique dans les rapports sexuels ; son ou ses modes de vie sexuels.
Étymologie Le mot sexualité est inventé au milieu du siècle.
Étymologiquement, les mots sexualité, sexué et sexe sont dérivés des mots latins et . Ces mots sont utilisés à partir du . L'origine du mot sexus, qui signifie «sexe», est discutée : elle proviendrait soit du latin secare «couper, diviser», soit du latin sequi «accompagner» (Cf. O. Szemerenyi, Scripta Minora II, p. 874)Grand Robert Électronique, v. 2.0, 2005.. Le romain Sextus Pompeius Festus, dans son De verborum significatione, rapproche sexus du grec hexis «manière d'être, état». Le sens « séparation » du mot correspond à la séparation biologique des sexes, qui est la caractéristique fondamentale de la reproduction sexuée.
Les mots dérivés de la racine latine sexus sont récents. La chronologie simplifiée de leur apparition et de leurs premières significations, dans la société occidentale, est la suivante : : apparition du mot sexe. : généralisation du mot sexe, qui désigne les femmes (on dit à l'époque : « le beau sexe », « les personnes du sexe »). : apparition du mot sexuel. : apparition des mots sexualité (qui signifie « le caractère de ce qui est sexué, et l’ensemble des caractères propres à chaque sexe ») et sexualisme (qui signifie « la manière d'être de ce qui est sexuel »). : le mot sexualité prend son sens moderne : « ensemble des diverses modalités de la satisfaction sexuelle ».
Définition La sexualité est un terme abstrait très général qui recouvre plusieurs phénomènes : l'existence biologique d'organismes sexués, mâle et femelle, ayant des caractéristiques spécialisées et complémentaires permettant la reproduction ; le comportement sexuel, qui est chez la plupart des animaux un comportement de reproduction (le but est la copulation, qui permet la fécondation), et chez certains mammifères évolués un comportement érotique (le but est la stimulation du corps et des zones érogènes, ce qui procure du plaisir érotique) ; tous les aspects affectifs et émotionnels (attachement romantique, désirs et plaisirs érotiques, passions…) en relation avec le comportement sexuel ; tous les aspects cognitifs et culturels (mœurs, représentations, croyances, valeurs, symboles, amour…) qui sont en relation avec les trois phénomènes précédents.
Pour la majorité des personnes, la définition habituelle de la sexualité est plus vague, et recouvre d'une manière assez lâche tout ce qui a plus ou moins directement ou indirectement rapport avec les organes génitaux, les zones érogènes, mais surtout le plaisir particulier provenant de ces régions corporelles, du point de vue humain, éventuellement de la procréation.
En tenant compte de la structure biologique spécifique des différentes espèces animales, le mot sexualité désigne les conséquences suivantes de l'état sexué : la première conséquence, anatomique et physiologique, qui est commune à tous les animaux sexués, est en général l'existence dans chaque espèce d'un organisme mâle et d'un organisme femelle. Ces organismes sexués possèdent des cellules, des organes, des appareils et des processus physiologiques spécialisés et complémentaires (régulation par les hormones sexuelles, cellules germinales, appareil reproducteur, ovaire, pénis, utérus, …), qui sont spécifiquement destinés à permettre la reproduction ; la seconde conséquence, comportementale, est l'existence absolument nécessaire d'un comportement dit sexuel qui permet le rapprochement des organismes mâle et femelle afin de réaliser la fécondation. Chez la plupart des animaux, en raison de l'importance des hormones sexuelles et des phéromones, le comportement sexuel est un comportement de reproduction (le but est la copulation), tandis que chez les primates hominoïdes, en raison de l'importance du développement du cortex cérébral, le comportement sexuel devient un comportement érotique (le but est la stimulation du corps et des organes génitaux) ; la troisième conséquence, émotionnelle, mais qui n'existe que chez les animaux les plus développés (oiseaux et mammifères) en raison de l'apparition du système limbique, est l'existence d'émotions spécifiques à la sexualité : en particulier l'attachement au partenaire, et, dans certaines espèces (chimpanzé, humain, et peut-être dauphin), le plaisir érotique ; enfin, la quatrième conséquence, cognitive, qui n'existe que chez l'humain en raison de l'extrême développement du néocortex, est la capacité cognitive à élaborer tout un ensemble de représentations, de symboles, de croyances et de valeurs spécifiques à la sexualité.
Ces quatre conséquences sont identifiées et distinguées les unes des autres parce qu'elles dépendent de l'organisation et de l'activité de systèmes biologiques et neurobiologiques distincts.
Recherche scientifique vignette|Havelock Ellis (1859-1939), un pionnier de la sexologie moderne qui se marie à 32 ans alors qu'il est toujours vierge.
La sexologie est l'étude scientifique de la sexualité et de ses troubles chez l'humainP. Brenot, Dictionnaire de la sexualité humaine, L'Esprit du Temps, 2004..
La sexologie étudie tous les aspects de la sexualité, à savoir le développement sexuel, le comportement sexuel et les relations affectives, en incluant les aspects physiologiques, psychologiques, médicaux, sociaux et culturels. La sexologie, dans sa forme moderne, est une science récente d'origine médicale qui s'est développée à la fin du M. Bonierbale, J. Waynberg, « 70 ans de sexologie française » in Sexologies, 16:238-258, 2007.. Pour des raisons surtout culturelles, les aspects non médicaux de la sexualité, c'est-à-dire l'amour, le plaisir érotique, l'éducation sexuelle, et, surtout, l'épanouissement, le bien-être et le bonheur sexuel, sont des sujets peu étudiésA.R. Allgeier, E.R. Allgeier : Sexualité humaine, De Boeck Université 1992.. Des chercheurs africains se sont intéressés à l'étude sur la sexualité à travers le livre La sexualité en Afrique : histoire, histoire de l'art et linguistique. Composé de dix articles, cet ouvrage a été produit par neuf auteurs béninois, ivoiriens et togolais.
Reproduction sexuée vignette|center|Le cycle de reproduction sexuée sur le plan génétique.
La reproduction sexuée est un mode de reproduction qui fait intervenir des organismes de sexes complémentaires. Ce mode de reproduction est caractérisé par un cycle de vie alternativement haploïde et diploïde. Les paires de chromosomes parents sont séparés durant la formation des gamètes (méiose) puis recombinés en un nouvel organisme singulier lors de la fécondation. Ce brassage génétique conduit à l'échelle de l'espèce la diversité génétique, multipliant ainsi les possibilités d’adaptation à l'environnementJim Darnell, Harvey Lodish, David Baltimore : Biologie moléculaire de la cellule, De Boeck Université, , 1993..
Psychobiologie vignette|upright=1.2|Comportement sexuel de deux coccinelles.
Pour la psychobiologie, le comportement sexuel est l'ensemble des activités motrices qui permettent la reproduction des animaux sexués.
Ce comportement est contrôlé principalement par le système nerveux. Plus celui-ci est complexe, plus le comportement sexuel sera élaboré. C'est le cas typique de l'être humain Simon Levay, Janice Baldwin, , Sinauer Associate, , 2009..
En raison de la nature en partie aléatoire de l'évolution, les organismes ainsi que le contrôle du comportement sexuel ne sont pas « optimisés »François Jacob, , in revue Science, 196:1161-1166, 1977.JFrançois Jacob (1981) Le Jeu des possibles, Fayard.. C'est cette caractéristique qui explique l'existence d'activités sexuelles non reproductrices, en particulier chez les primates.
Chez les mammifères non-primates (rongeurs, canidés, ovins…), on observe un comportement de copulation, contrôlé par les hormones, les phéromones et les réflexes sexuels AGMO Anders Elsevier 2007..
Chez les primates (être humain, chimpanzé, bonobo, orang-outan, gorille), on observe un comportement contrôlé par les récompenses et la cognition, et centré sur la stimulation des zones érogènes.
À la puberté, les hormones activent le comportement de reproduction SISK C. L. , FOSTER D. L. , Nature Neuroscience, 7(10):1040-1047, 2004., les phéromones sexuelles déclenchent l'excitation sexuelle MONCHO-BOGANI J. , LANUZA E. , HERNANDEZ A. , NOVEJARQUE A. , MARTINEZ-GARCIA F. Physiology & Behavior, 77(1):167-176, 2002. YOON H. , ENQUIST L. W. , DULAC C. , Cell, 123(4):669-682, 2005. et permettent de reconnaître le partenaire de sexe opposé STOWERS L. , HOLY T. E. , MEISTER M. , DULAC C. , KOENTGES G. , Science, 295(5559):1493-1500, 2002. DULAC C. , TORELLO A. T. , Nat. Rev. Neurosci., 4(7):551-562, 2003., et enfin, lorsque le mâle monte la femelle, les réflexes sexuels (érection, lubrification, lordose, poussées pelviennes…) permettent la copulation et l'éjaculation KNOBIL Ernest, NEILL Jimmy D. , Raven Press, 2nd edition, 1994..
Culture et sexualité L'émergence de la culture chez l'animal
L'article détaillé Sexualité animale présente : 1) les critères définissant la culture animale, 2) les problèmes de l'évaluation de la nature culturelle des comportements observés, et 3) les principaux comportements sexuels des animaux qui seraient de l'ordre du culturel.
La culture est un ensemble de savoirs et de pratiques (règles sociales, utilisation d'outils, apprentissages sociaux…) qui, au sein d'un groupe donné, se partagent et se transmettent socialement et non par héritage génétiqueKlaus Immelmann, Anne Ruwet, Dictionnaire de l'éthologie, Mardaga, 1995.. L'émergence de la culture est observée chez l'animal à partir des primates. Quand la culture existe, la sexualité devient plus que la simple mise en jeu des réflexes, des récompenses et des conditionnements. Un exemple de comportement sexuel de l'ordre du culturel serait chez le bonobo l'utilisation d'objet pour la masturbationDe Waal F. De la réconciliation chez les primates, Flammarion 1992..
Sexualité humaine vignette|Un cœur percé d'une flèche, symbole de l'amour.