Le Château de Mercuès est un château situé à Mercuès, dans le département du Lot, en région Occitanie, surplombant la vallée du Lot, à proximité de Cahors. Il a été pendant 7 siècles la résidence d'été des comtes-évêques de Cahors. Il a une histoire complexe durant la Seconde Guerre mondiale. Il abrite un hôtel et une activité viticole.
Historique Du Dans le livre consacré au château de Mercuès par l’abbé Boulade, ancien directeur d’une école libre à Toulouse, membre de la Société des Études du Lot, l'auteur indique :
Il est parlé de ce lieu célèbre dans la vie de saint Didier, vénéré dans le Quercy sous le nom de saint Géry, qui vivait au , il y est désigné sous le nom de Camp de Mercure ; ce qui pourrait laisser supposer qu’il y avait un fort, mais ce n’est qu’une simple conjecture, car il n’y avait pas les forts dans tous les camps. Cependant, comme les parties les plus anciennes du bâtiment actuel ne remontent guère au-delà du , on peut en attribuer la construction aux évêques de Cahors, surtout si l’on remarque que ce devait être une redoutable forteresse ; c’était en quelque sorte la sentinelle avancée de la cité, et il n’est pas étonnant que le château de Mercuès ait joué un grand rôle dans les longues guerres qui ensanglantèrent, au Moyen Âge, tout le midi de la France. » Il est probable que les évêques de Cahors, pour protéger la cité, qui était confiée à leur garde contre les attaques, soit des Anglais, soit des bandes de routiers qui désolaient les campagnes et rançonnaient même les villes, firent construire ce château fort. Il ne faut pas oublier que ce fut par le soin de ces prélats que fut élevée l’enceinte de Cahors, dont une partie subsiste encore ; et comme par sa position, Mercuès était presque inexpugnable, qu’il défendait les approches de la ville, et commandait la vallée du Lot, ils voulurent sans doute ajouter de nouvelles fortifications à celles qu’ils venaient d’élever. Les évènements du et du s ne tardèrent pas à montrer quels services les évêques venaient de rendre à la cause l’indépendance du pays." (...) » Après 1793, il changea plusieurs fois de maître. Balthazard Cousin de Grainville en devint aussi possesseur. Après sa mort, le château redevint une propriété particulière, et resta presque inhabité. Vers la fin de son épiscopat, en 1861, Bardou l’acquit de M. Lacoste-Lacroux, y exécuta d’importants travaux et le donna rn 1862 par testament au petit séminaire de Montfaucon, qui l’a vendu pour 40 000 Francs à Grimardias. Ce prélat, ami des arts, a voulu rendre à cet édifice sa première splendeur et son ancienne destination.
Il est vrai que de nombreux documents officiels des évêques furent expédiés de ce château. Ainsi, le , l'évêque, baron et comte de Cahors, Nicolas Sevin, fit sortir son mandement du Grand Pardon de Rocamadour, après avoir « Donné dans notre château de Merquès »..
Du Le château resta ainsi jusqu'à la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 où il devint la propriété de l'État français Un an plus tard, ce dernier le revendit à un médecin, Jean-Louis Faure, qui en fit sa résidence.
Le , le domaine de Mercuès de devient un site classé à caractère artistique.
Ces transactions déplurent fortement à l'évêque le : .
En 1939, le professeur Faure prête son château à l'artiste Yvonne Lévy-Engelmann, qui va y résider et, sous l'égide de l'Œuvre israélite des séjours à la campagne (OSC), gérer l'hébergement dans le Lot d’enfants juifs fuyant la zone occupée. D'abord hébergés au château puis relogés à Espère, plus de 80 enfants juifs seront ainsi protégés jusqu'en 1943, date à laquelle, le risque de rafle devenant trop important, ils doivent être dispersés et dirigés vers la Creuse puis dans les Alpes en vue de passer en Suisse, mais certains seront arrêtés puis déportés au printemps 1944.
Jean-Louis Faure est également impliqué dans la collaboration, et dans le même temps, son château de Mercuès sert aux officiels de Vichy de « centre de civisme » pour jeunes hommes. Mais le , une rencontre entre Guillaume de Tournemire et Georges Lamarque y acte le ralliement à la résistance (via le réseau Alliance) des Compagnons de France, jusqu’alors mouvement de la jeunesse vichyste (une plaque est toujours apposée dans le domaine qui commémore l’événement)...
Le , les façades et les toitures furent inscrites au titre des Monuments historiques. Peu après, les deux filles du médecin héritèrent du château et décidèrent d'y ouvrir un restaurant. Le château de Mercuès devint pour la première fois un lieu d'accueil du public, destination qu'il a gardé sans discontinuer jusqu'à présent.
En 1966, Georges Héreil devint le propriétaire du château. Après quelques investissements, il transforma l'auberge des filles Faure en restaurant gastronomique et en centre de stage pour l'entreprise Chrysler France, dont il était devenu le président entretemps.
Après sa mort en 1979, la succession pour le château se trouva être difficile et la justice dut intervenir. Une mise aux enchères s'ensuivit, elle regroupa des acquéreurs potentiels dont Alain Delon. Le tribunal donna la préférence à un vigneron négociant de la région, et à son projet de maintenir l'hôtel restaurant et de restaurer le vignoble du château. Georges Héreil fait adhérer le Château de Mercuès à Relais & Châteaux . Le château héberge un restaurant actuellement à la sélection Michelin, et dirigé par le Chef Clément Costes.
Le Château de Mercuès propose 25 chambres et 5 suites qui ont chacune la particularité d'être décoré en fonction d'une époque de l'histoire : La chambre style Louis XVI, la chambre style Louis XIV, la chambre Art déco. , dans lequel est incrusté un cadran solaire en face de la fenêtre pour donner l'heure à son hôte dès le réveil.
Le château viticole vignette|droite|La Cuvée Grand Vin Seigneur du Château de Mercuès
Le vignoble Le vignoble de 35 hectares s'étend sur les communes de Caillac et de Mercuès dans un terroir argilo-calcaire propice à la production de vin. D’un encépagement traditionnel pour l’appellation Cahors, il se compose en grande majorité de Malbec (ou Côt) et dans une moindre mesure de Merlot et de Tannat. En outre, le château compte quelques parcelles de Chenin pour la production d'un vin blanc. Une des particularités des vignes réside dans la forte densité de plantation des ceps, soit 6666 pieds à l'hectareSur le site du Château de Mercuès, ce qui permet d'obtenir des vins concentrés pouvant vieillir de nombreuses années.
Les vins La gamme de vin proposée comprend des vins rouges et un blanc et un rosé. Icône : vin rouge, AOP Cahors, il se compose à 100% de Malbec. Grand Vin : vin rouge, AOP Cahors, il est un assemblage de Malbec et de Merlot. 6666 : vin rouge, AOP Cahors, son nom fait référence à la densité de plantation des vignes. Fait à 100 % de Malbec. Les Evêques : vin rouge, AOP Cahors, 100% Malbec Les Ailes : vin rouge, AOP Cahors, 90% Malbec, 10% Merlot Le Chenin de Mercuès : vin blanc, IGP Côtes du Lot, 100% Chenin L'Arpège de Mercuès : vin rosé, IGP Côtes du lot, 100% Malbec
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Abbé Boulade, Cahors - Imprimerie A. Laytou, rue du Lycée - 1873. Catherine Didon, Châteaux, manoirs et logis. Le Lot, , Association Promotion Patrimoine, Éditions patrimoines & médias, Chauray, 1996 ; 336p. Gilles Séraphin, Cahors et la vallée du Lot, , Éditions Études & Communication (collection Guides Tourisme et patrimoine), Cahors, 1990 ; 112p.
Articles connexes Liste des monuments historiques du Lot Liste des châteaux du Lot
Liens externes
Patrimoine du Lot : château des évêques de Cahors (Mercuès)
Mercues Mercues Catégorie:Monument historique dans le Lot Catégorie:Monument historique inscrit en 1947 Catégorie:Architecture militaire du Moyen Âge central