Les relations internationales du Tibet découlent dans un premier temps des accords passés par la Chine, la Russie, l'Inde et le Royaume-Uni au sujet du statut du Tibet. Plus tard les États-Unis et les Nations unies devaient jouer un rôle en réagissant à l'affirmation de souveraineté par la république populaire de Chine à partir de 1950. Le Népal et les autres petits pays, indépendants ou semi-indépendants, des confins indo-tibétains, jouent un rôle mineur de même que la Mongolie.

Les premiers temps On sait peu de choses sur l'histoire du Tibet avant le , époque où le bouddhisme fut introduit par Padmasambhava, un maître de l'Inde. Le Tibet fut un empire expansionniste puissant entre les VIII et s. Le roi du Tibet Namri Songtsen aurait fait entrer le Tibet pour la première fois dans l'histoire de la Chine avec l'envoi d'ambassades en 608 et 609Beckwith, C. Uni. de l'Indiana Diss. 1977.

Les relations avec la dynastie de Tang

Mariage de Songtsen Gampo avec une princesse han (641) En Songtsen Gampo épouse la princesse Wencheng, qui lui est offerte en mariage à Songzhou, en 641, liant ainsi des relations avec la dynastie Tang. Elle est la deuxième paresonne, avec la princesses népalaise, Bhrikuti qu'il épouse en 633, à amener le bouddhisme dans la famille de l'empereur.

Occupation de la capitale chinoise (763) Il y a un pilier de pierre, le rdo-rings de Zhol à Lhassa, dans le vieux village de Zhol devant le palais du Potala à Lhassa, datant des alentours de 764, sous le règne de Trisong Detsen. Il contient un compte rendu de la prise de Chang'an, la capitale chinoise, en 763, sous le règne de Daizong, l'empereur des TangA Corpus of Early Tibetan Inscriptions. H. E. Richardson. Royal Asiatic Society (1985), pp. 1-25. .. En 1993, le pilier a été entouré de bâtiments et fils télégraphique si bien qu'on ne peut s'en approcherTibet: le guide du pèlerin, Par Victor ChanLhasa Zhol Pillar.

thumb|240 px|Le pilier de Shöl à Lhassa en 1993.

Traité de paix sino-tibétain (822)

En 822, le traité de paix sino-tibétain fut signé entre l’empereur du Tibet, Tri Ralpachen et l’empereur chinois Muzong (820-824) de la dynastie Tang. Le traité permit de stabiliser les relations politiques, militaires et commerciales entre le Tibet et la Chine. Ainsi le traité délimita la frontière entre les deux empires/royaumesLa nouvelle histoire du Tibet de Gilles Van Grasdorff Édition Perrin 2006 Pages 78 et suivantes et la Chine reconnaît l'occupation du Gansu par les Tibétains..

Un monument de pierre datant de 823 et exposant les termes du traité de paix sino-tibétain de 822 peut être encore vu devant le temple de Jokhang dans le quartier du Barkhor à Lhassa. Sur ce monument, le traité d'amitié, rédigé à la fois en tibétain et en chinois est gravéSino-Tibetan Treaty, 821/823 A.D. (Site Tibet Justice Center et s'avère quelque peu difficile à interpréter. Les rapports entre les deux pays paraissent avoir été complexes. D'une part, le texte décrit les relations entre la Chine et le Tibet comme semblables à celles entre un oncle et son neveu. La dynastie Tang de Chine et la dynastie Yarlung du Tibet ont été liées par mariage, cependant les termes d'oncle et de neveu ne sont pas utilisés par rapport aux autres groupes avec qui les Chinois ont eu des relations par mariage. Cette terminologie correspondait à une phraséologie diplomatique impliquant des relations amicales comme au sein d'une famille.. D'autre part, le texte reproduit, décrit les deux pays comme égaux. Le texte a été publié à plusieurs reprisesHugh E. Richardson, "The Sino-Tibetan Treaty Inscription of A.D. 821/823 at Lhasa," Journal of the Royal Asiatic Society 1978, no.2, pp.137-162.A Corpus of Early Tibetan Inscriptions. H. E. Richardson. 1985. Royal Asiatic Society, pp. 106-143.Li, Fang Kuei, and W. South Coblin, A Study of the Old Tibetan Inscriptions, Institute of History and Philology, Academia Sinica, Special Publications No. 91. Taipei, 1987, pp.78-137.Michael van Walt van Praag, The Status of Tibet: History, Rights, and Prospects in International Law (Boulder: Westview Press, 1987), 1–2..

Le traité prévoit et garantie l'indépendance des deux nations signataires. Le traité servira de base aux relations entre le Tibet et la Chine jusqu'à l'intervention militaire chinoise de 1950 :

« Le Tibet et la Chine garderont les frontières qu'ils possèdent actuellement. Tout à l'est est le pays de la grande Chine, tout à l'ouest est le pays du grand Tibet. Désormais, de part et d'autre, il n'y aura ni hostilité, ni guerre, ni prise de territoire. »Document d'évaluation du patrimoine mondial, UNESCO, 1994Tibet - les chevaux du vent, Jérôme Édou, René Vernadet, L'Asiathèque, 2007, p. 44 .On en trouvera le texte intégral ici.

« Cet accord solennel ouvre une grande époque, où les tibétains seront heureux chez eux, et les chinois, sur la terre de Chine »

Conquête mongole

Après que le Prince mongol Köden eut établi sa domination sur la région du Kokonor en 1239The History of Tibet - Alex McKay - 2003, page 320 The History of Tibet - Alex McKay - 2003 The First Mongol Conquest of Tibet Reinterpreted, Turrell V. Wylie, Harvard Journal of Asiatic Studies, Vol. 37, No. 1 (Jun., 1977), pp. 103-133 afin d'examiner la possibilité d'attaquer la Chine des Song depuis l'Ouest, il envoya son général Doorda Darqan en mission de reconnaissance au Tibet en 1240. Pendant cette expédition les monastères Kadampas de Rwa-sgreng et Rgyal-lha-khang furent brûlés, et 500 personnes tuées. La mort de Ögödei, le Khan mongol, en 1241, mit provisoirement un terme à l'activité militaire mongole dans le monde. L'intérêt des Mongols pour le Tibet reprit en 1244 quand le Prince Köden envoya une invitation à Sakya Pandita (1182-1251) pour qu'il vienne dans sa capitale et remette officiellement le Tibet aux Mongols. Sakya Pandita arriva au Kokonor avec ses deux neveux 'Phags-pa (1235-80) et Phyag-na Rdo-rje (1239-67) en 1246.

right|thumb|200px|Kublai Khan.

En 1269 'Phags-pa retourna aux côtés de Kublai dans sa nouvelle capitale Qanbaliq (Pékin de nos jours). Il présenta au Khan un nouveau manuscrit conçu pour représenter toutes les langues de l'empire. L'année suivante il fut nommé Di-shi (maître impérial), et sa fonction de dirigeant nominal du Tibet (désormais divisé en treize myriarchies) fut confirmée. L'hégémonie des Sakyapa au Tibet continua jusqu'au milieu du , bien qu'elle fût défiée par une révolte de l'école des 'Bri-khung (Drikung) avec l'assistance de Hülegü des Houlagides en 1285. La révolte fut éliminée en 1290 quand les Sakyapas et les Mongols de l'Est brûlèrent le monastère siège de 'Bri-khung () et tuèrent cf. T. Wylie 1977.

Relations entre le Népal et le Tibet

Le Népal et le Tibet ont connu des relations spirituelles, culturelles, politiques et économiques très anciennes remontant au moins au Luce Boulnois, Le commerce à Lhasa au in Lhasa, lieu du divin : la capitale des dalaï-lama [sic] au , ouvrage édité sous la direction de Françoise Pommaret, p. 170.

En 639, le roi du Tibet Songtsen Gampo épousa la princesse Bhrikuti Devi, fille du roi népalais Amshuvarman, initiant des relations commerciales, culturelles et spirituelles..

Le col de Nathu La entre le Tibet et le Sikkim n’a été ouvert qu’au . Le Népal et, dans une moindre mesure, le Ladakh détenaient donc la route des échanges commerciaux et culturels entre le Tibet et l’Inde.

Relations sous les dalaï-lamas et les rois népalais

Des relations commerciales existaient entre le Tibet et le Népal depuis le début du . Sous la monarchie népalaise des Malla, le ministre d'État Bhima Malla se rendit à Lhassa où il négocia un traité de commerceRoland Barraux, Histoire des Dalaï-lamas, Albin Michel, 1993, p. 127-128.

En 1650, le dalaï-lama signa un traité avec le roi de Patan, Siddhi Narasimha Malla, autorisant le Népal à frapper la monnaie qui eut cours au Tibet, jusqu’en 1792, quand le gouvernement tibétain frappa sa propre monnaie.

Traité entre le Népal et le Tibet de 1790

En 1788, le Népal annexa le Sikkim. En 1790, en raison de litiges commerciaux lié à la monnaie népalaise, l’armée népalaise vainc l’armée tibétaine et envahit le Tibet jusqu’à Shékar Dzong débouchant sur la signature d’un traité inégal entre le Népal et le Tibet, l’accord népalo-tibétain de 1790 qui prévoyait notamment le payement d’une annuité de roupies. Le traité est désavoué par le dalaï-lamaRoland Barraux, Histoire du Népal: Le royaume de la Montagne aux Trois Noms, p. 74.

Traité entre le Népal et le Tibet de 1792

En 1791, népalais marchent vers Shigatsé car le Tibet prétextant l’absence de ratification de l’accord par le dalaï-lama n’a pas payé l’annuité. En 1792, l’armée mandchoue de la dynastie Qing et l’armée tibétaine écrasent l’armée népalaise.

Un nouveau traité est signé, abrogeant le précédent. Le Népal n’a plus le droit de frapper la monnaie pour le Tibet, mais les privilèges commerciaux sont maintenus. La mission diplomatique népalaise est établie à Lhassa.

Traité entre le Népal et le Tibet de 1856 thumb|Traité entre le Népal et le Tibet de 1856. En 1846, le commandant en chef Jang Bahadur, devient Premier ministre et s’arroge les pouvoirs du Roi du Népal maintenu de façon symbolique. Insatisfait de l’accord avec le Tibet de 1792, Jang Bahadur envahit le Tibet jusqu’à Kyirong. Le , un traité est signé entre le Tibet et le Népal.

Ce traité donna au Népal le droit de nommer ses envoyés au Tibet, les Vakil ou BhardarMichael van Walt van Praag, Treaty Between Tibet and Nepal (1856), Translation of the Tibetan textCharles Bell, Treaty Between Nepal and Tibet (1856), Translation of the Nepalese version of the Text. Selon Charles Bell, ils ne devaient pas être choisis parmi la communauté newar. Entre 1856 et 1956, 20 agents népalais se succédèrent à Lhassa. Avant 1856 et depuis le milieu du , selon la tradition, un Nayak était nommé, généralement, il s'agissait du chef des commerçants népalais au Tibet Tirtha Prasad Mishra, A critical assessement of the Nepal-Tibet-Treaty 1856. p. 137-146, in McKay Alex (ed.), Tibet and Her Neighbours : A History, 2003, Édition Hansjörg Mayer (London), , p. 142.

Le Népal s'est basé sur ses traités avec le Tibet pour adhérer à l'ONU

En 1955, pour adhérer à l'ONU, le Népal prouva sa souveraineté sur la base de ses traités avec le Tibet, les seuls traités internationaux dont ce pays disposait Donovan Roebert, Samdhong Rinpoche: Uncompromising Truth for a Compromised World (World Wisdom, 2006) , Samdhong Rinpoché : , p 140Tseten Norbu, , Conférence-Débat "Tian'anmen 10 ans après", juin 1999. (Traduction : France-Tibet)The Forgotten History of Tibet's Role in Nepal's 1949 UN Application, Tibetan Political Review, 12 octobre 2011..

Abrogation En 1956, le traité de 1856 est abrogé par un accord commercial signé par la république populaire de Chine et le Népal.

Après l'abrogation du traité, la mission diplomatique du Népal à Lhassa n’est plus qu’un consulat. Cependant, à ce jour, le Népal reste le seul pays disposant d’une représentation diplomatique à Lhassa.

Le contrôle de la dynastie Qing

Hugh E. Richardson (1984) Tibet & Its History (Second, Revised and Updated ed.). Shambhala. p. 48 to 60. p. 68 to 72. p. 97 to 105 and 183 to 189. ..

Selon l'ambassadeur de Chine à Singapour Hong Xiaoyong, de 1727 à 1911, ce sont en tout 57 amban (ministres chargés des affaires tibétaines sous la dynastie Qing) qui sont en poste au Tibet où ils ont la haute main sur l'administration locale pour le compte de l'autorité centrale Hong Xiaoyong, , The Straits Times, 23 avril 2008 :..

Selon Michael Harris Goodman qui cite Perceval Landon, l’amban, sans pouvoir réel, se contentait d’une observation des formalités. : ..

Selon les , en 1793, les amban des Qing exerçaient les pouvoirs suivants : le pouvoir administratif : prendre en charge, avec le dalaï-lama, le kashag, et s'occuper des affaires concernant les responsables en dessous de l'échelon de kaleun et les trulkou ;