Jean-Michel Larqué, né le à Bizanos (Basses-Pyrénées), est un footballeur français qui évolue principalement au poste de milieu de terrain de la fin des années 1960 jusqu'au début des années 1980, avant une reconversion dans le journalisme sportif.
Il débute dans le football au club de la Jeanne d'Arc Le Béarn de Pau et remporte le concours du jeune footballeur en . Recruté par l'AS Saint-Étienne, il rejoint l'équipe première en 1966 et en devient le capitaine quelques années plus tard. Remportant de nombreux trophées sur la scène nationale avec l'équipe stéphanoise, il participe à l'« épopée des Verts » qui échoue en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions contre le Bayern Munich en 1976. Un an plus tard, il signe au Paris Saint-Germain où il devient entraîneur-joueur. Après deux ans au Paris SG, il clôt sa carrière professionnelle fin décembre . Redevenu footballeur amateur, il est en 1982 entraîneur-joueur du club du Racing Club de Paris. Il met un terme à sa carrière de joueur en . Jean-Michel Larqué revient dans le milieu du football professionnel lors de la saison 1993-1994 comme directeur sportif de l'AS Saint-Étienne.
En 1968, il participe aux Jeux olympiques d'été à Mexico. En équipe de France, où il est le plus souvent remplaçant sous trois sélectionneurs entre et , Jean-Michel Larqué, capitaine à trois reprises, joue en titulaire quatorze matchs et inscrit deux buts. En 1978, il organise son jubilé au Stade de la Croix du Prince.
Il devient en mars commentateur sportif sur Antenne 2 aux côtés de Thierry Roland. En parallèle, il est journaliste pour le mensuel Onze Mondial à partir de la même année puis rédacteur en chef de cette revue jusqu'en 2001. Après avoir quitté Antenne 2 pour TF1 en , il poursuit sa carrière de commentateur toujours aux côtés de Thierry Roland, avec qui il forme l'un des duos les plus célèbres de la télévision française. Leur duo et la célèbre phrase de Larqué inspirent Les Guignols de l'info qui créent leurs marionnettes en .
En , il rejoint RMC Info et depuis le , il anime l'émission Larqué Foot sur cette même radio. Quand Thierry Roland quitte TF1 en , Jean-Michel Larqué forme des duos avec Thierry Gilardi, jusqu'au décès de ce dernier en 2008, puis avec Christian Jeanpierre. À l'issue de la Coupe du monde 2010, Larqué quitte TF1. En , son tandem avec Thierry Roland est reformé sur CFoot et également sur M6 pour commenter un match de l'équipe de France. Début , il rejoint définitivement M6 pour commenter avec Denis Balbir les matchs de l'Euro à la suite du forfait de son ami Thierry Roland pour raisons médicales. Ce dernier meurt quelques jours plus tard le .
Le , il met un terme à sa carrière de journaliste après la victoire de l'équipe de France en finale de la Coupe du monde, mais un peu plus de après, il est rappelé par RMC.
Biographie Carrière de footballeur Débuts footballistiques Né le à Bizanos d'un père cheminot et d'une mère couturière, Jean-Michel Larqué commence sa formation à la Jeanne d'Arc Le Béarn de Pau où sa grand-mère paternelle était concierge du stade Jean-Brouchin et son père président du club, il a donc pu commencer à jouer au football tout petit. Le stade de la JAB est rebaptisé en 2023 en l'honneur de Jean, père de Jean-Michel. Très tôt, il se destine au professorat d'éducation physique et longtemps, son cœur balance entre un métier « sûr » et l’aventure risquée du sport professionnel.
Au collège, Jean-Michel Larqué pratique également le rugby au poste d'ouvreur ou d'arrière.
En 1964, à l'âge de 16 ans, Jean-Michel Larqué gagne le concours du jeune footballeur à Colombes où son père l'a inscrit. Il est alors repéré par le recruteur de l'AS Saint-Étienne (ASSE), Pierre Garonnaire, qui lui propose par le biais de son père de faire un stage au sein du club stéphanois. L'année scolaire terminée, il part en août faire un stage de huit jours dans le Forez. Se retrouvant aux côtés d'Aimé Jacquet et de René Ferrier, il se fait de nouveau remarquer et ne tarde pas à taper dans l'œil des dirigeants stéphanois. Rentré à Pau, il devient le capitaine de l'équipe de France junior composée entre autres d'Henri Michel, Louis Floch, Francis Camerini et Marco Molitor.
Courtisé par plusieurs clubs, il est approché par les Girondins de Bordeaux mais n'apprécie pas l'ambiance au sein du club. Il obtient son baccalauréat en 1965 et commence son année de préparation au professorat d'éducation physique à Pau. En , il quitte le Béarn et rejoint Saint-Étienne où il prend une licence amateur à l'ASSE et étudie en classe préparatoire au lycée du Portail rouge. Avec les autres stagiaires qui l’entourent (Revelli, Bereta ou Camerini), il s’intègre rapidement parmi les Mitoraj, Jacquet, Herbin et Mekloufi.
Éclosion puis capitaine des Verts à l'AS Saint-Étienne (1966-1977) thumb|upright=1.3|alt=Photo en noir et blanc de l'équipe de Saint-Étienne en 1968|Équipe titulaire lors du match Saint-Étienne - Feyenoord Rotterdam en 1968 (Larqué, deuxième en partant de la gauche de la rangée du dessous).
Avec l'ASSE, Jean-Michel Larqué fait sa première apparition le au stade Marcel-Saupin face au FC Nantes sous la houlette de Jean Snella, séduit par son aisance technique. Positionné à l'aile droite face à Gabriel De Michèle, il tient honorablement son poste malgré une lourde défaite chez le champion de France en titre (0-5). En , à la fin de son année préparatoire bien que sélectionné en équipe de France universitaire, Larqué passe le concours de l'INSEP à Paris et échoue. Poursuivant ses études à la faculté de Lyon, il devient titulaire à la suite d'une grave blessure au genou de Robert Herbin et remporte son premier titre de champion de France au terme de la saison 1966-1967.
En 1968, dirigés par Albert Batteux qui succède à Jean Snella, les Stéphanois remportent le premier doublé coupe-championnat de l'histoire du club, et passent pour la première fois un premier tour de coupe d'Europe. Toutefois, Jean-Michel Larqué ne dispute pas la finale de la coupe de France : il est remplacé par Rachid Mekhloufi qui joue alors son dernier match. Toujours étudiant, il est sélectionné au tournoi olympique de Mexico en . Sa sélection provoque une vive polémique, en effet, le président de l'AS Saint-Étienne, Roger Rocher, veut absolument récupérer le joueur pour le match de Coupe d'Europe contre le Celtic Glasgow, lequel se déroule pendant la préparation de la sélection olympique à Font-Romeu-Odeillo-Via. Le club lui fait signer un engagement de stagiaire pour qu’il ne soit plus sélectionnable en amateurs (la sélection est composée de joueurs du championnat de France amateurs, à l’exception de quelques éléments de clubs pros n’ayant pas encore signé de contrat ou effectuant leur service militaire). Mais le directeur des Sports du ministère, le colonel Crespin, prend position pour imposer la décision de la FFF de sélectionner Larqué pour les Jeux olympiques. Lors du tournoi, la France, après avoir terminé première de son groupe, est éliminée en quart-de-finale face au Japon sur le score de 3-1. thumb|upright|Jean-Michel Larqué en 1971. Le , alors que Saint-Étienne pointe à la tête du classement et que Jean-Michel Larqué a déjà inscrit trois buts depuis le début du championnat, il est appelé pour la première fois en équipe de France A par Georges Boulogne pour un match qualificatif pour la Coupe du monde 1970. Rentré à la en remplacement de Serge Chiesa, Larqué et les BleusSurnom donné aux joueurs de l'Équipe de France de football s'imposent 3-1 face à la Norvège avec un triplé d'Hervé Revelli, son coéquipier en club. Les Stéphanois sont de nouveau champions en 1969, l'année où il obtient son concours de professeur d'EPS en se classant sur . N'arrivant plus à jongler entre l'enseignement et sa carrière de footballeur, il renonce au professorat et signe son premier contrat professionnel avec le président Roger Rocher pour un salaire de par mois. La même année, l'AS Saint-Étienne remporte le Challenge des champions remporté 3-2 face à l'Olympique de Marseille ; Larqué inscrit le troisième but stéphanois. L'AS Saint-Étienne remporte la saison suivante un triplé historique coupe-championnat-Gambardella. C'est leur quatrième succès d'affilée en championnat, ce qu'aucune équipe n'avait réussi à faire jusque-là.
thumb|left|Larqué à droite, avec son entraîneur Robert Herbin (à gauche) et Patrick Revelli (au centre), en 1976.|alt=Joueurs en civils discutant devant un car. Après trois saisons sans titre qui voient les départs de joueurs cadres comme Salif Keïta et Robert Herbin devenant l'entraîneur, Jean-Michel Larqué devient le capitaine de l'équipe et les Stéphanois signent un nouveau doublé coupe-championnat en . Les jeunes vainqueurs de la Gambardella en (Christian Lopez, Alain Merchadier, Jacques Santini, Patrick Revelli, Christian Sarramagna, Christian Synaeghel et Dominique Rocheteau) ont renforcé l'équipe.
En - les VertsSurnom donné aux joueurs de l'Association sportive de Saint-Étienne à cause de la couleur de leur maillot s'offrent leur première épopée européenne : ils éliminent le Sporting Portugal, le Hajduk Split (avec un but de Larqué) et le Ruch Chorzów (avec là-aussi un nouveau but décisif du capitaine stéphanois qui permet la qualification au tour suivant), avant de s'incliner 2-0 en demi-finale face au Bayern Munich. Principal artisan de cette épopée, il déclare : avant de fondre en larmes à la suite de l'élimination de son équipe, 24 avril 1975, Consulté le 23 juin 2012. En parallèle, les Stéphanois remportent le championnat de France, le premier en tant que capitaine pour lui qui le , lors d'une victoire 4-1 contre l'OM, a effectué une course de puis éliminé Marius Trésor avant de marquer d'un tir des . Le , il ajoute à son palmarès une nouvelle coupe de France remportée 2-0 contre le RC Lens où il inscrit un but mémorable : il double la mise avec une reprise de volée limpide à l'entrée de la surface — ce but est toujours considéré aujourd'hui comme l'un des plus beaux de l'épreuve. Cette année exceptionnelle lui vaut d'être nommé Meilleur joueur professionnel français par ses pairs. Courtisé par le Bayern Munich, il manque de peu de rejoindre le Real Madrid. Alors qu'il s'est mis d'accord avec les dirigeants du club espagnol, le président stéphanois Roger Rocher le convainc de rester.
thumb|upright=1.3|alt=Photo en noir et blanc de l'équipe de Saint-Étienne en 1976|Équipe titulaire lors de la demi-finale Saint-Étienne - PSV Eindhoven en 1976 (Larqué debout au premier rang, deuxième en partant de la gauche).
Le , une rencontre qualificative pour l'Euro 76 contre la Belgique, marque le dernier match du sélectionneur Ștefan Kovács. Entré à la mi-temps, Jean-Michel Larqué se fait tacler en plein vol par Jean Dockx, ce qui provoque la colère du Stéphanois qui lui assène un coup de poing puis est expulsé à la . C'est son seul carton rouge en équipe de France.
La saison suivante, les Verts remportent le championnat de France pour la troisième année consécutive, et réalisent un parcours européen resté dans les mémoires : ils éliminent le KB Copenhague (5-1), les Glasgow Rangers (4-1), le Dynamo Kiev (3-2) et le PSV Eindhoven (1-0) dans leur route vers la finale. Larqué y joue un rôle important : il marque en effet deux coups francs précieux en quart et en demi-finale contre le Dynamo Kiev et le PSV Eindhoven. En finale, ils affrontent donc le Bayern Munich à Glasgow le , vainqueur de la compétition les deux années précédentes. Dans une finale équilibrée les Verts touchent deux fois les poteaux (devenus les fameux « poteaux carrés » de l'Hampden Park) avant de s'incliner 1-0 sur un coup franc de Franz Roth à la . Malgré cette défaite, Jean-Michel Larqué est au sommet de sa carrière.
Capitaine lors de ses trois derniers matchs avec l'équipe de France, Jean-Michel Larqué joue son dernier match en Bleu le , en amical à Copenhague contre le Danemark. Il se blesse au genou et compromet ses chances de disputer la Coupe du monde 1978.