La Nissan Micra, ou March au Japon, est une citadine produite depuis 1982 par le constructeur automobile japonais Nissan.

Présentation À la fin des années 1970, Nissan envisage d'élargir sa gamme en produisant une voiture compacte, plus petite que la Pulsar, afin de contrer la réussite de la Toyota Starlet. Osamu Ito, un ingénieur ayant travaillé pour l'entreprise Prince, est nommé à la tête du projet. L'enjeu est de créer une auto économique, facile à conduire et séduisante, avec suffisamment de place pour loger quatre adultes. Visant une carrière internationale, Nissan confie son dessin au réputé studio Italdesign-Guigiaro. En , après trois ans d'études, un prototype fonctionnel dénommé NX-018 est présenté à l'occasion du . Le public découvre une auto attachante, très bien pensée, abritant sous son capot un petit moteur 1,0 L entraînant les roues avant. Initiative originale : dès la fin du salon, Nissan lance une vaste campagne nationale et propose aux Japonais de nommer eux-mêmes la voiture. L'engouement est au rendez-vous car, durant trois mois, les propositions arrivent par milliers. Après délibérations, Nissan tranche en faveur d'un nom percutant : March.

Micra K10 (1982 - 1992)

Description Nissan livre en concessions japonaises ses premiers modèles en , dans un premier temps uniquement en . En vraie citadine, la March dispose de mensurations contenues avec de long, de large et de haut.

Côté style, le design va à l'essentiel, et la K10 arbore des formes très cubiques. L'intérieur est quant à lui sobre et bien construit.

Le moteur, un tout alu SOHC (un seul arbre à cames en tête) de de (au Japon), baptisé MA10S. Il est alimenté par un carburateur contrôlé par électronique (Nissan ECC). Il est accouplé à une boîte de vitesses manuelle à 4 ou , ou bien une automatique à .

Côté châssis, la K10 adopte une suspension indépendante de type MacPherson à l'avant et un essieu rigide à à l'arrière (formule très prisée par Nissan à l'époque). Les finitions sont au nombre de 4 au lancement de la Micra : March E (entrée de gamme), L (adaptée aux petites familles), S (fonctionnalité de l'habitacle accrue) et enfin la March G, le modèle haut de gamme. La série est complétée, par la Collet au printemps 83, et en septembre de la même année, par l'apparition d'une carrosserie .

Début 1985, outre un subtil changement de calandre, Nissan lance la March Turbo, version sportive animée par un bloc turbo-compressé, sur base du . Le MA10ET, à injection électronique (ECCS) développe alors . Elle dispose d'équipements spécifiques comme les antibrouillards avants intégrés au pare-chocs, un becquet arrière, une double sortie d'échappement, un tableau de bord à affichage numérique…

Arriveront ensuite de nouvelles déclinaisons, dont la Pumps, la Canvas Top, ou encore la i.z.

Une mise à jour des K10 est entreprise début 1989. Les phares, la calandre, les pare-chocs et l'habitacle sont modifiés.

Pour marquer le coup, Nissan dévoile ce qui est la March de série la plus performante jamais construite : la Super Turbo. Derrière ce nom se cache un moteur combinant un compresseur et un turbocompresseur, une première au Japon. À bas et mi-régimes, le compresseur assure un couple très appréciable tandis qu'au delà, le HT10 prend la relève et crache sa fougue dans les cylindres.

Grâce à ce duo, le petit moteur MA09ERT (), surplombé en prime d'un échangeur air-air est capable de délivrer pas moins de . Avec un poids total de , le petit bolide est capable d'atteindre en pointe et abat le 0 à en . En plus des équipements présents sur la Turbo, elle gagne entre autres une entrée d'air sur le capot, des roues de , une barre antiroulis à l'avant et à l'arrière, ainsi qu'un différentiel à glissement limité sur la boîte 5. Une version d'homologation en compétition, préparée par Nismo et Autech est également disponible (allègement, boîte courte…)

Au fil du temps, Nissan produira des séries spéciales (, …) de même que des véhicules atypiques reprenant la plate-forme des K10, parmi lesquels on retrouve la Be-1, la Pao ou encore la Figaro.

Les modèles destinés à l'exportation seront renommés Micra. Elles arriveront en Europe en 1983, en 3 puis avec pour motorisations les (MA10 de et MA10S de ), et s'ajoutera lors du restylage de 1989 un , le MA12S de . Elles recevront des boîtes manuelles ou automatiques.

Le marché français propose les finitions GL, DX, L ou encore LX, ainsi que quelques séries spéciales, à l'instar des Canvas Top et Color.

La K10 est également vendue au Canada de 1984 à 1991, avec pour unique bloc le développant .

Motorisations MoteurCylindrée (cm)Nombre de cylindres et architecturePuissance maximale (ch)Couple maximal (N m)Vitesse maximale (km/h)0 à Disponibilité Essence1.0 (MA10S) 988 4 cylindres, 8 soupapes 50 / 55 73 / 76 140 / 145 / 1.0 (MA10S) 988 4 cylindres, 8 soupapes 57 78 nc nc Japon1.0 (EK10FR) 988 4 cylindres, 8 soupapes, turbo 85 118 160 nc Japon0.9 (MA09ERT) 930 4 cylindres, 16 soup., turbo + compresseur 110 130 180 7 s 7 phase 3, Japon1.2 (MA12S) 4 cylindres, 8 soupapes 57 93 142 phase 31.2 catalysé (MA12S) 4 cylindres, 8 soupapes 60 92 142 phase 3

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Micra K11 (1992 - 2003)

La seconde génération de Micra est élue « Voiture européenne de l’année » en 1993, première voiture japonaise à remporter ce titre..

Description À la suite du grand succès rencontré par la K10, Nissan décide d'apporter à sa citadine phare une refonte complète. Pour cette deuxième génération, la March profite des designers de la marque qui lui dessinent des formes plus amicales. Elle perd dans l'opération en longueur mais gagne légèrement en largeur et hauteur afin d'accroître son habitabilité. L'empattement également est allongé de . Début 1992, au moment de sa commercialisation japonaise, Nissan offre le choix parmi deux nouveaux moteurs à deux arbres à cames 16 soupapes à injection : le CG10DE () de , et le CG13DE () de . Une architecture sophistiquée et encore rare sous le capot des citadines de l'époque. Côté transmissions, on retrouve une classique boîte , une automatique à , ainsi qu'une inédite CVT. C'est en effet sur la March que Nissan inaugure sa toute première boîte à variation continue. Toujours très légère (entre et selon motorisation et carrosserie). On retrouve comme sur la K10 une suspension indépendante (type McPherson) à l'avant, tandis que le train arrière se dote désormais d'un ensemble à . La gamme hérite des finitions i.Z et i.z-f, découvertes sur la génération précédente, complétée par les modèles Sharp (diesel) A, C et G. Pour l’équipement, la direction assistée est désormais de série, tandis que certaines versions bénéficient des vitres électriques, de la fermeture centralisée ou encore de la climatisation. Comme auparavant, le toit ouvrant fait partie des nombreuses options, et un différentiel à glissement limité est même proposé sur les 1,3 L. Petit à petit, de nouvelles finitions verront le jour avec les séries Flat (bémol), Austrada et G, puis l'airbag conducteur sera installé de série. Fin 95, les K11 recevront une légère mise à jour esthétique.

Un restylage plus profond est opéré en : les March se parent de nouveaux phares, feux, capot et répétiteurs de clignotants ; l'habitacle est aussi remanié et la dotation de série est enrichie (ABS, airbags conducteur et passager…). La Collet à moteur fait aussi son retour. Quelques mois plus tard, Nissan présente en concessions sa nouvelle March Cabriolet (munie d'une capote souple électrique).

À la fin de l'année 1999, la K11 recevra une dernière mise à jour esthétique (optiques retravaillées) Le CG10DE en profite pour grappiller , le CG13DE est remplacé par un CGA3DE () de ; les boîtes de vitesses sont améliorées (E-ATx auto et Hyper CVT). Une motrices est ajoutée, en même temps qu'une version break, la March Box, et une version avec un coffre.

Tout au long de cette génération, Nissan introduira des séries limitées des plus diverses (V3 award, White limited, Casual limited…) et élaborera en collaboration avec Autech des March au style rétro, à l'apparence peu conventionnelle pour l’époque. Ce sera le cas des Tango, Bolero, Rumba et Polka.

Cette fois-ci fabriquées en Grande-Bretagne dans l'usine de Sunderland, les Micra européennes débarqueront dès fin 1992 avec des motorisations identiques aux versions japonaises, avec dans un premier temps le 1,0 Lde et le 1,3 L de . Lors du restylage de 1998, un diesel PSA (TUD) de est ajouté alors que le CG10DE réévalué à , et le 1,4 L CGA3DE de accompagneront le lifting de 2000. Ils seront associés à une boîte 5 manuelle ou CVT.

En France, on découvrira les finitions LX, SLX, Deluxe, Lagoon ou Cypia, parmi d'autres. Des séries spéciales verront également le jour, comme les Coutures, Côté sud ou les Star-Cup (équipées d'un kit carrosserie « sportif », similaire aux versions Austrada japonaises ou SR anglaises).

Cette génération de Micra sera élue voiture de l'année en 1993, une première en Europe pour une voiture japonaise.

Motorisations MoteurCylindrée (cm)Nombre de cylindres et architecturePuissance maximale (ch (kW))Couple maximal (N m)Vitesse maximale (km/h)0 à Disponibilité Essence1.0 998 4-cylindres, 16 soupapes 54 (40) 79 150 1.3 4-cylindres, 16 soupapes 75 (55) 103 170 1.4 4-cylindres, 16 soupapes 82 (60) Diesel1.5 D 4-cylindres, 8 soupapes 57 (42) 95 146

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Micra K12 (2002 - 2010)

Description Après un parcours sans fautes, la K11 passe le flambeau à la nouvelle génération, dont les premières commandes au Japon sont honorées au début de l'année 2002. Le véhicule est lancé en France le .. Le look de l'auto a beaucoup évolué, conjuguant désormais tendance rétro et style moderne. Par ses formes rondouillettes et ses phares proéminents, la Nissan dégage une forte identité, accentuée par les teintes extérieures et intérieures originales. La clientèle visée se veut donc plus jeune. Elle se révèle à nouveau moins longue que sa devancière, mais plus large et moins haute, avec un empattement qui passe à . Pour la première fois, à la suite de l'alliance Renault-Nissan de 1999, elle emprunte une plate-forme élaborée conjointement avec le constructeur français. Elle hérite alors d'un essieu arrière à barre de torsion. Sur le plan des moteurs, la citadine a ce coup-ci droit à trois nouveaux blocs de série CR, comprenant un (CR10DE) de , un (CR12DE) de et enfin (CR14DE) de . Dans un premier temps, la boîte CVT n'est pas reconduite, seules restent la manuelle et l'automatique E-ATx.

La gamme des modèles est simplifiée et comprend dorénavant les 10b, 12c et 14e ; tandis que les équipements de sécurité sont une nouvelle fois améliorés (certaines finitions disposent de de série). Naturellement, ainsi dotées, les March prennent de l'embonpoint et affichent un poids compris entre et . Une pléthore d'options sont disponibles, parmi lesquelles l'intelligent Key, permettant d'ouvrir, démarrer et arrêter l'auto sans sortir la clef de sa poche. Comme à son habitude, Nissan ne tardera pas à apporter des nouveautés à ses modèles. La première de celles-ci : une transmission motrices ingénieuse, disponible sur les , baptisée e-4WD. Il s'agit en fait d'un moteur électrique entraînant les roues arrière lorsqu'une perte d'adhérence du train avant est détectée, un système léger qui offre l'avantage de fonctionner sans avoir recours à un différentiel arrière ou un arbre de transmission. À l'été 2003, alors qu'est introduite la March 14s à la finition sportive (calandre spécifique, spoiler avant et arrière, roues de ...), le bloc est supprimé de la gamme.