Un lirac est un vin blanc, rouge ou rosé d'appellation d'origine contrôlée produit sur le territoire des communes de Lirac, de Roquemaure, de Saint-Geniès-de-Comolas et de Saint-Laurent-des-Arbres, dans le département français du Gard en région Occitanie. Le lirac est un vin d'assemblage. En 2020-2024, la production de rouge représente approximativement 85 % du total de la production en moyenne, pour 12 % pour le blanc, la production de rosé restant anecdotique (de l'ordre de 2 %).

Il s'agit d'une des appellations des côtes du Rhône méridionales, la seule sur la rive droite du fleuve avec le tavel. Les autres appellations en sont, du nord au sud : le vinsobres, le rasteau, le cairanne, le gigondas, le vacqueyras, le beaumes-de-venise, le châteauneuf-du-pape, le laudun, le tavel, le côtes-du-rhône-villages (sur une grande partie du vignoble méridional, avec de nombreuses dénominations géographiques) et le côtes-du-rhône.

Histoire Antiquité Sur la commune de Roquemaure, la grotte du Crâne Noir a livré des tessons de céramique chalcolithique ainsi que des vestiges des âges du bronze et du fer. Un oppidum fut occupé par les LiguresRoquemaure sur le site nemausus.com qui commercèrent avec des négociants étrusques.

Moyen Âge vignette|left|Chapelle Saint-Agricol de Roquemaure, sur l'aire d'appellation du lirac. Les quatre paroisses, constituant le terroir viticole de l'appellation, faisaient partie de l'enclave de la Provence et appartenaient à la mense épiscopale d'Avignon, en vertu d'une donation faite à l'évêque Fulcherius en 911 par Louis III l'Aveugle, roi et empereur d'Italie.

Au cours du Moyen Âge, de 1006 au début du , l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon est propriétaire de l’église paroissiale (Sancti Petri de Alheraco), qui lui est cédée par l’évêque d’Avignon, et en perçoit les revenusGuy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. , , p 220.

Au cours du , Gervais de Tilbury, nota à propos des vignes de Roquemaure : S. E. Banks,J. W. Binns, Banks : Gervaise of Tilbury : otia Imp Omt C. Il s'agissait de la coulure.

Période moderne La viguerie d'Uzès fut divisée en deux. Il y eut la « viguerie haute » ou les Cévennes, et la « viguerie basse » qui prit le nom de la côte du RhôneCe nom traversa les siècles puisqu'en 1869, un journal local avait pour titre La Côte du Rhône et qu'en 1890 Frédéric Mistral parle de « Costo du Rose, renommée pour ses vins ».. Un premier édit royal daté du tenta de donner une identité vinicole à cette petite région. Il fut insuffisant et modifié en 1731 en ces termes :

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Période contemporaine vignette|left|Placide Cappeau. vignette|Chasse des reliques de saint Valentin. Un négociant en vins et spiritueux de Roquemaure, Placide Cappeau, rédige le texte du célèbre cantique Minuit, chrétiens, qu'il aurait écrit, selon ses dires, le dans la diligence qui le conduisait à Paris, entre Mâcon et Dijon. L'auteur de ce que le compositeur Adolphe Adam, qui mit ses paroles en musique, appelait « La Marseillaise religieuse », était socialiste, républicain et anticlérical.

En 1866, le phylloxéra anéantit le vignoble. Particulièrement virulent il est surnommé . C'est la première apparition de cet insecte térébrant en Europe. Comme nul ne sait encore comment sauver ses vignes, Maximilien Richard, riche propriétaire du château de Clary à Roquemaure, décide de se rendre à Rome, il en revient avec des reliques d'un saint. Celui-ci se prénommait Valentin. Le , l'évêque de Nîmes, Claude-Henri Plantier, préside à la cérémonie du dépôt des reliques dans la collégiale, où elles sont invoquées pour sauver les vignes. Elles sont sorties tous les deux ans, lors une grande fête, le dimanche le plus proche du .

Après la crise du phylloxéra, Henri de Régis, propriétaire du château de Ségriès, pour mettre en valeur ses terres, décida, en 1925, de replanter un vignoble. Dans la décennie suivante, il entreprit de suivre l'exemple du combat que menait sur la rive gauche du Rhône le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié. Avec quelques amis convaincus, il décida de faire classer le terroir de Lirac en appellation d'origine contrôlée (AOC). La demande en fut faite auprès d'un tribunal.

Le projet se concrétisa après la Seconde Guerre mondiale : le , l’appellation fit l’objet d’une reconnaissance judiciaire par le tribunal d’Uzès. Après deux années d’enquêtes complémentaires sur le terrain (terrains, types de vins, etc.) les experts de l’INAO achevèrent la délimitation de l’aire d’appellation sur les communes de Lirac, Roquemaure, Saint-Laurent-des-Arbres et Saint-Geniès-de-Comolas. Ce qui aboutit à la reconnaissance de l’AOC lirac définie par le décret du . La nouvelle appellation devenait le premier cru des côtes-du-rhône à produire des vins de trois couleurs : rouge, rosé, blanc. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en , homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..

Vignoble Aire d'appellation

L'aire d'appellation se situe dans la partie française de la vallée du Rhône, dans le département du Gard, sur quatre communes : Lirac, Roquemaure, Saint-Laurent-des-Arbres et Saint-Geniès-de-Comolas. Il s'agit d'une des appellations des côtes du Rhône méridionales (plus précisément les côtes-du-rhône gardoises), limitrophe sur la rive droite du Rhône de l'aire produisant le tavel (plus au sud).

Orographie et géologie vignette|left|Le vignoble de Lirac implanté entre collines et sols sableux squelettiques. vignette|Collines de l'aire d'appellation lirac. La faille de Roquemaure qui coupe ce terroir viticole jusqu'à Saint-Laurent-des-Arbres l'a bouleversé en fracturant les calcaires à faciès urgonien. Elle présente une structure à la fois karstique, poreuse et imperméable. Ce socle calcaire est recouvert d'argile, de sables et de galets Le bassin versant du Gard rhodanien.

À l'ouest de ce terroir, des éboulis calcaires provenant du Crétacé forment une série de petites collines. Celles-ci cèdent la place sur les communes de Lirac et de Saint-Laurent-des-Arbres à des terrasses alluviales déposées par le Rhône au début de l'ère quaternaire. Elles sont composées de galets roulés et d'argile rouge. Dans le relief calcaire faillé se trouvent des dépôts sableux originaires du Pliocène qui servent d'assises aux terrasses fluviatiques et forment les pentes sableuses des collines en particulier à Saint-Geniès-de-ComolasDossier de presse de l'AOC lirac.

Les plateaux calcaires qui recouvrent le département du Gard forment en direction du Rhône un promontoire qui abrite le vignoble. Leur substrat calcaire est souvent recouvert de terrasses alluviales déposées par le fleuve. Elles mêlent argile et galets roulés (quartz) originaires des affluents alpins du Rhône. Leurs pentes ravinées par l'érosion sont recouvertes de petits galets et de sableGéologie de l'AOC lirac.

Climatologie Le climat de ce terroir est soumis à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches (une brève en hiver, une très longue et accentuée en été), deux saisons pluvieuses, en automne (pluies abondantes et brutales) et au printemps. Sa spécificité est son climat méditerranéen qui constitue un atout exceptionnel : Le mistral assainit le vignoble ; La saisonnalité des pluies est très marquée ; Les températures sont très chaudes pendant l'été. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rareLa climatologie du Vaucluse..

La station météorologique de Pujaut (sur l'aérodrome d'Avignon-Pujaut à d'altitude : ). est à sept kilomètres au sud-est de l'aire d'appellation.

Selon Météo-France, le nombre par an de jours de pluies supérieures à par mètre carré est à Avignon de 45 et la quantité d'eau, pluie et neige confondues, est de par mètre carré. Les températures moyennes oscillent entre 0 et 30° selon la saison. Le record de température depuis l'existence de la station de l'INRA est de lors de la canicule européenne de 2003 le (et le ) et le . Les relevés météorologiques ont lieu à l'Agroparc d'Avignon.

Le mistral Le vent principal est le mistral, dont la vitesse peut aller au-delà des . Il souffle entre 120 et par an, avec une vitesse de par rafale en moyenneJean Vialar, Les vents régionaux et locaux, 1948 ; réédité par Météo-France en 2003.. Le tableau suivant indique les différentes vitesses du mistral enregistrées par les stations d'Orange et Carpentras-Serres dans le sud de la vallée du Rhône et à sa fréquence au cours de l'année 2006. La normale correspond à la moyenne des années pour les relevés météorologiques d'Orange et à celle des pour CarpentrasSource : Services techniques d'Inter Rhône à Avignon Données météorologiques concernant l'année 2006 . Mistral. Jan. Fev. Mars. Avril. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Dec.Vitesse maximale relevée sur le mois96 km/h97 km/h112 km/h97 km/h94 km/h100 km/h90 km/h90 km/h90 km/h87 km/h91 km/h118 km/hTendance : joursavec une vitesse > 16 m/s (58 km/h)--+++---++++++++==+++++---=+++ « = » : idem à la normale ; « + » : supérieur à la normale ; « - » : inférieur à la normale.

Encépagement Selon le cahier des charges de l'appellation, la production de lirac rouge doit se faire obligatoirement par assemblage, avec du grenache NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris. (au moins 40 % de l'encépagement), du mourvèdre N, de la syrah N (au moins 25 % ensemble pour ces deux derniers) et du cinsault N. Sont aussi autorisés comme « cépages accessoires » (limités ensemble à 10 % ; 5 % pour les cépages blancs) que sont le carignan N (limité à un maximum de 10 %), la clairette rose Rs, la counoise N, le grenache gris G, la marsanne B, le piquepoul blanc B, le piquepoul noir N, la roussanne B, l'ugni blanc B et le viognier B.

Pour faire du lirac rosé, il s'agit des mêmes cépages, mais avec des proportions différentes : minimum 40 % de grenache noir, minimum 25 % de mourvèdre et syrah (ensemble), moins de 10 % de carignan noir, complétés par un maximum de 20 % de cépages blancs.

Pour faire du lirac blanc, sont autorisés des « cépages principaux » (chacun limité à 60 %) que sont le bourboulenc B, la clairette B, le grenache blanc B et la roussanne B, complétés par moins de 25 % de « cépages accessoires » que sont la marsanne B, le piquepoul blanc B, l'ugni blanc B et le viognier B.

Dans la pratique, les cépages rouges pour produire du lirac sont en 2023 de 52 % de grenache noir, 27 % de syrah, 10 % de mourvèdre, etc. ; pour les cépages blancs, 35 % de grenache blanc, 25 % de clairette, 15 % de roussanne., etc.

Vins Volumes Les données de production des années récentes, telles que publiées par les Douanes, sont. : Année lirac rouge lirac rosé lirac blanc superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)2020 722 25 15,2 377 25 83 252021 701 30 16,5 555 34 86 312022 762 23 12,9 322 25 97 272023 727 36 18,4 684 37 103 352024 756 19 16,9 483 29 103 26 Le rendement visé par le cahier des charges est de 41 hl/ha et le rendement butoir est de 43 hl/ha pour les trois couleurs.

Vinification