La Fête de la musique a lieu à travers le monde le (date qui coïncide le plus souvent avec le solstice d'été dans l'hémisphère nord et le jour le plus long), principalement le soir et la nuit jusqu'au lendemain matin. Institutionnalisée par Jack Lang en 1982, elle est actuellement célébrée dans une centaine de pays. Divers festivals de musique locaux qui se déroulaient ce jour de solstice participent aujourd'hui à cette fête populaire.

Elle est parfois connue aussi sous le nom (Journée mondiale de la musique) bien que le nom français soit aussi souvent utilisé dans certains pays anglophones (en même temps que , traduction littérale de « Faites de la musique ! ») ou germanophones, ou bien sous des noms traduits littéralement comme (espagnol), (italien), (polonais), (bosnien) ou encore (turc), avec des logos similaires graphiquement à ceux utilisés en France pour les festivités affiliées au programme français.

Histoire Création vignette|Un rassemblement lors de la Fête de la musique à Strasbourg. La Journée internationale de la musique est créée par l'UNESCO le 1975.

Elle est ensuite imaginée en 1976 par le musicien américain Joel Cohen qui travaillait alors pour France Musique.. Cohen proposait pour cette chaîne des « Saturnales de la musique » pour le et le lors des deux solstices. Il voulait que les groupes de musiques jouent le au soir, jour de l'été boréal. Le projet de Cohen a été réalisé le dans l'Ouest parisien et à Toulouse. Dans un reportage consacré à l'origine de la Fête, diffusé par la télévision suisse romande, le , Jack Lang a remercié Joel Cohen pour son idée..

Le , André Henry, nommé dans le nouveau ministère du Temps libre, organise la « Fête de la musique et de la jeunesse » pour célébrer l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir et le discours du de Léo Lagrange sur les loisirs. Ce concert gratuit réunissant environ place de la République avec Jacques Higelin et Téléphone inspire Jack Lang pour créer une fête musicale populaire, la « Fête de la musique ». Jack Lang, alors ministre de la culture et Maurice Fleuret, directeur de la musique et de la danse du ministère, également influencés par Cohen, donnent ainsi l'impulsion décisive à l'événement et la première fête nationale est célébrée le .

En 2011, cette fête s'est complètement internationalisée : en moins de trente ans, elle est reprise dans 110 pays sur les cinq continents (dès 1985 en Europe) et les deux hémisphères, avec plus de 340 villes participantes dans le monde (parmi les dernières en date, la ville de Bogotá depuis 2012 Fiesta de la Musica Colombia).

En 2014, le site français recense plus de 120 pays ayant repris cette manifestation musicale.

Choix du 21 juin

vignette|Fête de la musique à Chenebier (Haute-Saône, Bourgogne-Franche-Comté) en 2018.

La date du a été choisie parce qu'elle coïncide le plus souvent avec le solstice d'été (le jour le plus long de l'année, ou la nuit la plus courte pour ceux qui festoient jusqu'à l'aube)Le solstice d'été ne tombe pas forcément le 21 juin partout dans le monde, mais c'est néanmoins le cas la plupart des années dans l'hémisphère nord. En France, par exemple, la date restera stable jusqu'en 2020 (puis trois ans sur quatre) : ainsi, en 2008, le solstice a lieu le 20 juin à 23:59 UTC, soit 1:59 le 21 juin à l'heure légale d'été française, mais encore le 20 juin aux Antilles françaises.. La coïncidence avec l'été symbolise le sacre de la nature à travers cette journée festive, à l'image des fêtes païennes dédiées à la nature ou aux moissons durant l'Antiquité (dont les fêtes de la Saint-Jean, des fêtes populaires où un grand feu était allumé toute la nuit le soir du , date traditionnelle de fin des plus longs jours de l'année, et qui ont existé en France jusque dans les années 1990, où la plupart des feux ont été interdits pour des raisons de sécurité et souvent aussi à cause de la législation destinée à éviter les incendies dans des zones soumises à des restrictions d'eau ou de protection de l'environnement).

Des fêtes similaires existaient également dans les pays nordiques à cette période de l'année où le soleil ne se couche jamais (par exemple, à Saint-Pétersbourg, les nuits blanches où on célèbre les arts sous toutes leurs formes). Cette idée a été reprise en France plus tard avec la Nuit Blanche, fêtée lors du premier week-end d'octobre, peu après l'équinoxe, moment où la nuit devient plus longue que le jour.

La Journée internationale de la musique lancée par l'UNESCO en 1975 résonne le .

Festivités vignette|Groupe de musiciens à Carling, Fête de la musique (2014) La Fête de la musique a pour vocation de promouvoir la musique de deux façons. Sous le slogan homophone à son nom, « Faites de la musique ! », elle encourage les musiciens amateurs à se produire bénévolement dans les rues et espaces publics. Grâce à l'organisation de nombreux concerts gratuits, d'amateurs mais aussi de professionnels, elle permet à un public large d'accéder à des musiques de toutes sortes et origines (musique classique, jazz, rock, world music, musique traditionnelle) et même celles chantées dans toutes les langues.

De nombreux établissements sont autorisés à rester ouverts plus longtemps ce soir-là pour accueillir le public, et de nombreuses rues sont fermées à la circulation dans les grandes villes pour laisser la place aux scènes organisées ou improvisées et aux spectateurs qui déambulent d'un spectacle à l'autre. Toutefois, ce n'est pas le cas partout où les scènes sont alors montées dans des espaces mieux délimités tels que des parcs et espaces sportifs, mais aussi des salles de spectacles avec des entrées exceptionnellement gratuites ce jour-là. À côté des spectacles gratuits et concerts amateurs de rue, des concerts de jazz peuvent aussi être parfois organisés pour des artistes confirmés mais ne peuvent prétendre à l'appellation « Fête de la musique ».

Réception Succès

vignette|Un groupe musical de musique traditionnelle marocaine dans la rue en Belgique (2006). vignette|Fête de la musique de Reims en 2023, diffusée sur France 2. Son succès ne se démentit pas lors de chaque édition annuelle : ainsi uniquement en France, la Fête de la musique permet chaque année, selon le ministère de la Culture, l'organisation dans tout le pays de plus de concerts par environ 5 millions de musiciens ou chanteurs amateurs, rassemblant près de 10 millions de spectateurs. Tant en France qu'à l'international, les organisateurs adhèrent à une Charte Internationale des villes organisatrices (plus de 340 dans le monde) qui tient à maintenir la gratuité et le libre accès aux évènements organisés sous son label et la valorisation de l'expression musicale des amateurs.

En France selon l'Insee, la Fête de la musique est connue par 97 % des Français dont un sur dix y a contribué que ce soit en tant que musicien ou chanteur, et 79 % en tant que spectateur au moins une fois depuis plus de 25 ans. Les pratiquants réguliers de musique en France comptent en effet pas moins de 1,7 million de jeunes français de moins de 15 ans (non compris les 10 millions d'élèves qui suivent les cours de musique à l'école), et plus de inscrits dans des cours privés ou publics des écoles de musique.

À l'inverse des chiffres de fréquentation des équipements culturels classiques, la fête permet d'attirer plus de spectateurs ruraux que citadins, et moins les cadres que les agriculteurs, artisans ou commerçants, grâce à la gratuité et l'ouverture la plus large possible à tous les styles musicaux qui autrement ne trouvaient pas de place dans les circuits culturels usuels. D'autre part, la fête s'est avérée révélatrice de talents dans des genres musicaux « populaires » alors naissants, comme le rap, le hip-hop ou la techno, les danses de rue, ou encore les musiques des minorités notamment africaines et antillaises ainsi que tous les genres de musique traditionnelle régionale qui s'entrechoquent et se renouvellent dans un joyeux mélange des influences.

La Fête de la musique a su montrer aussi que des genres musicaux dits morts, voire « ringards » ou sans public, connaissaient toujours un intérêt affirmé par de nombreux artistes amateurs, avec une large participation des jeunes (près de 23 % des participants de 15-17 ans à cette fête en France le font ce jour-là sur une scène improvisée, et près de 78 % de ceux-ci participent ce jour-là à la fête d'une façon ou d'une autre), et par un public qui y découvre encore chaque année des créations originales et de nouvelles expressions et styles sans cesse renouvelés, montrant par là même que la richesse de la musique est au cœur des préoccupations culturelles et du besoin d'expression de la population tout entière.

Cette réussite en fait aujourd'hui un élément majeur et incontournable de la vie culturelle française, mais bien au-delà c'est devenu un énorme évènement culturel mondial, participant à l'image de la France et de la Francophonie dans le monde, mais aussi à la mixité des cultures et à la paix sociale.

Une conséquence du succès populaire de la Fête de la musique sera le renouveau (ou la multiplication) de très nombreux festivals de musique en France durant la période estivale, qui grâce à ce succès démontré, ont su trouver davantage de financements publics et privés et un espace de promotion (autant aussi de découverte et de sélection) des meilleurs artistes rompus à l'expression sur scène devant un public diversifié : la fête assure ainsi la publicité et le succès commercial de l'ensemble des festivals d'été. Aussi, dans nombre de petites villes non touristiques, c'est pratiquement le seul évènement culturel d'importance de l'année (souvent même devant la fête nationale qui attire moins de spectateurs et qui peine à y attirer des artistes professionnels ou amateurs dans les bals populaires). Des odonymes locaux (par exemple « ») rappellent la date de cette fête.

Une autre conséquence de ce succès a été d'étendre plus tard les célébrations nationales populaires à d'autres formes d'art, notamment la Fête du cinéma qui sera organisée aussi en France peu après (dès 1985) et dans la même période de fin juin (peu après le Festival de Cannes) pour ouvrir les salles à un public plus jeune, ou encore les Journées du Patrimoine (dès 1983 en France puis partout en Europe en 1991) pour ouvrir le temps d'un weekend de septembre les monuments et bâtiments conservés ou autres sites exceptionnels habituellement fermés (car affectés à certains services ou institutions) à un plus large public.

Critiques

vignette|gauche|Les tambours à Suresnes en 2011.

La Fête de la musique est source de nuisances sonores avérées et fait l'objet de nombreuses plaintes. Pour y répondre, des lieux de rassemblements ont été mieux délimités par les collectivités locales pour n'autoriser les expressions scéniques extérieures le soir que jusqu'à une heure raisonnable. Toutefois, face à la volonté de certains établissements de monter des installations sonores de forte puissance pour attirer le public, les autorités ont réagi en limitant ou interdisant (selon les préfectures) de tels montages. L'espace public non destiné initialement à l'expression scénique reste donc réservé aux artistes amateurs ou professionnels qui doivent utiliser des équipements de puissance limitée, et les établissements qui leur proposent une scène extérieure ne sont pas autorisés à « monter les décibels » pour la musique qu'ils diffusent à l'intérieur. Quelle que soit l'heure, ils restent soumis à la législation contre les nuisances sonores, et notamment doivent veiller à respecter leur voisinage : ils ne bénéficient donc pas de la même tolérance donnée aux amateurs de musique, qui peuvent se produire en revanche plus librement à condition de limiter leurs amplificateurs. Le contrôle des niveaux sonores à l'extérieur et l'intérieur reste en vigueur.