thumb|Carte topographique de l'Arctique En l'état actuel du droit international, aucun pays ne possède le pôle Nord ou la région de l'océan Arctique qui l'environne. Les cinq États entourant la zone, la Russie, les États-Unis (par l'Alaska), le Canada, la Norvège et le Danemark (par le Groenland) voient leur souveraineté limitée par la limite des 200 milles marins (zone économique exclusive)..
Par la ratification de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, chaque pays dispose d'une période de dix ans pour revendiquer l'extension de son plateau continental. De ce fait, la Norvège (qui l'a ratifié en 1996http://www.un.org/Depts/los/reference_files/status2007.pdf), la Russie (en 1997), le Canada (en 2003) et le Danemark (en 2004) ont mis en œuvre divers projets de revendication sur certains secteurs de l'Arctique qui pourraient relever de leur territoire. Les États-Unis ont signé mais pas encore ratifié le traité, bien que George W. Bush ait incité le Sénat américain à le faire le .. Le , la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain a renvoyé le texte au Sénat pour ratification..
Pôle Nord et océan Arctique Des secteurs nationaux : 1925-2005 En 1925, se fondant sur le principe des secteurs, le Canada est devenu le premier État à étendre ses frontières en direction du Nord et du Pôle, du moins sur papier, entre les O et O de longitude. Cette revendication n'est cependant pas universellement admise (il y a en effet 415 milles nautiques, soit , d'océan entre le pôle et les côtes les plus septentrionales du Canada). La Russie (entre le E et le O) et la Norvège (du E au E) ont également revendiqué de tels secteurs, tout comme les États-Unis (entre le W et le W). La souveraineté du Danemark sur l'ensemble du Groenland a été reconnue par les États-Unis en 1916 et par la Cour permanente internationale de justice en 1933. Le Danemark pouvait donc également revendiquer un secteur (entre le O et le O)..
Par ailleurs, le Canada revendique les eaux situées entre les îles de l'archipel arctique canadien en tant qu'eaux « intérieures ». Les États-Unis ne reconnaissent pas ces revendications.
Le , le Præsidium du Soviet suprême de l'URSS déclara territoire soviétique la zone située entre deux lignes (35°E et 170°W) tirées depuis Mourmansk et depuis la péninsule Tchouktche jusqu'au Pôle Nord..
Pour le reste, jusqu'en 1999 le pôle Nord et la majeure partie de l'océan Arctique ont été globalement considérés comme zone internationale. Mais depuis que les glaces polaires tendent à fondre, à une vitesse supérieure à celle envisagée, plusieurs pays ont renouvelé leurs revendications et en ont lancé de nouvelles sur les eaux et fonds marins du pôle.
Une nouvelle course vers le Nord : depuis 2006 La province autonome danoise du Groenland a la côte la plus proche du Pôle nord, et le Danemark soutient que la dorsale de Lomonossov est en fait une extension du Groenland. Le projet danois fut soutenu par une expédition (LORITA-1) en avril-LORITA-1 (Lomonosov Ridge Test of Appurtenance) et s'est poursuivi avec une recherche en tectonique lors de l'expédition LOMROG, au cours de l'Année polaire internationale 2007-2008LOMROG - Lomonosov Ridge off Greenland .
Le , la Norvège a également déposé une demande officielle à la commission des Nations unies sur les limites du plateau continental en accord avec la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (article 76, paragraphe 8). Celle-ci vise à étendre la zone des 200 milles norvégienne dans trois secteurs de l'Atlantique du Nord-Est et dans l'Arctique. La demande déposée précise qu'une demande additionnelle sera déposée ultérieurementOuter limits of the continental shelf beyond 200 nautical miles from the baselines: Submissions to the Commission: Submission by Norway CLCS. United Nations.
La Russie revendique une part plus importante s'étendant jusqu'au pôle Nord. Moscou défend l'idée que les fonds arctiques et sibériens sont reliés en un unique plateau continental.
Le , la Russie a déposé sa demande officielle à la Commission des Nations unies. Ce document propose d'établir une nouvelle limite du plateau continental russe, au-delà de la ZEE mais à l'intérieur du secteur arctique russeOuter limits of the continental shelf beyond 200 nautical miles from the baselines: Submissions to the Commission: Submission by the Russian Federation CLCS. United Nations. Le territoire ainsi revendiqué couvre une large partie de l'Arctique et inclut le pôleArea of the continental shelf of the Russian Federation in the Arctic Ocean beyond 200-nautical-mile zone - borders of the 200 mile zone are marked in red, territory claimed by Russia is shaded. L'un des arguments avancé est que la dorsale de Lomonossov et la dorsale de Mendeleïev sont des extensions du continent eurasiatique. En 2002 la Commission des Nations unies, sans rejeter ou accepter la demande, recommanda de nouvelles recherches.
Elisabeth Buchanan dans le Rubicon décrit ainsi sa politique : «Il pourrait sembler étrange que la Russie n'ait pas encore utilisé son "mécanisme par défaut" tel que la politique du fait accompli ou le recours à la force pour revendiquer et contrôler les riches ressources minérales des fonds marins de l'Arctique. Au lieu de cela, le président Vladimir Poutine a préféré un processus juridique complexe. Il faut dire que celui-ci est de nature à accéder à certaines prétentions russes. ». Cette préférence pour le respect des règles reflète une approche opportune et réaliste de la politique étrangère..thumb|Submersible MIR. Le , une expédition russe appelée Arktika 2007, composée de six explorateurs dirigés par Arthur Tchilingarov, utilisant des submersibles Mir, descendit pour la première fois de l'histoire au fond de l'océan Arctique sous le pôle Nord. Un drapeau russe fut planté et des sédiments et de l'eau furent récoltés afin de fournir de nouvelles preuves des richesses minérales de l'ArctiqueThe Battle for the Next Energy Frontier: The Russian Polar Expedition and the Future of Arctic Hydrocarbons, Shamil Midkhatovich Yenikeyeff et Timothy Fenton Krysiek, Oxford Institute for Energy Studies, août 2007.
Depuis 2008, la Russie a intensifié ses efforts pour agrandir ses territoires jusqu'à l'Antarctique. Elle veut réactiver des bases datant de l'ère soviétique et en construire des nouvelles. Elle déploie aussi ses puissants brise-glaces nucléaires en Arctique, consolidant ainsi sa présence dans cette région stratégique. Ces actions démontrent la volonté russe de renforcer son influence sur les régions polaires.
La Russie exploite les nouvelles voies de transport mondial et des routes de données via les câbles sous-marins. Elle saisit les opportunités offertes par la localisation par satellites par des fins militaires mais aussi par des fins scientifiques, renforçant sa position stratégique et technologique dans l’Arctique.
« La concurrence et la militarisation accrues dans la région arctique, notamment de la part de la Russie et des États-Unis, sont préoccupantes », constatait l'amiral Rob Bauer.
Depuis, la Russie a intensifié ses efforts pour prouver ses revendications, notamment en réalisant des expéditions scientifiques et des relevés géologiques. Par ailleurs, cette revendication a des implications internationales, suscitant la réaction d’autres pays comme le Canada, le Danemark (via le Groenland), la Norvège et les États-Unis, qui ont également des intérêts dans la région. La concurrence pour le contrôle de l'Arctique est motivée par la richesse en ressources naturelles de cette zone, ainsi que par l'ouverture de nouvelles routes maritimes en raison de la fonte des glaces.
Ces rivalités sont amplifiées par des tensions géopolitiques plus larges, y compris des différents sur des questions de sécurité, de souveraineté et d'accès aux ressources naturelles.
En 2008 dans son plan de sécurité nationale pour 2020, le président russe Medvedev fait de l'Arctique une région hautement stratégique, qu'il décrit comme cruciale pour sa sécurité énergétique.
La Russie y développe des infrastructures pétrolières, ce qui entraîne une campagne de l’association pour l’environnement Greenpeace demandant que toute exploitation minière cesse dans l'Arctique. En 2012 elle aborde une plate-forme de Gazprom. Suite à l'abordage d'une seconde plate forme pétrolière en 2013 une trentaine de ses militants sont arrêtés par la Russie et accusés de piraterie. Ils sont finalement amnistiés et leur navire, l'Arctic Sunrise leur est restitué. En 2014 une autre action de Greenpeace impliquant les navires Rainbow Warrior et Esperanza vise à intercepter un pétrolier Russe dans l'Arctique.
Depuis, la Russie a connu un essor considérable au niveau de l’économie avec de bons revenus (revenus naturels, réserves énergétiques et minéraux convoités).
Ajoutons à cela le secteur touristique qui est en plein essor avec des voies de communication et une stratégie mise en place entre l’Asie et l’Europe.
En septembre 2013, Vladimir Poutine a également prononcé un discours à bord d'un brise-glace nucléaire, appelant à poursuivre les efforts pour sécuriser les intérêts « stratégiques, économiques, scientifiques et défensifs » de la Russie dans l'Arctique.
La Russie demeure un acteur majeur des revendications territoriales en Arctique, mise depuis longtemps sur sa flotte de brise-glaces pour renforcer sa présence, et exploiter les ressources de cette région plus que stratégique. Cependant le conflit avec l'Ukraine datant de 2022, a considérablement compliqué l’objectif russe. En effet, les sanctions économiques internationales qui ont été imposées à la Russie, ont entravé la maintenance et la construction de nouveaux brise-glaces essentiels à la création d’un passage afin de naviguer dans les eaux glacées de l'Arctique. De nombreuses restrictions sur les exportations de technologies et de pièces détachées venant des pays occidentaux rendent la situation difficile, en limitant notamment l'accès aux équipements spécialisés et aux technologies de pointes nécessaires. Précédemment au conflit, la Russie tenait des idées ambitieuses à l’élaboration d’une nouvelle génération de brise-glaces nucléaires, dans le but d'ouvrir des routes maritimes toute l'année dans l'Arctique plus précisément dans la Route maritime du Nord, destinée à devenir une voie de transit majeure entre l'Europe et l'Asie. La Russie a figé ses financements au Conseil de l'Arctique en réorientant ses ressources dans le but d'un soutien vers l'effort de guerre Ukrainien. L’intérêt est la stabilisation de son économie et le renforcement de ses capacités militaires. Malgré tous ces défis, la Russie parvient à étendre sa présence en Arctique, au cours Enjeux de pouvoir : la bataille de l’Arctique ces dernières années. Elle a su augmenter ses bases militaires et ses infrastructures pour sécuriser ses revendications territoriales et économiques, face à la concurrence croissante des autres nations qui entourent ce territoire tant voulu, telles que les États-Unis, le Canada et la Norvège ainsi que la Chine pour la route maritime du Nord. L’Ukraine barre la route aux rêves russes de brise-glaces nucléaires dans l’Arctique expédition a également conduit à diverses tensions, notamment avec les autorités canadiennes.