La makina () est un sous-genre musical de la techno hardcore ayant émergé en Espagne au début des années 1990. Elle se caractérise par un tempo élevé oscillant entre 150 à 190 BPM, des kicks profonds et parfois distordus, des basses ainsi que des mélodies simples. Le mot signifie en espagnol, et est pour la première fois utilisé en 1995 pour décrire un style de musique déviant joué dans les discothèques situées à proximité des zones industrielles.

La makina est associée à une culture jeune ayant ses propres codes, son vocabulaire, ses rites. Les et barcelonais et valenciens ont quelques similitudes avec les gabbers néerlandais issus des années 1990. Le genre gagne significativement en popularité au niveau international entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, principalement en Europe et au Japon. Cependant, il décline encore plus significativement passé le milieu des années 2000. Dans les années 2010, le genre stagne par endroit, et maintient une certaine popularité dans des pays tels que le Royaume-Uni.

En Espagne, berceau de la makina, le genre était représenté par des clubs tels que Xque, Pont Aeri, Chasis, et Activa. Les pionniers espagnols du genre incluent Ruboy, Gerard Requena, Pastis y Buenri, Skudero, et Xavi Metralla.

Terminologie Le nom de est dérivé du mot espagnol mákina, signifiant . En Espagne, le terme populaire de désigne les bases technologiques d'une musique qui fait usage de machines électroniques, d'un synthétiseur, d'un ordinateur et d'un mixeur notamment, en plus d'un environnement (lumières, décorations, ambiance) et de réseaux de communication (flyers, Internet, chaînes télévisées).

Histoire

Origines La makina est tout d'abord connue comme un sous-genre, ou une composante, d'un genre musical appelé bakalao.... Pendant l'été 1987, le bakalao, mélange des sonorités pop et dance, se popularise à partir des clubs valenciens dans de nombreuses régions espagnoles et dans les pays frontaliers. Il existe plusieurs points auxquels le bakalao est possiblement rattachée..

L'origine de la makina est retracée dans les compositions électroniques des années 1980 en Allemagne et aux États-Unis, motivée par l'avènement de l'ordinateur et des synthétiseurs comme méthode de création musicale.. Selon certaines sources également, l'acid house serait à l'origine de la création de la makina, qui est par la suite influencée par des emprunts et échanges avec les genres house, techno et techno hardcore.. Le genre se fait appeler bakalao jusqu'au milieu des années 1990..

Popularisation locale Le sous-genre musical se répand progressivement jusqu'au nord-est de la Catalogne et connaît son plus grand succès dans la région de Barcelone., notamment grâce à des soirées telles que A.C.T.V., ou dans les boîtes de nuit comme Xque, Chasis, Pont Aeri, et Scorpia, toutes principalement situées à Barcelone. Des compilations enregistrées lors de ces soirées contribuent également à l'essor de la makina, en particulier grâce à la série de compilations comme Chasis, et dans les années 2000. Toutefois, ces boîtes de nuit pionnières ferment au milieu des années 1990, avec le déclin de la culture Ruta Destroy, et repoussent ainsi le genre musical en Catalogne. À cette époque, des compositeurs, producteurs et disc jockeys locaux se popularisent comme Ricardo F, Juan Cruz, Ruboy, Gerard Requena, Pastis y Buenri, Nando Dixkontrol, Skudero, et Xavi Metralla.

Dans le même temps, un bon nombre de singles contribuent à la popularisation de la makina auprès du grand public, parvennant à atteindre les classements musicaux espagnols. ; ces titres incluent notamment de Skudero., de Pastis y Buenri, de Skudero et Buenri, et de Skudero et Xavi Metralla.. La chanson du groupe Newton, sortie en 1994, contribue à cette popularisation en servant de support musical à une publicité américaine de la marque Pepsi en 1996, apparition suivie par son entrée dans les classements musicaux en France en 1997.. À Valence, les ventes de vinyles catégorisés techno, house et makina se maintiennent.. En plein pic de popularité, quelques représentants du genre comme Skudero et Xavi Metralla passent dans l'émission musicale Música sí diffusée sur la chaine espagnole TVE.

Popularisation internationale La makina se popularise hors des frontières espagnoles, en France, à la fin des années 1990. Une discothèque, Marina Atlantide, située à Port-Barcarès près de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales., voit naître les premières soirées makina françaises. Pendant les années 2000, l'animateur radio et disc jockey sur RCM-FM, DJ Choupy, se consacre à une émission hebdomadaire de deux heures, exclusivement dédiée à la makina, baptisée Pulsion Makina en 2006 puis en 2008, consacre quelques morceaux dans son émission BPM Attack ..

Au Royaume-Uni, la makina se popularise rapidement, principalement dans le nord-est de l'Angleterre, dans des villes comme Newcastle.. Cette popularisation démarre notamment avec DJ Scott qui lancera sa société MakinaUK en 1999.. Certaines discothèques telles , , , et plus particulièrement . ont fait, et font toujours la promotion du genre. Certains clubs actuels tels et restent actifs à Spennymoor et organisent mensuellement, avec Eclipse, des soirées makina pour les moins de . est le plus gros évènement makina organisé pour les jeunes de moins de en Angleterre. Ces évènements influencent un bon nombre de jeunes talents alternant DJing et production musicale. La makina est également popularisée en Écosse grâce au club de Glasgow, situé sur le même style que celui du nord-est de l'Angleterre, avec un bon nombre de MC et disc jockeys venant du nord-est de l'Angleterre pour jouer au Dimensional.

Beaucoup plus loin du continent européen, la makina se popularise dans la scène musicale japonaise inspirée par le mode de vie otaku et le J-core. M-Project, compositeur et producteur local du genre, inspiré notamment par les chansons étiquetées Bit Music., semble être fortement lié à la popularisation du genre au Japon au début des années 2000. Dans une entrevue publiée en 2011 sur le site Makina Force, il explique que et Il explique également qu'en parallèle à la déclinaison locale de la makina, il commence à commercialiser sa propre série de compilations intitulée . Certains groupes et DJ indépendants prennent sa suite comme Sharpnel, Technetium. et REDALiCE. qui aideront à la popularisation de la makina au Japon, via des compilations, des soirées annuelles, et leur participation à des jeux de rythme sur borne d'arcade comme et , distribués par Konami....

Déclin En 2002, l'émission télévisée est lancée en Espagne, et popularise massivement la musique pop dans le pays. Par conséquent, à cette période, les clubs jouant de la makina remplacent le genre par de la pop ou de la musique house, et réduisent alors le nombre d'auditeurs adeptes à la makina.

Le style musical semble également s'essouffler dans les années 2010 en Europe.. Une partie des makineros pense que la fermeture du Xque original en 2007 sonne le glas de la makina. L'ouverture de l'Activa ne permet pas de redonner un second souffle. La tendance de Pastis y Buenri à n'y mixer que les productions issues de leur label a semble-t-il appauvrit le genre. De plus, l'abandon du disque vinyle au profit des lecteurs CD touche fortement l'industrie de la makina. La vente de disques vinyles permettait aux maisons de disques de se financer et de produire de nouveaux artistes et de nouveaux titres.

Avec l'avènement des platines CD, puis des platines numériques, le téléchargement illégal se démocratise et finit par faire stopper les presses de disques vinyles, à provoquer la fermeture des disquaires, et enfin des labels makina. Également, la grave crise économique que traverse l'Espagne pendant les années 2010 réduit le nombre d'entrées dans les discothèques, obligeant les deux locomotives du genre, Activa et Pont Aeri, à fermer leurs portes. Sans ces boîtes mythiques, sans distribution et sans réelle nouveauté, la makina a du mal à recruter de nouveaux makineros, et semble maintenant réservée aux nostalgiques du genre.

Stagnation Dans les années 2010, le genre garde une audience limitée dans certaines régions. Selon Ruboy, pionnier du genre, la makina demeure dynamique au Japon.. Elle reste également très dynamique au Royaume-Uni, en particulier à Newcastle.... Buenri participe au festival The Kings of Hardcore le avec un set makina..

Caractéristiques Style musical

En très grande majorité, les disc jockeys, compositeurs et producteurs utilisent habituellement un logiciel informatique ; ces logiciels impliquent notamment FL Studio et Cubase. Au début des années 1990, la makina se caractérisait par un tempo oscillant entre 155 et 180 BPM. La plupart des chansons du genre reprenaient des instruments de percussion issus du breakbeat (claps, hats et charleys principalement). Généralement, le courant musical makina se décompose en plusieurs types : bases (morceaux sans mélodie, que les disc jockeys peuvent mélanger à des morceaux mélodiques durant un mix), (morceau avec paroles)., makina evolutive (qui désigne de nombreux morceaux produits entre 2003 et 2005, influencés par la hard trance et le hardstyle notamment) et makina revival/remember (parfois employé pour désigner la makina dite des années 1990). décrit la makina comme De par son instrumentation similaire, la makina est souvent confondue à tort par les auditeurs et la presse spécialisée avec le happy hardcore..

La makina se caractérise par un tempo allant au-delà de 165 BPM (rarement moins) et, la plupart du temps, par une ou plusieurs voix souvent pitchées et reprises d'autres musiques (hip-hop, rap, R'n'B, rock et autres), extraits de films inclus durant l'intro et l'outro d'un morceau. Autant dans les que dans les morceaux mélodieux, certains instruments sont dérivés d'un synthétiseur (également dérivé de l'acid house) et/ou d'échantillons sonores quelconques distordus pour marquer la transition entre l'intro et l'outro. Elle est également et principalement caractérisée par des kicks, des basses fortes souvent bouncy (). et majoritairement accompagnées par des rides, charlestons (hats), claps, et de crashs pour la transition entre les morceaux. Les kicks sont plus ou moins profonds et/ou distordus selon les échantillons utilisés et alternent souvent plus rapidement (allant de 4/4 à 16/4). Le Roland TR-909 est utilisé comme synthétiseur par défaut durant les morceaux mélodieux. Depuis la création de la makina, de nombreuses lignes mélodiques populaires (morceaux de synthpop, new wave et musiques traditionnelles) ont été reprises. Les basses sont également produites sous Roland, ou d'autres synthétiseurs comme Albino 3..

Hormis le fait que la makina peut être composée et produite, elle peut également être mixée à volonté. Le style de mix makina consiste souvent à fusionner ensemble plusieurs morceaux (en général un morceau de type avec un morceau mélodique).

Culture La culture makina est une culture jeune associée à la musique makina. Elle déploie ses propres codes, ses rites d'appartenance et ses singularités. Les fans de makina sont nommés pour les garçons, et pour les filles.. Pour le critique musical Simon Reynolds, .