La rue Jean-Pierre-Timbaud est une rue du de Paris, allant du boulevard du Temple au boulevard de Belleville.
Situation et accès Elle fait partie du .
Son extrémité orientale, autour de la station de métro Couronnes, est un centre de la communauté musulmane francilienne. On y trouve de nombreux magasins d'articles religieux et plusieurs mosquées à l'activité parfois controverséeWilliam Molinié, « Paris : la mosquée de la rue Jean-Pierre-Timbaud au cœur d’une filière d’envoi de djihadistes », m.20minutes.fr, 23 juin 2014..
La plus grande partie de la rue, notamment à l'ouest de la rue Saint-Maur est en cours de gentrification comme une grande partie du , comme la rue Oberkampf. On y trouve beaucoup d'ateliers artistiques, restaurants et bars.
Origine du nom Rue Jean-Pierre-Timbaud Cette voie porte le nom du syndicaliste français appartenant à la Confédération générale du travail (CGT) Jean-Pierre Timbaud (1904-1941), fusillé par les nazis.
Rue d'Angoulême-du-Temple
Jusqu'en 1944-1945, elle a porté le nom de « rue d'Angoulême-du-Temple », également appelée « rue d'Angoulême-au-MaraisJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris. » ou plus simplement « rue d'Angoulême ».
Le nom de la rue fait référence au duc d'Angoulême, Louis Antoine d'Artois (1775-1844), grand prieur du de FranceE. J. J. Barillet, Recherches historiques sur le Temple, ..
Le fait qu’il ait existé deux « rue d'Angoulême » dans Paris explique qu’on leur ait adjoint le nom de leur quartier respectif pour devenir la « rue d'Angoulême-du-Temple » et la « rue d'Angoulême-Saint-Honoré » (actuelle rue La Boétie).
Historique vignette|À droite, devanture de boutique sur la rue d’Angoulême.
Cette rue a été ouverte le , sous le nom de rue d'« Angoulême-du-Temple », entre la rue des Fossés-du-Temple à la rue de la Folie-MéricourtFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, .. La rue fait partie d'une opération de lotissement dessiné en 1778 par François-Victor Perrard de Montreuil sous le nom de Nouvelle Ville d'Angoulême pour le compte du grand prieur de France sur des marais situés en contrebas des boulevards (jardins maraichers de la couture extérieure du Temple)..
Elle est ensuite prolongée en plusieurs étapes : au sud, jusqu'au boulevard du Temple en 1790 ; au nord pour se terminer en impasse au niveau de l'actuel en 1825Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Temple », îlot , cote F/31/84/38.Analyse diachronique de l'espace urbain parisien : approche géomatique (ALPAGE). ; jusqu'à la rue Saint-Maur en 1852Alphand, « Décret du 5 août 1852 », . ; jusqu'à la rue Moret en 1859Alphand, « Décret du 6 août 1859 », ..
Dans la première partie du , la rue était située dans l'ancien arrondissement. Les numéros de la rue étaient noirs. Avant son prolongement au nord en 1825, le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair était le .
En 1894, la section de la rue des Trois-Couronnes entre la rue Morand et le boulevard de Belleville est réunie à la rue d'Angoulême.
Jusqu'à la couverture du canal Saint-Martin, ce dernier coupait la rue en deux. Un pont reliait les deux parties de la rueCadastre de Paris par îlot (1810-1836), tableau d'assemblage, F/31/84/10..
Le , la rue d'Angoulême entre les boulevards du Temple et Voltaire prend le nom de rue Jean-Pierre-Timbaud et le le reste de la rue prend la même dénomination. Le souvenir de ce nom est encore présent dans le nom de la cité d'Angoulême.
Elle fut, des années durant, célèbre dans le monde ouvrier et syndical pour avoir abrité dans la maison des métallos, située à proximité de la rue Moret, le principal syndicat français dans les années 1948-1960, celui de la métallurgie. De là partaient les principales manifestations ouvrières.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
: librairie Carabosses de 1978 à 1979. , le poète Charles Baudelaire y a demeuré de janvier à . : librairie Violette and Co depuis 2023. : entrée de la cour des Fabriques. : à l’angle de la rue Morand se situe la mosquée Omar ibn al-Khattâb. (entrée principale de la mosquée au 2, rue Morand). : école Saint-Paul, établissement privé catholique, sous contrat avec l'État. : site du lycée Albert-de-Mun. : maison des métallos.
Mosquée Omar ibn al-Khattâb
La mosquée Omar est fondée dans les années 1970 grâce aux dons de commerçants tunisiens du quartier, dirigée par l'imam Mohammed Hammami lié au Tabligh, un mouvement missionnaire originaire du Raj britannique qui contribue à réislamiser la population maghrébine du quartier de Belleville. La présence de cette mosquée dynamique entraîne l'apparition d'un véritable centre islamique dans le quartier, ce qui se manifeste dans la rue Jean-Pierre-Timbaud par la présence de nombreux commerces liés à l'islam, boucheries halal, librairies religieuses, magasins de vêtements islamiques fréquentés par une clientèle originaire de l'ensemble de l'Île-de-France.
Cette présence islamiste est mise en question lors de plusieurs incidents ; ainsi, en , des hommes tentent d'immoler par le feu la comédienne Rayhana alors qu'elle se rendait à la maison des métallos. Le journaliste Mohamed Sifaoui affirme, quant à lui, avoir été attaqué à deux reprises dans le quartier et estime que .
Toutefois, après l'expulsion d'un prêcheur radical en 2012, la mosquée est reprise en main par une nouvelle équipe. Située à moins de de certains lieux des attentats du 13 novembre 2015, elle affiche une banderole « Pas en mon nom » et organise une journée portes ouvertes en liaison avec les autres cultes du quartier. L’imam de la mosquée, Abdelkader Achour, déclare : Dans le livre Rue Jean-Pierre Timbaud publié en 2016, la journaliste Géraldine Smith revient sur ce constat en regrettant son aveuglement concernant la montée progressive du communautarisme dans le quartierNatacha Polony, « S'aveugler à en mourir », Le Figaro, samedi 23 et dimanche 24 avril 2016, .. Notes et références
Annexes Bibliographie
. .
Articles connexes Liste des voies du de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
Catégorie:Rue dans le 11e arrondissement de Paris Jean-Pierre-Timbaud