thumb|Le terril 75, dit Pinchonvalles, à Avion. thumb|Le chevalement du puits 1 bis, à Liévin. La Compagnie des mines de Liévin est une compagnie minière qui a exploité la houille à Liévin, Éleu-dit-Leauwette, Avion et Angres dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. La Société est fondée le . Après de nombreux sondages, un puits 1 est commencé à Liévin en 1858, et commence à produire en 1860.

La production reste cependant faible, même avec l'acquisition de la fosse, devenue fosse 2, rachetée à la Société d'Aix. La production stagne. L'approfondissement de la fosse 1 permet d'augmenter la production qui passe de à en 1869 à en 1873. Deux ans plus tard, l'extraction commence la fosse 3 - 4 à Éleu-dit-Leauwette, plus tard nommée 3 - 3 bis. Un puits 5, plus tard nommé 1 bis, est ajouté à la fosse 1. Dès lors, la production augmente considérablement et atteint en 1878 et en 1879. La fosse 4 - 4 bis, établie à Avion commence à produire en . Cette année-là, la production est de et la Compagnie emploie au fond et 601 au jour.

La fosse 5 - 5 bis, commencée à Liévin en 1899 commence à produire en 1903 et la fosse 6 - 6 bis est productive à partir de 1907, après trois ans de travaux. Cette année-là, permettent à la Compagnie de produire de charbon. La production atteint à la veille de la Première Guerre mondiale et la Compagnie emploie . Toutes les puits sont dynamités durant la guerre, à l'exception du puits 2. Les galeries sont inondées, tout est à reconstruire. La fosse 7 - 7 bis est commencée à Avion en 1920 et entre en production en 1923. En 1938, la Compagnie produit de houille, et emploie en 1939 , et au jour. Les cités minières sont constituées de .

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1946, la Compagnie des mines de Liévin est nationalisée et fait partie du Groupe de Liévin, qui regroupe aussi la concession de la Compagnie des mines de Vimy-Fresnoy. Tout au sud de la concession, le puits 8 est creusé en 1948 afin d'assurer l'aérage. Les fosses 6 - 6 bis et 7 - 7 bis deviennent des fosses de concentration. Les derniers puits remblayés sont ceux de la fosse 4 - 4 bis en 1988. Un des vestiges les plus connus de la Compagnie est le chevalement du puits 1 bis, bien qu'il subsiste des sept fosses ouvertes trente-trois bâtiments, et plusieurs milliers d'habitations. Le terril de Pinchonvalles bénéficie d'une grande notoriété, et est un espace protégé.

Historique

Avant 1880

Premières recherches à Liévin

1° Jean-Baptiste Defernez thumb|État des travaux vers 1880. D'après une note publiée par Messieurs Defernez fils, le , sous le titre « La vérité sur l'origine des Mines de Liévin », c'est leur père, M. Defernez (Jean-Baptiste, qui a laissé son nom à une rue de la ville), ancien employé des Mines de Douchy, qui aurait eu la première pensée des recherches de houille à Liévin. En 1853, disent-ils, Defernez s'abouche avec différents personnages de la Belgique pour rechercher la houille dans le département du Pas-de-Calais. Cette tentative n'a pas pu se réaliser et a été reprise, le , avec la coopération seule de M. Courtin. Aucune suite n'ayant été donnée à ces deux affaires pour des raisons causées par des circonstances malheureuses, un dernier projet est arrêté le entre MM. Defernez, Courtin, etc.

Defernez est chargé de la direction des recherches, et il installe, le , un premier sondage, 54, à Liévin, au sud de la concession de Lens. Ce sondage est abandonné, par suite d'accidents, à , dans la craie. Un deuxième sondage, 55, est commencé en juin, à l'ouest du premier. Il rencontre la houille à , après avoir traversé quelques mètres de schistes bleus dévoniens. Deux autres sondages, 56 à Avion et 57, à Liévin, près d'un ancien sondage exécuté vers 1847 par Messieurs Mathieu, et reconnu négatif, ont commencé en 1858. Tous deux découvrent la houille, le premier après avoir traversé de schistes et calcaires dévoniens. Un cinquième sondage à Liévin, 58, est poussé de à , dans les calcaires bleus dévoniens.

2° Compagnie de Lens

D'un autre côté, la Compagnie de Lens dit, dans un mémoire du qu'en 1836, la Société de recherches Decoster-Agache, Rouzé-Mathon et Cie, dont les travaux s'étendent entre la Scarpe et la Souchez, a ouvert un sondage, 513, à Liévin, et l'a abandonné dans les calcaires dévoniens. En 1856, une autre Société, dite d'Arras, établit un sondage, 360, à Avion, à la Coulotte, et après une année d'efforts l'a abandonné dans le schiste rouge. Cependant, en , la Compagnie de Lens, redoutant de voir exécuter au sud de sa concession des recherches fructueuses, semblables à celles exécutées au nord, ouvre un sondage, 44, à Liévin, et y découvre quatre couches de houille.

Un deuxième sondage, 45, commencé le , à Éleu-dit-Leauwette, rencontre également deux couches de houille, qui ont été constatées en par le service des Mines, comme l'ont été celles du premier sondage. S'appuyant sur ces découvertes, la Compagnie de Lens demande, le , une extension de sa concession au sud. En même temps, elle continue ses explorations, et exécute cinq autres sondages dans le nouveau périmètre demandé ; mais chacun de ces sondages rencontre le terrain dévonien. Les sieurs Deslinsel et consorts (Société du midi de Lens) font opposition à la demande de la Compagnie de Lens, et réclament eux-mêmes la concession du terrain houiller constaté, en se fondant sur l'exécution d'un sondage, 54, qu'ils ont commencé à Liévin le , un an après l'ouverture du premier sondage de Lens, et huit mois après la rencontre du terrain houiller, et qu'ils ont abandonné dans la craie, vers cent mètres, à la suite d'accidents. La Compagnie de Lens s'empresse, pour confirmer ses titres à une extension de concession, d'ouvrir deux fosses, une à Liévin, 3, le , et l'autre à Éleu, mais celle-ci est abandonnée à vingt mètres de profondeur, il s'agit de l'avaleresse d'Éleu. La Société Deslinsel a bien établi quatre autres sondages à Liévin, en mai et ; le premier, 55 et le troisième 57, rencontrent le terrain houiller ; le deuxième, 56, donne des résultats douteux et le quatrième, 58, tombe sur le calcaire dévonien. Enfin, en , elle ouvrait une fosse, dite 1.

Mémoire au Préfet

Pour compléter les renseignements sur l'origine des Mines de Liévin, voici l'analyse d'un mémoire que la Société de Liévin présente, en 1860, à M. le Préfet du Pas-de-Calais à l'appui de sa demande en concession : La Société houillère de Liévin a commencé ses travaux de recherches le . Sa demande en concession est du . Elle a été modifiée par une déclaration du . La Compagnie a exécuté cinq forages, dont trois ont découvert du terrain houiller et de la houille.

Elle a commencé un puits à de la concession de Lens. Elle y a monté une machine de vingt chevaux pour l'extraction et une de pour l'épuisement. d'ouvriers ont été construites. Elle a dépensé .

Le mémoire combat ensuite les demandes en concurrence faites par diverses Compagnies pour obtenir la concession demandée. Lens a demandé son extension de concession le . La Compagnie de Liévin a fait opposition à cette demande le . Au moment de l'installation des premiers travaux de la Compagnie de Liévin, le , la Compagnie de Lens a, depuis le , fait constater la présence du charbon dans un forage 1 (44), situé à seulement de sa concession, et elle a commencé son forage 2 (45), dans lequel elle fait constater le charbon le . À partir du mois de , les travaux des deux Compagnies marchent concurremment. Tandis que la Compagnie de Lens, comme elle le dit et le répète dans tous ses actes signifiés, s'efforce de prouver qu'il n'existe que des bribes de charbon en dehors des terrains concédés, la Compagnie de Liévin établit un forage, 57, à , et délimite, par ses découvertes, un périmètre exploitable que les ingénieurs fixent à . Ce n'est qu'après l'installation de la fosse 1 de la Compagnie de Liévin, au commencement de 1859, que la Compagnie de Lens se décide à imprimer plus d'activité à l'une des deux fosses, 3, qu'elle a ouverte. Toutefois, la rencontre du charbon a eu lieu presque en même temps dans les puits des deux compagnies. Quant à la Compagnie de Béthune, qui demande une extension de sa concession sur les terrains sollicités par la Compagnie de Liévin, elle invoque un sondage exécuté en 1855, bien loin de Liévin, entre Aix et Bouvignies, sondage qui n'a aucun rapport avec le terrain qu'elle sollicite alors. Elle a bien ouvert, en , un sondage, 219, qui a trouvé le terrain houiller ; mais ce sondage est postérieur de quelques jours au sondage 2 (55) de la Compagnie de Liévin. Enfin, la Compagnie d'Aix-Noulette demande aussi la concession d'une partie des terrains explorés par la Compagnie de Liévin. Elle a bien fait deux sondages, 303 et 61, mais placés dans la limite déjà déterminée par les deux sondages de Liévin, 55, et de Béthune, 219. Bien plus, elle a débauché pour entreprendre ses forages le maître-sondeur de la Compagnie de Liévin, qui a exécuté le forage 2 de Liévin. Ni les sondages qu'invoque la Compagnie d'Aix, ni la fosse d'Aix qu'elle a entreprise, n'ont donc leur raison d'être.

En résumé, des nombreux mémoires et rapports produits dans l'instruction des diverses demandes en concession des terrains situés au sud des concessions de Lens et de Bully-Grenay, il résulte que c'est à la Compagnie de Lens qu'appartient la priorité des recherches et des découvertes faites à Liévin ; que la Compagnie de Lens-Midi, plus tard Société de Liévin, n'a commencé ses premiers travaux qu'une année après la Compagnie de Lens ; que la Compagnie de Béthune (Bully-Grenay) a commencé un sondage fructueux au sud de sa concession, peu de jours après le commencement des premiers travaux de la Compagnie de Liévin ; et que la Compagnie d'Aix-Noulettes n'a établi ses sondages positifs que plus d'un an après les découvertes faites par la Compagnie de Liévin, et dans les limites de la formation houillère déjà déterminées par les sondages de cette dernière Compagnie.

Concession thumb|upright=1.5|La concession de Liévin parmi celles du bassin minier hors Boulonnais.

On vient de voir les prétentions que faisaient valoir les divers explorateurs du midi de la concession de Lens. Il est statué par deux décrets du , sur ces diverses compétitions. Une extension de concession de a été accordée à la Compagnie de Lens, de manière à lui conserver sa fosse 3. La Compagnie de Liévin a reçu une concession s'étendant sur .

Les Compagnies de Béthune et d'Aix ont complètement été évincées. Plus tard, à la suite de nouvelles explorations, la Compagnie de Liévin obtient, par décret du , une extension de concession de . L'exécution d'un sondage fructueux, 923, à Bully, fait accorder à la Compagnie, par décret du , une deuxième extension de . Enfin, les constatations et découvertes opérées par le sondage de la Compagnie de Liévin, à Méricourt, 140, ont donné lieu à une troisième extension de accordée par décret du . La superficie de la concession de Liévin est de . Cette concession comprend tous les gisements houillers situés au sud de la concession de Lens tout entière, de la concession de Grenay pour moitié environ, et de la concession de Courrières pour près d'un tiers.

Indemnité à la Société d'Aix

La demande en concession de la Société d'Aix contre la Compagnie de Liévin, pour l'établissement de deux concessions distinctes sur les terrains situés au midi des concessions de Lens et de Grenay, où vient d'être constatée la présence de la formation houillère, a donné lieu à des débats circonstanciés. La demande de la Société d'Aix a été complètement écartée, et le décret du instituant la concession de Liévin, ne lui accorde même aucune indemnité pour la fosse d'Aix qu'elle a creusée, outillée et mise en exploitation. La Société d'Aix réclame devant le Conseil de préfecture, en 1864, une indemnité de la Compagnie de Liévin de , importance des sommes qu'elle a dépensées, dit-elle, en travaux utiles. Cette indemnité a été fixée, après expertise et débats, par jugement du , à .