350px|thumb|Blason du Mans Cet article traite de l'histoire de la ville du Mans. Située dans l'Ouest de la France, Le Mans est la capitale historique du royaume puis du comté du Maine. Place forte, elle fut de nombreuses fois convoitée par les seigneurs voisins, surtout d'Anjou et de Normandie, qui se la disputèrent durant tout le Moyen Âge. La ville sera récupérée par Louis XI via succession en 1481. Florian le conquerant fit la guerre face à Louis XI et conquit ce vaste territoire aujourd’hui hui appelé la terre des insubmerchibres

Traces historiques Les traces historiques d'une population ancienne au Mans sont nombreuses. Elles peuvent être écrites ou archéologiques. Jules César mentionnera le premier l'existence du peuple des Aulerques Cénomans dans sa Guerre des Gaule qui l'aideront à libérer Alesia avec la levée de . Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle, passe en révision toutes les grandes divisions administratives de la Gaule de l'époque, soit Gaule Lyonnaise au . Y sont nommés les Aulerques Eburovices, comme les Cénomans. Ptolémée, dans son premier tome de La géographie et l'histoire de la Gaule, indique enfin l'existence du chef-lieu du territoire Cénomans : Vindinum, l'actuelle ville du Mans. Par la suite, le peuple et sa capitale sont nommés aux alentours de 428 dans la Notitia Dignitatum en tant qu'aboutissement de dispositif militaire romain de l'époque. Toujours à la fin du , soit sous le règne d'Honorius, la cité est nommée comme faisant partie de la troisième Lyonnaise. Bien avant cela et dès le , la ville (alors baptisée Subdinnum) était l'intersection de deux voies romaines importantes ; l'une reliant Chartres à Alleaume (Manche) et l'autre faisait se rejoindre cette cité et Tours. Tout cela est tracé sur la Table de Peutinger.

La ville sous le Bas-Empire

thumb|Vue de la muraille nord-ouest du Vieux Mans thumb|Dédicaces à Apollon dans un ancien temple païen du Mans

Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des traces d’un oppidum sur la colline du vieux Mans où vivait un peuple gaulois : les Aulerques cénomans. La ville, alors nommée Vindunum ou Vindinum (du celte vindon, blanc et dunon, colline, forteresse), est conquise en -56. Vers la fin du , la Gaule est envahie à plusieurs reprises par les Barbares. Les habitants se réfugient alors sur la colline du Mans et construisent (vers 270-300) une enceinte encore visible de nos jours. Au cours des , la ville continue son évolution. Depuis la réforme de Dioclétien, la ville appartient à la Lyonnaise et est capitale de la Civitas Cenomanum. À la fin du , la ville est rattachée à la . L'administration continue d'occuper une place importante dans la ville. On pense notamment à la loi de Valentinien, les defensores plebis, permettant à une personnalité publique (le plus souvent en retraite) de s'occuper de l'équité des citoyens à travers la ville. Après le , le nom de la ville devient CinomannisHistoire du Mans et du pays Manceau, Naissance de la ville, page 50. Autour de la ville, de grandes installations rurales sont disséminées. On trouve une grande villa portant le nom de Villegermain à La-Chapelle-Saint-Aubin. L'agglomération d'Allonnes semble elle aussi, toujours active à cette époque. Des ateliers de monnaies existent dans la région. Des pièces du ont ainsi été retrouvées à Allonnes en 1975. Une frappe de mauvaise qualité indique que les répliques ont été réalisées dans l'urgence, certainement pour répondre au besoin local d'argent. Une autre semble avoir existé au Mans, vu les trouvailles similaires faites notamment sur le site de la domus des Halles. Le centre commercial, à l'époque mérovingienne, était Allonnes. Le pouvoir administratif, lui, demeurait à Cinomannis. malgré la construction des murs, la vie extra-muros existe bien.

Au cours des , des peuples barbares (Vandales) traversent la région puis s'y installent (Francs saliens). Une trentaine de sarcophages barbares ont été mis au jour à Allonnes à la fin du . La Notitia Dignitatum indique qu'une garnison de Lètes, alliés à l'Empire romain sont installés dans la ville. La présence militaire dans la cité n'a rien de nouveau, puisqu'un camp militaire romain y était déjà présent depuis le . Après l'avènement de Clovis , celui-ci laissera la ville entre les mains de Rignomer, frère de Ragnacaire. Ce dernier est finalement assassiné au sein même de la cité, sur les ordres de Clovis lui-même. La période de règne de ce chef barbare est estimée à une dizaine d'années à peine : entre 500 et 510. Une vague de trouble et de misères occupe le pays du Mans. On voit par exemple la réapparition des bagaudes dans la région. Les temples romains tombent en ruine petit à petit. Les temples d'Allonnes serviront de carrière de pierre pour les constructions jusqu'à une époque avancée, soit au . Les lois impériales vont petit à petit ordonner la destruction des temples, mais la ville du Mans semble superstitieuse et attachée aux cultes anciens. En Touraine, l'évangélisation est en marche sous la houlette de Saint Martin. Ce dernier, prêcheur virulent, réalise des expéditions punitives dans la pour abattre les idoles et convertir les populations. Tout indique qu'il soit passé dans les environs de Cinomannis. L'église d'Allonnes fut nommée Saint-Martin et construite à quelques mètres seulement du temple romain. À Pontlieue, on prétend qu'il aurait traversé la Sarthe par le seul gué construit à l'époque. Une chose demeure certaine, Allonnes fut christianisée avant Le Mans. Dès le , des chrétiens sont installés dans la commune voisine comme l'atteste le chrisme retrouvé sur une lampe antique au sein de la ville.

Fin de l'Antiquité/ début du haut Moyen Âge Christianisation de la ville

thumb|Église fondée par Saint-Aldric peinte au par Louis Moullin

L'histoire des francs de Grégoire de Tours donne de nombreuses informations très précises à propos de la christianisation de la ville du Mans. On retrouve également des informations importantes sur saint Victeur dans À la gloire des Confesseurs. Trois recueils de textes nous apportent également des informations concernant cette période : la Geste de l'évêque Aldric, les Actes des évêques du Mans et les différentes Vies de saints comme saint Julien, saint Pavace ou saint Liboire. Reste que nombre d'entre eux se sont servis de l'histoire de manière intéressée, à l'image de la légende de la fontaine Saint-Julien. Les textes étant souvent rédigés des siècles après la période en question, tel que la Vie de saint Julien du XIe siècle, écrite par Létald de Micy. La christianisation du Mans n'a, de fait, pas été simple. Comme en Bretagne, les habitants du Mans et du Maine en général ont longtemps conservé des rites primitifs. La troisième Lyonnaise est christianisée dès le . Gatien est envoyé spécialement de Rome pour christianiser la région. Il sera le premier évêque de Tours aux alentours de 250. Le christianisme a probablement dû suivre le chemin du val de Loire avant de remonter jusqu'au Mans au ou Ve siècle. Les traces de saint Julien comme fondateur de l’église du Mans sont tardives, les premiers écrits le concernant datant du IXe siècle avec les Actes des évêques du Mans. Mais le premier évêque historique de la ville est bien saint Victeur. Il apparaît sur les registres des conciles régionaux en 453 et 461. La durée de son épiscopat est de , et ; il meurt le . Sa consécration eut lieu le . Saint Victeur fut cependant réputé et connu pour son activité incessante. Il est à l'origine de l'arrivée des reliques des deux Milanais Gervais et Protais au Mans. Selon la légende de Grégoire de Tours, il possède un don de thaumaturge. Il aurait ainsi arrêté un incendie par un simple signe de croix. La basilique Saint-Victeur fut fondée en son honneur au . Saint Victeur est en tout cas le patron des évêques du Mans. Ses deux successeurs directs sont saint Turibe (jusqu'en 496) et saint Principe (jusqu'en 524).

À la suite de la christianisation, la physionomie de la ville évolue. La première raison, c'est la création des lieux de culte. Une première cathédrale est construite dans les murs : l'ecclesia mater. Nul ne sait où se trouvait la première cathédrale. Peut-être à proximité de son emplacement actuel, c'est-à-dire à la place même de l'ancien forum de la ville. Mais on a également retrouvé des traces aux alentours de la muraille. Un groupe épiscopal devait de toute façon exister dans la chapelle Saint-Pierre la Cour, l'actuelle collégiale. Une autre chapelle, Saint-Étienne, ainsi qu'un baptistère, ont été installés dans la cité. Au , le faubourg du Pré bénéficiera également de l'installation d'une abbaye, les Saints-Apôtres ou Saint-Victeur. La basilique Saint-Hilaire au pied du rempart sera ensuite construite, puis viendront autour de la cité : Sainte-Croix, Sainte Marie (qui deviendra Saint-Pavin), puis Saint-Martin de Pontlieue. Les murailles ne forment pas la ville, mais la citadelle de la cité. Le christianisme prendra son essor dans les siècles suivants, apportant la prospérité des comtes du Maine aux .

Le plein pouvoir des premiers évêques sur la ville

thumb|Représentation picturale du Palais des comtes du Maine

L’évêché du Mans est très important puisque c’est alors l’un des plus étendus du royaume. De nombreux édifices religieux ont été construits entre le et le . L'évêque Bertrand siège de 585 à 623. Il est considéré comme le premier évêque politique de la ville. Il est engagé par serment auprès de Clotaire II. Le palais épiscopal est le centre de la vie urbaine. La Cathédrale est ensuite le point de réunion des fidèles et des pèlerins. Le palais épiscopal est quasiment une cour comtale: des commensaux, des serviteurs, des clercs, des scribes, des soldats en armes et même des saltimbanques s'y croisent à toute heure du jour. L'évêque possède son armée privée, et le visage de la ville en est modifié. La salle des gardes du palais est agrandie. Mais la culture n'est pas exempte et le scriptorium est agrandi également, tout comme le cellier et les services. Le palais s'accole à la muraille. Trois faubourgs importants sont repérables à l'extérieur des murs : Saint-Vincent, la Couture et le Pré. La majorité des édifices à l'intérieur et à l'extérieur des murs sont en bois. L'économie artisanale de la cité est entièrement tournée vers le palais épiscopal. Ces artisans travaillent le bois, le fer (armes pour les troupes privées de l'évêque) ou la cire (pour l'éclairage du palais). Le palais emploie beaucoup de petites gens pour des tâches serviles.