Goswin Joseph Augustin, baron de Stassart, né le à Malines et mort le à Bruxelles, est un homme d'État et écrivain belge du .

Biographie Origines Goswin de Stassart est né à Malines, fils de Jacques-Joseph-Augustin de Stassart, conseiller au Grand Conseil de Malines et président du conseil de Namur, et de Barbe de Maillen. En 1789, lors de la révolution brabançonne, son père Jacques-Joseph, fidèle à l'empereur d'Autriche Joseph II, fuit Namur et part s'installer en Autriche. Après quelques années d'exil, il revient s'établir à Namur. En 1795, la Belgique devient française. Après des études au collège Notre-Dame de la Paix à Namur, il se rend à Paris en 1802 pour y étudier le droit. Brillant étudiant, il remporte plusieurs prix d'éloquence, de législation criminelle et de plaidoirie à l'université de jurisprudence.

Carrière politique Période française vignette|Le préfet Goswin de Stassart, Baron d'Empire. Portrait exposé au Musée d'Orange. vignette|lettre du préfet De Stassart avec son cachet de franchise. Acquis aux idées de la Révolution française, Goswin de Stassart devient auditeur au Conseil d'État le 5 août 1804. Grâce à sa connaissance de l'allemand (enfant, il avait vécu en Autriche), il est attaché à l'intendance générale de l'armée après Austerlitz et devient intendant du Tyrol et du Vorarlberg en décembre 1805. Envoyé en mission dans les départements rhénans en 1806, il est ensuite affecté sous les ordres de Daru à Varsovie, puis nommé intendant d'Elbing et de la Vieille Prusse (1807). Il reçoit la Légion d'honneur le 12 juillet 1807. Remarqué pour son intégrité, il refuse une gratification de 10 000 ducats offerte par la ville de Königsberg. En mai 1808, il succède à Bignon comme intendant de la Moyenne-Marche à Berlin, où il jugule une disette artificielle.

En 1809, il revient en France où il devient sous-préfet d'Orange puis préfet de Vaucluse en 1810, où il mène une politique active : création de la bibliothèque publique d'Orange (à laquelle il fait don de plusieurs milliers d'ouvrages), travaux d'irrigation à Vacqueyras, aménagement d'un temple pour les protestants, gestion bienveillante des conscrits réfractaires et secours remarqués lors des inondations du Rhône en 1810. Il est également un fervent propagateur de la vaccination.

Il épouse en 1810 Caroline, fille cadette de Charles Antoine Armand Odet du Mas de Payzac, originaire de Dordogne. Ils n'auront pas d'enfant.

En 1811, il figure dans la liste des membres de la goguette marseillaise des Troubadours de Marseille, en qualité de Troubadour associéVoir la liste des Troubadours associés dans l' Année lyrique des Troubadours de Marseille pour 1811.. En 1811 également, il devient préfet des Bouches-de-la-Meuse à La Haye lors la création de ce département à la suite de l'annexion du Royaume de Hollande et le reste jusqu'en 1813. Malgré les émeutes anti-conscriptionnelles de 1813 qu'il réprime avec modération, son intégrité administrative est saluée par les notables hollandais. Il évacue La Haye après la bataille de Leipzig.

En 1815, lors de la campagne des Cent-Jours, fidèle à l'Empereur, Napoléon le charge le 16 avril 1815 d'une mission diplomatique secrète vers l'Autriche pour tenter de préserver la paix. Bloqué à Linz, il parvient néanmoins à transmettre les propositions impériales et reçoit à Munich les ouvertures de Metternich. Il est ensuite nommé maître des requêtes en service extraordinaire.

Période néerlandaise En 1815, à la suite du Congrès de Vienne, les anciens Pays-Bas autrichiens sont réunis aux anciennes Provinces-Unies pour former le nouveau Royaume uni des Pays-Bas. Intégré à l'ordre équestre de Namur (1815), il siège aux États provinciaux (1818) puis à la Seconde Chambre des États généraux à partir de 1821. Il s'y impose comme l'une des figures majeures de l'opposition libérale et belge.

Lors du déclenchement de la révolution belge, il fait partie de la délégation de la province de Namur à se rendre à La Haye dès le pour exposer au roi Guillaume les « griefs de la Nation ». À Rotterdam, il échappe de peu à une foule hostile en se désignant courageusement pour protéger ses collègues. Face au refus royal de recevoir la députation, il quitte La Haye et se délie de son serment.

Période belge De retour à Bruxelles, il est brièvement placé à la tête du comité de l'Intérieur du gouvernement provisoire, puis nommé gouverneur de la province de Namur (1ᵉʳ octobre 1830). À la suite de l'indépendance de la Belgique proclamée le , il est élu au Congrès national et en devient vice-président (obtenant presque autant de suffrages que Surlet de Chokier pour la présidence). Il s'y prononce pour un régime monarchique constitutionnel et le projet d'une union personnelle entre la France et la Belgique, à travers la personne de Louis-PhilippeJean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 , .. Il est également partisan de l'unionisme. Il préside la commission chargée des lois provinciale et communale. En 1831 il devient le premier Président du Sénat. vignette|Château de Corioule à Assesse, résidence du baron de Stassart Le nouveau roi, Léopold , apprend à apprécier le baron de Stassart, qui devient une des personnalités les plus en vue de Belgique. Il est nomé premier gouverneur de la province de Namur en 1830 puis, en 1834, gouverneur de la province de Brabant jusqu'en 1839.

Franc-maçon et catholique, il est élu à la tête du Grand Orient de Belgique à la fondation de celui-ci en 1833, mais dans l'espoir de voir le roi (franc-maçon lui aussi) accepter une grande maîtrise symbolique, Stassart n'acceptera que le titre de . C'est bien lui qui exerce le premier la fonction de Grand-maître..

En 1837, il doit faire face à la circulaire des évêques de Belgique interdisant la fréquentation des loges maçonniques aux catholiques. Mais il décide de ne pas se soumettre à la décision des évêques et fait le choix de la franc-maçonnerie. Ce choix, il le paie très cher : en 1838, à la suite des attaques du Parti catholique soutenu par le roi, il doit quitter la présidence du Sénat… qu'il réintègre comme sénateur en 1839 grâce au soutien des libéraux.

Figure de proue du camp libéral, il subit l'opposition du cabinet unioniste/catholique de Barthélémy de Theux. Écarté du fauteuil du Sénat en 1838 mais triomphalement réélu sénateur par Bruxelles, Namur et Nivelles en 1839, il est révoqué de son poste de gouverneur de Brabant le 17 juin 1839. Cette décision suscite de vives protestations populaires à Bruxelles (cortège de plus de 3 000 personnes, médaille frappée par souscription publique).

En 1840, le roi lui confie une mission diplomatique comme ministre plénipotentiaire extraordinaire à Turin.

Il quitte définitivement le Sénat en 1847. Après le décès de son épouse le 8 juillet 1849, il se retire de la plupart de ses fonctions publiques (conseil communal de Bruxelles, jury d'examen diplomatique).

Il est également membre du conseil supérieur de l'École centrale du commerce et de l'industrie (fondée en janvier 1830) à BruxellesAlmanach Royal et du Commerce de Belgique pour l’an M DCCC XXX VIII, présenté à Sa Majesté, Bruxelles, Imprimerie Balleroy, 1838 : ..

Il reste toute sa vie un libéral dans l'esprit des Lumières.

Carrière littéraire Écrivain, académicien depuis 1833, il deviendra président de l'Académie royale de Belgique à laquelle il léguera sa très riche bibliothèque. Ses œuvres complètes, comprenant des "Idylles", des "Fables", des "Pensées", des écrits à caractère politique et des œuvres d'inspiration maçonnique connurent plusieurs éditions avant d'être rassemblées et publiées à Paris en 1855 à l'initiative de l'Institut de FranceŒuvres complètes du Baron de Stassart, éd. P. N. Dupont-Delporte, Paris : Firmin Didot, 1855..

Goswin de Stassart, outre ses activités de haut fonctionnaire, était un poète réputé de son temps, auteur de Fables (multi-réédité et traduit en plusieurs langues), il était considéré comme un écrivain de valeur, même si le temps a fait modifier ce jugement. Il était membre aussi de la Société de littérature de Bruxelles.

Membre et plusieurs fois directeur de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles/Belgique. Correspondant de l'Institut de France. Président du congrès scientifique d'Orléans (1831). Collaborateur à la Biographie universelle des frères Michaud, à la Revue encyclopédique et au Trésor national.

Hommages et distinctions

(1807)

20x20px Grand-croix de l'ordre de Saint-Stanislas (Russie) Chevalier de l'ordre de l'Étoile polaire (Suède, en brillants) Chevalier de l'ordre du Mérite civil de la Couronne de Bavière Décoré de l'ordre Tyroléen Chambellan de l'empereur d'Autriche (1814) Ministre plénipotentiaire honoraire (Belgique) En reconnaissance de son rôle politique et administratif dans la formation de l'État belge, plusieurs voiries portent aujourd'hui le nom du baron Goswin de Stassart dans les villes ayant particulièrement marqué son parcours. À Malines, sa ville natale, la Goswin de Stassartstraat lui a été dédiée dès 1856. À Namur, une avenue de Stassart (située dans le quartier de la gare) commémore son action en tant que premier gouverneur de la province, fonction qu'il occupa de 1830 à 1834. Enfin, dans la région bruxelloise, la rue de Stassart située dans la commune d'Ixelles — artère dans laquelle il a lui-même résidé durant sa carrière de parlementaire — honore également sa mémoire.

Iconographie Le graveur Léopold Wiener a exécuté une médaille posthume à l'effigie du baron de Stassart. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0465).

Il est inhumé au Cimetière de Laeken.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Liens externes

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