Giorgia Meloni (prononcé en italien : ), née le à Rome, est une femme d'État italienne, présidente du Conseil des ministres depuis le . Elle est la première femme à exercer cette fonction en Italie.

Issue de la droite post-fasciste italienne, elle entre en politique adolescente au Mouvement social italien (MSI), puis poursuit son parcours dans l'Alliance nationale et dans Le Peuple de la liberté. Élue députée en 2006, elle devient ministre pour la Jeunesse dans le quatrième gouvernement conduit par Silvio Berlusconi (2008-2011).

En 2012, elle participe à la fondation de Frères d'Italie (Fratelli d'Italia, FdI), parti d'extrême droite national-conservateur qu'elle préside depuis 2014 ; elle est élue présidente du Parti des conservateurs et réformistes européens en 2020. À partir de 2021, elle maintient Frères d'Italie dans l'opposition au gouvernement Draghi alors que tous les grands partis s'y rallient.

Elle conduit son parti en tête des élections parlementaires de 2022 au sein de la coalition de centre droit, puis forme un gouvernement avec la Ligue et Forza Italia. Son action est marquée par une ligne conservatrice et souverainiste, la lutte contre l'immigration irrégulière, l'opposition aux droits LGBT et, en politique étrangère, par une orientation pro-occidentale et atlantiste, illustrée par son soutien à l'Ukraine après l'invasion russe de 2022 ainsi que par une relation ambivalente avec la seconde administration Trump. En 2026, son gouvernement devient le plus long depuis l'avènement de la République.

Situation personnelle Enfance et famille Giorgia Meloni naît le à Rome..

Elle est issue d'une famille de la moyenne bourgeoisie romaine résidant dans le nord de la ville. Au moment de sa naissance, son père, Francesco Meloni, originaire de Cagliari, en Sardaigne, est expert-comptable et communiste, alors que sa mère, Anna Paratore, originaire de la province de Messine, en Sicile, est de droite et femme au foyer., puis devient plus tard écrivaine de romans d'amour. sous les pseudonymes « Josie Bell ». et « Amanda King ».

Elle est par ailleurs, par son père, la petite-fille de l'actrice Zoe Incrocci. et de , un metteur en scène de revues radiophoniques.

Lorsqu’elle a un an, son père quitte le domicile familial pour ouvrir un commerce dans les îles Canaries, la laissant seule avec sa mère et sa sœur aînée, Arianna, alors âgée de trois ans. En 1995, il est condamné par la justice espagnole pour trafic de stupéfiants. Elle lui en tient rigueur et refuse de le revoir jusqu'à son décès... L'homme politique Maurizio Gasparri confie au sujet de la relation avec son père : .

Deux ans après son départ, les deux sœurs, âgées de trois et cinq ans, mettent le feu à l'appartement familial en jouant avec des bougies et des allumettes. Elles suivent alors leur mère qui déménage dans le quartier populaire de la Garbatella, au sud de la capitale.

Formation Diplômée d'un baccalauréat en langues à l'Institut technique et professionnel d'État Amerigo Vespucci, elle parle couramment anglais, français et espagnol en plus de l’italien, sa langue maternelle....

En parallèle de ses études, Giorgia Meloni a administré un site web où elle se présente comme « Khy-ri, le petit dragon de l'Undernet italien ». Il s'agirait par ailleurs de sa première apparition sur Internet..

Journaliste de profession., elle travaille de 2004 à 2006 pour le journal Secolo d'Italia..

Vie privée Dans les années 1990 Giorgia Meloni a une relation avec l'homme politique Marcello De Angelis, puis avec le frère de celui-ci, Renato..

Elle a une fille, Ginevra, née en 2016. de sa relation avec le journaliste Andrea Giambruno à partir de 2013. Le , elle annonce sur les réseaux sociaux sa rupture avec son compagnon, après dix ans de relation ; dans un enregistrement, celui-ci, dont des propos sur le viol avaient précédemment fait polémique, se vantait d’avoir des relations avec d’autres femmes.. Le fait que Giorgia Meloni ne se soit jamais mariée et ait seulement eu une enfant assez tard est mentionné comme pouvant être en contradiction avec ses vues politiques sur la famille traditionnelle.

Sa sœur, Arianna née Meloni, est mariée et a deux filles avec Francesco Lollobrigida, petit-neveu de Gina Lollobrigida et ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Meloni.

Clan des Goélands Dans les années 1990 autour de Giorgia Meloni, se constitue autour de la section MSI du Colle Oppio, le Clan des Goélands, un groupe de jeunes militants politiques formés entre autres de Fabio Rampelli, Francesco Lollobrigida, et Ariana Meloni (sœur de Giorgia). Le nom du groupe viendrait de l’œuvre de Richard Bach Jonathan Livingston le goéland minute 26https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/02/17/giorgia-meloni-et-le-clan-des-goelands-sur-arte-tv-des-debuts-de-l-engagement-a-15-ans-a-l-exercice-du-pouvoir_6667133_3246.html.

Football et Tolkien D'abord supportrice de la Lazio de Rome, elle dit ensuite soutenir le club rival de l'AS Roma.. L'historien Fabien Archambault, spécialiste du football italien, écrit : ..

Giorgia Meloni affirme haut et fort sa passion pour Le Seigneur des anneaux, à l'instar de J. D. Vance ou du parti d’extrême droite espagnol Vox. Elle verrait alors . Cette interprétation de l’œuvre de Tolkien aurait laissé l'auteur plus que sceptique selon Vincent Ferré, professeur de littérature à la Sorbonne et responsable des éditions Tolkien chez Christian Bourgois éditeur :

Meloni, déguisée en hobbit, a visité des écoles lorsqu'elle était jeune militante du Mouvement social italien post-fasciste (MSI), et en 2008, une photo d'elle à côté d'une sculpture de Gandalf paraît dans le supplément mode du journal Corriere della Sera.

Certains médias affirment que sa compréhension du livre et des films auraient influencé sa vision de la politique... L'extrême droite, à l'instar de Meloni, s'approprie et réduit l’œuvre de Tolkien pour justifier une bataille prétendument existentielle entre les forces de la tradition et celles de la modernité, le tout dans des termes socialement acceptables selon The Guardian.

Polémiques : affaire Raffaello En mai 2023, Domani et La Repubblica publient des enquêtes sur des opérations immobilières impliquant Anna Paratore, mère de Giorgia Meloni, Raffaele Matano et Milka di Nunzio, proche de Meloni... La Repubblica affirme notamment avoir retrouvé le nom de Paratore dans des actes notariés et documents déposés à la chambre de commerce de Rome, comme associée de plusieurs sociétés où Matano a joué un rôle.

Selon le journal, l'enquête a reconstitué de manière précise et sur la base de documents officiels et publics chaque transaction immobilière des entreprises dans lesquelles Anna Paratore et Raffaele Matano ont été impliqués.

En 2016, la meilleure amie de Meloni, Milka di Nunzio et Anna Paratore, sa mère, auraient revendu leurs parts sociales pour un montant vingt fois supérieur à leur investissement, ce qui pourrait constituer un délit d'initié selon le journal Domani.

Parcours politique Débuts militants Les années 1990 sont marquées en Italie par l'opération Mains propres, qui fait scandale dans l'opinion publique. Giorgia Meloni s'engage en politique en 1992, à , en adhérant à la section Garbatella des jeunes du parti MSI de son quartierminute 24'24, quelques mois après l'assassinat par la mafia en Sicile des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. Dans son autobiographie, Meloni présente l'attentat du 19 juillet 1992 contre Borsellino comme l'élément déclencheur de son engagement. Elle y rencontre Fabio Rampelli, personnalité fondatrice du parti. Selon lui, elle aurait été révoltée par ces assassinats. Le Front de la jeunesse du Mouvement social italien (MSI) est considéré comme l'héritier du Parti national fasciste de Benito Mussolini.

En parallèle, elle fonde la coordination étudiante Gli Antenati (« Les Ancêtres ») et milite au sein de l'organisation étudiante de droite Azione studentesca (« Action étudiante »), qu'elle finit par diriger..

Trois ans plus tard, en 1995, elle devient responsable nationale de l'action étudiante de l'Alliance nationale (AN) de Gianfranco Fini, qui a succédé au MSI. Dans une interview de l'époque à France 3, elle déclare que Mussolini était un bon politicien. En 1998, elle décide de s'engager davantage en politique, notamment au sein du Front de la jeunesse d'AN, avec comme mentor l'élu Fabio Rampelli. À l'issue des élections de 1998, à l'âge de , elle est élue conseillère de la province de Rome.

En 2004, elle est élue présidente d'Azione Giovani, le mouvement de jeunesse de l'Alliance nationale, lors du congrès de cette organisation qui se tient à Viterbe.

Vice-présidente de la Chambre des députés En 2006, à , elle est élue députée dans le Latium lors des élections parlementaires. Par la suite, elle devient vice-présidente de la Chambre des députés auprès de Fausto Bertinotti : elle est alors la plus jeune personnalité à occuper cette fonction..

Parmi les membres de l'Alliance nationale, elle est la titulaire de la plus haute charge institutionnelle au cours de la législature. Elle perd ses fonctions à la suite de la dissolution parlementaire de 2008 consécutive à la chute du gouvernement de centre gauche de Romano Prodi.

Ministre pour la Jeunesse vignette|redresse|gauche|alt=|Giorgia Meloni en 2008. Réélue députée lors du scrutin de 2008, elle est nommée ministre pour la Jeunesse dans le quatrième gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi. Âgée de lors de son entrée au gouvernement, elle est la deuxième plus jeune ministre de l'histoire italienne, et la plus jeune femme ministre.

Elle combat le , trop à gauche selon elle.. Elle se déclare également favorable au boycott par les athlètes italiens des Jeux olympiques de Pékin de 2008.

En 2009, l'Alliance nationale de Gianfranco Fini fusionne avec Forza Italia, parti présidé par Silvio Berlusconi, au sein du Peuple de la liberté (PdL). Giorgia Meloni rejoint la nouvelle formation, dont elle dirige l'organisation de jeunesse, Giovane Italia.

Elle reste ministre jusqu'en , lorsque la fin du gouvernement Berlusconi est précipitée par le rejet du budget par la Chambre des députés.

Lancement et présidence de Frères d'Italie vignette|alt=|Giorgia Meloni et Guido Crosetto, coordinateur de Frères d'Italie, en . Après l'annonce de l'annulation des élections primaires du parti, en , Giorgia Meloni quitte le PdL et crée aux côtés de deux anciens membres du gouvernement, Ignazio la Russa et Guido Crosetto, une nouvelle organisation, Frères d'Italie - Centre-droit national. Le , elle est élue présidente du parti, rebaptisé Frères d'Italie - Alliance nationale, reprenant également dans son logo la flamme tricolore de l'ancienne formation. En 2017, le parti abandonne dans son nom sa référence à l'Alliance nationale.

Giorgia Meloni est réélue députée, en Lombardie, sur les listes de son nouveau parti lors des élections parlementaires de 2013. Alors qu'elle est tête de liste Frères d'Italie dans toutes les circonscriptions du pays aux élections européennes de 2014, le parti obtient 3,7 % des voix, échouant à franchir le seuil des 4 % lui permettant d'obtenir des élus.

Le , alors qu'elle est enceinte, elle annonce sa candidature au poste de maire de Rome. Au sujet de sa grossesse et en réponse aux attaques dont elle est l'objet, en particulier de la part de son ancien allié Silvio Berlusconi, qui affirme qu'elle ne pourrait pas assumer les responsabilités qui sont celles du maire de la capitale tout en élevant un enfant, elle déclare : Elle arrive troisième à l'issue du premier tour de l'élection, avec 20,62 % des voix.. Elle est néanmoins élue au conseil communal, où elle siège ensuite.

Affirmation nationale et médiatique Élections parlementaires de 2018