Louis Merlin est un journaliste et publicitaire français, né à Bourges le et mort à Paris arrondissement le . Il est l'un des principaux créateurs d'Europe 1.

Biographie Fils de Jean Baptiste Félix Merlin (mort en 1940) et de Madeleine Marie Germaine Aucouturier, originaire de Saint-Just (Cher), ses parents tiennent à Bourges 10, rue du Commerce un important magasin de nouveautés à l'enseigne du Bon Marché. Concurrencés par un nouveau magasin installé à proximité et vendant les mêmes produits, endettés, ils sont contraints de le fermer et ils partent vivre à Troyes où son père devient représentant en commerce d'alimentation.

Il est inscrit au collège Urbain IV de Troyes ; élève brillant, il y reçoit de nombreux prix scolairesJ'en ai vu des choses..., tome I des Mémoires de Louis Merlin, éditions Julliard, 1962, page 64 : .. En 1917, il entre au lycée Saint-Louis à Paris. À seize ans, il passe deux baccalauréats (math et philo) qu'il obtient. Puis il suit les cours d'HEC dont il sort diplômé et passe en même temps une licence en droit. Vivant à Paris pendant ses études, il se prend de passion pour les spectacles qui y sont présentés et fréquente de nombreuses salles de théâtre ou de spectacles : la Comédie-Française, les Bouffes du Nord,

Il fait son service militaire au fort de Saint-Cyr au service météorologique. Puis il devient inspecteur aux Docks de l'Union Française à Troyes. Il continue à fréquenter les music-halls parisiens, en particulier l'Olympia, côtoie de nombreuses vedettes dont Félix Mayol et Jean Richepin et se passionne toujours pour le cirque.

Il s'installe à Nantes et travaille pour l'Épargne de l'Ouest où il est chargé des inspections dans l'ouest de la France. Puis il fonde en 1926 une agence de publicité qu'il appelle SOC avec le slogan , son siège est à Paris 52, rue de ClichyJ'en ai vu des choses... de Louis Merlin, Tome I, éditions Julliard, 1962, page 300.. Aimant voyager, il assure pour Le Petit Journal plusieurs reportages.

Entré à la radio en 1934, il introduisit en France, avant la Seconde Guerre mondiale, le parrainage d'émissions radiophoniques et produisit plusieurs programmes à succès (Kiosque à musique Persil, Petit déjeuner Banania).

En 1939, pendant la drôle de guerre, il est mobilisé est affecté spécial auprès du Centre d'Informations de la Radiodiffusion françaiseC'était formidable !, second tome des souvenirs de Louis Merlin, page 27, éditions Julliard, 1966. et se souvient en particulier de la diffusion fin , de la déclaration enregistrée par Alex Surchamp d'un colonel de chars venant d'être promu général s'appelant Charles de Gaulle, précisant que le disque souple sur lequel figurait son interview a été, comme tous les autres, détruitC'était formidable !, second tome des souvenirs de Louis Merlin, page 43, éditions Julliard, 1966. Sur cette déclaration du Général de Gaulle faite à Savigny-sur-Ardres, voir aussi L'inquiétude outre-mort du général de Gaulle d'Anne et Pierre Rouanet. Toujours en , il fait intervenir à son émission Stefan Zweig qui se trouve alors à ParisC'était formidable !, Second tome des souvenirs de Louis Merlin, page 47, éditions Julliard, 1966..

Pendant la débâcle française de 1940, après avoir détruit, sur ordre, avec une masse, le matériel de radiodiffusion se trouvant rue Bayard, il se réfugie avec sa femme et son fils à Montpellier, puis il est convoqué par télégramme à Vichy où Jean-Louis Tixier-Vignancour lui propose de , mais détestant « l'atmosphère » qui règne à Vichy, il décide de rentrer à ParisC'était formidable !, second tome des souvenirs de Louis Merlin, pages 50-56 éditions Julliard, 1966.. Engagé à la Radiodiffusion nationale, il y crée en 1942 l'émission L'Alphabet de la Famille, la seule émission qui, créée pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne fut reprise après la LibérationC'était formidable !, second tome des souvenirs de Louis Merlin, page 61, éditions Julliard, 1966 : (de 1942 à 1945). Diffusée le dimanche à 13 h, cette émission est celle d'une mère (voix de Françoise Morhange) de trois enfants (Georges, Françoise et Claude) dont le mari est prisonnier de guerre lisant le dictionnaire à ses enfants, ceux-ci s'arrêtent sur des mots que leur mère leur explique dans un langage compréhensible par des enfants. Le rôle du grand-père est interprété par Pierre Larquey et celui de l'oncle Honoré par Fernand Charpin, la musique est dirigée par le chef d'orchestre Charles Munch. Louis Merlin demande à Sacha Guitry d'écrire des définitionsC'était formidable !, second tome des souvenirs de Louis Merlin, pages 61-72, éditions Julliard, 1966.. Son émission est critiquée en 1943 par le journal collaborationniste Je suis partout pour avoir diffusé le Chant du départ et qui, dans son article, parle d'une . Début 1944, il auditionne un jeune chanteur qu'il décrit ainsi : : c'est Charles Aznavour, alors âgé de 19 ansC'était formidable !, Mémoires de Louis Merlin, éditions Julliard, 1966, page 194..

En , il entre à l'agence Havas où il est nommé directeur des Propagandes nationales et est chargé de la publicité de l'Emprunt de la Libération. Il fonde en 1945 les Programmes de France, société privée, filiale d'Havas, produisant d'abord trois grands spectacles à Paris : la Grande Parade des Chants de France le , la Messe des Prisonniers et Déportés le et Pacific 45 le , puis la plupart des émissions de Radio-Luxembourg. En 1945, il est nommé président directeur général d'Informations et Publicité, une société filiale de Havas dont l'objet est de rechercher la publicité dans le monde entier au profit de Radio Luxembourg. C'est avec cette double responsabilité (programmes et ressources publicitaires) qu'il fait de RTL la station la plus populaire de l'après-guerre, en reprenant notamment des émissions diffusées avant guerre par les radios privées (La Famille Duraton, le Crochet radiophonique), en les faisant parrainer par des marques commerciales et en adaptant des programmes américains à succès (Quitte ou double, Reine d'un jour...).

Sa passion pour le cirque lui fit participer au Radio Circus. C'est lui qui revêtait chaque année l'habit de Monsieur Loyal pour le Gala de la Piste.

Il fut également le fondateur de la firme de disques Festival et connaît un gros succès de vente avec l'adaptation du Petit Prince avec les voix de Gérard Philipe et Georges PoujoulyC'était formidable !, Mémoires de Louis Merlin, éditions Julliard, 1966, pages 210 et 211 : ..

Les créateurs du Radio Circus étaient Jean Coupan, Roger Audiffred et le cirque Gruss-Jeannet (fondé par Lucien Jeannet, Alexis Grüss et son frère André Grüss).

Ayant quitté Radio-Luxembourg, il participa en 1953-1954 au lancement de Télé Monte Carlo et d'Europe pour lequel il conçut un style de programmation opposé à celui qu'il avait contribué à développer pour Radio-Luxembourg : longues plages musicales (notamment la musique pop) animées par des meneurs de jeu, suppression autant que possible des émissions patronnées.

De 1958 à 1961, il écrit ses souvenirs. Un premier tome, couvrant la période allant de sa naissance à 1939, paraît en 1962 sous le titre J'en ai vu des choses...Éditions Julliard, 453 pages., le second tome sort en 1966 sous le titre C'était formidable !, pour la période 1939-1957Éditions Julliard, 481 pages., il y indique à la fin préparer un troisième volume de ses Mémoires A cœur ouvert pour la période 1958 et après, lequel ne parut jamais.

Il quitte la direction d'Europe en .

Il publie fin 1966 France ton passé f... le camp ... et ton avenir aussi chez Planète, dédicacé à — c'est-à-dire, à Michel Debré. Cet essai est en trois parties : 1) Climat de la France trente trois ans avant l'an 2000, 2) Quelques fléaux et quelques remèdes appropriés, 3) Pour rebâtir la France ? Des Fondations. Dans cet essai, il y imagine la création d'une base de données proche dans l'esprit de Wikipédia : Louis Merlin, France, ton passé..., Éditions Planète, et les achats en ligne : Louis Merlin, France, ton passé..., Éditions Planète, .

Vie privée Louis Merlin a une unique sœur, son aînée de six ans : Madeleine.

Le , il épouse à Paris arrondissement Andrée Piédagnel (1899-1980). Il a un fils : Georges.

Publications Au pays de la radio libre, Paris, Denoël, 1947. Télévision, capitale Hollywood, Paris, René Julliard, 1949. Christophe Colomb redécouvre l'Amérique, Paris, R. Julliard, 1952. J'en ai vu des choses. Tome I, mémoires 1900-1939, Paris, R. Julliard, 1962. Le Vrai Dossier de la télévision, Paris, Hachette, 1964 — Prix Broquette-Gonin. C'était formidable ! Tome II, : mémoires 1940-1957, Paris, R. Julliard, 1966. France, ton passé f... le camp et ton avenir aussi, Paris, Éditions Planète, 1966.

Notes et références

Annexes Bibliographie « Merlin l'inventeur », in: L'Express du 3-, .

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