La ménopause, du grec méno, « menstrues », et pause, « arrêt », appelée aussi âge climatérique, est l'arrêt définitif du cycle ovarien. Lorsqu'elle est liée au vieillissement et non à une maladie, on l'appelle « ménopause naturelle », et lorsqu'elle est liée à une maladie, on parle de « ménopause pathologique ». D'autre part, même en l'absence d'autre pathologie, la ménopause est dite anormale lorsqu'elle est prématurée.

Le symptôme le plus visible de la ménopause est l'arrêt définitif des règles depuis au moins un an et qui survient généralement entre 48 et 52 ans (la fourchette de 45 à 55 ans est parfois mise en avant également, avec une fréquence élevée vers 50 ans, et la ménopause est prématurée quand elle survient avant 40 ans). La période post-ménopausique représente plus d'un tiers de la vie d'une femme. C'est un phénomène biologique peu répandu dans le règne animal et lorsqu'il existe, de durée relative beaucoup plus courte.

Chez l'humain, il survient quand la femme ne possède plus suffisamment de follicules pour qu'il y ait fécondation, soit car ceux-ci ont été utilisés durant le cycle ovarien, soit car les cellules folliculaires restantes ont dégénéré (phénomène d'atrésie folliculaire). Elle se déroule en général en deux grandes étapes : la péri-ménopause (période d'irrégularités des cycles menstruels précédant la ménopause et l'année qui suit l'arrêt apparent des règles) et la post-ménopause (ménopause confirmée). Chez l'humain, on la qualifie parfois, de façon familière, de « retour d'âge ».

Bien que la ménopause touche environ la moitié de l'humanité, qu'elle s'accompagne généralement d'une dégradation du sommeil et de la mémoire, de bouffées de chaleur et de sautes d'humeur, d'un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète, d'ostéoporose, elle est peu étudiée par la recherche et peu traitée par les systèmes de santé dans le monde.

Définitions La ménopause est un phénomène naturel : l'arrêt des menstruations chez la femme, correspondant à l'arrêt définitif du fonctionnement ovarien lié l'âge (épuisement ovarien) et non à une maladie. Elle se définit classiquement par une aménorrhée depuis au moins un an. Elle survient en moyenne dans les pays développés (Europe, États-Unis…) vers l'âge de 51 ans et à l'échelle mondiale vers l'âge de 49 ans (46-52 ans).

Cette définition est rétrospective, elle n'intègre pas la possibilité de résurgence ovarienne après un an d'aménorrhée par ménopause.

L'être humain, quelques primates et cétacés sont concernés par la ménopause. Les femelles des autres espèces restent fertiles toute leur vie..

Pré-, péri- et post-ménopause Chez l'humain, la préménopause est une étape qui débute lorsque la fréquence des cycles diminue (spanioménorrhée) et que le taux de l'hormone folliculo-stimulante (FSH) s'élève. Le terme de préménopause a été longtemps utilisé en France pour désigner une période variant de quelques mois à quelques années avant la ménopause ; alors que pour les anglosaxons le terme de premenopausal woman désigne, dès la puberté, toute femme non ménopausée.

La périménopause est la période qui comprend la préménopause plus celle qui se termine 1 an après les dernières règles (elle comprend donc la première année de post-ménopause). Elle entoure la ménopause, qui est le moment de « l'arrêt des règles », c'est-à-dire le moment des dernières règles (moment qu'on ne peut déterminer avec certitude qu'après une année sans règles ; la périménopause s'arrête donc à la fin de cette incertitude).

Elle peut se traduire par des périodes de troubles du cycle alternant avec des périodes d'activité normale. Ces variations et difficultés d'appréciation expliquent la difficulté d'une prise en charge de la périménopause. Exceptionnellement, une grossesse peut encore survenir après la ménopause.

La post-ménopause désigne la période qui suit la ménopause, jusqu'à la fin de la vie. Elle peut durer plus de 30 ans selon l'espérance de vie des femmes modernes et jusqu'à 50 % de la durée maximale de vie.

Ménopause précoce La ménopause précoce est définie comme une ménopause se manifestant avant l'âge de 40 ans. Elle touche 1 à 2 % des femmes, plus « douloureusement » vécue chez celles qui ont un désir persistant de maternité.

Les symptômes de ménopause apparaissent plus tôt, ils peuvent n'être que des inconvénients » mais aussi avoir un retentissement psychique importantLachowsky, M. (nov 2010). La ménopause précoce : une perte de repères ?. In 32° Journées de la Société Française de Sénologie et de Pathologie Mammaire (SFSPM), Strasbourg, 2010. La femme jeune face au cancer du sein (pp. 385-389). Datebe SAS|url=https://hal.science/hal-03580734/document et affecter les conditions de travailCASSOU, B., DELL'ACCIO, P., MONFORT, C., & DERRIENNIC, F. (1993). Relations entre ménopause précoce et conditions de travail (enquête ESTEV). 22èmes journées nationales de médecine du travail: Nantes, 1992, 183.|url=https://books.google.fr/books?hl=fr&lr=&id=NNn_EAAAQBAJ&oi=fnd&pg=PA183&dq=m%C3%A9nopause+pr%C3%A9coce&ots=f4hXuwHoKg&sig=rE7bhYWa58AR2mxeup2Qo9pBFGI. Les principaux risques à long terme sont : l'ostéoporose (diminution de la densité osseuse : risque de fracture plus important et donc réparation plus difficile et plus longue ; la perte osseuse s'accentue à la ménopause) ; un risque accru de maladie cardio-vasculaire, corrélée à la fréquence et à la sévérité des troubles du climatère (excepté la dépression).. La ménopause précoce peut être liée à une cause environnementale (maladie virale touchant les ovaires) ou génétique (antécédents familiaux, anomalie génétique ou auto-immune…).

La ménopause artificielle est une ménopause induite par chirurgie (ovariectomie), par traitement anticancéreux (chimiothérapie, radiothérapie…).

Ménopause tardive La ménopause tardive est une ménopause qui survient après l'âge de 55 ans.

Processus biologique Épuisement ovarien Contrairement aux testicules où le processus de renouvellement des spermatogonies est continu à partir de la puberté, les ovaires ont un « capital folliculaire » limité et génétiquement déterminé dès la vie fœtale. Vers le 5e mois, l'ovaire du fœtus féminin porte un nombre fini maximal d'ovocytes (6 à 8 millions). L'épuisement ovarien débute lors du dernier trimestre de la vie intra-utérine par un phénomène d'apoptose. Le nombre d'ovocytes à la naissance est d'un à deux millions et n'est plus à la puberté que de l'ordre de 300 000.

À chaque cycle, pour chaque follicule qui donne lieu à une ovulation, mille autres follicules disparaissent par apoptose. Vers l'âge de 37-38 ans, l'ovaire ne porte plus que 25 000 ovocytes, et la ménopause survient lorsqu'il n'en reste plus qu'un millier.

Modifications hormonales La diminution du stock folliculaire entraîne une baisse de la production d'œstrogènes. Cette insuffisance s'aggrave avec le temps, et elle est finalement responsable de la majorité des troubles cliniques de la ménopause (troubles du climatère). Cependant la production d'œstrogènes n'est pas totalement nulle après la ménopause, le corps continue d'en produire grâce aux glandes surrénales et au tissu adipeux (conversion des androgènes).

Le taux d'hormone folliculo-stimulante (FSH) augmente à partir de l'âge de 35 ans par manque d'inhibition (rétroaction négative de l'estradiol) lié à la baisse des œstrogènes. Au fur et à mesure que le stock folliculaire diminue, les cycles deviennent de moins en moins ovulatoires, la périodicité se modifie (préménopause) et finalement plus longue avant de disparaître. Le taux des hormones gonadotropes (hormone lutéinisante et FSH) diminue progressivement plusieurs années après la ménopause, mais atteint rarement son niveau initial.

Le modèle endocrinien de la ménopause (baisse de la production d'œstrogènes) tend à être remplacé par un modèle neuro-endocrinien (dérégulation progressive de l'axe gonadotrope et du complexe hypothalamo-hypophysaire).

Épidémiologie Dans les années 1990, le nombre de femmes âgées de plus de 50 ans dans le monde était estimé à 467 millions avec un âge moyen d'environ 60 ans (65 ans dans les pays développés), soit près de 9 % de la population mondiale, avec environ 25 millions de femmes débutant leur ménopause chaque année. Les démographes projettent alors qu'elles seront 1,2 milliard en 2030 avec un âge moyen de 68 ans, soit près de 14 % de la population mondiale, avec environ 46 millions à débuter leur ménopause chaque année.

Dans les années 2020, aux États-Unis, le nombre annuel de femmes entrant en ménopause est de l'ordre de 1,2 million. En France, le nombre total de femmes concernées (de plus de 45 ans) est de l'ordre de 17,2 millions (la moitié des femmes en France) dont plus de 400 000 entrent en ménopause chaque année.

L'âge moyen de la ménopause naturelle à l'échelle mondiale est de 48,8 ans avec des variations géographiques, selon le statut socio-économique et le mode de vie. Il est le plus haut en Europe, Australie et États-Unis, et le plus bas en Afrique, Amérique latine, Asie et Moyen-Orient.

L'âge supérieur est associé à un statut socio-économique plus élevé (niveau d'éducation, profession) alors que le tabagisme est associée avec une réduction d'un an (par rapport aux non-fumeuses). Le rapport avec l'activité physique (qui avancerait l'âge de la ménopause), le surpoids et l'obésité (qui reculerait l'âge) est moins clair et demande à être confirmé.

Il en est de même des facteurs génétiques et ethniques, proposés comme déterminants importants de la ménopause. Il apparaît que les facteurs sociaux seraient plus importants (à l'exemple du Japon et de Taïwan en Asie). Des recherches plus poussées sont nécessaires (dont des études de cohorte de grande taille) pour régler des problèmes de méthodologie et éviter les biais de confusion.

Clinique Les symptômes varient en intensité et en durée selon les femmes. Les conséquences à court terme sont réunies sous l'appellation de troubles du climatère. Certains symptômes sont transitoires alors que d'autres sont plus durables, ils constituent alors des conséquences à moyen et long terme.

Troubles du climatère Symptômes vasomoteurs vignette|upright=1.5|Les symptômes de la ménopause. Les symptômes les plus fréquents sont des symptômes vasomoteurs : bouffée de chaleur (65 % à 75 % des femmes de 50-55 ans) et sueurs nocturnes. bouffées de chaleurs : malaise et sensation soudaines de chaleur débutant au niveau du thorax et des épaules, puis s'étendant au cou et au visage avec apparition de rougeurs et de sueurs. sueurs nocturnes : elles peuvent survenir isolément sans bouffées de chaleur. migraines et céphalées.

Troubles génito-urinaires et cutanés Ces troubles surviennent chez 50 à 75 % des femmes.

Une sécheresse vulvo-vaginale et cutanée s'installe progressivement et s'aggrave avec la durée de la ménopause, occasionnant une dyspareunie avec diminution de la libido. Après la ménopause, une atrophie du vagin peut survenir, le vagin perdant de son élasticité, devenant plus sec et plus sensible.

Les troubles urinaires sont des incontinences et des infections urinaires.

Douleurs articulaires Elles touchent surtout les extrémités, fluctuent dans le temps, prédominent le matin au réveil et s'améliorent avec l'activité physique.

Troubles psychiques Il peut s'agir de troubles du sommeil et de l'humeur (irritabilité, tendances anxieuses et dépressives) et de troubles cognitifs (concentration, attention, mémoire…) survenant chez 45 à 70 % des femmes.

Conséquences à moyen et long terme En raison du rôle des œstrogènes sur le métabolisme osseux et vasculaire, la ménopause augmente le risque de fracture chez la femme (ostéoporose) ainsi que les risques cardiovasculaires (incluant un risque plus élevé d'accident vasculaire cérébral). Ces risques sont aggravés par l'absence d'activité physique, la malnutrition, la carence en vitamine D, le tabagisme.

Le risque de cancer du sein n'est en revanche pas augmenté par la ménopause.