Henry Charles Carey ( à Philadelphie - ) est l'économiste américain Encyclopedia Britannica nndb.com le plus influent du XIX siècleResearch paper on CareyPage 35paragraphe 11, conseiller d'Abraham LincolnIntroduction paragraphe 2Page 34.

Biographie

Il naît à Philadelphie en Pennsylvanie de Mathew Carey, un économiste, réformateur et éditeur originaire d'Irlande. Il suivit les cours de son père grâce aux livres dont il disposa toute sa vie. À huit ans, on l'appelait au premier salon du livre américain de 1802 à New York le « Bookseller in miniature ». À 12 ans, il travaillait pour son père à Baltimore. En 1822, il dirigea l'entreprise de son père pour créer la plus importante maison d'édition américaine, Carey & Lea, qui diffusa notamment James Fenimore Cooper et Washington IrvingKaser, Messrs. Carey and Lea, ,39.page 50paragraphe 1.

Il reprend à vingt-huit ans la maison d'édition de son père. Il se retire de l'entreprise autour de 1835Elder, A Memoir, ., au moment de la publication de l’Harmonie des intérêts (The Harmony of interests, agricultural, manufacturing and commercial). Cette œuvre devient bientôt le manifeste de l'école américaine d'économie, et est traduite en italien et en suédois. Après l'édition, il décida de devenir entrepreneur-investisseur dans l'industrie du charbon et de l'acier, de la chimie agricole (voir Influence). Le Carey Group fut créé avec sa famille et des associés, dont le scientifique renommé Isaac Lea. Le « Carey group » développa l'innovation technologique dans la Pennsylvanie.

Carey voyagea trois fois en Europe. En 1859Henry C. Carey, Scrapbook Containing Newspaper Clippings, Magazine Articles and Sundry Biographical Essays, 1859 113 p. ()., il rencontrera notamment J.S. Mill, le Comte de Cavour, Ferrera, Alexander Humboldt, Justus Liebig, Eugen Dühring et Michel ChevalierCarey correspondait avec eux et avec d'autres économistes; cf Kaplan, Henry Charles Carey, et Thompson, Memoir of Henry C. Carey, .page 69.

Définitions

Pour Carey, la richesse, c'est savoir utiliser ce que l'on a. Le capital va des biens jusqu'à la richessepage 56. Ainsi, l'utilité est un pouvoir de l'humain sur la nature, alors que la valeur est un pouvoir de la nature sur l'humain qui crée un besoinCarey, Principles of Social Science, V.1, et V.3, Note 218 page 56.

Pour lui, le surplus économique n'est pas de l'argent mais des biens.

L'économie comme science

Erik S. ReinertErik S. Reinert, How Rich Countries Got Rich and Why Poor Countries Stay Poor, New York, Carroll & Graf, 2007; voir l'Annexe 1 pour l'arbre généalogique des penseurs de cette école. place Carey dans l'esprit de la Renaissance et de la Grèce Antique, esprit qui favorisait la créativité et l'innovationpage 4.

Carey pense l'économie comme une « science physique ». En effet, des économistes tentaient de trouver des liens scientifiques avec l'économie au XIXe siècleparagraphe 14. Les nouvelles sources d'énergie permettent de démultiplier le rendement du travail humainpage 42, par les industries et les machines. Ce sont les nouvelles découvertes, pas l'épargne contrairement à Smith, qui permettent de réaliser cette économie de travailIbid., V.3, .. Ainsi la production par unité de surface est augmentéepages 57 et 59. Il dira même qu'il faut faire circuler l'argent au lieu d'épargner dans les Principes de la science sociale.

Les surplus de biens engendrent une économie de travail, qui permet à l'humain de se bonifierCarey, Principles of Social Science, V.1, , pour permettre l'amélioration des industries, ceci afin de créer une nouvelle économie de travail. Tout ceci se cumule. Alors Carey crée toute une science de l'association pour la société humaine à la fin du dernier tome des Principes de la science socialepage 57.

Carey distingue le commerce local du négoce, ces échanges à longue distance. Le négoce a tendance à augmenter les différences de prix, c'est-à-dire à réaliser un trafic de biens. Pour Carey, le négoce amène à la guerre et à la colonisation, puis à l'esclavageCarey, The Slave Trade, ; Étude de Budziszewski, A Whig View of Slavery, : dans le livre The Slave Trade de Carey. Voir aussi Louis S Gerteis, « Slavery and Hard Times: Morality and Utility in American Antislavery Reform », Civil War History, vol. 29, n o 4 (1983), , plus spécifiquement sur Carey, un protectionniste, et Sedgwick, un libre-échangiste. Voir Smith, Henry C. Carey, et Sarah T. Phillips, « Antebellum Agricultural Reform, Republican Ideology, and Sectional Tension », Agricultural History, vol. 74, n o 4 (2000), ., par la baisse des prix des matières premières voulue par celui qui réalise ce traficpage 82. L'empire britannique empêcherait selon Carey aux pays colonisés de s'industrialiserpage 60. La jalousie du négoce amène aussi à la guerrepages 60,62,63. Pour Carey la balance commerciale positive amène de l'or« How to Make Money Abundant », NYT, 17 juil. 1854., ce qui poussa les britanniques à promouvoir l'opium en ChineTrocki, Opium, Empire, ,57-87page 84 et à éduquer les indiens pour supprimer leurs manufactures« British Free Trade in India*», NYT, 26 sept. 1851; « British Free Trade in India*», NYT, 23 juin 1855.pages 100-101.

Pour Carey, l'esclavage est une forme arriérée de l'économie, due à un manque de développement des industriesBudziszewski, A Whig View of Slavery, ; Voir Louis S Gerteis, « Slavery and Hard Times: Morality and Utility in American Antislavery Reform », Civil War History, vol. 29, n o 4 (1983), , sur Carey, un protectionniste, et Sedgwick, un libre-échangiste. Henry C. Carey, et Sarah T. Phillips, « Antebellum Agricultural Reform, Republican Ideology, and Sectional Tension », Agricultural History, vol. 74, n o 4 (2000), .pages 62,63,64.

Principes de la science sociale

Influence

Essayiste, il promouvait le nationalisme économique dans le monde entier, avec beaucoup de correspondants. Anti-impérialiste, il était clairement contre le libre-échange et la division internationale du travail de l'Empire britannique.

Le New York Tribune, le journal édité par Horace Greeleypage 73, était le plus lu aux États-Unis. Vers 1850, Il eut le plus grand tirage national, avec 200 000 exemplairesJeter Allen Isely, Horace Greeley and the Republican Party, 1853-1861; a Study of the New York Tribune, New York, Octagon Books, 1965, ,13,294,338-9; Adam-Max Tuchinsky, Horace Greeley's New-York Tribune : Civil War-Era Socialism and the Crisis of Free Labor, Ithaca, N.Y., Cornell University Press, p. ix.. Le journal diffusait aussi des brochures sur des sujets politiques, dont certaines de Careypage 10.

CrapolEdward P. Crapol, America for Americans: Economic Nationalism and Anglophobia in the Late Nineteenth Century, Westport, Conn., Greenwood Press, 1973; Sophus A. Reinert, Translating Empire: Emulation and the Origins of Political Economy, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 2011. étudiait le nationalisme américain pendant la seconde moitié du siècle. Il mentionne que Carey, pendant la guerre civile, a formulé le nationalisme économiquepage 7 de ce pays.

Un article non signé diffusé en dans le Times de Londres soutenait les colonies britanniques canadienne et australienne. L'article s'indignait sur l'« hérésie » de la protection et sur la diffusion des thèses du « redoutable champion » de la protection : H.C. CareyThe Times, Saturday, Jan 22, 1876, . traduit en allemand : Commerce, Christianity, and civilization, versus British free trade : letters in reply to the London times, Philadelphia, Collins, 1876.. Le nationalisme économique traversait les frontières, celles du Canada entre autres.

La diffusion internationale des idées de Carey et du système américain était liée avec F. ListNotz, Frederick List in America; Friedrich List, Friedrich List : Outlines of American Political Economy in Twelve Letters to Charles J. Ingersoll, Wiesbaden, Böttiger Verlags, 1996; Hudson, Economics and Technology, .. En 1876, Les cercles de Carey influencèrent largementDès les années 1860 sa pensée était l'objet de débat dans la presse allemande; voir « The Study of Social Science », NYT, 28 mai 1866, Gazette de Ausbourg, Leipsic Illustrirte Zeitung, etc. les débats sur l'économie en Allemagne. Ceci mena au protectionnisme politique et industriel de Bismarck en 1879page 70.

Une « école » économique se forma autour de Carey avec entre autres Erasmus Peshine Smith, Henry Carey Baird, Horace Greeley, William Elder, R.E. Thompson, Van Buren Denslow, etc. Ibid., ; Hudson, Economics and Technology, 201-273. Aussi, le fondateur du Wharton School of Finance and Commerce, Joseph Wharton était un disciple de Carey W. Ross Yates, Joseph Wharton : Quaker Industrial Pioneer, London, Associated University Press, 1987, .. Le libre-échange était largement enseigné dans le monde académique. Cependant les écrits de Carey furent diffusés dans différents collèges et universités des États-Unis jusqu'à la fin du 19e siècle. Son manuel Principles of Social Science (3 tomes v.1858) fut réédité huit foisVoir Green, Henry Charles Carey, Nineteenth-Century Sociologist, . et traduit en français. D'autres penseurs furent influencés comme Emerson ou Émile DurkheimVoir Thomas D. Birch, « Toward a Better Order: The Economic Thought of Ralph Waldo Emerson », The New England Quarterly 68, n o 3 (1995), ; sur Durkheim, voir Morrison, Henry C. Carey, .. Carey et Thorstein Veblen sont sur la même ligne. Le système américain intégrera largement les théories de CareyGerald F. Vaughn, « Institutional Economics and Community Development: The Pioneering Roles of Henry C. Carey and Van Buren Denslow », Journal of Economic Issues, vol. 37, n o 3 (2003), ; Gibson, Wealth, Power, .page 68.

Les grandes réformes de l'ère Meiji au JaponTessa Morris-Suzuki, A History of Japanese Economic Thought, New York, Routledge, 1989, s'inspirèrent largement du système américain d'économieRobert S. Schwantes, « American Relations with Japan, 1853-1895: Survey and Prospect », dans Burton F. Beers, Ernest R. May, et James Claude Thomson, American-East Asian relations: a survey, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1972, .. Le Japon bénéficia d'une banque nationale publique qui distribuait du crédit en fonction des prochaines productions financéespages 71,72. Le système américain fut aussi diffusé en FranceCarey était rapidement traduit en français. Les industries françaises se maintenaient grâce à Carey. voir « Personal », NYT, 20 juin 1859. Paul Cauwès; Cauwès, Cours D'économie Politique, . et en Amérique latineVoir Luis Vásquez M., La Verdad detrás de la guerra del Pacífico : el Imperio Británico contra el sistema americano de economía en Sudamérica, Lima, Perú, Arquitas E.I.R.L., 2012; Mauro Boianovsky, « Friedrich List and the Economic Fate of Tropical Countries », History of political economy, vol. 45, n o 4: (2013), p. 666-9.page 71.

Elder, qui induisit en erreur l'histoireSmith, Henry C. Carey, , 1857.page 75, admit que Carey avait réussi à changer l'avis du NYT pendant la guerre de CriméeElder, A Memoir, . Orlando Figes, Crimea : the last crusade, London, Allen Lane, 2010, . Ainsi, une bonne partie de l'opinion publique américaine soutint la Russie.

La richesse des articles de Carey a affermi le courant protectionniste dans l'opinion publique. Les électeurs américains voteront d'eux-mêmes et très souvent pour le parti du protectionnisme jusqu'au premier tiers du sièclepage 10.

Ses livres seront au moins traduits en 8 languesfrançais, allemand, italien, russe, suédois, espagnol, hongrois et japonais.. Ainsi, des théoriciens de marque durent répondre à ses thèses : Marx et des libéraux comme J.S. Mill.

Il a influencé Frédéric Bastiat pour ses Harmonies économiquesLettre au Journal des Économistes, que Carey accusera de plagiatRufus F. Griswold, « Henry C. Carey, The Apostle of the American School of Political Economy », The American Whig Review, vol. 13, n o 37 (jan. 1851), ; Thompson, Memoir of Henry C. Carey, ;