Michel Joseph Benoît Marie d’Orléans, qui porte le titre de courtoisie de comte d’Évreux, est né le à l’hôpital Lyautey de Rabat, au Maroc alors sous protectorat français. C’est un membre de la maison d’Orléans et un ancien grand maître ad interim de l’une des branches de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare.

Famille Michel d'Orléans est le troisième fils du comte de Paris, Henri d'Orléans (1908-1999), prétendant orléaniste au trône de France, et de son épouse Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003)..

Michel a dix frères et sœurs, parmi lesquels un frère jumeau puîné, Jacques d'Orléans, duc d'Orléans, que leur père, feu le comte de Paris, a déplacé dans l'ordre de succession avant lui. Cet ordre de succession a été ensuite confirmé en 1999 par leur frère aîné, nouveau chef de la maison d'Orléans, à la mort de leur père« » rangea la branche du prince Michel après celle du prince Jacques (pourtant son jumeau cadet) dans l'ordre de succession. Il est vrai que juristes et médecins ont beaucoup débattu, jadis, de l'application du droit d'aînesse aux frères jumeaux. Parfois, on privilégia le premier né, mais plus souvent, suivant la coutume populaire, la jurisprudence (ou « Ancien Droit ») pencha pour le second, réputé le premier conçu, selon la doctrine catholique de la conception marquant le début de la vie humaine.Léon de Maleville, De la Primogéniture entre les frères jumeaux, Montauban : typ. de Vidallet, 1877.. Puis, en 2026, Michel d’Orléans est exclu de la succession orléaniste par son neveu Jean d’Orléans.

Le , Michel d'Orléans épouse, à Casablanca, au Maroc, Béatrice Pasquier de Franclieu (née en 1941), fille du comte Bruno Pasquier de Franclieu (1914-1944) et de son épouse Jacqueline Térisse (1918-1999, remariée en 1946 à Michel O'Neill). Le comte et la comtesse d'Évreux sont séparés depuis 1994. Le , la Cour d'appel de Paris officialise leur divorceService de l'état civil du ministère des Affaires étrangères et du Développement international - Registres consulaires de Casablanca - Année 1967 - Acte - Extrait sans filiation : « Le 17 novembre 1967 à Casablanca (Maroc) a été célébré le mariage de Michel, Joseph, Benoit, Marie d'Orléans, né le 25 juin 1941 à Rabat (Maroc) et de Béatrice, Marie, Guillemine, Huguette Pasquier de Franclieu, née le 24 octobre 1941 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Mentions marginales : Mariage dissous. Arrêt de divorce de la cour d'appel de Paris rendu le 28 novembre 2012 (ordonnance de non-conciliation du 14 septembre 2006). Nantes, le 19 juin 2014. ».

De cette union sont nés quatre enfants, d'abord exclus de la succession orléaniste à la couronne de France et privés du prédicat de courtoisie d'altesse royale ainsi que du titre de courtoisie de prince (ou princesse) par leur grand-pèreActe du comte de Paris du . . mais réintégrés dans leurs « droits dynastiques » par leur oncle : 1. Clotilde d'Orléans (née le ), Mademoiselle d'Évreux, qui épouse, en 1993, Édouard Crépy (né en 1969), dont : Louis-Nicolas Crépy d'Orléans (né en 1995), fiancé le , puis marié le avec Carolina Torio Ballester.. Charles-Édouard Crépy d'Orléans (né en 1996), fiancé le ., puis marié le avec Anna-Magdalena Goebel. Gaspard-Marie Crépy (né en 1999) Augustin Crépy (né en 2005) Éléonore Crépy (née en 2007) 2. Adélaïde d'Orléans (née le ), Mademoiselle Adélaïde d'Évreux, qui s'unit, en 2002, à Pierre-Louis Dailly (né en 1968), petit-fils d'Étienne Dailly, dont : Diego Dailly (né en 2003) Almudena Dailly (née en 2004) Gaetano Dailly (né en 2009) 3. Charles-Philippe d'Orléans (né le ), comte Charles-Philippe d'Évreux, puis duc d'Anjou (2004), puis de nouveau comte Charles-Philippe d'Évreux (2026), il épouse en 2008 (divorce le .) l'aristocrate portugaise et d'ascendance capétienne Diana Álvares Pereira de Melo (née en 1978), duchesse de Cadaval. Il se remarie civilement (et sans le consentement du chef de la maison de France.) avec Naomi-Valeska Salz (née en 1981, veuve d'Otto Kern) le .. Une fille nait du premier mariage, ainsi qu'une autre fille du second : Isabelle d'Orléans (née le ) Elisabeth d'Orléans (née le ). 4. François d'Orléans (né le ), comte François d'ÉvreuxÀ sa naissance. . puis comte de Dreux (2014), puis de nouveau comte François d'Évreux (2026) épouse en 2014 l'aristocrate allemande Theresa von Einsiedel (née en 1984), descendante de , prince de Monaco, et de , grand-duc de Luxembourg, dont : Philippe d'Orléans (né le ), comte Philippe d'Évreux ; Marie-Amélie d'Orléans (née le ) ; Raphaël d'Orléans (né le .), comte Raphaël d'Évreux ; Nicolas d'Orléans (né en 2025.), comte Nicolas d'Évreux ;

Le comte d'Évreux épouse en secondes noces, le à Paris Mairie de Paris - Extrait d'acte de mariage - Année 2017 - Acte : Le 29 avril 2017 a été célébré en notre commune à Paris seizième arrondissement le mariage de Michel, Joseph, Benoit, Marie d'Orléans, né le 25 juin 1941 à Rabat (Maroc) et de Barbara, Jeanne, Louise, Anne, Joséphine, Elisabeth, Françoise, Marie de Posch-Pastor, née le 02 mai 1952 à Madrid (Espagne)., Barbara Jeanne Louise Anne Joséphine Elisabeth Françoise Marie de Posch-Pastor (née le à Madrid), fille d'Eric de Posch-Pastor et de Silvia Rodríguez de Rivas y Díaz de Erazo, fille du (et elle-même précédemment mariée avec Henri de Castellane, puis avec Boson de Talleyrand-Périgord). Barbara de Posch-Pastor a été mariée en premières noces à Gilles Hennessy (fils de Kilian Hennessy † 2010), avec lequel elle a eu quatre enfants (Kilian Hennessy, Richard Hennessy, Angélique Hennessy-Motte et Ludivine Hennessy-Touret), puis à l'entrepreneur Fabien Nordmann et à Michel Roche, décédé en 2004. Elle est en outre l'arrière-petite-fille de l'historien et diplomate autrichien Ludwig von Pastor.

Biographie Enfance et adolescence Le Michel et Jacques d’Orléans voient le jour à l'hôpital Lyautey à Rabat, au Maroc français, alors que leur père est encore interdit de séjour en métropole par la Loi d'exil de 1886. Ondoyés le jour de leur naissance, les jumeaux sont baptisés le dans la cathédrale Saint-Pierre de Rabat par le père franciscain Louis-Amédée Lefèvre, futur archevêque de Rabat. Michel est le filleul des ouvriers de France.

Après cinq années dans le protectorat, ils partent, en juillet 1946, au Portugal, où ils s’installent, avec le reste de leur famille, à la Quinta do Anjinho, à Sintra. Terrorisés par leur père, ceux que leurs partisans appellent les « Enfants de France » deviennent turbulents et, parfois même, violents. À l’âge de onze ans, Michel plante ainsi accidentellement un couteau dans le mollet gauche de sa sœur Anne alors qu’il se dispute avec son frère jumeau. Consterné par l’attitude de sa progéniture, le « comte de Paris » finit par éloigner plusieurs de ses enfants du foyer familial. De septembre 1952 à juillet 1956, Michel et Jacques sont ainsi envoyés dans des pensionnats français, d’où ils finissent toujours par être renvoyés, avant d’être séparés à la rentrée scolaire 1954 puis confiés ensemble à un précepteur particulier en 1956. Cependant, les enfants finissent par revenir au Portugal lorsqu’est ouvert le lycée français Charles-Lepierre de Lisbonne, à la rentrée 1956. C’est donc dans ce pays que Michel d’Orléans obtient son baccalauréat en 1960, à la différence de son frère Jacques, recalé.

Formation universitaire et mariage Michel d'Orléans retourne ensuite à Paris pour y effectuer ses études universitaires. Il s'inscrit à la Faculté des Sciences de Paris-Orsay et en ressort, trois ans plus tard, avec une licence en Mathématiques, Physique et Chimie. En 1964, il fait la connaissance de Béatrice Pasquier de Franclieu, alors journaliste au Women's Wear Daily, lors d’une réception organisée près d’Olivet. Rapidement, les deux jeunes gens se lient d'amitié puis commencent à se fréquenter. Issue de la vieille noblesse catholiqueLes Pasquier de Franclieu sont connus depuis 1356 mais leur filiation n’est véritablement établie qu’à partir de 1561. ., la jeune fille semble posséder tous les atouts pour séduire le chef de la maison d'Orléans et être acceptée comme sa belle-fille. Mais son père, dont elle était orpheline alors qu'elle avait à peine 3 ans, avait été vichyste et proche du maréchal Pétain. Le comte de Paris, soucieux pour lui-même de ne pas associer sa famille au souvenir de la Collaboration, interdit à son fils de fréquenter Béatrice. Il rappelle aussi dans un acte du les conditions à remplir pour que leurs mariages soient reconnus et leur progéniture dynaste. Amoureux, le jeune homme ne cède pas et décide finalement d’épouser l’élue de son cœur au Maroc, en 1967« Le mariage d'amour de Michel de France et Béatrice Pasquier de Franclieu » dans Paris Match du 9 décembre 1967..

Différend avec son père Les conséquences de cette fronde ne se font pas attendre. Michel d'Orléans est exclu, avec tous ses futurs descendants, de la succession au trône de France par son père. Par ailleurs, aucun des membres de sa famille n’assiste à son mariage, excepté un cousin du comte de Paris, Charles-Philippe d’Orléans, duc de NemoursArrêté par la Gestapo pendant la Deuxième Guerre mondiale, le duc de Nemours est un ancien résistant et sa présence aux côtés de Béatrice lors du mariage a donc une portée très symbolique. .. Deux ans plus tard, en 1969, son père confère le titre de courtoisie de duc d'Orléans à Jacques, qui est pourtant le cadet de Michel, afin de réaffirmer l'exclusion de ce dernier de la famille royaleGeorges Poisson, Les Orléans, Une famille en quête d'un trône, Perrin, Paris, 1999, .. vignette|185x185px|Blason de Michel, comte d'Évreux. La rupture entre le chef de la maison d'Orléans et son fils est ensuite longue à cicatriser. Il faut en effet attendre l'année 1978La réconciliation entre le comte de Paris date en fait de 1977 mais elle n'est rendue publique que l'année suivante du fait des ennuis de santé du prétendant orléaniste. pour que Michel d'Orléans et son épouse Béatrice soient finalement « pardonnés » par le comte de Paris et reçoivent en guise de réconciliation les titres de courtoisie de comte et comtesse d’Évreux. Mais, même après cela, Michel d'Orléans n'est que partiellement réintégré à la maison d'Orléans et demeure exclu, ainsi que ses descendants, de la succession orléaniste. Voici ici citée l'« ordonnance » prise par le prétendant orléaniste à cette occasion : En application de l’acte du et de celui du , le titre de Comte d’Évreux est conféré à Son Altesse Royale le Prince Michel d’Orléans, Fils de France, et à la postérité issue de son mariage avec Mademoiselle Béatrice Pasquier de Franclieu. En conséquence, Son Altesse Royale le Prince Michel d’Orléans portera le titre de Comte d’Évreux ; son épouse celui de Comtesse d’Évreux ; leurs descendants mâles aînés porteront, après la mort de leur père, le titre de Comte d’Évreux ; les cadets celui de Comte N. d’Évreux. Le Comte d’Évreux portera comme armes : D’azur à trois fleurs de lis d’or à la bande componée d’argent et de gueules. Couronne des issus de France. Tenants : deux anges. Ce texte mal identifié par l’auteur est reproduit par .

Fonctions dans l’ordre de Saint-Lazare gauche|vignette|187x187px|Armoiries de l'Ordre de Saint-Lazarre. L’exclusion de Michel d’Orléans de la famille royale ne l’empêche pas de garder sa place au sein des cercles monarchistes français. Entre 1969 et 1970, il est ainsi nommé coadjuteur du duc de Nemours qui est de l'une des branches de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare. Après la mort de son cousin, Michel d’Orléans assure en outre l’intérim à la tête de l’ordre, et cela jusqu’en 1973, date à laquelle il démissionne du fait de l’élection de Francisco de Borbón y Borbón comme nouveau grand maîtreDominique et Michèle Frémy, Quid 2001, Robert Laffont, 2000, p. 575 b et c.

Vie privée et professionnelle