L’opération Harpie est une opération interministérielle française réalisée en Guyane depuis le mois de , menée conjointement par les forces de gendarmerie et les forces armées en Guyane pour lutter contre l'orpaillage illégal en Guyane. Près d’un millier de militaires participent à cette mission.

Elle fait suite à l'opération Anaconda.

Objectifs Ordonnée par le président de la République française, Nicolas Sarkozy, elle a pour objectif d'éradiquer les sites d’orpaillage clandestins sur tout le territoire du département de la Guyane. Le moyen est de diminuer la rentabilité de la production d’or des garimpeiros afin de les amener à terme à cesser leur activité.

Cet objectif d’éradication de l’orpaillage illégal sur le territoire guyanais est décliné en axes d’opérations. L'essentiel des efforts des opérations Harpie portent sur la destruction des sites et des moyens de production. Cet objectif est assuré par des patrouilles conjointes, menées majoritairement par la Gendarmerie nationale et par les Forces armées en Guyane (FAG) mais aussi par des agents de l'Office national des forêts, du Parc amazonien de Guyane, des douanes et de la Police aux frontières, appuyées par des reconnaissances aériennes.

Ces patrouilles vont saisir ou neutraliser l'œuvre es outils les plus coûteux tels que les concasseurs ou encore le mercure, indispensable à l’activité d’orpaillage.

Les garimpeiros s'adaptent. Ils s’installent dans des chantiers plus petits, donc mieux dissimulés par la canopée. De même, les concasseurs neutralisés en forêt sont souvent réparés ou recyclés en quelques jours, ce qui mène dès que possible à leur évacuation par hélicoptère.

Les réseaux logistiques des garimpeiros sont l’autre cible des opérations Harpie. Il ne s’agit pas de viser directement l’activité d’extraction aurifère, mais ceux qui l’approvisionnent en matériaux et vivres.

Avec la mise en place de barrages fluviaux permanents, les routes d’approvisionnement se sont déportées vers la forêt, provoquant une augmentation des délais, des prix et une diminution des quantités transportées. Si les réseaux démantelés sont souvent remplacés, les nouveaux peinent à retrouver leurs clients précédents et à rétablir une distribution aussi efficace qu’auparavant.

Les militaires français opèrent depuis des camps situés autour de barrages fluviaux afin de repérer les points de passage et de saisir la marchandise. Ces destructions affectent directement l’activité des garimpeiros ainsi que les profits engrangés puisqu'il y a moins de vivres et d’outils qui parviennent aux chantiers ce qui provoque à terme l’augmentation des coûts de fonctionnement des chantiers, parfois jusqu’à l’asphyxie de l’activité.

Ces résultats doivent être cependant largement relativisés contre reçu de l'augmentation manifeste des activités d'orpaillage illégal dans les années 2010Laurent Lagneau, « Harpie : Les Forces armées en Guyane ont détruit 24 puits illégaux d’orpaillage », opex360.com, 5 septembre 2017..

Forces françaises engagées vignette|Arme de fabrication artisanale saisie par la Gendarmerie en Guyane|alt=Arme de fabrication artisanale saisie par la Gendarmerie en Guyane Trois cent cinquante militaires des Forces armées en Guyane et jusqu'à deux cents gendarmes sont déployés en permanence sur les réseaux fluviaux pour tenter de neutraliser les flux logistiques des orpailleurs et en forêt pour démanteler les sites d’exploitation d’or illégaux.

Parmi les éléments engagés, figurent l’Armée de terre (, et de nombreuses unités d'infanterie et de génie en missions de courte durée), la Gendarmerie (avec des unités locales dont l'antenne du GIGN et des unités déplacées : escadrons de Gendarmerie mobile), les Douanes, la Direction centrale de la Police aux frontières, des hélicoptères et des avions de l’Armée de l'air, le Parquet, ainsi que des agents de l’Office national des forêts« Bilan des trois premiers mois de l’opération Harpie », sur le site defense.gouv.fr et du Parc amazonien de Guyane.

Le dispositif aérien est composé d’un avion CASA, de trois hélicoptères Puma, d’un hélicoptère Fennec et d’un hélicoptère EC-145 de la gendarmerie. Il permet la mise en place des militaires aux abords immédiats du site d’exploitation. Le soutien sanitaire a été assuré au plus près par deux équipes du service de santé des armées.

La Marine nationale peut intervenir aux embouchures des fleuves et mettre à disposition son expertise dans certaines opérations.

Bilan humain pour les forces françaises Le , Julien Giffard, un soldat de du régiment d'infanterie, disparaît dans la rivière Tampok après qu’une embarcation clandestine a percuté une pirogue militaire. Son corps est retrouvé sans vie quatre jours plus tard. Sa mort est la première de l’opération Harpie« Opération Harpie, décès du classe Julien Giffard », sur le site defense.gouv.fr.

Le , deux militaires, l’adjudant Stéphane Moralia, , et le caporal-chef Sébastien Pissot, , du d'infanterie de marine de Cayenne, sont tués et quatre gendarmes du Groupe de pelotons d'intervention (GPI) de la gendarmerie en Guyane sont blessés, dont deux grièvement, dans une embuscade lors d'une opération conjointe entre l’armée et la gendarmerie dans la région de Dorlin, à environ au sud-ouest de Cayenne et à l’est de Maripasoula « Guyane : deux militaires tués dans une opération contre des orpailleurs », sur le site defense.gouv.fr.. Le caporal-chef Pissot a été tué alors qu’il portait secours aux premiers blessésJean-Dominique Merchet, « Guyane : deux militaires français tués dans une embuscade des orpailleurs », sur le site Secret Défense.. Près de 120 gendarmes français dont 22 membres du GIGN (ainsi que des unités des FAG sur place) sont mobilisés au cours de l'opération Alatale NuiKépi blanc, , novembre 2012 pour participer à une traque d’une ampleur sans précédent au cœur de la jungle à la poursuite du gang de garimpeiros dirigé par Ferreira Manoel Moura, alias Manoelzihno. Traqués, quatre membres de ce gang dont Manoelzihno sont condamnés le par la cour d'assises spéciale de Fort-de-France.

Le , le soldat de Émile Avaé, , du , est tué par la chute d'un arbre lors d'une opération de lutte contre l'orpaillage clandestin.

Le , le sergent Alexandre Ashing, , est tué par un tir accidentel avec sa propre arme alors qu'il se trouve sur une pirogue qui descend le Maroni.

Le , le caporal-chef Ibrahim Camara, du étranger, est tué dans un accident de la route sur la commune de Régina après qu'un camion soit tombé dans un ravin.

Le , le sergent-chef Edgar Roellinger, , le caporal-chef de Guyot, , et le caporal-chef de Vandeville, , du régiment du génie, sont tués au cours d'une opération de lutte contre l'orpaillage illégal par des émanations toxiques, alors qu'ils s'apprêtaient à détruire une galerie.

Le , le maréchal des logis-chef Arnaud Blanc, , de l'antenne GIGN de Cayenne, est tué par balle lors d'une opération de lutte contre l'orpaillage illégal dans le site de Dorlin, dans la région de Maripasoula.

Le , l'adjudant Guy Barcarel, du régiment étranger d'infanterie, tombe d'une pirogue au cours d'une opération nocturne et est porté disparu. Son corps sans vie est retrouvé le dans le fleuve Oyapock, près de Camopi. Il était chef coutumier pour les Amérindiens Teko de Camopi et membre du Grand conseil coutumier.

Le , le caporal Jimmy Gosselin, appartenant au Bataillon de chasseurs alpins de Varces, meurt dans le cadre de l’opération Harpie, alors qu'une patrouille engagée en appui des forces de sécurité intérieure, réalisait un franchissement en eaux vives

Honneurs Depuis le , la médaille de la protection militaire du territoire possède l’agrafe Harpie et est décernée aux militaires ayant effectué trente jours de présence (continue ou discontinue) dans l'opération Harpie.

Notes et références

Annexes Articles connexes Orpaillage Orpaillage en Guyane Opération Anaconda en Guyane Amérindiens de Guyane

Lien externe Ministère de la Défense, « Lutte contre l’orpaillage en Guyane », sur le site dailymotion.com.

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