Gondebaud ou Gondovald ou Gombaud, né vers 450, mort en 516, est un prince royal burgonde et suève, roi des Burgondes à partir des , d'abord avec ses frères, Godégisile, Gondemar et Chilpéric, puis seul à partir de 501.

Après avoir été magister militum et patrice et avoir fait de Glycérius un éphémère empereur des Romains, il s'est efforcé d'unir les Burgondes et les Gallo-Romains et a réussi à créer une entité et une identité commune à ces deux peuples, forgeant un particularisme burgonde, qui se perpétuera même après l'intégration au royaume franc des Mérovingiens, dans le (royaume de Bourgogne ou de Burgondie), à côté de la Neustrie et de l'Austrasie.

Humaniste éclairé, cultivé, parlant couramment le latin, passionné de philosophie, d'histoire des religions, il admire Rome, mais s'efforce en même temps de préserver les traditions burgondes et la foi arienne..

L'action législatrice de Gondebaud laisse son nom à la loi Gombette, élément de cohésion pour les habitants de la Burgundia.

Biographie Gondebaud est le petit-fils de Gondicaire, fondateur de la monarchie burgonde, et le fils aîné de Gondioc, époux d'une sœur. du Suève Ricimer, patrice des Romains vers 470.

En Italie Au début des années 470, Gondebaud est présent en ItalieLouis Girod, Évian et le Chablais : au fil de l'histoire, Éditions Cabedita, 1993, 34.Justin Favrod, dans Les Burgondes, 70 donne pour certain le meurtre de l'empereur Anthémius à Rome en 472 perpétré par Gondebaud, alors qu'il était envoyé, dit Favrod, par Chilpéric pour venir en aide à Ricimer qui tentait de renverser l'empereur. Katalin Escher, dans Genèse et évolution du deuxième royaume burgonde (443-534), Volume 2, 732 donne la même version. Enfin, le lien externe : Anthémius, sur De Imperatoribus Romanis, donne cette information, (en anglais), en indiquant que son origine proviendrait de Jean Malalas (Chronique) : Indeed, it was Gundobad himself who was responsible for Anthemius death. Malalas reported, "Ricimer immediately summoned Gundobad, the son of his sister, from Gaul, where he was Master of Soldiers, who, having killed the emperor Anthemius in the very church of the St. Peter the Apostle, where he had taken refuge, then returned to Gaul" (Chron. 375)., où il reçoit une éducation raffinée à la cour impériale de Ravenne, aux côtés de RicimerLe patrice Ricimer qui tenait l'Empire était beau-frère de Gondioc qui avait reçu pour épouse l'une de ses sœurs., patrice des Romains depuis 456 et véritable maître du gouvernement.

Gondebaud reçoit le titre de (« maître des milices ») de la Gaule, puis est élevé à la dignité de patrice à la mort de Ricimer en 472. L'empereur romain d'Occident Olybrius étant mort en 472Généalogie d'Olybrius sur le site Medieval Lands., Gondebaud contribue à l'élection de son successeur, l'empereur Glycérius mais ne parvient pas à le maintenir face à l'opposition de l'empereur d'Orient qui impose Julius Nepos.

Roi des Burgondes avec ses frères Gondebaud revient en Gaule vers 474.

Gondioc étant mort vers cette date, le royaume burgonde est dirigé par son oncle .

À la mort de , vers 480Voir ., Gondebaud devient roi des Burgondes conjointement avec ses trois frères, selon la coutume germanique de partage du royaume.

La disparition de Chilpéric et de Gondemar et Gondomar meurent assez rapidement, comme l'indique une lettreSaint-Avit aurait dit à Gondebaud : . Dans La Bourgogne au Moyen Âge édité par l'Académie de Dijon, Centre régional de recherche et de documentation pédagogiques (1972). de l'évêque Avit de Vienne à Gondebaud, où il nous le montre affligé de la mort de ses frères :

La disparition de ces deux frères donne lieu à un débat historiographique. Au minimum, la responsabilité de leur mort est attribuée à Gondebaud. Une reconstructionVoir la page Gondemar et la discussion. un peu romancée envisage une tentative de renversement de Gondebaud par Chilpéric et Gondemar, Godegisèle restant en dehors de l'affaire. Gondebaud aurait d'abord été vaincu près d'Autun, puis aurait réussi à rétablir la situation et aurait pris les deux frères dans Vienne, Gondemar mourant au cours des combats et Chilpéric étant exécuté par Gondebaud.

La documentation d'époque consiste essentiellement en un passage de Grégoire de Tours où celui-ci évoque formellement et de façon assez détaillée l'assassinat de Chilpéric et de son épouse par Gondebaud, mais sans en donner les circonstances. Pour Grégoire de Tours, Chilpéric est un personnage important en tant que père de Clotilde (465-545), qui devient reine des Francs dans les , et qui passe les dernières années de sa vie, exceptionnellement longue pour l'époque, à Tours, ville dont Grégoire devient évêque en 565 :

Gondioc avait été roi des Burgondes : il appartenait à la famille d'Athanaric, le roi persécuteur de qui nous avons parlé ci-dessus. Il avait eu quatre fils : Gondebaud, Godégisèle, Chilpéric et Gondemar. Gondebaud égorgea Chilpéric son frère et noya la femme de celui-ci en lui attachant une pierre au cou. Il condamna à l'exil ses deux filles ; l'aînée, qui prit l'habit, s'appelait Croma, la plus jeune Clotilde. Or, comme Clovis envoie souvent des ambassades en Bourgogne, la jeune Clotilde est aperçue par ses ambassadeurs. Comme ils l'avaient trouvée élégante et sage et qu'ils avaient su qu'elle était de famille royale, ils l'annoncèrent au roi Clovis. Sans tarder, celui-ci envoie à Gondebaud une ambassade pour la demander en mariage. Ce dernier n'osant pas opposer un refus la remit aux ambassadeurs, et ceux-ci, amenant la jeune fille, la présentant au plus vite au roi. Quand il l'eut vue, le roi fut rempli d'une grande joie et il se l'associa par le mariage, alors qu'il avait déjà d'une concubine un fils nommé Thierry.

En ce qui concerne Gondemar, on n'a pas de renseignements sur les circonstances de sa disparitionVoir le chapitre « Gondemar a disparu mystérieusement », dans Clovis, un roi de légende, 148, de Michèle Laforest, Albin Michel ..

Roi avec Godégisile À la suite de la mort de Chilpéric et de Gondemar, un nouveau partage du royaume a lieu entre Gondebaud et Godégisile. Gondebaud établit sa capitale à Lyon et son frère s'installe à Genève. Genève les avait séduits. Lyon les éblouit : modèle de romanité (grande ville d'Empire) ! D'emblée ils lui ont accordé le rang de capitale. Sans détrôner pour cela Genève qui est resté leur Ville Seconde.

En 491, Gondebaud consent« ne pas opposer un refus » semble indiquer qu'il aurait bien voulu dire non et que s'il a dit oui c'est à contrecœur. In . à accorder la main de Clotilde, sa nièce, au roi des Francs et le mariage a lieu vers 493.Il faut toutefois prendre en considération les incertitudes qui pèsent sur la chronologie de certains événements concernant le royaume burgonde ainsi que sur la succession d'événements qui ont marqué le règne de Clovis. La date du mariage de Clovis fait l'objet de controverses entre les historiens et l'année 493 n'est peut-être pas celle de la vérité historique.. Le mariage de Clotilde, fervente catholique, très pieuse, nourrie, d'après Grégoire de Tours, d'un grand ressentiment envers son oncle Gondebaud, est très important pour les destinées du royaume burgonde.

En 492, Gondebaud entreprend une expédition contre les Ostrogoths en Ligurie et Lombardie, dont il sort victorieux. À la suite de cette expédition, une ambassade est envoyée par Théodoric le Grand pour le rachat des prisonniers, et Ostrogotha, fille de Théodoric, est accordée en mariage à Sigismond, fils de Gondebaud.

En 496, le roi burgonde apporte son aide à Clovis dans sa campagne contre les Alamans, achevée par la victoire franque de Tolbiac, ce qui permet aux Burgondes d'étendre leurs frontières jusqu'à la ReussÉdouard Sécretan, Le premier royaume de Bourgogne, ., aux confins de l'actuelle Suisse.

Le prosélytisme supposé. de Clotilde pour obtenir la conversion de Clovis, encore païen, à la religion chrétienne est couronné de succès après la victoire de Tolbiac. Mais Clovis, baptisé à Reims par l'évêque Rémi, devient immédiatement catholique, ce qui amène l'épiscopat catholique du royaume burgonde, l'évêque Avit en tête, à apporter son soutien au roi des Francs, Clovis étant salué comme « un nouveau Constantin ».

Malgré les efforts d'Avit, son ami, confident et conseiller, le roi burgonde préfère rester arien comme la majorité de son peuple, tout en étant soucieux de maintenir la concorde entre les Burgondes et les Gallo-romains catholiques. Le refus de Gondebaud de se convertir a sans doute été une occasion d'aller de l'avant pour Clovis. Mais Clotilde aurait aussi poussé, selon la tradition, son mari à attaquer le responsable du meurtre de son père.

La guerre de Gondebaud contre Godégisile et Clovis (500)

Grégoire de Tours raconte cette guerre de façon détaillée :

Gondebaud s'enferme à Avignon sous la protection des remparts de la ville. Le siège de celle-ci traînant en longueur, Clovis accepte de négocier. Gondebaud se reconnaît tributaire.

Après le départ de Clovis, Gondebaud mobilise à nouveau une armée, se dirige sur Vienne où son frère s'est installé et y met le siège. La ville de Vienne n’étant pas prête à tenir un siège, Godégisile décide d’expulser toutes les bouches inutiles car la famine était proche. Il expulse notamment l’employé de l’aqueduc, qui, vexé, aurait proposé à Gondebaud d’entrer dans la ville par l’aqueduc ainsi que le raconte Grégoire de Tours :

Godégisile s’étant réfugié dans la cathédrale arienne, Gondebaud l’y rejoint et le tue sur place, ainsi que l’évêque : Grégoire de Tours continue son récit :

Il tue aussi la femme et les deux filsIl y a une analogie curieuse entre la fin de Godégisile et celle de Chilpéric. de Godégisile, seules furent épargnées ses deux petites-filles : Sédéleubeude et Gondioque.

Désormais, Gondebaud est seul roi. Il « rétablit sous sa domination toute la région qui est maintenant appelée la Bourgogne et il édicta pour les Burgondes des lois plus douces afin qu'ils n'oppriment pas les Romains ».

Gondebaud seul roi des Burgondes

Le royaume de Gondebaud atteint alors sa plus grande extension ; il va de la Loire et du Rhône aux Alpes et au Rhin, incluant une partie de l'Helvétie. Du côté du nord, il dépasse la ville et le plateau de Langres et atteint la lisière du massif des Vosges ; au sud, il englobe l'ouest de la Provence, y compris, pendant un moment, Marseille.

Après la guerre de l'année 500, un traité est conclu l'année suivante avec ClovisIl paraît peu vraisemblable que Clovis n'ait pas réagi de façon plus sérieuse à l'assaut d'un tributaire contre un allié. Par ailleurs, quel est le contenu de ce traité ? sur la rivière .D'autres auteurs placent le traité à l'année 506. Remarque : le nom de cette rivière pourrait être lié au mot gaulois ., l'actuelle Cure, Gondebaud est désormais libre de se consacrer aux soins du gouvernement intérieur.

Il est à la fois et , ce qui fonde la légitimité de son pouvoir sur les Burgondes et sur les Gallo-Romains. Pétri de culture romaine (Avit de Vienne assure que Gondebaud ), il a parmi ses conseillers des lettrés gallo-romains : Placidus, Lucanus, Héraclius, Laconius, ainsi que Syagrius de Lyon, appelé par Sidoine Apollinaire (« moderne Solon des Burgondes »), qui connaît la langue burgonde.

Marius d'Avenches dit que le règne se déroule (« heureusement »).

Burgondes et Gallo-Romains

Il s'efforce d'apaiser les tensions religieuses et de maintenir l'équilibre entre les Burgondes, presque tous ariens, et les Gallo-romains de confession catholique.