Le tramway du Havre est un réseau de tramway à écartement standard desservant la ville du Havre, sous-préfecture de Seine-Maritime en Normandie. Mis en service le après deux ans et demi de travaux, il se compose de deux lignes A et B formant un réseau en « Y » long de desservant 23 stations. Étudié dès le début des années 2000, il permet de relier le centre-ville reconstruit et les quartiers de la ville-haute (Grand Hameau et Caucriauville) avec un moyen de transport plus capacitaire et rapide que les anciennes lignes de bus arrivant à saturation.
Les rames Alstom Citadis rappellent par leur design l'architecture du centre reconstruit par Auguste Perret.
Une troisième ligne (la C) vers Harfleur, Montivilliers (à la place de la LER) et les quartiers sud est en construction, pour une mise en service courant 2028.
Histoire L'ancien tramway (1874-1951) vignette|gauche|Motrice de l'ancien tramway havrais sur le pont des docks. vignette|gauche|Carte animée de l'évolution des infrastructures ferroviaires de l'agglomération du Havre, dont celle des anciens et actuels tramways, de 1870 à nos jours.
La municipalité du Havre fit construire son premier tramway en 1874 à l'image de ceux déjà présents dans d'autres villes afin de faire face à la multiplication des déplacements dans l'agglomération avec des communes en pleine expansion (notamment Montivilliers et Sainte-Adresse). Ce tramway fut l'un des premiers en Normandie. Hippomobile puis électrifié, le tramway havrais connut beaucoup de prolongements et devint un important réseau en termes de longueur. Remis en service après les bombardements de 1944, il disparaît malgré son potentiel en 1951, au profit des trolleybus et des bus.
Contexte vignette|gauche|Un Renault PR 118 à destination du quartier Mont-Gaillard.
Après l'arrêt des trolleybus en 1970, les années 1970 voient le début de la modernisation du réseau de bus qui se dote de ses premiers bus articulés sur la ligne de bus en 1982.. Le Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU) de 1973 prévoyait une réorganisation du réseau de bus (itinéraires, tarifs, voies réservées) et le renforcement de la ligne ferroviaire vers Montivilliers et Rolleville.
Le Havre fait face à partir des années 1980 à un déclin de sa population, passant de plus de 200 000 habitants en 1975 à 145 000 habitants en 2014 tandis que la population des communes périphériques augmente, bien que la tendance ralentit à partir des années 2010. Cette situation provoque un important développement du trafic automobile, bien que l'agglomération reste peu congestionnée.
Le , une convention est signée entre le Syndicat intercommunal des transports du Havre (SITRAH, la CODAH lui succédant en 2001.) et la SNCF pour développer l'offre de cette ligne qui prend le nom commercial Lézard'express régionale (LER). En 1998, le bilan du SDAU conclut à la réussite des améliorations du réseau de bus lors des années précédentes.
Malgré ces aménagements, les bus ne suffisent plus au début du à absorber la charge sur les deux principales lignes du réseau Bus Océane, 8 et 11 reliant respectivement Caucriauville et Mont-Gaillard depuis l'hôtel de ville.. Dès respectivement 1986 et 1987, ces lignes sont équipées de bus articulés et dotées de voies réservées (en 1987 à Mont-Gaillard et en 1989 en ville basse place de l'Hôtel-de-Ville et cours de la République). En 1991, tandis que la marque CGFTE est remplacée par Bus Océane, le réseau se dote d'un service de soirée (le « Midnight bus »).
Premières études vignette|Le cours de la République avant la construction des lignes du tram.
Le plan de déplacements urbains (PDU) adopté en 2003 ouvre la voie à la création d'un TCSP et Systra est mandaté pour réaliser une pré-étude qui définit trois tracés possibles. : Ligne en Y entre Caucriauville, Mont-Gaillard et le centre-ville avec un terminus à la Porte océane ; Ligne en Y entre le quai de Southampton, le centre-ville, Caucriauville et Mont-Gaillard, en suivant le tracé de la ligne de bus ; LER transformé en tram-train entre l'hôpital Jacques-Monod et le centre-ville, avec un terminus au quai de Southampton.
La première solution, desservant l'axe le plus emprunté du réseau (Hôtel de ville-Gare-Place Jenner) est retenu pour la suite des études, qui définiront le mode de transport (BHNS, trolleybus, tramway sur pneumatiques ou tramway). En 2004, Le Havre devient la première ville française à signer une convention intégrant les projets de transports en commun avec l'ANRU.
Entre 2005 et 2006, l'étude de faisabilité permet d'affiner le tracé et notamment la configuration de la station de la place Jenner (station commune ou séparée par ligne, option finalement retenue).. L'étude de Systra prévoyait un terminus Caucriauville sur l'avenue du Général-Ferrié, à l'ouest de l'emplacement finalement retenu sur l'avenue du Canada.
Après une concertation publique menée entre et , le projet (dont le tracé) est voté à l'unanimité par les élus de la CODAH le ; pour le tunnel Jenner, la création d'un tube a été retenue.
Le choix du tramway sur fer est voté le , pour des raisons de capacité, de fiabilité éprouvée et de plus grand choix de constructeurs que pour le tramway sur pneus et dans l'optique de faciliter la création d'un éventuel tram-train..
Concertation et enquête publique des lignes A et B En , l'équipe chargée de la maîtrise d'œuvre est constituée : elle est menée par Systra, mandataire d'un groupement associant Ingérop pour la partie voirie et réseaux. L'équipe comprend également les cabinets d'urbanisme Attica (insertion urbaine et paysagère) et d'architecture Ateliers Lion (centre de maintenance) et les paysagistes de l'Atelier Jacqueline Osty & Associés..
La procédure d'enquête publique est enclenchée le .. L'enquête publique en elle même est menée du au .. D'ultimes réunions publiques sont menées entre et . La déclaration d'utilité publique est délivrée au printemps 2010.
Une équipe de huit « ambassadeurs tramway » est mise en place afin d'informer et de rassurer riverains et commerçants sur le déroulement du chantier.
Les travaux préparatoires incluant notamment la déviation des réseaux souterrains débute en .. Le marché concernant les installations électriques, la signalisation ferroviaire le SAEIV, la billétique en partenariat avec Parkeon ou encore les bornes d'informations aux voyageurs est attribué à Ineo en , ce marché concerne également les équipements communs avec les bus (SAEIV et billétique)...
Travaux des lignes A et B vignette|Travaux de pose de la voie devant le Palais de justice. vignette|On aperçoit au fond de l'image à droite, le percement du tunnel. vignette|Festivités pour l'inauguration du devant l'hôtel de ville du Havre.
Le constructeur des rames, Alstom est désigné le . La construction de la plateforme puis la pose des voies et de la ligne aérienne de contact a lieu entre et .. Le choix d'une alimentation aérienne a été critiqué par des associations de riverains jugeant ces installations comme une pollution visuelle au sein de l'architecture d'Auguste Perret, lui préférant des alternatives comme l'alimentation par le sol, la CODAH ayant retoqué cette solution en raison de son coût élevé.
Le réseau de bus est adapté au chantier du tramway en avec la suppression du terminus à l'hôtel de ville et du passage par le boulevard de Strasbourg. La première pierre du dépôt est posée en .
Dans l'optique de réduire les nuisances et de tenir l'objectif d'inaugurer les lignes fin 2012, le chantier est mené simultanément sur les huit zones. Ce choix inhabituel cause malgré tout de nombreux désagréments sur la circulation routière et provoque un ras-le-bol des commerçants dont le chiffre d'affaires est impacté, la ville mettant en place des compensations financières. Les premiers rails sont posés le sur l'avenue du Bois-du-Coq près de la station Mare-Rouge, en présence de 20 enfants du quartier.. Les rails ont atteint le cours de la République en .
Le tube du tunnel Jenner long de 575 mètres, est le principal ouvrage d'art construit.
Le chantier a permis de mettre au jour des vestiges de la Seconde Guerre mondiale comme des obus sur le site du centre de remisage ou un abri anti-aérien non référencé sous le cours de la République devant la gare ; un collecteur d'égouts situé sous le boulevard de Strasbourg a dû être couvert d'une dalle de béton, rendant le roulement du tramway plus sonore en raison de la résonance du béton. Il a également été victime d'un incendie criminel sur une base vie située vers la gare.
La première rame est livrée le en provenant de l'usine Alstom Aytré.. Les premiers essais ont lieu dès suivis des premiers essais en ligne en entre les stations Grand Hameau et Mont-Gaillard, puis jusqu'à Rond-Point le , le jusqu'à La Plage et enfin le de Place Jenner à Caucriauville - Pré Fleuri.. Ces premiers tests, menés à 15 puis à , forment l'« ouverture de voie » et servent à tester le fonctionnement et la conformité des installations ; Alstom menant en parallèle les tests d'accélération et de freinage.. L'aménagement des stations est effectué entre le , avec la station Curie, et l'été 2012..
Dès le , le réseau Bus Océane est renommé LiA..
La marche à blanc, période de fonctionnement normal mais sans voyageurs, débute le .
Après un chantier mené en un temps record de deux ans et demi, les lignes A et B sont inaugurées le à et mises en service le lendemain, 61 ans après la fin de l'ancien réseau.. L'inauguration symbolique est faite sur la place Jenner, malgré des manifestations syndicales tentant de perturber la cérémonie, par le maire Édouard Philippe (qui a succédé à Antoine Rufenacht après sa démission en 2010.) accompagné d'enfants fêtant leur anniversaire ce jour-là, par appui sur un buzzer libérant la rame inaugurale s'engouffrant ensuite dans le tunnel Jenner et suivie d'animations festives tout au long de la journée..
L'ensemble réseau de transport LiA, restructuré le , est gratuit jusqu'au pour l'occasion. Les dernières plantations d'arbres et de végétation ont eu lieu en .
Quel avenir pour la LER ? Dès les études de 2005, la création d'une « ligne 2 » se débranchant depuis la gare vers l'est de la ville (Docks Vauban, quartier de l'Eure, Stade Océane) est évoquée et rappelée durant les travaux des lignes A et B..
Fin 2014, deux lignes de téléphérique urbain sont étudiées : de la place Jenner à l'hôpital Monod via Rouelles et de ce dernier à Gonfreville-l'Orcher via le quartier Caucriauville.. D'une fréquentation estimée à par jour, le projet est toujours selon le maire Édouard Philippe en 2016.
En 2018, les études pour cette seconde ligne de TCSP sont lancées, et permettent de choisir entre plusieurs options. : BHNS Gare - Quartiers sud - Harfleur ; tramway ; combinaison tramway et tram-train sur la LER.
Le résultat de cette étude est présenté lors du conseil communautaire du avec la création d'une ligne de tramway entre la plage, la gare, les quartiers sud, Graville et enfin Montivilliers via la LER pour une mise en service à l'horizon 2025. Annoncé lors de la présentation à la presse, le prolongement à Sainte-Adresse est abandonné lors des études de faisabilité technique et financière, plus approfondies.
À peine présenté, le tracé de la ligne est critiqué par les élus d'opposition de Montivilliers notamment dénonçant un et sous estimé pour rejoindre les communes de la vallée de la Lézarde, les élus PCF demandant quant à eux de maintenir et prolonger la ligne ferroviaire existante jusqu'à Criquetot-l'Esneval.. Les citoyens se mobilisent également contre ce tracé, une pétition recueille près d'un millier de signatures et une consultation menée par les élus PCF de Montivilliers débouche sur un refus à 80 % du tracé initial. Le maire de Montivilliers propose une alternative, celle de couper directement de la gare du Havre au stade Océane par le boulevard Winston-Churchill sans desservir les quartiers sud..