Tanguy François Marie Prigent., dit Tanguy-Prigent, né le à Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) et mort le à Morlaix (Finistère), est un homme politique socialiste et résistant français.
Biographie
Avant la Seconde Guerre mondiale thumb|left|L'élection de François Tanguy-Prigent comme conseiller général du canton de Lanmeur (journal Le Populaire du ). François Tanguy-Prigent est issu d'une famille de petits propriétaires paysans. Après l'école primaire, il travaille à la ferme de ses parents et se syndique dès l'âge de 16 ans au sein de la Fédération paysanne. Il devient rapidement l'un des dirigeants de cette organisation, affiliée à la Confédération nationale paysanne (CNP).
Il s'engage également très jeune en politique, puisque dès l'âge de 18 ans, il devient secrétaire de la section locale des jeunes socialistes, qui dépendait de la SFIO. Dès le milieu de la décennie 1930, il devient conseiller général du Finistère (canton de Lanmeur) en et maire de sa commune d'origine, Saint-Jean-du-Doigt, en . Il anime aussi la « Coopérative agricole de Défense Paysanne » dont il fut le fondateur, et lutte dans les campagnes contre les Chemises vertes fascisantes d’Henri Dorgères..
En , il est élu député à la Chambre des députés, lors des élections qui ont porté le Front populaire au pouvoir. À cette occasion, il bat de manière totalement inattendue un notable local, candidat sortant dans son fief familial, et devient ainsi le plus jeune député de FranceJournal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest du 18 septembre 1944.. Il fait alors partie des quinze députés élus en Bretagne signataires d'un « programme du Front Breton », qui vise alors à créer un groupe parlementaire breton à l'Assemblée nationale, et à défendre des lois en faveur de la régionalisation des institutions ou en faveur de l'enseignement de la langue bretonne..
Pendant la Seconde Guerre mondiale
Il est mobilisé en 1939 lors de la déclaration de guerre comme sous-lieutenant de dragons portés. Affecté à la défense antiaérienne de la région parisienne pendant la drôle de guerre, il demande à être envoyé au front après le déclenchement de l'offensive allemande et combat en avec le de dragons portés. Au moment de l'armistice du 22 juin 1940, il est partisan de l'arrêt des combats inutiles mais le Tanguy-Prigent est l'un des quatre-vingts parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs à Pétain. Tanguy-Prigent fut de ceux qui votèrent en uniforme.
De retour à Saint-Jean-du-Doigt, il est arrêté en par les Allemands mais rapidement relâché. François Tanguy-Prigent crée dès la fin de l'année 1940 dans le Nord du Finistère le Bulletin bimensuel de la Coopérative de Défense paysanne de Morlaix, qui critique la politique menée par la Corporation paysanne ; cette coopérative regroupe en 1942 et diffuse à partir de 1941 son Bulletin dans 18 départements, toléré un temps par le régime avant d'être interdit, mais son action a jeté les bases d'un syndicat agricole clandestin, la Confédération générale de l'agriculture (CGA)"Résistance et monde rural", , "La Résistance en action dans le monde rural", consultable http://www.fmd.asso.fr/updir/70/concours_partie_2.pdf..
Le régime de Vichy l'identifie comme un opposant à la Révolution nationale mais n'ose pas le révoquer de son mandat de maire par crainte de sa popularité locale. Tanguy-Prigent en profite pour reprendre contact à partir de avec les cadres du parti SFIO qui est en train de se reconstituer clandestinement en région parisienne. À partir de 1941, François Tanguy-Prigent rejoint le mouvement Libération-Nord. Dans la clandestinité, François Tanguy-Prigent devient (soit « Jacques Le Rouge ») ou . Révoqué par le régime de Vichy de son mandat de maire en et arrêté brièvement une seconde fois par les Allemands, il entre totalement en clandestinité à l'été 1943. Il organise un maquis dans le Nord du Finistère, utilisant sa bonne connaissance du monde rural local pour lutter contre l'Occupant et le régime de Vichy. Il crée au début de l'année 1944 un journal clandestin nommé La Résistance paysanne et participe aux combats de la Libération à la tête de et de troupes françaises parachutées d'Angleterre.
Après la Seconde Guerre mondiale
Le , François Tanguy-Prigent devient ministre de l'Agriculture (c'est par la radio qu'il apprend qu'il a été nommé à ce poste par le général de Gaulle). Il conserve cette fonction jusqu'au .
Il entreprend alors la modernisation de l'agriculture française. Dès le , il supprime la Corporation paysanne, organisme corporatiste créé en 1940 par le régime de Vichy. Il aide aussi au développement des syndicats, coopératives et foyers ruraux, dans un but d'accompagnement culturel de la reconstruction et d'émancipation des campagnes de . Il participe activement à la fondation de la Fédération Nationale des Foyers Ruraux (FNFR), en 1946, qui deviendra rapidement un des grands mouvements d'éducation populaire.
Il est aussi à l'origine de la création du statut du fermage et du métayage (loi du ). Ce statut, très protecteur des droits des paysans vis-à-vis de leurs propriétaires, est encore en vigueur aujourd'hui.
François Tanguy-Prigent est élu aux deux assemblées nationales constituantes de 1945 et 1946, puis comme député du Finistère jusqu'en 1958, toujours en tant que socialiste SFIO.
En 1951, il est vice-président du Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons (CELIB), avec Paul Ihuel et André Morice, le président étant René Pleven. En 1957, il en préside la Commission parlementaire. Il est alors également membre de la Fondation culturelle bretonne..
Opposé au retour de Charles de Gaulle en 1958, il quitte la SFIO en et milite au Parti socialiste autonome (PSA) puis au Parti socialiste unifié (PSU), qu'il représente à l'Assemblée nationale de 1962 à 1967 (il siège avec les non-inscrits).
Il fut également conseiller général du Finistère et directeur de journal.
Fonctions gouvernementales Ministre de l'Agriculture du gouvernement de Gaulle I (du au ) Ministre de l'Agriculture et Ravitaillement du gouvernement de Gaulle II (du au ) Ministre de l’Agriculture du gouvernement Gouin (du au ) Ministre de l'Agriculture du gouvernement Bidault I (du au ) Ministre de l'Agriculture du gouvernement Blum III (du au ) Ministre de l'Agriculture du gouvernement Ramadier (du au ) Ministre des Anciens Combattants et des Victimes de guerre du gouvernement Mollet (du au )
Hommage François Tanguy-Prigent a donné son nom à trois établissements scolaires de Bretagne : Le collège public de Saint-Martin-des-Champs ; L'école publique de Santec ; Le CFPPA de Kernilien à Plouisy porte également son nom.
Beaucoup de rues et places portent son nom partout en Bretagne, de Brest (Finistère), avec le boulevard Tanguy Prigent qui fait partie de sa rocade, à Rennes (Ille-et-Vilaine), Saint-Avé (Morbihan), Lannion (Côte d'Armor), Saint-Pol-de-Léon (Finistère) Guilers et Guipavas (Finistère) entre autres. La place Tanguy-Prigent est la place principale de Lanmeur (Finistère).
Décoration
sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre du Mérite combattant, ex officio en tant que ministre des Anciens combattants et victimes de guerre (1956).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . Pierre Barral, Les Agrariens français, de Méline à Pisani, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1968. . . Maitron Jean et Pennetier Claude (sous la direction de), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Paris, éditions de l’Atelier, 1964-1995. Mireille Prigent, Tanguy Prigent, éd. Club socialiste, 1982.
Articles connexes Gouvernement provisoire de la République française - Gouvernement de Gaulle I - Gouvernement de Gaulle II - Gouvernement Félix Gouin - Gouvernement Bidault I - Gouvernement Blum III
Liens externes
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