Philips Records, dans les pays francophones Disques Philips, communément appelé simplement Philips, est un label discographique multinational créé en 1950 par la maison de disques néerlandaise Philips Phonografische Industrie N.V. (PPI), une filiale du groupe industriel Philips..
En 1962, PPI s'associe à la maison de disques allemande Deutsche Grammophon GmbH, une division du groupe Siemens, pour fonder une coentreprise sous le nom de Grammophon-Philips Group (GPG).. Cette association conduira à la création en 1972 de PolyGram, une des majors de l'industrie musicale. À partir de 1962, le label Philips est géré au niveau mondial par GPG, puis par PolyGram.
À la fin des années 1980, après la divestiture de Siemens dans PolyGram, la major devient une filiale à part entière du groupe Philips. En 1998, Philips, alors en pleine restructuration, décide de se désengager du secteur de l'industrie musicale et cède PolyGram au groupe canadien Seagram, propriétaire d'Universal Music Group (UMG).. L'année suivante, PolyGram fusionne avec UMG. Entre 1999 et 2008, UMG continue l'exploitation du label Philips sous un contrat de licence de marque avec le groupe Philips.
À partir de 2009, UMG abandonne l'utilisation du label Philips sur les publications d'albums sur support physique, à l'exception de rééditions de disques notables provenant du back-catalogue Philips.
Histoire Durant les années 1930, devant l'augmentation rapide des ventes de phonographes, le groupe Philips décide de se lancer lui aussi dans la fabrication de ce type d'appareils. Anton Philips, PDG du groupe, pense que pour assurer le succés des phonographes Philips, il est également nécessaire de proposer au public des disques pouvant être écoutés sur ces phonographes. Dans ce but, en 1942 le groupe Philips rachète la société Hollandsche Decca Distributie (HDD), qui produit aux Pays-Bas les Disques Decca sous licence et publie également ses propres enregistrements.. Jusqu'à la fin des années 1940, les activités discographiques du groupe Philips sont réparties entre plusieurs sites : la recherche et le développement prennent place à Eindhoven, les enregistrements à Hilversum, la fabrication à Doetinchem, la distribution à Amsterdam et les exportations depuis Eindhoven.
Philips Phonografische Industrie (PPI) vignette|gauche|redresse=0.6|Blason historique des disques Philips. En 1950, le groupe Philips décide de regrouper toutes ses activités discographiques au sein d'une nouvelle filiale, baptisée Philips Phonografische Industrie (PPI) et basée à Baarn. Parmi les projets initiaux de PPI figurent l'introduction sur le marché du label Philips et le démarrage de la production de disques microsillons. Les premiers albums commercialisés sous la marque Philips sont des disques de musique classique. S'ensuivent des albums de musique de variétés enregistrés par des artistes de différentes nationalités. vignette|redresse=0.7|Album microsillon Philips des années 1950. L'objectif du groupe Philips est de faire de PPI la première maison de disques en Europe.. Au fil des années, plusieurs initiatives sont prises en ce sens.
Dès sa création, PPI explore la possibilité de s'unir avec la maison de disques allemande Deutsche Grammophon (DGG), afin de créer un géant européen du disque. La collaboration entre PPI et DGG débute avec des contrats de fabrications de disques et un engagement entre les deux compagnies de ne pas débaucher leurs artistes respectifs.
En 1952, PPI signe un accord de distribution réciproque avec la maison de disques américaine Columbia Records qui voit PPI commercialiser les disques Columbia sous étiquette Philips en Europe (la marque Columbia étant détenue par EMI dans les pays européens) et Columbia distribuer les disques Philips sous le label Epic aux États-Unis.. Les deux maisons de disques sont complémentaires au niveau de leur catalogue (Columbia est très présente dans la musique de variétés et le jazz alors que PPI l'est dans la musique classique) ce qui leur permet d'étoffer leur offre et, ainsi, d'accroitre leurs ventes dans leurs territoires respectifs. Ce partenariat prendra fin dix ans plus tard avec la création par Columbia, aidée par PPI pour l'Europe, d'une division internationale sous le nom de CBS Records International..
En parallèle, PPI se lance dans une politique d'acquisition d'autres maisons de disques à travers le monde. En 1951, PPI rachète la Société Phonographique Française Polydor S.A, filiale française du label allemand Polydor, et, en 1958, la Companhia Brasileira De Discos au Brésil. L'un des plus importants rachats est celui de Mercury Records aux États-Unis en 1962, qui permet à PPI d'avoir accès à une nouvelle source d'enregistrements d'artistes américains et de pouvoir lancer le label Philips aux États-Unis. PPI ouvre également des filiales dans plusieurs pays dont le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, les pays nordiques, l'Argentine et le Japon. À la fin de 1966, PPI est présente dans 64 pays..
vignette|gauche|redresse=0.9|Musicassette de l'album A Girl Called Dusty. En matière d'innovation, la « Compact Cassette », lancée par le groupe Philips en 1963, permet à PPI d'introduire au printemps 1965 sur le marché européen, sous le nom de « Musicassettes », les premières cassettes audio préenregistrées. L'année suivante, la filiale américaine de PPI lance le nouveau format aux États-Unis sous le label Mercury. Dès 1967, devant le succès rencontré par les musicassettes, les autres maisons de disques adoptent également le format compact cassette créé par Philips.. L'augmentation rapide des ventes d'appareils à cassettes à travers le monde, en particulier celles d'autoradios avec lecteur de cassette intégré, va conduire PPI et ses concurrentes à publier une grande partie de leur catalogue à la fois au format disque et au format cassette.
vignette|redresse=0.7|LP publié par Pergola. D'autres axes de croissance poursuivis par PPI sont le lancement de nouveaux labels pour compléter l'offre des disques Philips, la distribution de labels indépendants et la fabrication de disques vinyles pour des labels discographiques concurrents. Les nouveaux labels créés par PPI incluent : Fontana en 1956 (spécialisé dans la musique de variétés et le jazz), Pergola en 1961 (rééditions à prix réduit d'albums à succès et de disques pour la jeunesse). et Vertigo en 1969 (la réponse de Philips à la création des labels Harvest (EMI) et Deram (Decca) tournés vers la publication d'albums de rock progressif et autres styles musicaux associés à la contre-culture hippie). Le label américain Mercury, devenu la propriété de PPI en 1962, est utilisé de manière similaire en dehors des États-Unis pour produire de nouveaux artistes. Parmi les labels indépendants distribués par PPI, on trouve Impulse!, Island Records et Vanguard Records. Enfin, disposant d'importantes capacités de production de disques vinyles dans ses usines (Baarn aux Pays-Bas, Chingford au Royaume-Uni et Louviers en France), PPI réalise des services de gravure et d'impression pour des entreprises tierces, notamment CBS et Atlantic.
PolyGram
En 1962, PPI et Deutsche Grammophon décident de s'associer formellement et créent une coentreprise sous le nom de Grammophon-Philips Group (GPG) regroupant toutes leurs activités musicales. GPG est rebaptisée PolyGram en 1972 après une réorganisation de la coentreprise qui conduit à la fusion entre PPI et Deutsche Grammophon. La nouvelle entité, présidée par Coen Sollenveld., est détenue à parts égales par le groupe Philips et par Siemens.. PolyGram comprend deux divisions : Polydor International GmbH, qui est responsable des labels Deutsche Grammophon, Polydor, MGM Records et Verve Records, et Phonogram International B.V, qui est responsable des labels Philips, Mercury, Fontana, Pergola et Vertigo.
vignette|gauche|redresse=0.8|Barry White a été publié par Philips sous licence de 20th Century Records. En raison de son implantation mondiale, PolyGram signe des contrats de distribution avec des maisons de disques concurrentes afin de publier leurs enregistrements dans les pays où ces maisons de disques ne sont pas présentes. Cela permet aux différents labels de PolyGram, dont Philips, d'ajouter de nouveaux artistes à succès dans leurs catalogues locaux. Par exemple, Philips publie dans plusieurs pays, sous son label, les albums du chanteur Barry White, qui est un artiste du label américain . De manière similaire, Philips publie en Espagne et en Allemagne plusieurs albums du groupe Genesis, dont Nursery Cryme enregistré et publié au Royaume-Uni en 1971 par Charisma Records. Aux Pays-Bas et au Japon, Philips lance l'album du chanteur américain Jim Croce intitulé , enregistré et publié aux États-Unis en 1972 par ABC Records.
Au début des années 1980, PolyGram faisant face à d'importantes difficultés financières provoquées par le déclin du disco., son nouveau PDG, Jan Timmer., met en œuvre une stratégie de rationalisation et de spécialisation des différents labels de la major du disque pour réduire ses coûts de fonctionnement. Une des initiatives prises est de recentrer au niveau international le label Philips sur la musique classique, domaine où le label est reconnu mondialement, les labels Mercury et Polydor reprenant les artistes de Pop et de Rock produits par Philips. Toutefois, dans un nombre limité de pays, dont le Brésil, la France et le Japon, où le label Philips détient une notoriété importante en dehors de la musique classique, des disques de tous les styles musicaux continuent d'être publiés sous étiquette Philips.
Au vu des problèmes financiers rencontrés par PolyGram, Siemens cherche à quitter l'entreprise. Entre 1985 et 1987, le groupe Philips rachètent les parts de Siemens dans PolyGram, devenant l'unique actionnaire.
Philips Classics Productions
vignette|redresse=0.65|CD édité par Philips Classics.
À la suite de la décision de PolyGram de dédier le label Philips principalement à la musique classique, un nouveau label, Philips Classics, voit le jour. En 1983, PolyGram débute la commercialisation des premiers albums Philips Classics au format CD. Peu de temps après, la division Philips Classics Productions est créée, qui reprend toutes les activités de musique classique du label Philips. Aux États-Unis, une nouvelle structure, PolyGram Classics, assure la distribution des albums de musique classique produits par Decca, Deutsche Grammophon, Mercury et Philips Classics. Dans les années qui suivent, le succès rencontré par les disques compacts auprès des mélomanes va doper les ventes d'albums de musique classique et aider PolyGram à renouer avec les bénéfices.
En 1997, PolyGram réunit quatre de ses labels de musique classique - Philips Classics, Point Classics, Gimell et Imaginery Road - au sein d'une nouvelle division intitulée Philips Music Group qui remplace Philips Classics Productions. Les nouveaux enregistrements sont publiés sous l'étiquette historique Philips.
Universal Music Group
En 1998, la direction du groupe Philips prend la décision de désengager l'entreprise du secteur de l'industrie musicale, secteur qu'elle considère en perte de rentabilité.. PolyGram est cédé à Seagram, propriétaire de la maison de disques Universal Music Group (UMG). PolyGram fusionne avec UMG l'année suivante. Un contrat de licence de la marque Philips est signé entre le groupe Philips et Universal Music pour une durée de dix ans. À la suite de cette fusion, la division Philips Music Group est intégrée dans Decca Music Group Limited. Les bureaux et les studios d'enregistrement et de mastering de Philips Music Group, situés aux Pays-Bas, sont fermés et transférés au siège de Decca à Londres..