vignette|Théodore Botrel et Hélène Lutgen dite « Léna » portant le costume traditionnel de la région de Pont-Aven vers 1900. vignette|Galerie de costumes en usage au publiée dans Geschichte des Kostüms d'Adolph Rosenberg (1905).

Le costume breton désigne les différents modèles de vêtements portés en Bretagne, à partir de la fin du . Jusqu'au milieu du , les paysans, les marins, les commerçants, les ouvriers ou les artisans, avaient en effet trois catégories d'habits : la tenue de travail, l'habit du dimanche et le costume de cérémonie. Les vêtements de tous les jours présentaient moins d'originalité même s'ils avaient aussi des caractéristiques locales ou professionnelles.

Ce qui fait la spécificité du costume breton, c'est l'existence d'une très grande diversité de styles, de couleurs, de coiffes le rattachant aux arts textiles. Le costume est marqué, en effet, par une forte différenciation spatiale à partir du , variant parfois d'une commune à l'autre.

Depuis le , l'évolution de la vie sociale, le développement du tourisme ainsi que la diffusion des magazines de mode, entrainent un déclin dans le port des costumes. Et le costume breton est porté essentiellement à l'occasion de manifestations religieuses exceptionnelles telles que les pardons, ou de manifestations culturelles auxquelles participent les cercles celtiques. On parle alors de costume traditionnel ou folklorique.

Les usages du costume breton historique ou créé pour des représentations scéniques ou artistiques ont ainsi évolué si bien qu'aujourd'hui, le costume a disparu de la vie courante. Alors qu'il a représenté pendant environ deux siècles, un vêtement associé à un mode de vie, c'est aujourd'hui un vêtement choisi, par ceux qui le portent.

Origine des costumes C'est la Révolution qui marque l'apparition des costumes paysans, qui représentent avant tout une classe sociale et non pas un groupe ethnique, qui n'était pas lié à une origine géographique. La mode reflète des influences esthétiques, économiques et politiques européennes. C'est ainsi qu'il existe des costumes en Provence et dans d'autres régions. Transformant la classe paysanne, la révolution va donner accès à des éléments de singularisation et d'enrichissement des vêtements à savoir les étoffes brodées, les rubans, les dentelles. Il est possible d'affirmer, selon René-Yves Creston, qu'avant la révolution, il n'existait pas de costume typiquement breton.

Cependant, en Bretagne occidentale, l'éloignement explique un retard dans l'arrivée du vêtement français et un maintien de traditions vestimentaires plus ancienne : la mode du pour les vêtements masculins et le pour les vêtements féminins. Par exemple, pour le vêtement masculin, l'habit à la française qui est en vigueur durant le et le est celui de la culotte qualifiée en breton de bragoù berr. Tandis que, la mode du aussi qualifiée de Renaissance bretonne, est celle de la culotte bouffante, à la même époque, en Bretagne, qualifiée de bragoù bras. Les styles en vigueur dans la mode parisienne ont subsisté plus longtemps en Bretagne.

Les étoffes utilisées pour ces vêtements sont des toiles d'origine artisanale, généralement filées par les femmes et tissées par les artisans du village, mais la facture est modeste et le vêtement surtout utilitaire, avec peu d'apparat. Les vêtements de dimanche et de cérémonie sont de couleur noire et ce sont les vêtements de travail qui sont en droguet.

La coiffe est un apanage du vêtement féminin répandu dans toute l'Europe. Composée d'un fond et des ailes. Le goût pour la distinction a conduit à une diversité de modes et de facture, en utilisant des fantaisies de création. On retrouve, des éléments de coiffes anciennes, dans les costumes des religieuses qui ont conservé des factures plus anciennes. C'est le cas notamment de l'ordre des Sœurs du Saint Esprit (les « Sœurs blanches ») et celui de l'ordre des Sœurs grises en particulier dont l'habit est celui des paysannes du . De la même façon, pour les hommes, le chapeau présente de nombreuses variantes selon les régions et les occasions : rubans simples (guides) ou multiples retombants du chapeau ou non, largeur des bords, relevés en totalité, en partie ou pas du tout, entourage du chapeau laissant voir une calotte arrondie ou lui donnant un aspect cylindrique, nombre de boucles, …

L'abolition des lois somptuaires au moment de la révolution va entrainer une liberté politique qui se verra dans l'art vestimentaire des paysans et des paysannes. Mais il faut attendre 1830 pour que le style populaire breton devienne un art vestimentaire à part entière.

Puis, lors de l'intensification des moyens de transport, le développement de l'industrie, l'accroissement du commerce terrestre, l'amélioration des moyens d'existence des paysans va contribuer à la diversification et au développement de modes vestimentaires qui vont devenir de plus en plus variées jusqu'à arriver à une fragmentation des modes qui sera en vigueur durant environ un siècle, entre le et le , parfois jusqu'à s'éloigner des courants de mode modernes. Ainsi, c'est dans les départements du Finistère et du Morbihan que la fragmentation des modes a été le plus importante. De même qu'on retrouve des différences dialectales importantes entre le breton de Cornouaille et le breton Vannetais, la mode vestimentaire a aussi été un marqueur d'unité territoriale dans sa diversité. Les pays de Nantes et de Rennes ont reçu une influence plus grande et plus précoce de la mode française. Il faut cependant encore une fois distinguer les brodeurs citadins qui avaient accès aux journaux de modes parisiens, des brodeurs de pleine campagne qui conservent plus longtemps des motifs anciens.

Les modes sont européennes et c'est ainsi que, les vêtements pouvaient prendre l'aspect de vestes espagnoles, polonaises où seuls les motifs ornementaux étaient d'inspiration bretonne. Mais il faut également nuancer, car les motifs sont inspirés de motifs décoratifs des styles Louis XIII à Louis XVI.

Samuel Jacob, grand-père de Max Jacob, s'établit comme marchand tailleur, rue du Parc à Quimper. En 1859, il propose avec succès des habits citadins portant des broderies qui feront sa renommée en faisant travailler en particulier les brodeurs bigoudens dans un contexte porteur pour la Bretagne. Dix de ses costumes traditionnels bretons (de Scaër, de Ploaré, de Pont-L'Abbé, de Kerfeunteun) seront présentés à l'exposition universelle de Paris en 1867, il y remporte une médaille d'argentJournal de l'exposition universelle, 1867.

Progressivement, avec le développement du tourisme, les costumes développés à la campagne se sont inspirés des vêtements portés par les citadins.. Réciproquement, la mode bretonne a influencé ensuite certains styles vestimentaires urbains.

vignette|Portrait de Madame Champsaur habillée d'une robe aux inspirations bigoudènes, qui pose dans son salon parisien, réalisé par Émile Schuffenecker (1890).

Par exemple, le portrait de Jeanne Marie Chazotte (Madame Champsaur), épouse de l'écrivain Félicien Champsaur, mêle vêtements urbains et influences bretonnes, ici la broderie bigoudène, au . Ces inspirations bigoudènes, qui ont touché principalement la mode parisienne, ont été particulièrement marquées entre 1850 et 1910..

À partir de 1925, sous l'influence du mouvement des arts décoratifs, de nouveaux motifs vont être créés, en fonction des demandes de la clientèle.

Diversité des modes vestimentaires

Les vêtements collectés à partir du L'épanouissement du costume breton débuta après que la Révolution française eut aboli les lois somptuaires qui, sous l'Ancien Régime, règlementaient l'inventivité autour du luxe en fonction du rang social.

Le costume a ensuite évolué au cours du temps, avec une forte différenciation locale au . Les styles sont variés car ils se différencient parfois d'une commune à l'autre.. Selon certains auteurs, le travail de singularité et de différenciation dans l'art vestimentaire, répond à l'émergence de l'uniformité républicaine. Le costume breton se diversifie surtout à partir du si bien que chaque village, chaque quartier de ville, chaque métier pouvait se distinguer du village voisin par le jeu des broderies et des couleurs . Cette diversité se retrouve dans un proverbe breton « Kant bro, kant giz » qui peut se traduire par « cent terroirs, cent modes vestimentaires »Expression complète : « Kant bro, kant giz, Kant parrez, kant iliz ; Kant maouez, kant hiviz » (Cent pays, cent guises ; cent paroisses, cent églises ; cent femmes, cent chemises)..

Le mouvement de diversification cessa avec les costumes uniformément noirs qui étaient les seuls autorisés en cas de veuvage, imposés par le massacre de la Première guerre mondiale (1914-1918). « La Bretagne entrait dans la modernité à la force des baïonnettes » .

Quelques spécificités du costume breton Les tenues féminines étaient composées de parties différentes : jupe, haut (généralement en velours), châle et tablier qu'on mettait autour de la taille et qui remontait vers la poitrine.

Les tenues masculines étaient composées des culottes bouffantes, appelées en breton, mais qui n'étaient pratiquement plus portées avant même 1900. On les a considérées comme d'origine celtique, sorte de kilt transformé par le mouvement de Contre-Réforme. Cette origine celtique est contestée par les historiens du costume breton, comme René-Yves Creston et par Pierre Hélias, qui voient au contraire dans ce vêtement une simple évolution de la rhingrave, c'est-à-dire du haut de chausses ample et bouffant porté par la noblesse du .

Les costumes portés par les habitants de Cornouaille au , ont été représentés par les peintres de l'école de Pont-Aven, surtout par Gauguin, et plus particulièrement les vêtements de cérémonie.

Au , dans le Pays Fañch, la coiffe dite Sion, n'était portée que sur le territoire restreint des Diazoù, dans le sud de l'actuel canton de Saint-Nicolas-du-Pélem. Au , François Hippolyte Lalaisse a représenté les costumes traditionnels masculin et féminin de ce terroirA ce sujet il écrivait : (« Regardez un monsieur de Saint-Gilles-Pligeaux et les robes de Corlay au milieu des prêtres : quels plaisirs sont dans mon pays. »).

vignette|left|Coiffe de Lorient. Les costumes du pays de Lorient partagent une des particularités des costumes du pays vannetais : des tabliers de velours pour la plupart comportant des motifs floraux peints ou brodés. Le tablier de Lorient, contrairement aux autres tabliers vannetais, est constitué d'une grande bavette qui recouvre les épaules.

Dans le Trégor-Goëlo, la coiffe des femmes la plus répandue s'appelle la toukenn.