Jean-Baptiste Rossi, plus connu sous son nom de plume Sébastien Japrisot, anagramme de son véritable nom, né le à Marseille et mort le à Vichy, est un romancier, scénariste, traducteur, réalisateur et parolier français.
Sous son pseudonyme, il signe ses deux premiers romans policiers : Compartiment tueurs et Piège pour Cendrillon. Écrits rapidement, ils sont un succès et sont adaptés au cinéma. Il commence une carrière de publicitaire, vite abandonnée.
En , il publie le roman Un long dimanche de fiançailles, une histoire d'amour durant la Première Guerre mondiale qui se transforme en enquête policière. Il reçoit le Prix Interallié en 1991. Son roman est adapté au cinéma en 2004 par Jean-Pierre Jeunet.
Biographie Jeunesse marseillaise (1931-1949) Il est né le , à Marseille, dans une famille d'origine italienne. Il est élevé par sa mère et ses grands-parents.
À 17 ans, pendant ses études au lycée Thiers., il écrit Les Mal Partis, histoire d'amour entre un collégien et une religieuse pendant la débâcle de 1940. Il obtient son baccalauréat.
Premiers romans (1948-1952) Il vient à Paris à la rentrée suivante pour s’inscrire à la Sorbonne. Il cherche un éditeur pour publier son premier roman, Les Mal Partis ; une amie lui recommande un bureau de dactylographie, situé au quai de l’Horloge, un service destiné aux avocats et aux médecins sans secrétaire. Germaine Huart, une des dactylos, lui propose de taper son manuscrit en dehors de ses heures de travail. Il en tombe amoureux et l'épousera.. Il écrit la deuxième partie des Mal Partis. Le roman est publié en 1950, chez Robert Laffont.
Il a choisi les Éditions Robert Laffont pour la couverture de sa collection Pavillons. Il demande à rencontrer personnellement l'éditeur. Robert Laffont, marseillais comme lui, accepte de le publier, malgré le sujet sulfureux et les avis défavorables de son comité de lecture, (sauf Robert Kanters), et les menaces des jésuites. Rossi a dix-neuf ans.
Le livre remporte un succès d'estime en France. Au Quartier Latin, l'écrivain Roger Nimier déclare : .
Traduit à l'étranger, le roman est un succès aux États-Unis. Il décroche un contrat avec les (livres de poche). Dans la foulée, il écrit Visages de l'amour et de la haine, une longue nouvelle pour le numéro d'octobre 1950 de Réalités, revue dirigée par Marcel Mithois.
Traduction, publicité, courts métrages (1953-1961)
Il traduit plusieurs romans westerns de Clarence Mulford (l'auteur de la série Hopalong Cassidy), sous le pseudonyme de Robert Huart, pour la nouvelle collection Arizona de Robert Laffont Références des romans de Clarence Mulford traduits par Sébastien Japrisot, série Hopalong Cassidy..
En 1953, la traduction de L'Attrape-cœurs de J. D. Salinger lui est confiée. Le roman est vendu à 100 exemplaires. Il est déçu de la littérature.
En 1956, il traduit Mais qui a tué Harry ?, un roman de Jack Trevor Story adapté par Alfred Hitchcock pour le film homonyme.
Il devient concepteur et chef de publicité pour deux agences parisiennes, ayant parmi leurs principaux clients Synergies, Air France, Rubafix, les vins Postillon ou les parfums Houbigant. Plus tard, il confiera : .
Vers l'âge de 29 ans, il rencontre le producteur Pierre Braunberger, fondateur de la société Les Films de la Pléiade, initiateur de la Nouvelle Vague. Il a fait connaître Truffaut, Godard, Resnais ou Lelouch. Pierre Braunberger souhaite produire Les Mal Partis ; le film ne sera pas fait. Il trouve à Jean-Baptiste Rossi des dons de metteur en scène, et lui propose d'adapter une nouvelle de Maupassant. Rossi lui répond qu'il préfère inventer ses propres histoires.
Il demande un congé de six mois à son agence publicitaire, et réalise pour Braunberger deux courts-métrages : La Machine à parler d'amour avec Nicole Berger et L'Idée fixe, dans lequel un policier et une sourde-muette voit un tueur à l'action. Il quitte la publicité, s'insère dans le milieu du cinéma, comme scénariste pour différents metteurs en scène, notamment Jean Renoir et Marcel Ophuls.
En 1961, il traduit les Nouvelles de J. D. Salinger. Le succès est au rendez-vous, le public redécouvre L'Attrape-cœurs.
Retour à la littérature et naissance de Sébastien Japrisot (1962-1970)
En , Jean-Baptiste Rossi se voit réclamer par le fisc francs d'arriérés d'impôts sur ses gains de publicitaire.
Son ami Robert Kanters, directeur des Éditions Denoël et de la collection policière « Crime Club », lui conseille d'écrire un roman policier. Ce sera Compartiment tueurs ; il touche francs d'à-valoir. Il revient huit jours après avec un autre roman, Piège pour Cendrillon, et reçoit la même somme. Il signe le contrat sous le pseudonyme de Sébastien Japrisot.Compartiment tueurs paraît en mai 1962, suivi en 1963 de Piège pour Cendrillon. Il remporte le Grand Prix de Littérature policière. Ces deux livres, qu'il jugeait inavouables, rencontrent un succès critique et populaire.
Ils sont adaptés au cinéma en 1965. Compartiment tueurs est réalisé par Costa-Gavras, (c'est son premier film), et Piège pour Cendrillon, par André Cayatte, sur une adaptation de Jean Anouilh. Ce seront deux succès.
Sous son vrai nom, il publie L'Odyssexe en 1965, un album satirique illustré par son ami Alain Trez et tiré de leur court-métrage réalisé l'année précédente : L'Homme perdu dans son journal.
Réédité en 1966, son roman Les Mal Partis reçoit le prix de l'Unanimité, décerné par un jury comprenant Jean-Paul Sartre, Aragon, Elsa Triolet, Adamov, Jean-Louis Bory, et Robert Merle.
En septembre 1966, Sébastien Japrisot écrit un nouveau roman en trois semaines : La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil. Denoël crée une collection « Sueurs froides » pour lui. Une jeune femme emprunte à son patron, sans le lui dire, sa luxueuse voiture, pour se rendre sur la Côte d'Azur, et, en cours de route, est confrontée à des situations de plus en plus folles.
La critique et le public louent ce livre ; il reçoit le Prix d'Honneur 1966, et le Best Crime Novel en Grande-Bretagne. Simone de Beauvoir en parlera.
Alfred Hitchcock, Jules Dassin et Roger Vadim sont intéressés par La Dame dans l'auto…. Anatole Litvak adaptera le roman à l'écran. Ce sera son œuvre testament (1969). Samantha Eggar est choisie pour le rôle-titre, au détriment de Brigitte Bardot, Michèle Mercier, Elizabeth Taylor, Julie Christie, et Jane Fonda.
Avec Jean Herman (alias Jean Vautrin), il va trouver Serge Silberman, producteur du Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel, et du Trou de Jacques Becker. Il lui propose le scénario dAdieu l'ami. Réalisé en 1968, le film est bien accueilli ; Silberman le pousse à écrire un autre scénario : ce sera Le Passager de la pluie, mis en scène par René Clément en 1969. Il en publiera une version en roman.
La tentation cinématographique (1970-1976) Dans les années 70-80, Sébastien Japrisot écrit pour le cinémaS. Japrisot, préface à La Dame dans l'auto, Rombaldi, 1971). :
Il écrit pour Serge Silberman : La Course du lièvre à travers les champs, réalisé par René Clément (1972). C'est l'adaptation d'un roman de la Série noire, Black Friday (Vendredi 13) de David Goodis. Le scénario est publié en 1972 et réédité en 1993.
Serge Silberman le pousse à la réalisation. Sébastien Japrisot tourne en 1975 son premier long métrage, adapté de son roman de jeunesse : Les Mal Partis. Ce film renforce son goût pour la mise en scène. La même année, il adapte au cinéma le roman de Pauline Réage, Histoire d'O, pour Just Jaeckin, et Folle à tuer, pour Jean-Pierre Mocky, d'après le roman Ô dingos, ô châteaux ! de Jean-Patrick Manchette. Yves Boisset réalisera Folle à tuer ; Japrisot refusera d'être crédité au générique.
Nouveau retour à la littérature (1977-1991) Il revient à la littérature en 1977 avec L'Été meurtrier, qui obtient le prix des Deux-Magots en 1978. Les événements sont relatés par les principaux protagonistes. Le roman est basé sur trois faits divers réels. Le roman et le film homonyme, réalisé en 1983 par Jean Becker, connaîtront un grand succès. Le film récolte quatre Césars en 1984, dont celui de la meilleure adaptation cinématographique pour Sébastien Japrisot.
En 1986, Japrisot publie La Passion des femmes, portrait fragmenté d'un homme par les huit femmes qui l'ont aimé, et hommage à l'univers du cinéma.
En 1988, il dirige Lætitia Gabrielli et Anne Parillaud pour son second long métrage : Juillet en septembre.
En 1991, il fait paraître Un long dimanche de fiançailles, un roman historique. Il obtient le prix Interallié. Il a porté cette histoire en lui pendant vingt ans et a mis quatre ans à l'écrire. Le film homonyme est réalisé par Jean-Pierre Jeunet en 2004.
Retour au cinéma (1991-2003) En 1998, sort Les Enfants du marais, chronique de l'entre-deux-guerres. Ce film est réalisé par Jean Becker, d'après le roman de Georges Montforez, scénarisé par Sébastien Japrisot. Celui-ci écrit pour lui le scénario d'''Un crime au Paradis (2000) d'après La Poison de Sacha Guitry.
Vers 1990, il s'installe en Bourbonnais avec sa nouvelle compagne, Cathy Esposito (épouse divorcée d'Eddie Barclay« Et face à moi se trouvait Eddie ».), dans une maison entre Busset et Mariol ; il meurt en 2003, à Vichy. Il est enterré dans l'extension du cimetière de Busset.
Publications Romans, récits Les Mal Partis - Prix de l'Unanimité 1966 (sous le nom de J.-B. Rossi, Robert Laffont, 1950) Visages de l'amour et de la haine (sous le nom de J.-B. Rossi, in Réalités , 10/1950) L'Odyssexe (album illustré par Trez, publié sous le nom de J.-B. Rossi, Denoël, 1965) La Passion des femmes (roman Denoël, 1986, publié sous le nom de Sébastien Japrisot, Denoël, 1986)
Romans policiers Compartiment tueurs (Denoël, , 1962) Piège pour Cendrillon (Denoël, , 1963) - Grand Prix de littérature policière 1963 La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil (Denoël, 1966) L'Été meurtrier (Denoël, 1977) - Prix des Deux-Magots 1978, prix de l'Académie suédoise 1978 Un long dimanche de fiançailles (Denoël, 1991) - prix Interallié 1991
Scénarios La Machine à parler d'amour (sous le nom de J.-B. Rossi, L'Avant-scène cinéma , 01/1967) Adieu l'ami (Denoël, 1968) La Course du lièvre à travers les champs (Denoël, 1972) Le Passager de la pluie (Denoël, 1992)
Traductions Hopalong Cassidy entre en jeu (Hopalong Cassidy With the Trail Herd, 1950), roman western de Clarence E. Mulford, trad. sous le pseudonyme de Robert Huart (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1951) Hopalong Cassidy et la couvée de l'aigle (Hopalong Cassidy With the Eagle's Brood, 1931), roman western de Clarence E. Mulford, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1951) Hopalong Cassidy trouve un double (Hopalong Cassidy Returns, 1923), roman western de Clarence E. Mulford, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1951) Hopalong Cassidy : les Hors-la-loi de West Fork (Hopalong Cassidy and the Rustlers of West Fork, 1951), roman western de Louis L'Amour, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1951). (NB : le nom de l'auteur sur la page de titre est « Tex Burns ») Pistes dans la nuit (Trails by Night), roman western de Tom J. Hopkins, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1951) Hopalong Cassidy et les Compagnons du ranch 20 (Hopalong Cassidy, Bar 20, Rides Again, 1926) roman western de Clarence E. Mulford, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1951). Hopalong Cassidy : le Shérif de Twin River (Hopalong Cassidy Serves a Writ, 1941), roman western de Clarence E. Mulford (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1952). Hopalong Cassidy : (Meurtres sur) la Piste des sept pins (Hopalong Cassidy and the Trail to Seven Pines, 1951), roman western de Louis L'Amour, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1952). La Poursuite blanche (Murder in the Outlands), roman western de James Beardsley Hendryx, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. « Arizona » , 1952).