Un saint-romain est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit sur une partie de la commune de Saint-Romain dans le département de la Côte-d'Or, au sein du vignoble de la côte de Beaune.

Produit majoritairement en blanc, avec un tiers de la production en rouge en 2020-2024., il est classé parmi les appellations communales du vignoble de la côte de Beaune, mais situé dans une vallée de l'arrière-côte à l'ouest de l'aire d'appellation de l'auxey-duresses. Le nom de l'appellation « saint-romain » peut être suivi de la dénomination géographique complémentaire « côte-de-beaune » pour les vins rouges.

Histoire Début du vignoble Le nom du village est cité en 1103, Sanctus Romanus (dans le cartulaire de l'évêché d'Autun, ), ., du nom de la chapelle du château qui servait d'église paroissiale, dédiée à Romain d'Antioche († 303) ou à Romain d'Auxerre († 564). La date des premières plantations de vignes dans l'arrière-côte est inconnue. La feuille d'Autun (publiée en 1759) de la carte de Cassini indique peu de vignes à Saint-Romain, mis à part à l'ouest sur les pentes des « Roches du Verger » (le coteau qui se poursuit jusqu'à Orches). En 1778, l'abbé Courtépée et Edme Beguillet mentionnent dans leur Description historique et topographique du duché de Bourgogne que la paroisse est un , ..

En 1794, dans le contexte de la déchristianisation révolutionnaire, le village est renommé « Belle-Roche », puis redevient Saint-Romain en 1815 (suite à la Seconde Restauration).. Le est une période d'extension du vignoble de l'arrière-côte (dont font partie Saint-Romain et Saint-Aubin), spécialisé dans les vins de consommation courante, produits à partir de gamay.. En 1816, Jullien ne mentionne pas les vins de Saint-Romain, ni ceux de toute l'arrière-côte, dans sa Topographie de tous les vignobles connus.. Saint-Romain est mentionné dans l'ouvrage de Denis Morelot Statistique de la vigne en côte d'Or en 1831 : ses vins y sont décrits comme équivalents à ceux de Nolay, soit ; de vignes plantées en gamay produisent alors par an, .. Les vins de Saint-Romain sont négligés par le classement de 1861, au motif que ..

Après la pyrale et l'oïdium, trois nouveaux fléaux de la vigne arrivent à la fin du . Le premier est le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui touche la Côte-d'Or à partir de 1878 (à Meursault), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887.. Toujours en 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver ( de la Société française de phytopathologie, « Les Vendanges du Savoir » le 20 mai 2025 à Talence)., traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets., d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer).

Création des appellations La reconnaissance des appellations d'origine par la loi du oblige les producteurs et le commerce à donner aux vins des noms conformes à leur origineLoi du 6 mai 1919 relative à la protection des appellations d'origine, publiée au Journal officiel du 8 mai 1919 page 4726., ce qui entraine la limitation par décision de justice du . de l'appellation bourgogne (qu'on pouvait compléter d'un nom de commune) aux seuls vins réalisés avec du pinot noir ou du chardonnay, le gamay étant seulement utilisé pour la fabrication du passe-tout-grains et du grand ordinaire. Le vignoble de la côte de Beaune d'alors ne produit pas de vin sous les noms de ladoix, saint-romain, saint-aubin ou maranges., mais les vins de ces communes sont souvent vendus sous un nom d'emprunt plus prestigieux de la côte.

La création d'appellations communales dans les années 1930 vise à protéger un nom de produit et à le réserver à la production d'un territoire délimité, dans le souci de lutter contre les fraudes. Le décret du créé l'appellation « Côte de Beaune-Villages »Décret du 31 juillet 1937, publié au JORF du 11 août 1937 page 9072, consultable dans le ., mais les vins de Saint-Romain n'ont pas encore le droit d'être vendus sous cette appellation générique.

L'appellation saint-romain est créée en 1947, publié au JORF du , pages 10277-10278. : le rouge peut être produit à partir de pinot noirien, pinot beurot, pinot lièbault et pinot Rénevey (ce dernier pour encore cinq ans), ainsi que maximum 15 % de cépages blancs ; le blanc avec du pinot blanc et du chardonnay (dit beaunois ou aubaine) ; le rendement est limité à (l'excédent étant déclassé).

Évolutions Dans les années 1960 et 1970, l'enjambeur remplace le cheval, complété par le chenillard sur les pentes ; les techniques en viticulture et œnologie évoluent pendant les cinquante années suivantes : vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, etc. En 1964, le village a accueilli la fête de la Saint-Vincent tournante. Le décret du développe le cahier des charges de l'appellation et octroi de pouvoir rajouter la dénomination géographique complémentaire « Côte de Beaune » à la suite du nom de l'appellation saint-romainDécret du 21 mai 1970 relatif à la délimitation des appellations contrôlées « Auxey-Duresses », « Blagny », « Chassagne-Montrachet », « Cheilly-lès-Maranges », « Chorey-lès-Beaune », « Dezize-lès-Maranges », « Ladoix », « Meursault », « Monthelie », « Pernand-Vergelesses », « Puligny-Montrachet », « Saint-Aubin », « Saint-Romain », « Sampigny-lès-Maranges », « Santenay », « Savigny-lès-Beaune » et « Côte de Beaune-Village », publié au JORF du 24 mai 1970, pages 4859-4860 ()..

En 2008, le village a accueilli pour la seconde fois la Saint-Vincent tournante. Un nouveau cahier des charges est publié en 2011, faisant passer les rendements maximum de en rouge et 45 en blanc. à respectivement 50 et , homologué par le décret du , publié au JORF du ..

La création de premiers crus au sein de l'appellation fait débat entre les différents producteurs, avec demande de classement en cours d'instruction auprès de l'INAO. Le , un nouveau cahier des charges est annoncé, publié au JORF du ., publié finalement le au Bulletin officiel du ministère de l'Agriculture, homologué par l'arrêté du , publié au JORF du ..

Étymologie Le nom de l'appellation est celui du village éponyme. La première mention de ce nom date de 1109 sous la forme Sanctus Romanus (dans le cartulaire de l'évêché d'Autun), une référence à Romain d'Antioche, ou à Romain d'Auxerre. Le toponyme évolue en 1284 pour devenir « Sein Romein », en 1292 « Saint Romayn », en 1517 « Sainct Romain », en 1569 « Sainct Romain lez Beaulne » (car dépendant du bailliage de Beaune), en 1767 « Saint Romain le Haut » et « Saint Romain le Bas », en 1794 « Belleroche » (contexte de déchristianisation), pour redevenir en 1815 Saint-Romain.

Vignoble Aire d'appellation

L'aire de production du saint-romain se situe en Bourgogne, dans le département de la Côte-d'Or, plus précisément sur une partie de la commune de Saint-Romain. Cette commune est localisée dans l'arrière-côte, à l'ouest de la côte d'Or, reliée à elle par la petite vallée occupée par Auxey-Duresses.

Le vignoble de la commune de Saint-Romain peut non seulement produire du saint-romain sur une surface assez réduite (pas sur tout le vignoble communal, uniquement dans la vallée à l’est et au sud-est du village), mais aussi du bourgogne hautes-côtes-de-beaune (pas sur les parcelles classées en saint-romain) et du côte-de-beaune-villages (sur les mêmes parcelles que le saint-romain), ainsi que toutes les appellations régionales sur presque toutes les parcelles de la vallée (pas sur le plateau) : du bourgogne, du bourgogne côte-d'or, du bourgogne aligoté, du bourgogne-passe-tout-grains, du coteaux-bourguignons, du bourgogne mousseux et du crémant de Bourgogne..

La surface totale classée dans l'aire d'appellation est de et .. En 2024, la surface déclarée comme produisant du saint-romain est de , dont 73 en blanc et 33 en rouge. En 2009, la surface était de , dont 59,74 en blanc et 37,42 en rougeVins de France et du monde, Le Figaro et La Revue du vin de France, 2008, chapitre « Bourgogne : Côte de Beaune », ..

Lieux-dits Le nom de l'appellation saint-romain sur l'étiquette peut être complété par celui d'un lieu-dit cadastré (un climat). Il n'y a pas de premier cru sur l'appellation :

+ Liste des climats produisant du saint-romain. Climats section et parcelles cadastrales Superficies Le Dos d’Âne D1 1 à 3, 5, 6 62 a 20 ca Sous Roche D1 9 à 41, 43 à 117, 119, 120 15 ha 77a 96 ca L’Argillat D1 121, 122, 126 à 135, 137 à 140, 142 à 148, 151, 152, 154, 155 2 ha 64 a 96 ca La Croix Neuve D1 156, 160 p, 166, 179, 181, 182 (1/2), 183 à 186, 187 (1/2), 188 à 193, 194 (1/8), 195 à 206, 2028 4 ha 20 a 66 ca En Chevrot D2 336, 337, 340 à 365, 368 à 372, 376 à 378, 381 à 397, 401 à 403, 406 à 408, 410 à 416 8 ha 66 a 54 ca En Gollot D4 542 à 559 3 ha 25 a 15 ca Combe Bazin D5 774 à 802, 804 à 809, 812 à 847, 849 à 851, 857 à 860 13 ha 55 a 62 ca Le Jarron D5 937 à 945, 950 à 954, 956, 957, 959, 962 à 966, 967 (1/2), 970 à 1011 12 ha 9 a 10 ca Sous le Château D6 1013 à 1029, 1031 à 1142, 1144 à 1157, 1159 23 ha 85 a 48 ca Sous la Velle D6 1161 à 1164, 1166 à 1242 11 ha 97 a 57 ca Le Village Bas D7 1419 82 a 92 ca Le Village Haut D7 1676, 1691, 1692, 1693 (1/4), 1892, 1894, 1896, 1905, 1906 2 ha 4 a 12 ca La Perière E1 85 à 205 14 ha 11 a 39 ca Au Bas de Poillange E2 206 à 245, 253 à 257, 259 à 265, 290, 291, 295 à 305, 308, 309 10 ha 36 a 20 ca En Poillange E2 141 à 152, 154 à 156, 160 à 162, 163 (2/3), 165 à 176, 182 à 186 6 ha 56 a 9 ca Le Marsain E2 298, 299, 301 à 317 4 ha 44 a 10 ca

Géologie et orographie Saint-Romain et son vignoble se situent dans une petite vallée découpant le plateau bourguignon : il s'agit d'un paysage de l'arrière-côte. L'entablement du plateau est composée de dalles de pierre résistantes. À l'ouest de Saint-Romain, il s'agit de roches datant du Jurassique moyen, avec du calcaire de Prémeaux, plus à l'ouest de l'oolithe blanche et du comblanchien (l'ensemble datant du Bathonien) ; les pentes menant à la vallée sont sur des marnes à Ostrea acuminata (des fossiles d'huîtres) et du calcaire à entroques (ces deux dernières du Bajocien).

Entre le plateau et le village, le vallon est sur des marnes du Pliensbachien (au Jurassique inférieur). Une faille importante traverse la commune, d'axe nord-nord-est vers le sud-sud-ouest, d'où un changement de roches. Le site du château est sur une butte-témoin accompagnée de « lanières tectoniques » en calcaire de l'Oxfordien. Toute la vallée à l'est et au sud-est du village (c'est la seule partie couverte par le vignoble de l'appellation) a pour sous-sol des marnes grises, soit des plaquettes de calcaire mélangées à de l'argile (appelées marnes de Saint-Romain), le tout datant du Jurassique supérieur.

Quant au plateau à l'est de la commune, avec une falaise bien marquée, il s'agit de calcaire du Kimméridgien..

Climatologie Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale. L'influence océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec néanmoins un maximum habituellement en automne et un minimum en été) et un temps changeant. L'influence semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle plutôt élevée, se caractérisant par des hivers plus froids avec quelques chutes de neige, et des étés plus chauds que sur les littoraux, avec à l'occasion de violents orages.